‹ Voyage dans les cinq parties du mondeChapitre 16 sur 21 · PETITES ANTILLES · texte numérisé non relu

PETITES ANTILLES

Les Petites Antilies commencent à l'est de Porto-Rico ets'étendentjusqueprèsdes côtes nord-est de la Colombie; nous n'en visiterons que les principales , en partant de Porto-Rico pour arriver en Gilombie.

Iles Vierges.

Elles commencent la série des petites Antilles et sont au nombre de cinq prin-

cipalcs : Saint-Thomas , Saint^Jean , Tortola y Virgin - Gorda , et Anegada* Les deux premières sont aux Danois , les trois autres aux Anglais. Les Danois possèdent encore Sainte-Croix ^ île voisine. Le sol de toutes ces îles est ingrat et stérile ; eUes exportent du sucre , du rum , de la mélasse y des bois de teinture et quelques autres objets; leur principale importance est pour le commerce interlope avec Porto- Rico. Les îles danoises de Saint-Thomas y Sainte-Croix et Saint- Jean sont bien cultivées. L'aspect de Sainte-Croix , île de 6 lieues de long sur 2 ^ de large , est magnifique; au centre d'une grande baie s^élëve, sur la côte septentrionale , la ville de Christianstadt j dont la rade est défendue par une ligne formidable de rochera garnis de canons. Christianstadt ressemble à une jolie ville d'Europe. Saint- Thomas j longue de 5 lieues et large de a , est moins une colonie qu'un port favorable au commerce qu'attirent la franchise et la sûreté de la baie dans laquelle i5o vaisseaux peuvent mouiller. L'île produit du

sucre et du coton , et fabrique du mm j les frères Moraves y ont des établîssemens. L'île Saint-Jean , située entre Saint-Thomas et Sainte-Croix, a deux lieues de long sur une de large y et produit du café excellent.

A l'est des îles Vierges est le canal ' Sombrëre^ près duquel est au sud la petite île Saint-Martin , partagée entre la France et la Hollande. Saint-Barthélemi , île suédoise, au sud-est, a au sud Saint-Christophe ^ puis la Barhoude^ puis Antigoa, et puis Monserraty qui dépendent des colonies anglaises et abondent en sucre, café, cacao y indigo et coton.

Au sud de ces îles vient la Guadeloupe avec SCS dépendances. C'est une des plus considérables des petites Antilles; elle a 29 lieues de long sur 5 à 6 de large , avec une superficie de io3 lieues carrées. Traversée dans sa largeur par un canal de i5 à 20 toises de large , appelé rivière salée , elle forme deux îles distinctes , appelées , Tune la Basse-Terre , l'autre la Grande^ Terre, La ville A&Ba^se-Terrey dans la par-

lie du même uom, renferme S^ooo liabitaus; elle est embellie de promenades y de jardins et de fontaines jaillissantes. Pointeh-PUrCy chef-lieu de k Grande-Terre ; est une ville régulière, avec un bon port, mais ayant dans son voisinage des marais qui nuisent à la salubrité de cette ville. La Guadeloupe a des montagnes dont la plus considérable est la Soufrière , oà se trouve un volcan. L'élévsttion de ces montagnes entretient bon nombre de rivières et de ruisseaux qui font que l'Ile est mie des mieux arrosées et des plus fertiles des Antilles. Dans la partie occidentale il y a plusieurs sources d'eaux chaudes et tièdes , et près du volcan se trouve la fontaine bouillante , où un œuf cuit dans une minute. La Grande-Terre est , en général , un pays plat.

A son extrémité orientale est située Ftlc de la Désiradcy qui en est séparée par un canal d'environ *x lieues 7. Elle a 3 lieues ; de long sur une de large. On y cultive du coton , et on y compte i ,000 habitans.

Marie-Galante j au sud de la Désirade,

a quati*e lieues de long sur une ou deux do large; c'est un pays plat^ dpnt la côte orientale est bordée de hauts rochers qui servent de retraite à des oiseaux de mer. Le sol produit du sucre y dont i^ooo barils s'exportent chaque année.

Yis-à-vis la pointe la plus méridionale de la Guadeloupe y h 2 l, S.-S.-E., on trouve les Saintes y groupjB d'ilesqui offrent un bon mouillage pour les vaisseaux de toute grandçur.

A 1 1 lieues sùd-est de Basse-XeiTe on découvre la Dominique , appartenant aux Anglais, longue de 10 Ueues î et large de 5 y avec de belles plantations de café . La ville du Ro^eciUy résidence du gouverneur, sur la côte occidentale , a ses rues pavées, larges et tirées au cordeau; l'aspect de cette ville, du côté du nord, le* long du ruisseau , est très-pittoresque.

A 6 lieues S. S E. vient la Martinique , longue de i5 lieues^ large de G, avec 67 de superficie, et près de 100,000 âmçs, dont 77,000 esclaves. En 1821 , on y comptait 6,go6 mulets, et i3,o83 bœu6

OU vaches. Ses principales cultures sont la canne à sucre , le cafier, le cacaotier et le cotonnier. Le sucre rend 53,o59 barils du poids de i,ooo livres chacun ; le café 1,370,075 livres; le cacao 4^9000 livres; le coton 62,694 livres. Le revenu total de rîle est de 49678,289 francs ; la dépense de 49499^^87. La Martinique offre à l'œil quelques hautes montagnes éparses , liées entre elles par d'autres moins élevées et qu'on appelle des mornes. Elles contiennent plusieurs anciens foyers volcaniques. La capitale de l'île est Fort^Roj^Oi y sur un des meilleurs ports des Antilles , au fond d'une baie qui porte son nom. Les rues de cette ville sont larges et bien alignées , les maisons bien construites ; la population dépasse 1 5, 000 âmes. Saint-Pierre ,47!. N.-O. , sur un terrain qui s'élève au pied d'une chaîne de mornes , est le point central 011 Ton apporte les denrées de l'île; les rues sont pavées et arrosées par des ruisseaux d'eau vive ; la population est de 3o,ooo habitans , qui aiment beaucoup le spectacle, divertissement qu'ils peuvent

se procurer dans une magnifique salle à 4 rangs de loges.

Les autres îles qui terminent vers le sud la série des petites Antilles appartiennent aux Anglais. Nous ne verrons plus que Sainte-Lucie , Saint-Vincent , la Grenade , la Barbade , Tabago et la Trinité.

Sainte- Lucie y à ^ 1. de la Martinique y a un sol excellent , un climat cliaud, mais malsain ; les cultures y consistent en sucre et coton ; on y trouve de bon bois de construction ; sa ville principale est le Carénage , au N.-O., bon port , ou 3a vaisseaux de ligne peuvent mouiller. Sainte- Lucie est un des séjours de^ Antilles les plus dangereux pour les Européens.

Saint'Vincent y à 8 1. S.-E., est une île volcanique, longue de i4 lieues et lai^e de 4 9 qui , bien que montueuse et raboteuse y a des. vallées fertiles et bien arrosées. Il y demeure des Caraïbes noirs. Kingston est le chef-lieu de cette île , qui comprend Baguia et quelques îlots des Grenadins peuplés de cultivateui's pauvres.

La Grenade , à 5o 1. S,-S.-0. , longue de 7 lieues et large de 4 &u centre , présente une surface montagneuse , mais assez féconde , qui produit du sucre , du café , du coton , de Findigo et du tabac ; le gibier est tr&s-commun , et les rivifcres abondent en anguilles. Saint- Georges est le cheflieu de cette île y qui parait être l'ouvrage de deux volcans.

La Barbade , longue de 7 lieues, large de 3 9 avec 24 lieues de surface y a sa cAte bor^ dée de bancs de corail blanc , et sa pUge couverte d'un beau sable trfes-fin. Il- y croit des palmistes sur les coteaux et des cocotiers sur le rivage. Ce point ^ où touchent les paquebots anglais qui arrivent d'Europe et vont ensuite parcourir rArchipel , a pour chef-lieu Bridgetown^ à l'extrémité sud-ouest. La Barbade est si basse qu'on peut passer à peu de distance sans la voir^ loi^sque l'on entre dans l'archipel. Néanmoins le terrain uni qui s'étend derrière Bridgctown offre un tableau animé toiit-à-fait particulier aux Antilles. La chaleur est ici insupportable le jour, mais

tolérable le soir. De toutes parts courent des lézards qui détruisent des myiûades d'insectes. Les crabes de terre ou toui*louroux sont ti*ës- communs. Les sauterelles abondent y et sont surtout incommodes par le bruit continu qu'elles font la nuit, ainsi que les ternies, non moins désagréables que les fourmis , dont la voracité est incroyable.

Au sud de la Barbade est TabagOj nom qui lui fut donnée par Christophe Colomb, et qui était celui par lequel les Indiens désignaient la pipe dont ils se servaient pour respirer la fumée d'une plante sëche qu'ils avaient allumée. Cette île , longue de la lieues^ contient de belles savanes à l'est , tandis que l'intérieur présente des monticules arrondis et des vallées délicieuses. Scarboroughf chef-lieu, est sur la côte sud-est.

Mais aucun pays n'offre au marin lasse d'une longue navigation , un spectacle aussi pittoresque et aussi agréable que la Trinité f île de 19 lieues de long sur vi de large , à l'embouchure de FOrénoque. Les

productions en tout genre y sont beaucoup plus nombreuses que dans leç autres îles des Antilles, et se trouvent les mêmes que celles de la Guiane et de Venezuela , ce qui autorise à penser que l'île a pu faire anciennement partie de la terre ferme.

Les bananes , les patates sucrées , la gassave et les arépas ou gâteaux de maïs forment la nourriture des habitans, très -adonnés aux. plaisirs sensuels, surtout les femmes, qui sont fort accessibles. Les Indiens de cette île, appelés Gouaraones ou Givoraonesj ont leurs habitations dans les forêts sur le haut des palmiers , arbres qui fournissent à tous leurs besoins; ils choisissent pour leurs villages aériens le lieu le plus fourni , où Ton ne peut aborder qu'en passant sur des planches comme les danseurs de corde, ou en sautant de branche en branche. Us sont répandus également sur la côte de Colombie , vers les bouches de rOrénoque. L'^xportation du sucre de la Trinité excède année commune 21,000,000 de livres pesant , et la récolte du coton 1,506,000 livres.

Tel est le- coup d'oeil superficiel que nous voulions vpus présenter sur les Antilles. Nous n'avons point parlé des Bermudes , ni de Tîle Marguerite, ni de Curaçao , îles comprises toutes les trois dans la nomenclature de M. de Humboldt, pour la population détaillée qui se trouve au commencement de notre lettre : le motif de cette omission, c'est que les Bermudes se rattachent au continent de l'Amérique du nord , et que l'île Marguerite et Curaçao tiennent à celui de l'Amérique du sud. Cependant , comme nous n'aurons pas l'occasion de revenir sur ces îles , disons seulement que les Bermudes , qui furent découvertes en iSaa par l'Espagnol Juan Bermudes^ sont au nombre d'environ 4oo petites îles, qui , au pouvoir de l'Angleterre, s'étendent sur un espace de i5o lieues , et à 4oo 1. de Saint Domingue , et 200 1. du cap Hatteras , dans la Caroline du sud^ que l'île espagnole de Marguerite , v. 3o

dans la mer des Caraïbes, à la lieues de la côte septentrionale de Venezuela , est fertile en sucre et coton ; et que Tîle hollandaise de Curaçao y longue de m lieues sur 5 de large , produit du sucre y du tabac, et fabrique une excellente liqueur exportée sous son nom en £m*ope. Cette île est à 3o lieues de la côte de Carracas , qui dépend du territoire de Colombie , où nous irons prendre terre.

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