‹ Voyage dans les cinq parties du mondeChapitre 12 sur 21 · RÉPUBLIQUE MEXICAINE · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE MEXICAINE

Le Mexique^ mot tiré de Mexitli, qui en langue aztèque^ veut dire le séjour du dieu de la guerre y est compris entre 4^**i6° lat. N. et Sg^maô* 3o' long. O. Il est borné au nord par les États-Unis , au sud par la république de Guatemala, à Fest par le golfe du Mex-ique, et à Touest par le grand Océan. Notre lettre précédente a indiqué les limites naturelles ou conventionnelles entre les États-Unis et le Mexique; celles de ce dernier et du Guatemala sont la barre de Tonalasur le grand Océan^ la Zaldales , la Samasinte , la Balise , la Honda et la baie de Saint-Esprit, partie de celle d'Yucatan , sur la m^ des Antilles.

Ainsi borné , le Mexique a «^So lieues de longueur de la frontière guatémalienne à celle du teiTitoire de Columbia , sur près

de 5oo lieues de largeiir dans la partie septentrionale, largeur qui diminue à mesure qu'on se rapproche du sud , ou elle n'est plus que d'environ 5o lieues , du golfe de Tehuantépec à celui du Mexique. Sa super/icie est évaluée à igS^ooo lieues carrées (i), avec une population de 7,5oo,ooo habitaos y dont 1,000,000 d'Espagnols , 5,000,000 d'Indiens ou indigènes , et i,5oo,ooo individus de races mixtes»

Organisé en république fédérale , le Mexique se compose de 19 états confédérés et de 5 territoires, sujets immiédiats de la confédération. Nous les ferons connaître, il faut avant cela jeter un regard sur le gouvernement et ses ressorts politiques ou industriels.

Comme aux Etats-Unis , le peuple du Mexique est souverain , et la représentation nationale réside dans les trois pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La puis-

ai) M. Balbi la porte à 1,242,000 milles carrés de 60 au degré.

a77 sance législative est attribuée 2t un congrès composé d'un sénat et d'une chambre de rep'résentans. La république mexicaine étant fédérative, il existe dans chaque état confédéré trois pouvoirs analogues à ceux du gouvernement général , et les constitutions des difFérens états de FUnion mexicaine ne peuvent , en aucune manière , être contraires à la constitution générale. Le congrès ne doit rendre que des lois sages et équitables qui garantissent aux citoyens le libre exercice de leurs droits , et chaque état doit maintenir l'union fédérale. Les attributions du sénat et de la chambre des représentans sont ici à peu près les mêmes qu'aux États-Unis y et l'élection a lieu à peu près de la même manière. La chambre des représentans se renouvelle intégralement tous les deux ans : pour être député il faut être âgé de vingt-cinq ans , avoir résidé a ans dans l'état qui élit y ou y être né si on réside ailleurs , à moins qu'on ne justifie de 8 années de résidence sur le territoire de la république , de la propriété de 8,000 piastres en biens fonds v. î>4

ou, de l'exercice d'une industrie rapportant 1 ,000 piastres par année. On excepte néanmoins de cette disposition les individus nés dans une autre partie de l'Amérique espagnole émancipée, pourvu qu'ils aient déjà 3 ans de résidence. Chaque fraction au-dessus de 120,000 âmes nomme un député. Il y a deux sénateurs pa^ état, élus par les législateurs et renouvelés tous les deux ans par moitié. On n'exige que 3o ans d'âge en sus des conditions d'éligibilité imposées aux députés. Les fonctionnaires publics ne peuvent être sénateui^s. Ceux-ci^ comme les députés, sont inviolables. Les attributions diverses du congrès mexicain sont à peu près les mêmes que celles du congrès des États- Unis, dont la constitution a servi de calque, pour ainsi dire , à celle du Mexique.

Le pouvoir exécutif résHAe dans le président de la république , lequel doit être âgé de trente-cinq ans , né mexicain ou citoyen au moment de l'adoption de la constitution , et avoir résidé au moins 14 ans dans le pays. Au lieu d'électeurs ce

^79 soDt les législateurs des états qui nomment les candidats à la présidence et à la viceprésidence. Le président est de droit chef suprême des forcés militaires ^ mais il n'en prend le commandement qu'avec l'assentiment du congres. Il existe un conseil de gouvernement qui l'aide dans ses fonctions.

Le potwoir judiciaire du Mexique est organisé de la même manièi^ qu'aux États- Unis , et se compose y outre la cour suprême, de tribunaux d'aifrondissement et de districts.

Au Mexique , tout homme libre , quell|es que soient sa couleur et son origine , est citoyen. Le jury est ^n activité , et la presse ne soufîre aucune entrave.

Quant à Y état ecclésiastique , la confé^ dération mexicaine , qui a maintenu la re-^ ligion catholique romaine à l'exclusipn de tous les autres cultes , lesquels ne sont jpas même tolérés, compte g évêchés et i archevêché , celui de Mexico. Le clei^é compte 3,473 individus, avec 5 ordres religieux et 6 collèges de propagande, avec

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i5i couvens, possédant ensemble un revenu de 337,3*j3 piastres. Du reste , le gouvernement mexicain s'est afFranchi de la tutelle papale , en nommant lui-même aux évéchés vacans y et en supprimant plusieurs bulles. '

Les revenus de l'état sont d'environ 7 5,000,000 de fr.', ou de i3 à 14^000,000 de piastres ; la dette publique de 5o8,5oo,ooo francs; \e» forces militaires de 22,750 hommes de troupes^ et les forces navales de 16 bâtimens , dont un vaisseau de 68 car nons, une frégate de 4o> ^i*® corvette de 3o , six brigantins , quatre corvettes , et des bâtimens de dépôt. '

Le président actuel de la républiq[ue mexicaine est le général Victoria , guerrier patriote , d'une valeur consommée , et dont la vie politique, avant son avènement à la première dignité de l'état , tient presque du roman , comme le prouve ce passage du livre de M. Ward sur la situation du Mexique (i) :

(1) "Rev. brît.f juin 1828.

Presque tous ses soldats ayant péri , et se voyant délaissé et sans aucun secours , car il venait de refuser le rang et les honneurs que le vice-roi du Mexique lui offrait 9 il s'enfonça dans les forêts de la province de Vera-Cruz , n'emportant pour tout bien que son épée, et disparut aux rcg;ards de ses compatriotes, a Pendant les premières semaines , les Indiens qui connaissaient et respectaient son nom , lui fournirent des provisions; mais le viceroi Âpodeca , craignant de le voir un jour sortir de sa retraite avec de nouveaux moyens ^ et à la tête de nouvelles troupes , mit à sa poui*suite i,ooo hommes divisés en petits détachemens. Tout village qui lui avait fourni dés vivres ou un asile était brûlé sans miséricorde. Frappés de terreur par cette rigueur inouïe, les Indiens fuyaient devant lui", ou étaient les premiers à dénoncer l'approche d'un homme dont la présence pouvait leur être si fatale. Pendant plus de six mois il fut chassé . comme une bête féroce , et ses ennemis le serrèrent souvent de si près , qu'il put en-

a8a tendre les imprécations dout il était l'objet, et daus lesquelles il é ait associé à Apodeca , qui avait donné l'ordre d'une poursuite aussi fatigante qu'inutile. Un jour il échappa en franchissant une rivière à la nage , à la vue d'un détachement qui ne pu^ la traverser, et maintes fois, presque en présence des troupes royales., il parvint à se soustraire à leurs regards en se plongtiant au milieu des buisson^ épineux dont ces montagnes sont couvertes. Enfin , pour satisfaire le vice-roi, on prétendit avou* trouvé un cadavre qu'on dit être celui de, .

Victoria. Tous les journaux racontèrent cet événement, et les troupes furent rappelées. Mais les souffrances de Victoria ne se terminèrent pas avec la poursuite dont il était l'objet. Exténué de fatigue , presque nu, déchiré par les épines, il eut à lutter long-temps encore contre tous les maux qui accablent l'homme livré à luimême. Pendant l'été il se nourrissait de fruits sauvages , fort conmiuns dans ces climats ; mais l'hiver il était continuellement dévoré par ]a faim la plus cruelle y

et je l'ai entendu répéter souvent que, dans ces momens , un repas délicieux pour lui était de ronger les os des squelettes de chevaux qu'il trouvait par hasard. Il s'habitua par degrés à une 'telle abstinence^ qu'il passait quelquefois quatre et même cinq jours sans prendre autre chose que de l'eau , et n'en éprouvait pas un malaise considérable; mais il souf&ait au contraire . des douleur^, cruelles lorsque les alimens lui manquaient plus long-temps. Il passa quatorze mois sans goûter un morceau de pain , sans rencontrer un être vivant , et sans espérer de voir se terminer une aussi cruelle situation.

'«La manière dont Victoria , privé de toute communication avec les hommes, apprit la révolution de 18121 , est presque aussi extraordinaire que son existence sauvage au milieu des bois. Lorsqu'en 1 8 1 Ô il fut abandonné par ses derniers compagnons , deux Indiens lui deiQandèrent où ils pourraient le trouver, dans le cas où ils auraient quelque changement heureux à lui annoncer. Il leur désigna une mon-

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tagne dont la crête se voyait à l'horizon y et leur dit : a voilà l'endroit ou vous trouverez mes os. » L'escarpement de ces rochei*s y la difficulté de leur accès y et les forêts presque impénétrables qui les entourent y furent les seules raisons qui Tengagèrent à indiquer ce lieu. Cependant les Indiens n'eurent garde de l'oublier, et aux premières nouvelles de la déclaration d'Iturbide y ils quittèrent leur village pour* aller à la recherche de "Victoria. Arrivés au pied de la montagne ils se séparèrent ^ et pendant six semaines parcoururent vainement les bois qui l'entourent et • qui la couvrent. Leur provision de maïs était épuisée, ils allaient abandonner leurs recherches , lorsqu'un d'eux découvrit en traversant un ravin les traces d'un pied qu'il reconnut pour être celui d'un Européen ou d'un créole. On sait que l'habitude de porter des chaussures communique au pied une forme particulière que les indigènes reconnaissent très-facilement. L'Indien attendit deux jours en cet endroit , et partit pour aller chercher de nouvelles

pi*ovision8 à son village , après avoir suspendu aux branches d'un arbre les deux derniers gâteaux de maïs qui lui restaient. Il pensait que Victoria , s'il les apercevait , y trouverait la preuve que dps amis étaient sur ses traces. Cet espoir ne fut point déçu. Victoria , deux jours après , traversa le ravin, et vit les gâteaux. Il n'avait pas mangé depuis quatre jours, et depuis deux ans n'avait pas vu de pain. Il 4évora cet aliment avant de réfléchir sur la circonstance extraordinaire qui pouvait le lui faire trouver dans un lieu sauvage ,'et de chercher à savoir s'il avait été placé là par un ami ou par un ennemi. Mais , persuadé du reste qu'on ne manquerait pas de révenir, il résolut de se cacher aux environs , d'examiner ce qui pourrait se passer, et d'agir selon les circonstances. L'Indien revint en effet peu de jours après : Victoria le reconnut au^itôt , et se hâta de sortir de sa retraite pour le remercier de tant de zèle et de tant de constance. Mais l'aspect d'un fantôme tout nu et tout noir, qui, couvert d'une barbe épaisse, s'élançait, l'épée

^86 à la maiu , du milieu des baissons , épou* vanta le fidëlc Indien , qui prit d'abord la fuite 9 et ne reconnut son ancien général qu'après l'avoir entendu à plusieurs reprises prononceF son nd!ni. Emu de dou- Icui* par l'état affreux dans lequel il le retrouvait , il le conduisit dans son village » où Victoria fut i*eçù avec le plus grand enthousiasme. Le bruit de son apparition se propagea dans la province avec la rapi^ dite de l'éclair; et d'abord on refusa d'y ajouter foi , tant on était persuadé de sa mort. Mais on eut enfin la certitude que l'intrépide Victoria existait encore , et, de toutes parts , .les anciens, insurgés vinrent 80 joindre à lui. d En très-peu de temps il détermina toute la province, et bientôt, malgré les projets ambitieux d'Iturbide , il donna le signal d'une révolte générale qui assura l'indépendance de sa patrie.

Ce serait en vain , dit le même voyageur, de l'ouvrage duquel nous venons d'extraire cet épisode , ce serait en vain qu'on chercherait au Mexique le moindre vestige de ce que nous appelons en Europe bonne

société. Ou ne voit pas les créoles mexicains prendre un livre pour orner leur esprit. Ils parlent peu , reçoivent et rendent des visites qui dxu*ent plusieurs heures , sans prononcer dix paroles , et tou> joui's ils se servent du cigarre comme .délassement ou moyen de contenance.* Le juge fume en prononçant un arrêt y le prêtre dans Fintervalle des cérémonies de Toffice, et le visiteur qui vient vous voir pendant que vous êtes à table , sans oublier de cracher et d'imprimer chez vous des marques de sa présence : cracher et fumer semblent former au Mexique le complément d'une bonne éducation..

Les combats de coqs , les cartes , le billard y et surtout les jeux de hasard composent l'amusement unique de la population. Le jeu égalise tous les rangs et fait disparaîti*e toutes les distinctions sociales. D'un autre côté , les Mexicains en voyage ont horreur du savon et de l'eau y se laver ou se baigner est à leurs yeux une action alors tellement funeste qu'elle peut amener la mort. Les gens des classes ouvrières

couchent tout habillés; quand ils s'éveillent ils n'ont qu'à jeter le n^anteau sur leurs épaules, et les voilà pi^ts pour la journée. Mais comme la liberté épure les mœurs , ne doutons pas que le Mexicain y jusqu'ici esclave des pratiques ridicules d'une dévotion puérile j ne parvienne avec le temps à prendre un rang distingué dans l'échelle politique des peuples. Cest à deux prêtres mexicains , Hidalgo et Morelos , que ce peuple doit les premières lueurs de son indépendance 5 et il faut es* pérer que le clergé achèvera leur ouvrage en éclairant les masses et en leur donnant une plus haute idée de leur dignité humaine , surtout en faisant cesser l'ivrognerie et les rixes sanglantes^ pour inoculer les habitudes paisibles des nations policées.

Faisons actuellement connaître la circonscription territoriale du Mexique et ses {ailles principales y sauf à ajouter ensuite quelques obsci^vations sur le commerce et l'industrie de ce pays.

Les 19 républiques ou états de l'Union

rô9 mexicaine sont : le Sonora y Gînaloa , le Xalisco , le Mechoacan , le Guanaxuato , le Mexico , le Puebla , TOaxaca , le Chkituca , le Durango , le Cohahuilay Tejas, le Nouveau-Santander, le Nouveau-Léon , le San- Luis de Potosi , le Zacatecas , le Queretaro , la Vera-Cruz, leTabasco, le Chiapa et le Yucatan. Les 5 territoires sont la liaute et la basse Californie , leColima , le Nouveau- Mexique et le Tlascala. Signalons les principaux traits chorographiques de ces pays , en commençant par le nord et finissant par le sud. '

La Nouvelle ou haute Californie (i) borde la côte du grand Océan depuis la limite du territoire de Golumbia au nord , jusqu'à celle de la vieille Californie au midi. Au sud-est, le rio Colorado la sépare de Tétat de Sonora , et à Test elle confine

(i) Le mot Californie j^aralt Tenir du latin calens fornax, fournaise ardente, parce qu'en effet la contrée qui TiU ainsi nommés la première a un climat tri(s-chau(].

aux contrés habitées par des Indiens montagnards^ elle a 197 lieues de long sûr 9 à 10 de large ^ son chef- lieu , Montercy^ sur la baie, du même nom , à 56o 1. N. O. de Mexico , ne réunit qu'une faible population,., I^e pays est singulièrement fielrtile.

C'est le contraire dans celui de la vi>î//c CaUfomiey dont le soi aride et pierreux fqrme une presqu'île large de la lieues 1 longue de 3oo, baignée à l'ouest par le grand Océan , et à l'est par la, mer de Cortez ou mer Vermeille , sur le bord de laquelle s'élève Loreto , chef-lieu , à 3;^ \f S. E. de Monterey, et 35o L N. O. de Mexico. La Californie fut, au 17^ SLëc)je> le siège principal des. établissement, de^ J^ suites dans la Nouvelle Espagne. .

L'état de Sonoray Cinaloa , pays n^pptueux , borné au nord . par la Nouvelle- Californie, au nord-est par le pays des Apaches , à l'est par le Chihuahua et le Dura n go , et au sud par le Xalisco , a pour chef-lieu Arispe , à -ja 1. E. de la côte^ et il 370 1. N. O. de Mexico, avec 7,(5oo habitans.

' L'éteit de Xaliscoj entre le précédent et Je Durango, et formé de l'intendance de Guadalaxara-, se trouve arrosé par la ri* vière de Ssintiago qui traverse le lac Qiapala y et sur laquelle est le chef-lieu , Gua-' dalaxarUf ville de plus de 20,000 âmes, à 100 1. N.-O* de Mexico. A l'embouchure du riô Santiago est le port de San-Blas , ville perchée comme un nid d'aigle sur le sommet d'un rocher d'une pente rapide , et dominant tme plaine marécageuse.

Au sud de cet état est le district de Colimaj formé par une vaUéfe agréable et fertile , et dont le chef-lieu , du même nom, est à !2 1. S. du volcan de Golima.

L'état de Mechoacan y au sùd'^st de Golima, et sur la pente occidentale de la Gordillière d'Anahuac , est entrecoupé de collines et de vallées charmantes dans l'une desquelles son chef- lieu , VaUadolid ^^ compte 18,000 habitans, à 4o l* O.-N.-O. de Mexico.

L'état de GuanaxuatOy entre ceux de Zacatecas , de Potosi , de Queretaro, de Mechoacan et de Xalisco, a son chftfJip.u, dn

même nom , peuplé de 70,000 habitans y à Go 1. N.-O. de Mexico. Cet état qui , après celui de Qucretaro y est le plus petit de la fédération , ressemble à un véritable paradis, mais les habitans en sont très-indolens. Ses mines sont peut-être les plus riches du monde : elles contiennent en abondance divei*s métaux comme l'or ^ l'argent, le plomb , le fer, l'jétain , l'antimoine , le soufre, le cobalt, l'ocre, et beaucoup de sels fossiles^ mais on ne tire qu'un parti imparfait de tant de richesses. Le sol est également très-fertile , et le climat ressemble à celui de la Suisse. Le nopal croît spontanément» L'état de Mexico j au sud-est du Mechoacau, a reçu son nom de la capitale du Mexique, située sur le grand plateau, presque à égale distance du grand Océan et du golfe du Mexique, que sépare un intervalle de i3o lieues. La ville de Mexico, antique séjour de Moutézuma, si célèbre par son étendue , par sa richesse et par la magnificence de ses nombreux édifices , compte encore 160,000 habitans. Elle est d'un bel a&pect au milieu des lacs de sa grande val-

lée qui ressemblent à autant de mers , et d'une enceinte de montagnes couronnées par des sommets volcaniques ^ parmi lesquels on remarque le fameux Popocatepetl, au front couvert d'une neige éternelle. Mexico est bâtie avec beaucoup de régularité; toutes ses rues sont tirées au cordeau, se coupent à angles droits, et ont pour la plupart d'un mille à un mille et demi de longueur. Rien n'y borne la vue ni ne la fixe désagréablement : l'uniformité des façades , celle des toits en terrasses , présentent au contraire une perspective charmante. Les environs de Mexico cependant, comme ceux des villes d'Espar gne , sont encombrés de masures , de plâtras et d'immondices; et 'souvent l'on rencontre la misère et la plus dégoûtante malpropreté dans l'intérieur d'une construction élégante. Les maisons , en pierres de taillp ' et d'une construction supérieure à celles* d'Angleterre , ont deux ou trois étages , dont les fenéti^es donnent toutes sur des balcons couverts de vases , de fleurs et d'arbustes. Au milieu des principales rues>

^94 trës-solidement pavées en pierres vcmdefr et polies y ou a pratiqué 'des conduits, souterrains, et de chaque cAté de grands et beaux trottoirs; elles sont éclairées par de nombreux réverbères que Fhuiïe alimente; Le théâtre est aussi un superbe monument d'architecture. Parmi les promenades publiques on distingue l'Alméda, dont les avenues sont encombrées d'énormes voî^ tures où se trouvent des dames en costume du soir , et qui y en attendant l'approdie et les salutations des élégans de leur connaissance j savourent délicieusement le cigare^ dont la fumée en flocons blanchâtres s'élance par l'une et l'autre portière. On ne voit point les dames aller à pied , elles croiraient déroger. Les chinampas ou jardins flottans de Mexico sont également re« nommés.

La vallée de Mexico ou de Tenochtitlan est au centre de la Cordillière d'Anahuac ou du Mexique, sur le dos des montagnes qui se prolongent du S.-S.-JE. au N.-N.-O. Cette vallée est d'une forme ovale , avec une étendue de ^44 V^ lieues carrées,.

dont les lacs ii^4»ccupeht que !^ lieues car-^ rées. Sa circonférence, comptée sur la crête des sommets qui l'entourent, est de 67 lieues. Un des chemins qui mënetattdè cettc^ vallée à celle d0 Cholula et de la Pueblà passe entre les deux volcans, et c'est f^ar là que Femand Gortez vint à; Mexico. Six grandes routes traversent la Gordilliëré qui borne la vallée ^ elles conduisent, là première à Acapulco^ la seconde à Toluca; la troisième à Queretaro , Guanaxuato et Durango, la quatrième à Pachuca, et les deux' dernières à la Puebla. Le port d'u^cûpulco , sur l'Océan pacifique, est très* vaste , mais la ville en elle-même est insignifiante.

L'état àe\2L Puebla de los AngéloSy avec le territoire de Tlcucala^ est borné à l'ouest et aunord-ôuest par ceux de Mexico et de Queretaro , et au sud par l'Océan pacifique. La Puebla y troisième ville du Mexique., à 26 1. S.-E. de Mexico , réunit go, 000 âmes^ elle possède la magnifique église de Notre-Dame de Guadalupe, la patronne de Mexique; à *i lieues de cette ville

on voit la pyramide de Cholula ou Chollu la , dont la base sui*passe en étendue la grande pyramide d'Egypte. Tiascalay à 10 1. N. de la Puebla, n'a que 3 à 4^000 habitans, au lieu de 3oo,ooo qu'elle possédait, dit-on , à l'arrivée des Espagnols.

L'état à^Oaxacuj entre celui de la Puebla à l'ouest et au nord , celui de Verà- Cruz au nord-est, le Guatemala à l'est, et rOcéan pacifique au sud, jouit d'un ciel pur et d'une température douce ^ c'est une large vallée sur laquelle s'étendait une partie du royaume Tzapotèque en i5a2 > lorsque Fernand Cortez s'y présenta 3 elle produit beaucoup de cocbenille et fait un riche commerce en perles. La ville d'Oaxaca, sur le rio Vcrde , à 80 1. S.-E. de Mexico, et à 26 1. N. de l'Océan, compte î25,ooo liabitans. Le seul lieu remarquable ensuite est Tehuantépec , port de mer sur la baie du même nom, à 62 1. E.-S.-E.

Voilà les pays du versant occidental de la Cordilliëre mexicaine ^ voici à leur tour ceux du versant oriental.

La province du Nouveau-Mexique ou

territoire de Santa-Féj vallée de 200 lieues de. long sur 3o à 4p de large , confine à l'ouest et à Test avec le pays des Indiens encore indépendans ) elle est bornée au nord par le territoire de Missouri et au sud par l'état d^ Cihuahua; elle produit toutes sortes de blés; son climat est froid y bien qu'elle soit placée sous la même latitude que la Perse et la Syrie; mais l'air y est sain et exempt de brouillards. Son chef-lieu, ^a/ito-i^e,surle bord oriental du rio del Norte, à Sao 1. N.tN,-0. de Mexico, n*a que 3,6oo individus,!

L'état de Chihuahua , entre le Nouveau- Mexique et le pays des Apaches au nord , la province de Sonora, celle de Durango au sud, un pays désert à l'est, a son cheflieu , Chihuahua , sur un affluent du Conchos, à 3i5 1. N.-N.-O. de Mexico, avec environ 12,000 âmes.

L'état de Durango y entre le précédent et le Cinaloa, faisait partie de la contrée des Apaches; son chef-lieu , BurunyOy peuplé de 12,000 âmes, est à 160 1. N.-N.-O. de

Mexico , près de la source de la riviëve^de Guliacan.

L'état de Coïiahuila y Tejas (Texas) , au sud de l'Arkansas et à l'ouest de la Sabine , se compose de doux provinces : celle de TejcLS ou Texas à l'est , et celle de Cohahuila à l'ouest dans les terres. San^ntonio de Bejar , faible bourgade , est le cbef-lieu du Texas , où quelques débris de notre vieille gloire militaire fondèrent en 1816 le Champ d* Asile y dontBéranger a fait le sujet d'une de ses patriotiques chansons où il fait dire aux nobles exilés :.

Dans riode, Albion a tremblé Quand de nos soldats intrépides Les chants d'allégresse ont troublé Les TÎeux échos des Pyramides.

Les siècles pour tant de hauts faits N'auront point assez de mémoire.

Sauvages, nous sommes Français, Prenez pitié de notre gloire.

Le Texas jouit d'un climat délicieux; les bords des nombreuses rivières qui l'ar-

'^99 rosent sont couverts de beaux arbres ; on y trouve le sassafras^ la cochenille , Tindigo^ le ceanothus et la viperna qui ressemble au quinquina; les pâturages sont nombreux et exceliens. Les tribus indiennes de ce pays sont plus sauvages- qu'ailleurs. Une petite république , sous le nom de Fredùnia y s'est formée au Texas le i*' janvier 1827 f et s'est unie à des tribus belliqueuses pour devenir entièrement indépendante et former un état sépaté de la fédération mexicaine.

L'état de NouveauSantander ou de Tamaulipas , sur le golfe du Mexique, entre le Texas et lé Nouveau-Léon , a son cheflieu , Nues^O'Santander , sur la rivière du même nom, à 18 lieues de son embouchure , et à 1 15 lieues N. de Mexico ^ avec un petit nombre d'habitans. • ■

L'état de Nouveau-Léon a pour chef-lieu Monlerey-y siur le rio del Tigre, à 60 lieues de la mer, et à 170 1. N. de Mexico.

L'état de SanrLuis de Potosi, entre ceux de' Santandcr et de Nouveau-Léon, a son chef-lieu du même nom, à 5o lieues de la

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côte cl à «jS 1. N.-N.-O. de Mexico, avec 12,000 babitans. C'est à ses mines d'argent qu'il doit son importance.

L'état de Zacatecas, enù'e le précédent et le Xalisco , est un pays fort élevé que travei'se la ligne de partage des eaux qui s'écoulent , celles de l'est vers le golfe du Mexique, celles de l'ouest vers le grand Océan. La ville de Zacatecas, dans une vallée riante et fertile, à iio l. N.-O. de Mexico , renferme 33,ooo âmes.

L'état de Querelaro , à l'ouest de Vera- Cruz , est un pays très-montagneux , dont le cbef-lieu du même nom renferme 35,ooo âmes, à i4o L N.-O. de Mexico.

L'état de Fera-Cf^z, sous le sol brillant des tropiques, occupe une lisière de côtes sur le golfe du Mexique, depuis le rio Tampico, qui le sépare de l'état de Potosi , jusqu'au lac S te- Anne qui lui est commun avec le Tabasco. L'Orizaba et le golfe de Pcrotc sont au nombre des cimes colossales des montagnes de cet état, enrichi d'ailleurs , par la nature , des productions les plus précieuses. La ville.de F'era-

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Cruz, à 65 1. E. de Mexico, est dans un lieu malsain, mais favorable au commerce j elle renferme plus de 100,000 habitans et se trouve protégée par le château d^Alloa^ élevé sur une île voisine du port le plus important du Mexique sur le golfe de ce nom, comme Acapulco est le plus beau sur la mer Pacifique. Xalapa, dans une exposition meilleure et plus élevée, a i5 1. N.-O., renferme i3,ooo habitans; les négocians les plus riches de Vera-Cruz y ont des maisons de campagne où, ils se retirent lors des grandes chaleui*s et de, la fièvre jaune.

L'état de Tabascô, au sud-est de celuide Vera-Cruz, et à l'ouest de l'Yucatan, a pour chef-lieu pilla Hermosa ou Tabasco , à l'embouchure de la Tabasco , et à 160 1. E. de Mexico, avec 5, 000 habitans, qui cultivent principalement le cacao.

L'état de Chiapa est au midi du précédent, et à l'ouest et au nord de la province guatémalienne de Chiapa; son chef-lieu Ciudad-Real^ renfenne 4?ooo âmes.

Enfin l'état A\Yucatan ou deMerida,

grande péninsule qui se projette entre le golfe du Mexique à l'ouest et au nordouest , et la mer des Antilles au nord-est et à Test, a pour chef-lieu Merida dans une plaine, avec 10,000 habitans, et à 3o 1. N.-E. de Campéchcy autre ville-, sur la côte du Mexique, à 240 1. N.-E. de Mexico , avec 60,00 habitans.

Je voudrais bien encore parler des jEimeuses pyramides de Cholula et d^Q'^ tumba y sur lesquelles l'insouciance des habitans ne peut donner aucun renseignement; mais le savant M. de Humboldt s'est chargé de ce soin; M. BuUock les a égale- •ment décrites, et je préffare vous arrêter un instant sur le chapitre de l'industrie mexicaine.

D'après des états officiels, le montant des exportations du Mexique pendant les années 1825 et 1826 , â été en or et argent en lingots, de Vera-Cruz 5,26o, 100 piastres, de Tampico 1,623,337; en cochenille de Vera-Cruz, •j6o,ooo,et en lettres de change tirées de 2,5i6,5o3 : total 11,000,000.

La quantité annuellement extraite des

mines d'argent mexicaines est dix fois celle des mines européennes ; mais l'or n'est pas plus abondant au Mexique qu'en Europe.

On évalue à 7 ou 8,000,000 de piastres la valeur des produits de l'industrie m.anufacturière. La valeur des étoffes de coton fabriquées à Puebla monte annuellement à i,5oo,ooo piastres. Il n'existe presque point de manufactures de soieries au Mexi^ que^ la manufacture la plus importante est celle de tabac, qui donne un revenu net de plus de 5,ooo,ooo de piastres. On fabrique dans toutes les villes du Mexique des chapeaux de la meilleure qualité , des souliers et tous objets de sellerie et carrosserie^ il y a quelques manufactures de poterie } mais l'un des commerces les plus flo^ rissans est celui de l'orfèvrerie. Plusieurs provinces exportent de la cochenille, notamment rOaxaca , qui produit également de meilleur pastel que celui de Guatemala, république dont la description exige aussi son tour.

3o4 GUATEMALA,

on RÉPUBLIQUE DE L'AMÉRIQUE CENTRALE.

Le Guatemala j dont le nom vient de Guauhitemallan f qui désignait dans l'origine un simple canton sur la côte de l'Océan, est situé par S*»-!"}" 3o' lat. N. et 85°- 96° 33' long. O. Il occupe une portion du long isthme qui lie l'Amérique du nord à celle du sud ; il est borné à l'est par l'Atlantique , à l'ouest par l'Océan pacifique , au nord par le Mexique et au sud par la Colombie. Sa superficie est de 43,089 lieues can'ées, et sa population de i,65o,ooohabitans. La distance par terre , de Qiilillo , sur la frontière d'Oaxaca (Mexique), à Chirique,8ur celle de Veraguas (Colombie), est de 700 lieues^ la distance entre les deux mers n'excède jamais 180 lieues, et n'est jamais moindre de 60 lieues. D'un côté les côtes se prolongent au loin dans la mer des

Antilles ^ de l'autre , sur le grand Océan , elles semblent rentrer dans les terres.

Le pays de Guatemala^ traversé par la cordillière des Andes , est richement arrosé , quoique au vrai ses rivières , comme on l'a vu plus haut dans les considérations générales , ne méritent guère le plus souvent que les noms d'anses et de baies.

Toutes les productions des climats chauds et des climats fi^oids réussissent sur le territoire de Guatemala, les premières dans les plaines, les secondes dans les montagnes } et la succession des fruits et des récoltes n'est pas interrompue par les saisons , car^ tandis qu'un lieu est en fleurs , un autre est mûr : E mentre spunta l'un , Valtro matura (i). Les deux produits les plus estimés sont l'indigo et la cochenille^ ce dernier article rend à lui seul par année 2,000,000 de piastres. Viennent ensuite le cacao, le coton et le tabac. Il se fait de tous ces articles un commerce d'au-

(1) Gerusatemme libcrata.

tant plus facile, qae le territoire guatémalien, placé au centre des deux Amériques , est amené à devenir le point de réunion du Nouveau-Monde , comme il sera plus tard le grand marché du commerce universel , lorsqu'un canal sera creusé, dans ce pays, entre les deux Océans.

Les Guatémaliens sont un peuple doux et inofFensif qui était resté sous le joug , et comme entièrement oublié de l'Europe , quand eut lieu le soulèvement des Mexi* cains, qui, en 1821 , incorporèrent ce pays au Mexique. Cette réunion forcée ne dura que trois ans, et en efFet, en 1 8^4, le Guatélama se déclara indépendant^ sous le titre de Fédération de ^Amérique centrale y et publia une constitution fédéra-* tive dont voici les principales disposi-t lions.

Le peuple est souverain , le gouverne-.. ment représentatif et populaire. La fédération ne rend pas la puissance législative commune à la chambre des représentans et au sénat ^ la chambre des représentans compose seule le congrès^ le sénat , placé

3o7 en dehors du p>ouvoir législatif et exécutif^ tient au premier par une sorte de veto limité , et au second par un droit d'inspeotion et une faculté consultative assez étendue. Le pouvoir exécutif perd ainsi d'un côté ce que la représentation nationale gagne de l'autre. La fédération se compose d'états libres et indépendans dans leur gouvernement et leur administration intérieure. Chaque - état doit posséder au moins loo^ooo hahitans. La religion est la catholique , apostolique et romaine ; l'exercice de tout autre culte est défendu. Des jiintes électorales noniment les représentans^ à raison d'un par 36,ooo âmes. Le congrès se renouvelle par moitié chaque année. Il y à deux sénateurs par état^ et le renouvellement a lieu annuellement par tiers. Le sénat veille principalement au maintien de la constitution et des lois rendues parle congres formé delà seule chambre des représentans. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la république nommé par le peuplé de tous les états de ]a fédération pour quatre ans. Il y a-une

cour suprême de justice , comme au Mexique et aux États-Unis. La pensée^ la parole et la presse sont libres , comme les citoyens , et nulle autorité n'y peut porter atteinte. Un des premiers actes du congrès guatémalien a été l'abolition de l'esclavage.

Le territoire de la république est divisé en sept états , qui sont Costa-Eica , Nicaragua, Salvador, Honduras, Guatemala, Ghiapa , et la Yera-Paz. En voici les principales villes d'après leur ordre d'importance.

Guatemala f capitale delà république, près du grand Océan , à 210 1. S.-E. de Mexico, est située dans une vaste plaine arrosée et fertilisée par plusieurs petites rivières et des lacs considérables , sous un ciel riant et dans un climat si doux qu'on y porte indifféremment, toute l'année, des étoffes de coton et de soie. Les rues sont droites, assez longues, et en général pavées. Les maisons , quoique peu élevées à cause des tremblcmens de teiTe , sont cependant commodes , d'un aspect agréable et entou-

3o9 rées de jardins et de vergers. Les églises sont d'une architecture fort belle et fort élégante. On remarque aussi un superbe amphithéâtre en pierre destiné aux combats de taureaux. L'université a des chaires de droit, de théologie, de médecine, de mathématiques et d'histoire naturelle , une bibliothèque et un cabinet d'anatomie. Guatemala possède en outre une académie des beaux-arts et un hôtel des monnaies. Sa population* est de 4o à 5o,ooo âmes. Cette ville est la quatrième du même nom. La première , qui fut la résidence des rois des Kachiguèles , a entièrement disparu; la seconde , qui fut fondée en 1 524 y entre deux volcans , disparut aussi, en i^l^iy sous leurs éruptions; la troisième, assise dans une vallée riante , fut de même renversée en 1773, ce qui détermina les habitans a en élever Une quatrième loin des volcans.

Dans l'état de la Vera-Paz est Coban, sur la Polochic, avec 12,000 âmes; Cornayagua , chef-lieu de l'état de Honduras , a aussi 12,000 âmes; Léon^ chef*lieu de

3io l'état de Nicaragua, qui a d'excellena ports sur les deux Océans , esta Textréinité nordest du lac , et réunit 9,000 habitans ^ Car' tago y chef-lieu de l'état de G>8ta-Rica , en compte 8,400 ; la petite ville de Chiapa j chef-lieu de l'état de ce nom, est située vers la frontière sud-est du Mexique; Swnr Salvador est à l'est , à 6 lieues de la mer Pacifique ; la ville ^Arralitariy située dans une vallée fertile , sur un lac qui porte son nom , est assez grande , mais ne contient que 4^000 âmes. Il y a des' salines prës de l'extrémité supérieure du lac , dont les eaux forment un beau fleuve qui se jette dans l'océan Pacifique ; Arralitan est le rendez-vous d'une foule considérable qui y vient pour boire les eaux du lac , regardées comme un excellent spécifique contre un grand nomhre de maladies ; on y vient aussi pour prendre des bains dans un établissement tenu avec beaucoup de luxe.

Ce qu'on nomme le pays de Mosquitos , à cause des nuées de mosquites ou mouches à dard qui rendent le séjour de li^ câtQ

presque insupportable , s'étend à l'est des monts guatémaliens , sur la mer des Antilles. Les Mosquitos sont encore dans un état sauvage. Il n'en est pas de même des Valientes , tribus voisines et les plus civilisées du Guatemala, république dont il nous reste à indiquer les forces et les revenus.

Ayant conquis sa liberté par une levée en massé ^ cette république n'a conservé sur pied que S^Soo hommes. Son revenu est de 2,000,000 de piastres; il provient des impôts sur la poudre , les postes , le tabac, et des droits maritimes; la conti*ibution par tète n'est que de deux réaux et demi , pendant qu'^elle est de onze réaux pour le Mexique (i). La marine de Guatemala ne consiste qu'en deux vaisseaux.

£n 1825 , le congrès de l'Amérique centrale a passé une loi pour ouvrir im canal de communication entre les deux Océans ; une compagnie de New-York, a été ac-

(1 j Le rûal vaut aS centimes.

3ia

ccptéc en 18^26 , sous le titre de compagnie du canal de r Amérique centrale et des États-Unis , pour pratiquer cette communication à travers l'isthme , par le lac de Nicaragua. Le canal doit 8*étendre de l'extrcpiité occidentale du lac Nicaragua à l'océan Pacifique, distance de l'j milles. Le passage entier par la rivière San-Juan , le lac Nicaragua et le canal , aura environ 25o milles. Le canal , assez gi*and pour le passage de forts navires , exigera l'établissement d'écluses pendant un espace de 200 pieds.

Cette commimication, propre à éviter la longue navigation par le cap Horn pour aller aux Indes orientales , n'est point la seule que l'on ait projetée; le gouvernement mexicain et celui de Colombie s'en occupent également. M. de Humboldt, dans son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle-Espagne , cite plusieurs points où elle peut avoir lieu , tels que , 1® V isthme de TehiiantepeCy sous 16° lat. N. , par le rio Guasacualcos qui se jette dans le golfe du Mexique , et le rio de Cliimalapa , qui

débouche dans la mer Pacifique 5 a» le lac Nicaragua , sus-rappelé , qui communique non seulement ^vec la rivière San-Juan , tributaire de la mer des Antilles , mais encore avec le lac Léon , qui , chose que le savant voyageur n'a pas indiquée , pourrait avoir u écoulement par un canal vers la petite rivière de Tosta , comme nous l'avons démontré dans un article inséré au Bulletin universel des sciences^ en 182^7 (i); 3° Visthnie de Panama, à l'égard duquel nous avons annoncé, dans le même article , que les difficultés seraient insurmontables; 4°. ^^ sud-est de Panama, en suivant les côtes de l'océan Pacifique , depuis le cap San- Miguel jusqu'au cap Corrien tes , pour rencontrer la baie de Cupica, d'où un terrain uni et très-propre à creuser un canal , mène à l'embarcadero du rio Naipi ou Naipipi , affluent du rio Atrato , qui se jette dans la mer des Antilles; 5° la province de Chocp, en faisant communi-

(1) huit, des se. géog., I. X, p. 172.

3i4 quer le rio NoaBsama ou San-Juan^ tributaire de la mer Pacifique, avec le rio Quibdo , qui , groisi de l' jkndagueda et du Zatara, forme le rio d'Atrato , tributaire de la mer des Antilles. L'ouvrage de M. de Humboldt . présente de longs développemens pour discuter ces points de cana* lisation ; il nous suffit d'y renvoyer le lecteur.

Avant de franchir ristbme de Panama pour entrer sur le continent de TAinérique méridionale , tious irons visiter les grandes îles situées à l'est du Mexique , entre ie continent du sud et celui du nord, dans la portion de l'Océan atlantique à laquelle leur nom générique a fait donner celui de mer des Antilles.

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