Partie espagnole d'Haïti ia4,ooo
io,5o4,ooo Longuet indiennes,
Amérique espagnole et portugaise, y compris les tribus indépendantes. 7,595,000
Langue portugaise.
Brésil. . * 5,740,000
Langue française,
Haïti 696,000
Antilles dépendantes de la France, Louisiane et Guiane française . . . a56,ooo
Bas -Canada et quelques tribus d'Indiens indépendans 290,000
i,24a,ooo
Langue hollandaise , tuédoisey danoise et ruue.
Antilles 84»ooo
Guiane 117,000
Eusses de la côte N.-O. . . . « . iSyOoo
Dans le total général, les .langues de l'Europe latine figurent pour • . i5fi86,ooo
Celles du rameau germanique pour. ii363,ooo
Les langues indiennes pour. . . . ^,595,000
. 34,94a»ooo
On peut admettre qu'en générai dans l'Amérique continentale et insulaire , il y a sur 6,433,000 noirs plus de 4h q^i Parlent anglais , plus de /^^ qui parlent portugais , et plus de -^ qui parlent la langue française.
Si nous considérons les peuples d'Amérique sous le rapport des religions qu'ils professent , nous voyons que celle du Christ y est pour ainsi dire universelle, et
M. Humboldt donne encore à cet égard la classification suivante :
Catholiques romjEiins aa,486,ooo
Protestans 119636,000
Indieos indépendans non chrétiens 820,000
Le total des catholiques romains est formé : i*^ par l'Amérique espagnole continentale, qui en fournit i5,g85,ooo, dont 2,g3'7,ooo blancs , 7^53o,ooo Indiens , 5,5 18,000 mixtes et nègres ; 2° par l'Amérique portugaise, qui en donne environ 47000,000 } 3^ par les États-Unis , le Bas-Canada , et la Guiane française , qui en ont 537,000, et 4® par Haïti, Guba^ Porto-Rico et les Antilles françaises qui çn ont 1,964,000.
Au total des protestans M. de' Humboldt a fait concourir , savoir : les États- Unis pour io,2g5,ooo ; le Canada anglais , la Nouvelle-Ecosse et Labrador pour a6o,ooo;,la Guiane anglaise et hoUan-
daise pour 2'io>ooo ; les Antilles anglaises pour 777^000$ les Antilles hollandaises, danoises j etc. , pour 84^000 .
Quant au rapport des cultes entre eux , le savant auteur pense que le nomBre des protestans dans toute l'Américpie continentale et insulaire , depuis l'extrémité méridionale du Chili jusqu'au Gi^oenland, est à celui des catholiques romains comme I est à 3. Les Indiens indépendans* , qui n'appartiennent à aucune communauté chrétienne y sont à la population chrétienne comme i est à 4^. Dans l'état actuel des choses j la population protestante s'accroît plus rapidement dans le nouveau monde que la population catholique , et en moins d'un demi-siëcle il est probable que malgré les institutions libres que viennent de se donner l'Amérique ci-devant espagnole et le Brésil > le culte purement évangélique aura encore modifié considérablement , par son extension nouvelle , ce terme de comparaison.
Les peuples américains sont gouvernés aujourd'hui par des institutions générale^
3o ment démocratiques. 11 y a cinquante aii5 qu'une grande portion de l'A-mérique du nord s6coua le joug de l'Angleterre , qui y avait des colonies très-étendues j il y a dix ans que TA-mérique méridionale est de même entièrement émancipée , avec la partie sud de l'Amérique septentrionale*, c'est-à-dire le Mexique et l'Amérique centrale;- Anglais, Espagnols, Portugais , sont pour jamais chassés des lieux que leur monopole exploita pendant trois siècles; la liberté qui improvisa des armées et des généraux , comme autrefois Gadmus avait repeuplé de guerriers la Phocide , a aussi fait sortir du sein de l'Amérique des législateurs capables d'apprécier les besoins et la véritable situation morale des Américains. Ceux du nord , comme nous venons de le dire, ayant fait les premiers pas dans un ordre politique , et les ayant marqués d'une sagesse et d'une maturité précoces , leurs frères du sud les ont pris pour modèles, et leurs républiques se sont organisées d'après les mêmes bases. Aussi, à quelques différences de formes près , tous
ont adopté le piâncipe de la souvercdnefe du peuple , la représentation nationale , et la distinction des trois pouvoirs y législatif , exécutif et judiciaire.
Toutes les constitutions générales de l'Amérique attribuent l'exercice de la puiS" sance iégisiaiive à un congrès composé d'un sénat et d'une chambre de repre'^ sentans. Au Brésil seulement existe une monarchie représentative y mais également avec les trois pouvoirs. Dans les républiques fêdératives , conmie celles de l'Amérique du nord , indépendamment du congrès général , il existe pour chaque état confédéré un pouvoir législatif dont la forme et les attributions sont déterminées' pai' la constitution particulière de l'état, calquée , au reste, sur la constitution générale. Aux États-Unis et au Mexique la chambre des représentans se renouvelle tous les deux ans , et pour ^être député il faut être âgé de 25 ans. Il y a en Colombie deux degrés d'élection , et pour y être député il faut posséder un certain revenu. Aux
États-Unis et dans la Colombie', la chambre des représentans a le droit exclusif de mettre en accusation , devant le sénat , les principaux fonctionnaires delà république; Àu Mexique, les deux chambres connaissent, en qualité de grand jury , des accusations qui peuvent être portées devant elles contre ces fonctionnaires. Le sénat y dans les trois grandes républiques , forme la seconde branche du pouvoir législatif. Les sénateurs sont renouvelés tous les deux ans , aux États-Unis par tiers , au Mexique par moitié ; ils le sont en Golom* bie tous les quatre ans par moitié , et la durée des fonctions est de huit années. Dans les trois républiques , l'âge de l'éligibilité des membres du sénat est de 3o ans, et l'on écarte des fonctions de sénateur comme de député tous les individus qui occupent des emplois du gouvernement.
Les sénateurs et les députés reçoivent partout une indemnité sur le trésor public durant le temps de chaque session. Les attributions des deux chambres réunies en congrès ont pour objet général de défen-
dre l'indépendance nationale et de pourvoir à la conservation et à la sécurité de la nation dans ses relations extérieures J de conserver l'union des états de la fédération , de soutenir l'égale proportion d'o-' bligations et de dixÀts devant la loi; dans ce but le congrès a le pouvoir de créer les impots, de contracter les emprunts, de régler le budget, de décider la guerre , de lever et d'entretenir les forces de terre et' de mer; les résolutions qu'il prend ont force de loi qu^nd elles ont été discutées par les deux chambres , adoptées à la majorité des suffrages , et approuvées par le président , sauf les cas prévus par la constitution.
Toutes les constitutions réptd>licaines de l'Amérique confient le pouvoir exécutif à un fonctionnaire suprême qui prend le titre de président , et qui , dans les trois grandes républiques précitées , est renouvelé tous les quatre ans. 11 est le chef des forces militaires , mais ne peut en disposer sans l'aveu du congrès ;-il fait exécuter les lois , nomme aux emplois publics , a * le
droit de grâce ^ et est expressément chargé de prendre toutes les mesures que commande rintérét général.
Quant au pouvoir judiciaire , le principe dé rinamovibilité des juges et de la p\iblicité des débats est généralement • admis. Dans les trois grandes républiques j de même qu'à Buenos-Ayres et au Brésil^ il existe une cour suprême de justice ayant des atti'ibutions pareilles , comme notre cour de cassation^ il y a des tribunaux d'arrondissement et de district correspondans à nos cours d'appel et à nos tribunaux de première instance.
Toutes les constitutions américaines renferment les garanties individuelles impérieusement réclamées de nos jours par tous les peuples civilisés, et dont quel-^ ques^uns seulement jouissent. La liberté de la presse dans aucun des gouvernemens du nouveau monde ne peut jamais être suspendue; la liberté individuelle est tellement gai^autie, qu'elle ne laisse aucune prise à l'arbitraire } les citoyens ont le droit de s'assembler en public pour discu^ier sur
les intérêts du pays ; ils ont le droit de port d'armes } ils sont exempts de la gène des passeports , et dans plusieurs contrées , comme aux États-Unis et au Brésil , ils ne sont jugés que par leurs pairs , le jury s'y trouvant en pleine activité. Partout , excepté au Brésil, les distinctions nobiliaires sont abolies^ partout les cultes sont libres, sauf au Mexique où le catholicisme est seul permis, ce qui démontre la force des préjugés qui régnent encore dans ce pays; en Colombie et au Mexique, tout homme libre , quelles que soient sa couleur et son origine , est citoyen ; quelques portions des États-Unis excluent encore les noirs de l'exercice des droits politiques , mais la constitution générale n'en parle point.
Ces généralités sur les institutions du nouveau monde recevront leur complément ou leur application particulière et leurs développemens lors de la revue de ses divers états; mais pour y procéder avec plus de clarté, nous devons ajouter à ces grands traits sur l'Amérique ceux qui
regardent $pécialemeat chacun dee deux massifs du noi;d et du midi; nous commencerons par le massif de l'Amérique septentrionale, et nous passerons iJoaimédiatement à celui de TAmérique du sud , afin que les idées sommaires sur l'un et l'autre se présentent avec plus d'ensemble et d'avantage , ayant de descendre aux différentes contrées qui en dép^ident resp&ctiv.ement.
AMÉBIQUE SEPTENTRIONAtE.
JJ Amérique septentrionale ^ dont les c6tes furent explorées pour la première fois par l'anglais Sébastien Cabot, en 1497^ avec ordre de Henri YII de prendre possession au nom de son souverain de tous le^ pays non encore soumis à quelque prince chrétien , commence au midi à l'isthme de Panama, par g^' lat. N., et finit au Qord à la Mer glaciale, par delà le 80^ lat. N., pendant qu'elle est comprise entre i5°-i70® long. O. Elle est bornée à l'est par l'Océan atlantique boréal et équatorial , et
à Touest par l'Océan pacifique^ elle renferme, en terre continentale, une super* Jicie de 607 ,337 ^i^^^ mainnes carrées de ^o au degré , avec une population d'à peu près !25,ooo,ooo d'individus (i), sans \et Antilles, qui, sur un développement de 700 à 750 lieues et avec une surface de 8,3oo lieues marines carrées, contiennent plus de 3,000,000 d'habitans.
Parmi les aecidens naturels de l'Amérique septentrionale, ses golfes, ses détroits, ses montagnes, ses lacs et ses fleuves méritent iln examen particulier.
Les trois golfes principaux, que l'on revêt aussi du titre de mers ou de baies y à cause de leur étendue, sont ceux de Baffin, d'Hudson et du Mexique. Le golfe de Baffin , appelé ainsi de l'anglais Guillaume
(i) L'estimation de M. d&Huinboldt à 19,650,000 âmes en iSaS^, sans les Antilles, était probablement déjà trop faible à cette époque , et le prodigieux accroissement de la population des États-Unis éloi|;ne de plus ea plus ce nombre de la ▼érité«
Baffin, qui le découvrit en 1616 , en cherchant un passage par le nord-ouest de l'Atlantique dans le grand Océan , est situé dans la partie la plus septentrionale de FAmérique du nord, enti'e les «jo** et 78" lat. IS., sous 70° long. G. } il sépare sur ce point l'Amérique propre du Groenland; des montagnes régnent le long de ses côtes qui sont continuellement bordées de glace, et la navigation s'y borne à quelques semaines. Les oiseaux aquatiques s'en éloignent avant la fin de juillet; il abonde en phoques, narvals, baleines et autres grands animaux marins ; il communique avec l'Océan atlantique boréal par le détroit de Davis, et avec la mer boréale par le détroit de Lancaster et le canal de Ban*ow; on ignore s'il communique directement avec le golfe d^Hiidsoni Celui-ci , qui pénètre dans le littoral E. des possessions anglaises, et qui est situé entre les 75'*-96° long. O. et 5i°-63° lat. N., fut découvert par le navigateur anglais Henri Hudson en 16 10. Ses côtes sont stériles et hérissées de rochers escarpés } la mer n'y est libre que de juil-
let à septembre^ il communique avec le détroit de Davis par ceux de Forbishër, de Gumberlaad et d'Hudson. Le golfe du Mexique est la partie de TOcéan atlantique avancée dans les terres méridionales du nord, par 84**-ioo** long. O. et ao°-3o° lat. N. ^ il est sous le tropique du Cancer , il baigùe la côte sud des États-Unis et la côte est du Mexique y et il reçoit les eaux du Mississipi ainsi que du Bravo ou duZio del Norte. On pourrait encore citer le golfe de Californie y autrement dit la mer Vermeille y dans rOcéan pacifique y sur la côte occidentale du Mexique et ou débouche le G)lorado.
Les principaux détroils sont, dans l'Atlantique et les portions de mers qui s'y rattachent y le détroit de Davis y découvert par l'anglais Davis en i585, et communiquant du golfe dé Baffin à l'Océan atlantique boréal^ le détroit de Lancasterj situé au N.-O. du golfe de Baffin; le détroit ou canal de Barrow , à l'ouest du détroit de Lancaster; le détroit d^Hudson , qui lie la baie d'Hudson au détrpit dç Pavisf ]e
détroit desFlorides ou cantil de Bafiama, qui communique du golfe du Mexique dans rOcéan atlantique^ et sépare des iles Lucayes la côte sud des États-Unis. Le courant pei'pétuel qu'on éprouve dans ce détroit vient du courant formé par la marée qui se répand entre Cuba et Tucatan , et de la masse des eaux du Mississipi avec celle des autres grands fleuves qui débouchent dans le golfe du Mexique : l'arrivée de la marée du sud au nord force les eaux des fleuves à se répandre le long des côtes de l'est de l'Amérique septentrionale.
Les détroits principaux dans l'Océan pacifique sont le détroit de Behring^^- entre l'Asie et l'Amérique du nord ; le détroit ou canal de Géorgie , à la côte ouest au nord de l'Amérique, sous 5o® lat. N. et par laS'^-iSo® long. O., entre l'île la plus méridionale de l'archipel Quadra et Vancouver et les côtes ouest du continent américain.
Le système des montagnes de l'Amérique septentrionale établit deux longs versans à l'est et à l'ouest , parallëlea aux
deux Océans atlantiipie et pacifique. Le versant de Touest , depuis l'isthme de Panama jusqu'au détroit de Behring , forme une chaîne prolongée des Andes qui suit les côtes du grand Océan , à une distancé qui varie d'un petit nombre de; lieues jusqu'à près d'une centaine , et reçoit successivement divers noms, du nord au sud^ ceux de monts Rocheux dans 1^ possessions russes et anglaises ; monts Colombiens au sud-ouest , dans les États-Unis ; Sierra de los Mimhrez dans le Mexique } et Sierra de la Madré dans le Mexique et l'Amérique centrale. Le versant de Test , infiniment plus éloigné de l'Atlantique , a plusieurs rameaux dont la chaîne s'étend par le nord-est entre a3° et 48** lat. , jusqu'au golfe St-Laurent, sous les noms de monts Alle^iany j de montagnes Bleues sur la cote, et de monts de Cumherland à l'ouest. Voici au reste les hauteurs absolues des principales montagnes de l'Amérique du nord, d'après le-taUeau de M. PeiTot> revu par M de Humboldt.
kl
MONTA SHBS. HAimCIS.
Le plus haut pic des monts Rocheux. 2906 toises.
Mont Sainl-Élie, côte N.-O aSaS
Le Popocatepetl (volcan du Mexique) 2771
Pic d'Oribaza (Mexique) 2717
Sierra Nevada (/rf.) . 245 1 i
Nevado de Toluca 2572
Mont du Beau-Temps , côte N.-O. . 2334
James Peak (monts Rocheux) 1873
Mexico , ^ ..... • 1160
Le Washington (États-Unis). .... 1037
Yalladolid loox
Xalapa 677
Pic d'Otter (États-Unis) 666
Montagnes Bleues (Jamaïque) .... 1137
La Soufrière (Guadeloupe) 778
Montagne pelée (Martinique) .... 665
Saint-Vincent, volcan 5oo
Lac Supérieur (États-Unis) 100
Lac Érié 88
Lac Ontario 34
La chaîne qui unit les monts Rocheux aux AUeghany foime par 55° — 4i** 1*^« N» les lignes de partage des eaux, 1° entre la mer polaire et la haie d'Hudson; s*' eatre
la même baie, le golfe du Mexique, les lacs au nord et le cours du Saint^Laurent ; 3" entre les lacs au midi et le même golfe du Mexique. A l'ouest de la chaîne principale se détachent d'autres ramieaux qui s'étendent, les uns vers les rivages de la mer et du détroit de Behring, les autres vers la Californie. De ces différentes lignes de faite , il résulte pour l'écoulement des eaux cinq bassins principaux : le premier à l'ouest, compris entre la chaîne des monts Rocheux et le grand Océan ) le deuxième à l'est, resserré entre les Alleghany et l'Océan atlantique; le troisième formé au nord par la Ugne de faîte qui sépare le golfe d'Hudson dès grands lacs canadiens dugolfe du Mexique , de la mei* polaire et du golfe de Baffîn, et reçoit les eaux qui viennent de cette enceinte; le quatrième situé au nord, entre les monts Rocheux et la ligne de faîte que nous venons de décrire, en y comprenant le golfe de Baffin , les détroits de Lancaster et de Barrow, et la partie de la mer polaire où ces détroits communiquent; le cinquième au sud , qui , compris
entre les AUeghany, la ligne de faîte trans^ versale , les monts Rocheux, les montagnes qui y font suite jusqu'à l'isthme de Panama , verse ses eaux dans le golfe du Mexique et la mer des Antilles. Voici les principauxj^ui^e^ qui s'écoulent dans ces divers bassins.
Bassin du grand Océan.
G olumbia (États-Unis). . . . cours. 4oo lieues. San-Phelipe ou Garmela (Mexique). . 3oo Colorado (Mexique) 260
Bassin de ta mtr polaire.
Mackensie arec l'Oun|igah ou mière de la Paû^ 6»5
Bassin de la baie d^Hudson,
Sajutchawan avec le Nelson (Amérir
que anglaise) 4^0
GhurchiU (Id.) 4oo
Albany (le/.) s3o
B^jssin de t Atlantique.
Fleuve Saint-Laurent 670
Affluent : Utawas 170
Connecticut (États-Unis) 100
Battin du goffe du Meœique,
MissUsipi avec le MÎMOuri (États-Unis) i loo
Afflutns : Missouri seul ySo
Rivière Plate ajo
Ohio / aao
Arkaosas 410-
Biyière rouge. • 35o
Bio del Norte ( Mexique) ....... 5oo
Essayons de décrire quelques-uns des fleuves que nous venons de citer.
Vers le même point des monts Rocheux ^ par54*lat. N. et iSo" long. O., naissent deux fleuves qtii coulent, Fun du flanc N.-E. vers le pôle boréal , Tauti'e du flanc S%-0. vers l'Océan pacifique; ce sont le Mackensie et la Columbia.
Le Mackensie y ainsi nommé du voyageur anglais qui le découvrit en 1789, se forme de trois bras , dont le plus septentrional sort du lac Hum ; le plus méridional est nommé bras de l'est; celui dû centre, qui est le principal , conserve le nom d'Ounjigah ou de rivière de la Paix, Après
un cours assez considérable de l'ouest au nord-est , parvenu au lac Athapeskow , il change sa direction pour prendre celle du sud au nord-est , et son nom pour celui de rivière de l'Esclave, où il se rend; il en sort sous le nom nouveau de M ackensie , qu'il garde jusqu'à la mer glaciale , où il débouche par i35° long. O. et 69° lat. N. Il est navigable, jusque dans le voisinage des monts Rocheux , où il a de nombreuses cascades ; entre le lac de l'Esclave et l'Athapeskow, il couvre dans ses débordemens une immense étendue de terrain. Il formait naguère limite entre les possessions russes et les possessions anglaises dans l'Amérique du nord, les premières à l'ouest, et les secondes à l'est.
La Columhia , qui débouche dans la mer pacifique , reçoit de nombreuses et importantes rivières, notamment \e F]at-Bow ou Mac-Gillivray's river, le Clark ou Flat- Head, le Lewis ou Saptim, et la Multno*^ mah; quelques géographes y rattachent encore le Tacoutché-Tessé ou rivière Fraser, qui pourtant se jette dans le golfe de
Géorgie , 3 degrés plus au noixl. La GoluiU'^ bia, à loo lieues de son embouchure , aprës avoir reçu la rivière Lewis , a déjà près de 3,000 pieds de large; ses eaux sont tellement claires qu'on y aperçoit le poisson à i5 pieds de profondeur; des bâtimens de 3oo tonneaux remontent le fleuve jusqu'à la jonction de-la.Multnomah, à 38 lieues de l'Océan , et la marée se fait sentir 211 1. au-delà. Née par 5o*» lat. N. et 118*» 5o' long. O. , et arrivant à l'Océan par 46** 19' lat. N. et i26« i4' i5" long. O. , la Columbia, eu égard à ses sinuosités , présente un cours d'environ 4oo lieues.
Les deux autres fleuves du bassin de l'Océan pacifique et ceux du bassin de la baie d'Hudson seront décrits lorsque nous traiterons du Mexique et des Etats-Unis auxquels ils appartiennent; mais nous ne pouvons ajourner le St-Laurent et le Mississipi , les deux plus grands fleuves de l'Amérique septentrionale, communs d'ailleurs à plusieurs états.
Le fleuve Saint-Laurent , qui sépare les possessions anglaises de celles de l'Union ,
est , à proprement parler^ le détroit par où s'écoulent dans l'Atlantique les eaux des lacs du Canada, dont nous ne traiterons que dans notre lettre sur l'Amérique anglaise. Il reçoit divers noms : il s'appelle le Saint- Laurent depuis son embouchure , sous 48° lat. N. et 7 2° long. O. , jusqu'au ^& long. O. ; le Cataraqui ou YJroquoisy de ce point jusqu'au lac Ontario^ la riviëre de Niagara , entre le lac Ontario et le lac Erié; le détroit entre le lac Erié et le lac Saint Clair ^ la rivière Saint Clair, entre le lac Saint Clair et le lac Huron, auquel se joint le lac Michigan^ les chutes ou sauts de Sainte Marie , entre le lac Huron et le lac Supérieur. C'est au 76° long. O. que r Utawas vient du pays des Iroquois s'unir au Saint Laurent , près de Montréal. Le lac Champlain , sous le ^6*" lat. N. et 76° long. O. , s'écoule aussi dans le Saint- Laurent , par un canal qui porte le nom de Chanibly ou de Sorelle. Ce qu'on nomme le Cataraqui , peut avoir 5o lieues de cours; la rivière de Niagara en a 12; celle du détroit , i4 ^ 1<^ Saint Clair ,. ^o ;
celle des chutes , lo à i:^} et tout le fleuve 670 lieues« La rivière de Nîag^*a y^ied'un quaf t de lieue à une lieue de largeur; à uïi des points de^on rétrécissement, elle se précipite de lôS- pieds de haut par deux cataractes dont l'île des Chèvres -manque b séparation , et pend avec tous ses arbres sur le^chaos des ondes. La cataracte ou le saut de l'ouest y qui est le plus considéjçable , se nomme le grand saut ou le saut, dujhr.k cheval j à cause de &a foi^me, et fi 1800 pieds de large; le saut de l'est en a looô. Ce double saut s'ann(>nce. par d'affreux mugissemens; c'est nloins un fleuve qu'une mer , dont les iorrens se pressent à la bou- , che béante d'Un gouffre, u La masse du fleuve qui se précipite au midi s'arrôiidit en un vaste cylindre , puis se déroule en nappe de neige , et brille au soleil de toutes les couleurs : celle qui tombe au levant descend dans une ombre ef&ayantc ; on dii^it une colonne d'eau du déluge.
Mille arcs-en-ciel se courbent et se croisent sur l'abîme. L'onde , frappant le roc ébranlé, rejaillit en tourbillons d'écume
qui s^élëvent au-dessus des forêts, comin les fumées d'un vaste embrasement. !> pins, des noyers sauvages, des rochei taillés en forme de fantômes , décorent I scène. Des aigles , entraînés par le courai d'air, descendent en tournoyant au fbn du gouffre , et des carcajoux se suspei dent par leurs longues queues au boi d'une branche abaissée , pour saisir dai l'abîme les cadavres brisés des élans et di ours (i). » En 1827, plus.de 10,000 ii dividus se sont trouvés réunis près d Niagara pour être témoins de la chute d'v bateau portant deux chiens et un ours ; 1 ti*ois animaux en approchant de l'abio poussaient des hurlemens affreux ; les dei chiens se précipitèrent les premiers; l'ou tifift bon jusqu'au dernier instant, ma fut à son tour englouti par le goufiE écumant.
Le Mississipiy roi des fleuves de l'Am rique du nord , et qui coule sur le ten
(i) Ghâtcaubriand. Génie du Chriiiianisme,
5i toire des États-Unis , devrait plutôt s'a^ peler Missouri , son principal affluent y plus étendu que le Mississipi propre. Le Missouri nait au versant oriental des monts Hocheux , entre 1 12° et 1 13** long. O., par 44" 1*^' N» y peu loin des souixes du Lewis, vm des affluens de la G>luinbia. Formé de trois coiu*s d'eau principaux, nommés le Gallatin , le Madison et le JefFerson , il coule d'abord au nord l'espace de 55 ^ieues; puis au nord-est pendant ;»5 lieues; puis au sud-est pendant 200 lieues, durant lesquelles il reçoit plusieurs affluens notables , comme le Tellow - Stone ou Pierre-Jaune , et le. Petit-Missouri j alors il se reploie brusquement au sud poiu* couler dans cette direction pendant i4o lieues dans le pays des Sioux , et y recevoir d'autres affluens, tels que la Qiayenne et la rivière Blanche ou White-river y sous le 43* parallèle ; par io3** long. O. , il fait un détoiu* à l'est pendant 60 lieues , reçoit encore plusieurs affluens , comme le Quircourre, la Jaegue et la Sioux; enfin court au sud-est pendant 24^ lieues , pour s'uniir
au Mississipi. Celui-ci vient du lac d Cèdre rouge, par 97® i5' long. O., soi 47° 35' lat. N. (i), à deux lieues des lac» d versant nord-est qui envoient leurs eaux la baie d'Hudson; il coule au sud pendai 2 degrés , puis au sud-est pour former 1< célèbres cataractes de Saint- Antoipe , r< çoit divers affluens, comme les rivière Sainte-Croix , de Saint Pierre , des M oinei de Chippaoua et des Illinois , et joint ] Missouri par 38« 54' lat. N. — 870 4< long. O. , après un cours de 3oo lieues. . son confluent avec le Missouri , il deviei comime lui trouble et jaunâtre; les eau des deux fleuves ne s'unissent complète ment que 3o milles plus bas. Le Missii sipi continue à couler jusqu'au golfe d Mexique, en donnant son nom aux deu bras réunis, trajet de 45o lieues , penTlan lequel viennent encore le joindre , pa
(1) BeUrami recule la source du Mississipi au Is Julia, par 48» 3* lat. N. , et 4" long. O. mér. de 1 IfourellA' Orléans.
sa gauche , TOhio et le Tcnessé , et par sa droite , la rivière Blanche , l'Arkansas et la rivière Rouge. Le cours entier du Missouri ;, avec le bas Mississipi , est de plus de iioo lieues; d'autres le 'font de I200 lieues, y compris toutes les sinuosités. La largeur du fleuve est en généi*al de 800 à 1600 toises; celle de chacùndei deux bras, au point de jonction , est d'une demi-lieue ; celle des deux bras réunis est de plus d'une lieue à la Nouvelle- Oi^ léans , et va toujours-en augmentant jusqu'à leurs embouchures. Le courant du fleuve est de 3 milles î à 4 milles par heure ; mais sa rapidité est telle à la Nouvelle-Orléans, qu'il faut un vent fort pour qu'on puisse le remonter à la voile. Le fleuve est navigable pour les bâtimens de 3oo tonneaux jusqu'à Natchez , qui est à i']o lieues de la mer, où il se jette par plusieurs bras en formant un delta , sous 29** 6' lat. N. ; les embarcations remontent jusqu'aux chutes Saint Antoine , par 44" 5o' lat. N« y navigation de près de 800 lieues 7 avec les circuits. Le Missouri et le
Mississpi avec leurs afflucns arrosent t pays égal en surface aux deux tiers < l'Europe.
Lorsque tous les cours d'eau tributair du Mississipi se sont gonflés des déluges c l'hiver , quand les tempêtes ont abattu d B^ns entiogs de forêts , a le temps , d JBSSBEfle temps assemble , sur toutes 1 sources, les arbres déracinés : il les un avec des lianes , il les cimente avec d vases y il y plante de jeunes arbrisseaui et lance son ouvrage sur les ondes. Gha ries par les vagues écumantes , ces n deaux descendent de toutes parts au Me chacébé (i). Le vieux fleuve s'en empan les pousse à son embouchure pour y fo
mer une nouvelle branche. Par intervall<
il élève sa grande voix , en passaijt sous I
(i) Les Indiens donnent au Mississipi le nom < Mescha-chébès ou père des eaux. Le mot MiuitH est, au reste, formé de deux mots de la langi des Algonquins , m{ssi\ grand, et iepe oir npi^ r vière.
monts; il répand ses eaux débordées autour des colonnades des forêts et des pyramides des tombeaux indiens : c'est le Nil des déserts (i). Mais la grâce est toujours unie à la magnificence dans les scènes de la nature ; et tandis que le courant du milieu entraîne vers la mer les cadavres des pins et des chênes , on voi{^ sur les deux courans latéraux , remonter le long des rivages ^ des iles flottantes de pistia et de nénuphar 9 dont les roses jaunes s'élèvent comme de petits pavillons; des set*pens verts , des hérons bleus , des. flammans roses , de jeunes crocodiles, s'embarquent passagers sur ces vaisseaux de fleurs; et la colonie) déployant au vent ses ailes d'or, va aborder endormie dans quelque anse retirée du fleuve.
» Les deux rives du Meschacébé présentent un tableau le plus extraordinaire. Sur le bord occidental , des savanes se dé-
(i) Il submerge ses bords deux fois par an , ^à une très-grande distance.
roulent a perte de vue : leurs flots de ve^ dure 9 en, s'éloignant , semblent montei dans Tazur du ciel , où ils s'évanouissent On voit dans ces prairies sans bomei ciTer à l'aventure des troupeaux de 3 ou 4ooo buffles sauvages. Quelquefois un bi son chargé d'années , fendant les flots à h nage , se vient coucher parmi les herbes dans une île du Meschacébé: A son £ron orné de deux croissans , à sa barbe antic[u< et limoneuse vous le prendriez pour 1< dieu mugissant du fleuve , qui jette ui regard satisfait sur la grandeur de se ondes et la sauvage abondance de se rives. Telle est la scène sur le bord occi dental ; mais elle change tout à coup su la rive opposée , et forme avec la pre mière un admirable contraste. Suspendu sur le cours des ondes , groupés sur le l'ochei's et sur les montagnes , dispersé dans les vallées , des arbres de toutes le formes , de toutes les couleurs , de tous le parfums , se mêlent , croissent ensemble montent dans les airs à des hauteurs qu fatiguent les regards. Les vignes sauvages^
les bignonias , le^ coloquintes s'entrelacent au pied de ces arbres , escaladent leurs rameaux, grimpent à l'extrémité des branr cbes> s'élancent de l'érable au tulipier, du tulipier à l'alcée, en formant mille grottes , mille voûtes , mille portiques. Souvent égarées d'arbre en arbre ^ ces lianes traversent des bras de rivières sur lesquelles elles jettent des ponts et des arcbes de fleurs. Une multitude d'animaux, placés dans ces belles retraites par la miain du Créateur , y répandent Fenchantenient et la vie. De l'extrémité des avenues on aperçoit des ours enivrés de raisins , qui chancellent sur les branches des ormeaux; des troupes de cariboux se baignent dans un lac, des écureuils noirs se jouent dans l'épaisseur du feuillage; des oiseaux moqueurs , des colombes virginiennes descendent sur les gazons rougis par les fraises; des perroquets verts à tête jaune, des piverts empourprés , des cardinaux de feu, grimpent en circulant au haut des cyprès; des colibris étincèlent sur le jasmin des Florides, et des serpens oiseleurs
sifflent suspendus aux dômes des bois ^ en s'y balançant comme des lianes. Tout est silence dans les savanes , tout est inouvement et murmiu*e sur la rive opposée, »
Cette brillante description , qu'on retrouve dans les vers de M. Saint Victor (i), nous transporte à merveille au sein des productions de l'Amérique du nord, qui^ s'approchant , d'un côté , du cercle polaire etj de l'autre , de l'équateur, a un climat
(i) Le Voyage du Poélâf où Ton remarque lartout le passage suivant :
Le fleave cependant poursuit ta courte immente t
Tantôt f roulant tet flott dans un profond ttlenoe ,
RéQëchit, doucement agité par let ventt ,
Les arbret , let rocfaert , les nuages errant :
Tantôt entre deux monti f précipitant tes ondes ,
Fait éclater ta voix tons leurs YoAtet profondes ;
Sort, d'écume , de fange et de débris couTeit ,
De ses flots débordés inonde le désert ,
Arrose cent climats peuplés ou solitaires ;
Et portant dans ses eaux cent fleuret tributaires ,
Vers l'Océan jaloux s'avance avec fierté ,
Ose du Dieu surpris braver la majesté ;
Et du flux impuissant brisant les faibles chaînes ,
Semble entrer en vainqueur dans ses vastes domaméi..
très-varié > et généralement plus firoid y à des latitudes semblables , que celui de l'ancien continent, surtout dans les parties occidentales et au nord, où des le Sgt degré la terre nue, stérile et couverte de brouillards , conserve , pendant toute l'année, l'aspect hideux de l'hiver. L'Amérique septentrionale est riche en métaux de toute espèce; l'or abonde au Mexique, les mines d'argent y sont inépuisables; on trouve plus au nord du cuivre, et dans le centre beaucoup de fer et de houille; le sel est très-commun , il se rencontre à la surface du sol , dans des mines et dani|.des sources; diverses contrées fournissent du soufre et plusieurs sortes de marbres. Le chêne , le hétre^ le noyer , le bouleau , le charme , Forme, le mélèze , le micocoulier, sont rassemblés en de vastes forêts, ^ous les mêmes noms , quoique sous des espèces différentes de celles d'Europe. Le magnolia, le tulipier, l'acacia, le gordonia, comme beaucoup d'autres arbrisseaux qui portent de jolies fleurs, sont particuliers à l'Amérique du nord , ainsi que le sassa-
fras , le mûrier rouge et le myrte à cire. La zone tempérée du nouveau monde s'est enrichie des plantes céréales , des légunies et des arbres fruitiers de l'ancien continent, auquel elle a fourni d'autres plantes utiles ^ comme la pomme de terre, le maïs et le tabac. Dans la zone la plus chaude s'élèvent le palmier de plusieurs espèces , l'acajou , la patate , le cactus j l'agave , le piment , l'igname , le cotonnier, le cocotier et le vanillier. Les Européens y ont transporté l'oranger, l'indigotier, le citronnier, le cafier et la canné à sucre.
Les principaux animaux de l'Amérique septentrionale sont le bison , l'élan , le , cerf, le chevreuil, l'antilope, répandus par troupeaux dans les prairies ou les savanes qui bordent le cours des fleuves.
Dans les régions du nord se voient le renne et le bœuf musqué ] dans les contrées sauvages , l'ours , le loup , le renard , le carcajou; partout le castor, l'hermine, la martre , la loutre , le porc -épie , l'écureuil et toutes sortes d'animaux à fourrures.
Les animaux domestiques de l'ancien con-
tinent sont* tellement maltipliés dans le nouveau , qu'il n'est point rare de le» y retrouver dans l'état sauvage. Malheureux sèment on y rencontre aussi une foule' de reptiles dangereux, notamment des serpens à sonnettes , qui infestent les forêts où sont répandus de nombreux essaims d'abeilles. L'aigle , le hibou , le cygne y le canard , le goéland , s'y présentent quelquefois , mais par espèces différentes des n6tres. Le colibri «t l'oiseau-mouche , qui habitent la région chaude , le moqueur , le tangaras et autres, sont autant d'oiseaux particuliers à l'Amérique du nord , qui , en i5îi3 , a aussi envoyé pour la première fois le dindon en Europe. Les lacs et les rivières sont peuplés de brochets , d'esturgeons, de truites, d'anguilles ,• et surtout de saumons , pendant que les côtes, vers l'île de Terre-Neuve, fournissent une prodigieuse quantité de morue.
L'Amérique septentrionale , sous le double rapport des religions et des langues de ses hahitans , montre qu'ils les doivent à l'Europe. L'universalité des Nord- Amé- V. 6
ricains professe la religion chrétienne , savoir : le protestantisme aux États-Unis et dans les possessions anglaises y et le catholicisme au Mexique et dans le Guatemala, Les Espagnols et les Anglais ayant conquis à leurs souverains respectifs FAmérique septentrionale , les premiers y en iSip, sous Femand-Gortez , qui s'empara du Mexique ) les seconds, en 1497? ^^^ ^ bot, qui , comme je l'ai dit plus haut , jeta les bases des colonies anglaises , lesquelles s'émancipèrent en 1776, les deux langues des vainqueurs ou nouveaux maîtres sont devenues dominantes ; et aujourd'hui , sur a5 millions de Nord-Américains , i!X millions parlent anglais et 9 millions l'espagnol y comme aussi 1 2 millions suivent le culte réformé , et 9 à 10 millions le culte romain 3 le reste est encore idolâtre.
' Dans les considérations générales sur les deux Amériques réunies, nous avons fût connaître la nature de leurs gouvernemens: ceux de l'Amérique du nord étant généralement démocratiques et analogues , notamment les républiques des ^Etats-Unis,
du Mexique et de rAmérique centrale ou de Guatemala , nous ne signalerons leurs nuances différentes que lors de l'examen de chacun des états , placés savoir : F Amérique russe au nord-ouest, l'Amérique anglaise au nord-est , la république des Ëtats^ Unis au centre de l'est à l'ouest , les républiques du Mexique au sud-ouest , et le Guatemala au sud, avec les Antilles en face vers Test dans l'Atlantique. Ces dernières n'appartenant pas plus à l'Amérique du nord qu'à l'Amérique du sud , seront l'objet d'une lettre spéciale , qui sera la dernière du présent volume.
Exposons maintenant les généralités qui 3'appliquent à l'Amérique du sud.