V. ti
ceux de CaUfomie , de Panama et d Guayaqùilj les seuls de ce côté occidenta qui aient de l'importance.
Nous avons dit tout à l'heure que 1< montagnes de l'Amérique laissent enti elles des plaines immenses et basses ^ k des plateaux trës-étendus : c'est dans \k vastes plaines du Mississipi que se trouvei les terrains unis désignés sous le nom ^ savanes ou de prairies } il n'y croît que d l'herbe , et les arbres sont disséminés à d< distances considérables et d'ordinaire ] long des courans d'eau. Dans l'Amériqt du sud se montrent des plaines analogU( nommées llanos et traversées par rOr< noque, ou Pampas j autres steppes enti Buenos-Ayres , la Patagonie et la chaîi des Andes. Le sol brûlant des llanos e tantôt nu comme le désert de la Lvbi( tantôt couvert d'un tapis de verdui comme les steppes de la haute Asie ; ell sont bornées au sud par une forêt in mense qui se prolonge jusqu'au delà i fleuve des Amazones. Sur les hautes ph nés ou plateaux il y a des villes construit
jusqu'à prës de 12,000 toises au-deAus du niveau de la mer, et des métairies à i ,000 toises au-dessus des villages les plus élevés des Alpes.
La ' configuration de l'Amérique -influe considérablement sur sa température .'.placé comme une longue langue de terre entre deux océans , et longeant à peu près à distance égale, d'un côté l'Afrique et l'Europe dont l'Atlantique le sépare , et de l'autre côté toute l'Asie et les îles de la Mer pacifique, le nouveau continent a une température de près de dix degrés plus basse qu'aux lieux situés sous les mêmes latitudes dans les autres parties du monde : cela vient d'abord de ses nombreuses chaînes de montagnes , dont les Andes ^ aux cimes couverte» de neiges perpétuelles , même sous la zone tomde, forment la base ; cela tieat ensuite à son peu de Iar> geur, puisque la surface de l'Amérique est principalement en longueur ^ cela tient en outre à ses -nombreuses rivières , de même qu'à ses forêts impénétrables : tou-
tes ces 'causes, dit M. de Humboldt (i), produisent dans les parties basses de FAmérique un climat qui contraste singulièrement, par sa fraîcheur et son humidité , avec celui de FA&ique } c'est à elles seules, ajoute le même savant, qu'il faut attribuer cette végétation si forte ^ si abondante, si riche en sucs , et ce feuillage si épais qui forment les caractères particuliers du nouveau continent. La limite inférieure des neiges perpétuelles y est , sous l'équateur, à a ,^6*1 toises au-dessus du niveau de la mer; par 10° lat. , k ^^36o toises; par 45° à i3o8 toises; et par 65** à 7 18 toises. La'limite supérieure de la végétation y est près de l'équateur , pour les lichens , à 2,849 boises ; pour les arbres , à 1,789; pour lequinquina à i, 485 ; pour le palmier à cire à i ,47 1 ; pour les palmiers et pour les bananiers à 5i3 toises.
Cette portion du globe , plus favorisée
(1) TabiHux de la ffaiure, tome I*'.
'7 d*un cAté que les autres contrées de la terre, par rélévation et la richesse de ses montagnes , par Tamplitude et Timmensité des fleuves qui Tarrosent, ofïre, il est vrai, d'un autre côté, un grave inconvénient pour les contrées voisines de la grande ligne de faîte et du partage des eaux. Cette ligne de faîte recèle de nombreux volpems , et on y est exposé aux tremblemens de terre ^ surtout dans les régions équatoriales. Ces tremblemens de terre renversent, détruisent de -fond en comble les villes et les populations, et ne lals9ent plus que des débris et des cendres aux lieux oà Tindustrie humaine luttait de pompe et de magnificence avec la nature même. Presque tous les Volcans d'Amérique aujour^ d'hui enflammés se trouvent sur le flanc occidental de la cbdîne des montagnes du sud et du nord, c'est-à-dire de la Patagonie à la rivière Mackensie. On n'en voit sur aucun point de la côte orientale de ce gi*and continent, si ce n'est trois petites éruptions à l'est des Andes propres, et que M. de Humboldt attribue aux ac-
îi*
lions latérales des volcans de Popayan et de Pajsto , vers les Provinces- Unie» de l'Amérique centrale. Sur la côte nordouest on cite principalement le volcan du mont Saint-Élie ; au Mexique , le Popocatepetl ou volcan de la Puebla , et 4 autres 5 en Guatemala 25 volcans y compris le groupe de Popayan 5 en Colombie le groupe de Quito ; au Pérou l'Àrequina ^ au Chili 16 volcans , et 3 aux Antilles , savoir : ceux de Saint Vincent > de Sainte Lucie et de la Guadeloupe.
Toutefois ces tremblemens de terre ne rendent point stériles les contrées où ils se manifestent, le sol bientôt n'en devient que^lus fécond ^ souvent même , en ouvrant ou ébranlant Iqs cnti*ailles de la terre , ils dévoilent de nouvelles richesses. On sait que l'Amérique , dont le sol s'étend d'une manière presque égale au nord et au midi de l'équateur , n'a rien à enviei* à l'ancien monde en productions dans les trois règnes. Les mines d'or et d'argent du Mexique et du Pérou ont nourri bien long-temps l'avarice de l'Espagne ^ des
«9 compagnies anglaises les exploitent aujourd'hui , et leur procurent de larges bénéfices. L'arbre du quinquina , ce remède contre la fièvre répandue dans les deux m.onde8 , ne croît que sur le flanc des Andes , près de -la ligne } on y voit aussi en abondance ce précieux tubercule qui de l'Amérique estvenii, comme une autre manne , rassasier la faim et consoler l'indigence des peuples de la vieille Europe^ d'autres végétaux ont encore servi à nos besoins , comme l'ipécacuanba y l'arowrout , la salsepareille , la vanille , le cacao , le bois de campéche , l'indigo , le tabac , le cotonnier, la canne à sucre et le café. On a dû admirer les pins superbes qui bordent la G)lumbia , et dont la tige s'élève perpendiculairement à une hauteur de 3oo pieds ^ il en a été de même des platanes et des tulipiers de l'Ohio , qui ont 4o à 5o pieds de circonférence. Dans le règne animal, se sont offerts à notre curiosité d'innombrables troupeaux de chevaux ou bœufs sauvages , des tapirs , faibles ébauches de l'éléphant, des singes et
des castors^ des légions d*oiseaux parmi le^[ùels brillent l'oiseau - mouche et le colibri, ces bijoux de la nature que leur ressemblance a fait souvent confondre sous un même nom; le kamichi, curieux par sa voix retentissante et par ses armes redoutables; le jabiru , destructeur des reptiles; le condor, espèce d'aigle deé Andes ^ l'aigle-chauve (i), l'agami , le inoqueur et quelques autres. Le' serpent à sonnettes se rencontre dans les deux Amériques , mais il est plus coihmuil entre les deux tropiques; les rivières sont remplies de caï« mané ou crocodiles. L'insecte le plus pi*é-^
(i) Il habite les deux Amériques, et sous toutes, les latitudes; il fréquente les bords de la mer, des lacs él des grands fleuvQs , et vit aux dépens de& habitans des eaux comnde de ceux de la tetre. Dooé> d'une grande puissance dé vol, il s'élève jusqu'au: dessus des orages. Indifférent aux températures, extrêmes , il passe en quelques minutes du froid; des plus hautes régions de l'atmosphère aux cha-. leurs de la zone torride ; les saisons ne l'obligent point à changer de climat.
cieux est la cochenille , à cause de la belle couleur qu'il donne pour la teinture. Quand les Européens eurent débarqué en Amérique, ils donnèrent à ses habitons le nom général d* Indiens , parce qu'ils se croyaient aux extrémités orientales de rinde : ce nom est demeuré aux indigènes du nouveau monde; mais de nos jours on ne les rencontre plus que dans les forêts y parce qu'ils furent presque tous exterminés par leurs maîtres nouveaux, qui ensuite y ne pouvant cultiver eux-mêmes la terre dans les régions brûlantes de l'équateur, allèrent chercher en Afrique des nègres dont l'union avec les blancs a produit les mulâtres; pendant que de> celle des indigènes avec les Européens sont nés les créoles. D'un autre côté, bon nombre d'Européens dès le i6' siècle s'étant fixés dans les' deux Amériques , il en est résulté une race nouvelle de 'blancs qui forment aujourd'hui par leurs caractères physiques , comme parleurs idiomes, une classe toutà-fait indigène et différente des autres portions du genre humain.
£n général les indigènes américains sont bien constitués, ont le teint d'un rouge cuivré , la chevelure noire , longue et peu fournie 9 la barbe rare et semée ^ar bouquets, le front court, les yeux alongés, les sourcils éminens , les pommettes saillantes, le nez vjh peu camus, les lèvres étendues , les dents serrées et aiguës ; une expression de douceur sur la bouche, et cependant de dureté dans le regard ^ la tête carrée , la face large , sans être plate , mais s'amincissant vers le menton ; la poiti4ne haute , les cuisses grosses , les jambes ar^ quées, le pied grand , tout le corps trapu , avec l'os frontal très-déprimé en amère,et le crâne ordinairement léger.
Voilà les traits physiques généraux et distinctifs des nations américaines; il n'y a d'exceptions que pour les races polaires, comme les Eskimaux vers le pôle arctique , lesquels sont au-dessous de la taille moyenne, et ont quelque ressemblance avec les Samoyèdes. Une exception con« traire existe pour les Pueiches et les Palagons f dont la stature pai^aît être au-dessus
de la moyenne. Les Caraïbes sont rouges^ le coloris des indigènes du Brésil et de la Californie est foncé \ celui des Mexicains est plus basané que celui des Indiens de la Colombie; les peuples du Bio-Negro sont plus basanés que ceux du Bas-Orénoque ; ceux du Bio-Gila sont plus bruns que ceux du Guatemala; aux sources de TOrénoque on aperçoit des tribus blanchâtres au milieu de peuplades noirâtres; les Indiens des plateaux les plus élevés de la Cordilliëi*e des Andes ont le teint aussi cuivré que ceux des plaines basses et dévorantes de la torride. Partout on a'aperçoit que la couleur de l'Américain dépend très -peu de la position locale dans laquelle il vit. Il serait difficile d'établir des généralités sur les mœurs ou le caractère moral des Américains, parce que la race indigène, comme on l'a vu tout à l'heure, a presque disparu devant les vainqueurs, et que ceux-ci ont imposé leurs langues et leurs usages à ce qui est resté et qu'ils ont asservi. On peut dire , comme l'observe Malte-Brun , que l'Amérique , sur ces deux
a4 points, montre l'empreinte d'anciennes communications par le golfe de Behring avec l'Asie y antérieures au développemen< des croyances et des mythologies régnantei parmi les peuples asiatiques. Les deux langues dominantes parmi les peuples du nou ^ vel hémisphère sont V anglaise dans l' Améri'
; queseptentrionale, et l'espagnole dans l'A-
mérique méridionale , parce que les Espagnols et les Anglais s'étaient comme partage ce nouveau continent; viennent ensuite h français et le portugais. Parmi les àutrei idiomes il en est quelques-uns qui s'éten* dent sur de vastes pays. Dans l'Amériqui ^ méridionale, celui du Chili est commun \
la Patagonie; celui des Guarani^ est ré ' pandu depuis le Brésil jusqu'au Rio-Ne
gro, où commence la méine Patagonie; L f langue des Caraïbes paraît être la langue
^ mère de vingt autres. Dans l'Amérique
** septentrionale, la langue des Aztèques
ancien peuple du Mexique , s'étend depui: ' le lac Nicaragua jusqu'au 37*» lat. N., suj
une longueur de 4oo lieues; les Chérokéi ont aussi une langue propre, dans le
ts-Unis 9 et r idiome des Eskimaux 8'é- 1 depuis le GroëDland au nord-est juslux plages maritimes d'Ounalaschka au 1-ouest. Voici au reste comment le cée Humboldt répartissait pour 1828 les pies d'Amérique sous le rapport de ^ idiomes.
pie anglaise, parlée par. . 11,647,000 indÎT.
— espagnole jo,5o4,ooo
— indienne 7,596,000
— portugaise 3,740.000
— française i,a4a,ooo
— hollandaise \
— danoise f
— suédoise / '
— russe j
34,94a,ooo
es totaux de chacune de ces langues 1 basés sur les détails suivans :
Langue anglaise,
its-Unis io,5a5,ooo
lUt-Ganada , Nonvelle-Écosse ,
eau-Brun s wick 260,000
itilles et Guiane anglaise . . . 862,000
1 1 ,647»ooo
Langue etpagnole.
Amérique espagnole, savoir :
Blancs • . . . . 5,276,000
Indiens. 1,000,000
Races mixtes et nègres 6,io4,ooo