‹ Voyage dans les cinq parties du mondeChapitre 7 sur 21 · TERRES POLAIRES ARCTIQUES · texte numérisé non relu

TERRES POLAIRES ARCTIQUES

A proprement parler^ toutes les terres polaires arctiques ^ depuis l'embouchure de la rivière Mackensie au nord-ouest jusqu'à la mer de Baffin au nord - est , dépendent des possessions connues sous le

9< |iom d'Amérique anglaise , formant la Iroi-. sième division de notre lettre^ il n'y a d'exceptées que les possessions danoises , comprenant le Groenland , l'Islande et le Spitzberg. Celles-ci nous occuperont d'abord 9 c'est-à-dire seulement le Groenland , car le Spitzberg et l'Islande ont été renfei^ mes dans notre premier volume (i), ou nous avions cru devoir les rattacher à l'Europe, quoique l'Amérique paraisse avoir plus de droit à les revendiquer, comme en étant beaucoup plus près , pai* leur voisinage du Groenland.

Le Groenland on-plus exactement Grœnlandy mot qui signifie terre verte y est séparé de la partie nord-est du continent propre américain par la mer de Baffîn et le détroit de Davis; c'est une très-grande péninsule dont l'extrémité méridionale , nommée le capFarewell, qui s'avance dans l'Atlantique, se trouve située par Sff" 4^' lat. N. et 47* long. O. Cette contrée gla-

(i) LUtre sur U Dmnenmrh , p. 86 et 94*

9^ ciale paraît avoir été découverte par des Norwégiens en 770, époque toutefois que les chroniques irlandaises reculent à gBa , où eurent lieu les premiers établissemens fixes au Groenland (i). Sa côte orientale ^ qui s'incline au nord-est, comme roccidentale au nord-ouest, sur prës de 700 1. , est baignée en partie par l'Atlantique et en partie par l'Océan glacial. Bu cap Farewell à la baie de Th. Smith , la plus élevée au nord , sur la côte occidentale , il y a 600 lieues ; et de cette baie à la même latitude 78° N. , sur la côte orientale , il y

(i) Daos un des comptoirs danois, qui est situé sous le jù* degré de latitude boréale , au Groenland , on a ouvert une grande pierre taillée , sur laquelle a été remarquée une inscription en caractères raniqaes. Cette inscription porte que trois personnages, dont les noms Pont cités , avaient élevé en ce liea , au mois d'avril ii35, trois monceaux de pierre; c'était probablement en mémoire de ce qu'ils étaient parvenus bi loin. Les trois tas de pierre 8ab«. sistcnt encore. La langue de l'inscription se rapproche autant de l'islandais que du norwégiea. '

a près de 3oo lieues. On évalue à plus de 100,000 lieues Taire de la partie connue de cette vaste presqu'île, dont les limites septentidonales sont encore ignorées. La côte orientale , d'un abord difficile à cause des g^laces qui s'y accumulent , est totalement inhabitée. Le capitaine baleinier Scoresby est cependant parvenu, en 182a, à relever depuis le 69° jusqu'au 75° lat. cette côte (i), où l'on remarque un grand nombre de baies qui, par leur étonnante profondeur et leurs diverses ramifications, feraient penser que le Groenland n'est qu'un vaste archipel. La vote occidehtcde que baignent la mer de Baffin et le détroit de Davis , a plusieurs établissemens de pelleteries ou de pêcheries , et est bordée par une chaîne de montagnes que nul Européen n'a encore franchie. La limite nord

(1) Partout où ce ipario a débarqué , il a \^ouvé des traces de Ja présence des hommes , con8i8tan.t en bottes souterraines, ustensiles de pêcbf;, f^ag* mens de traîneaux , squelettes humains , etc.

de ces établissemens est à Upemauick , 7!i° 3o' lat. — 60" long. O. Au-delà s les Arctic-highlands ou hautes terres ar quesy récemment explorées par les Angl jusqu'à la baie Melville. En deçà du 1 cle polaire est Golhaah , chef-lieu de grands enti*cpôts, où les navires deCop bague arrivent directement. La coloni plus méridionale est Sulianeshaab y ait par 61° lat.; c'est la seule où l'on él quelques bestiaux y les environs offirant pâturages pour les moutons.

Le Groenland manque de bois à bril on y en amène de Copenbague. Cepeud l'on trouve quelques bouleaux. Les sei plantes dont il soit possible de tirer p sont les lichens, dont plusieurs espi sont très-nutritives. Ces végétaux, il vrai, disparaissent vite, parce qu'il n point de transition entre les rigueurs froyables des fî'oids polaires et les chalc momentanées d'un été , c'est-à-dire d jour de 5 mois au Spitzbcrg, de 4 n dans les îles de la mer polaire , de 3 n à Gothaab ou à Disco , vers le cercle

laire, et d'un mois en Islande. Le Groenland n'étant qu^un chaos de montagnes escarpées , aux cimes couvertes de glace et de neige étemelles , le soleil y a moins d'action que sur un pays plat; les bouleaux ne croissent que dans quelques vallées méridionales , oà l'on ne peut se glisser que lorsque les courans ont brisé les glaces. C'est alors qu'on découvre des lacs , des rivières y des cascades et même des sources chaudes; bientôt on arrive au pied des montagnes et des glaciers , qui présentent une barrière insurmontable. L'atmosphère, la terre, la mer, au Groenland, ofirent tour à tour et à la fois des scènes étonnantes et sublimes. L'atmosphère est remarquable par sa couleur foncée et sa densité; elle produit souvent de la neige cristallisée avec une perfection extraordinaire; elle est sujette à des changemens soudains; à un calme profond succède une violente tempête; du plus beau temps on passe en un clin-d'oeil au plus mauvais, et i^ice versd. La terre est par elle-même un objet majestueux; ses montagnes gigantesques s'é-

lèvent par des pentes roides des bords de rOcéan à une hauteur immense , et se terminent par des sommets en cônes ou en pyramides ; les points saillans de leur surface, composée de rochers d'une couleur sombre, forment un contraste frappant avec la blancheur de la neige qui les couvre. L'ours blanc domine en maître dans ces régions , et se repait indifïeremnient de quadrupèdes, d'oiseaux, de reptiles, de poissons. Le sens de l'odorat est chez lui d'une finesse particulière; quand il marche,- on le voit souvent diriger son museau du c6té du vent, tourner la tète et aspirer Tair qui passe; c'est ainsi qu'il découvre la route la plus courte pour atteindre sa proie, bien qu'il en soit à une distance incroyable. C'est près des bords du Groenland que séjourne l'énorme baleine, qui y devient l'objet d'un commerce lucratif. Les glaces des contrées polaires, surtout du Groenland , sont propres par leur hauteur, par leurs formes et par la profondeur à laquelle elles s'enfoncent dans l'eau, à frapper le spectateur d'étonncment. Il est des îles de

glace qui ont plus de loo milles de longueur et 5o milles de largeur. La glace de mer est poreuse , blanche , en grande partie opaque, et transmet les rayons lumineux avec une teinte verdâtre^ elle est moins dure , et nage avec plus de légèreté que la glace d'eau doi&ce. Fondue , elle donne de l'eau tantôt douce et tantôt saumâtrq. La glace d'eau douce est reconnaissable à son apparence noire quand elle flotte sur la mer, et à sa belle teinte v»*rte, ainsi qu'à sa ti*ansparence quand elle est élevée en l'air. Quand des champs de glace se rencontrent près des côtes du Groenland, le plus faible est fracassé avec un bruit terrible; quelquefois la destruction est mutuelle. La glace flottante est produite annuellement dans les baies.

Les GroèiUtmdais indigènes , qui dans leur langue se nomment Kalcdit^ sont de la même famille que les peuplades connues sous le nom àî Eskimaux y qui vivent dans la partie la plus septentrionale du continent américain, et dont lious parlerons.

Les Groënlandais se creusent en terre de V. 9

misérables taupinières où en hiver ils s'entassent par familles; mais en été ils se tiennent sous des tentes et vont s'établir sur le bord de la mer, d'où 'ils tirent leur nourriture et leur vêtement. La chair du phoque leur procure un aliment très-sain; sa graisse leur donne de' quoi s'éclairer et se chauffer; avec sa peau ils se font des vétemens, des tentes et des canots. La chasse leur procure des gelinottes blanches, des rennes, des lièvres et des renards. Us mêlent l'huile de baleine à leur bouil- Ion, car elle est leur liqueur favorite; ils avalent un verre d'huile comme un Eairopéen avalerait un verre de vin de Bordeaux. C'est une boisson d'autant plus nécessaire à l'habitant des climats glacés , qu'elle développe la chaleur concentrée dans l'estomac , et entretient dans tout le corps le mouvement des fluides. On recueille principalement l'édredon dans le nid des oiseaux aquatiques qui le fournissent. Dans les voyages en mer, les femmes sont employées à ramér; au sein des maisons , elles cousent les habillemens de peaux et toutes

sortes de petits objets, au moyen de fil préparé ayec les tendons des animaux marins à yertëbres.

Les habitans de la partie sud sont bien supérieurs à ceux de la partie nord pour l'industrie , le caract^e ' et les mœurs , parce que la pêche de la baleine a mis ces derniers en rapports plus fréquens ayec les Européens , qui ont altéré leurs habitudes. Il existe entre le nord et le sud une sorte de commerce intérieur. Du reste, grâce aux frères morayes établis dans le sud , le christianisme est assez répandu au Groenland, dont la population n'atteint pas 10,000 âmes, n est d'ailleurs trës-difIBcile de connaître exactement cette population, à cause du goût des Groèfnlandais pour la yie nomade. Ils sont doux et pacifiques , peu enclins au yol ou k d'autres Vices ^ la superstition seule les rend parfois cruels , lorsqu'ils tuent les femmes qu'ils regardent comme sorcières et comme la cause des malheurs qui leur arrivent. On cite l'exemple d'une famille qui enterra un enfant tout vif, parce qu'un de leurs ms;g^

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ciens, qu'ils appellent Angekoky leur avait persuadé que ce sacrifice mettrait un teime à la mauvaise chance qu'ils avaient éprouvée à la pèche et en d^autres occasions. L'instabilité est un des autres traits prîncipaux de ces peuples ) ils ne connaissent aucune autorité, et Ton ne peut employer conti*e eux aucune punition. Leur insouciance égale leur légèreté^ il faut qu'ils jouissent à l'instant de ce qu'ils ont et qu'ils le consomment^ ils ne songent jamais à épargner quelque chose pour l'avenir , ce qui fait qu'ils sont toujours dans l'embarras et accablés de dettes. Ils ne connaissent d'autre manière de se venger des torts , que de mettre en chant , dans leurs réunions, les reproches qu'ils ont à s'adresser mutuellement. Ils sont trës-attachés à leur pays , et ceux qui sont venus en Europe n'ont pas témoigné de désir plus vif que de retourner vers leurs compatriotes. Les Groënlandais n'ont d'autre animal domestique que le chien qui leur sei^t de béte de trait. Le chien du Groenland resfierable pour la taille au chien de berger

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d'Europe; ses oreilles sout courtes et droites comme celles du renard; son poil est bien fourni et long, comme celui de l'ours. Il n'aboie pas, sa voix est une sorte de hurlement ou plutôt de grognement.

On avait cru jusqu'à présent que le phénomène qui montre aux marins deux images, Tune directe, l'autre quelquefois renversée, des objets éloignés voisins de l'horizon , ne s'observait qXie dans les climats chauds ; mais Scoresby a récemment prouvé qu'il n'est ni moins commun ni moins nuisible aux observations dans les mers glaciale^; et même il s'y présenta avec plus de vaiûété. Il n'était pas sans exemple qu'on eût aperçu dans nos climats deux images extraordinaires au-dessus de l'image réelle : Scoresby en a vu au Groenland jusqu'à ti^ois, qui étaient toute» renversées. Il est superflu d'ajouter que l'aurore boréale est également trës-fréquentc au Groenland et dédommage les habitans de l'absence du soleil pendant leur nuit de trois mois.

Abordons maintenant le littoral nord du

continent afi^icain et disons quelque chose de ce qu'on appelle proprement les terres polaires , outre le Groenland et ses dépendances à l'est.

L'entrée de mer à laquelle Baffin^ en 1616, donna le nom de Lancasterj que Parry, en 1819 , a changé en celui de dé^ irait de Barrow , conduit à la mer polaire proprement dite. Dans un espace de 25o lieues de l'est à l'ouest-nord^ on voit au nord et au sud plusiews îles considérables^ telles que les îles de la Géorgie septentrionale au nord, composées du Deifon sep^ tentrional, des îles CornwaUiSj Bathursty ByamrMartin , Sabine et Mehille^ rangées dans cet ordre de l'est à l'ouest. Lie canal de fVeliington sépare le Devon septentrional de l'îlcS de Comwallis. Au sud-ouestde celle de Melvilleestla terre de Banky qui n'a été qu'aperçue. Au sud des îles Bathurst et de Cornwallis vient le Sommerset septentrional, au nord-est duquel est le détroit du Prince-Régent, Enfin par 70° lat. , entre 81° et 88» long. O., gît une côte explorée en 1825 par le capitaine Parry qui y a

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nommé Vîle de Cockhum , cote où passe le détroit de Furjr et Hécla , qui la sépare de la grande presqu'île de Melville , dont la côte orientale est baignée par le détroit de Fox, qui lui-même la sépare de la grande terre de CumbeHand et conduit au sud à la mer d'Hudson.

Toutes ces contrées désertes où la nature expire sont parcourues par les tribus des Eskimaux y éparses au nord et au nord-r ouest de la mer d'Hudson. Le capitaine Parry dépeint cesSamoièdes ou ces Lapons de l'Amérique du nord comme au-dessous de la taille ordinaire. Aucun n'a cinq pieds de haut^ mais tous sont assez bien proportionnés et fortement constitués^ ils ont les épaules lai-ges, les mains et les pieds trèspetits, le visage long, le nez petit, les yeux noirs , enfoncés et garnis d'épais somxils ^ la bouche large , les lèvres épaisses et légè* rement renversées 5 les cheveux noirs, rudes et longs; les oreilles basses, grandes et mobiles; le teint olivâtre, cuivré ou de couleur tannée ; la barbe Jongue , mais claire; la voix basse, sourde et semblable

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à Un murmure. Ils semblent en généi susceptibles de civilisation, ils se livre avec ardeur au commerce d'échange a\ les Européens qui les visitent^ rien n'égi leur empressement à se procurer un clo un bouton ou toute autre bagatelle, ils vc même jusqu'à o^Fi^ir leurs propres femn pour un simple couteau. Celles-ci sont p fécondes et pai*aissent entendre passab ment le manège de la coquetterie. I deux sexes sont malpropres et ont des a petits gloutons. Ils déchirent les chairs la baleine et des veaux, marins avec '. dents et se les distribuent ensuite; une i mille de 25 à 3o individus peut dévorer 6 jours plus de 2,000 livres de viande, la mangent crue. Loi^qu'ils ont tué veau marin , ils se gorgent de chair ji i: qu'à tomber dans la torpeur. Ils n'aime

ni le biscuit 'ni le sucre, mais sont tr friands de suif de chandelle ou de savc On dit que les femmes des Ëskimaux vc jusqu'à se repaître de la veniiine de lei enfans. Elles les portent généralemc dans un capuchon qui leur pend sur

io5 reios^ par un mouvement des épaule» elles rejettent leur fardeau par devant , de manière que l'enfant se retrouve sur le dos et le visage tourné vers le ciel; alors la mère se baisse et donne à l'en&nt sa nourriture , comme les oiseaux donnent la becquetée à leurs petits : un autre mouvement en sens inverse remet l'enfant dans sa position première. Elles sont trës-attachées à leur progéniture, qui est, en général , vive , gentille et tranquille. Les femmes, mangent séparément des hommes. Elles sont très-laides , et ont toutes de longs cheveux durs , épais et ti^ès-noirs. Aucune ne veut nourrir une fille qui n'est pas à elle.

Les Eskimaux sont doux et peu inteliigens; ils croient que tout autour d'eux, même au sud, il n'y a que des glaces; ils. n'ont pas d'idée de ce que c'est qu'un arbre; les os des grands animaux leur servent pour la construction de leurs traîneaux ou de quelques - unes de leurs habitations; tout pour eux est os ou peau. Ils emploient la mousse comme mèche pour brûler l'huile de baleine; les tiges de&

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bruyères liées ensemble font les manches des fouets avec lesquels ils conduisent leurs chiens. Us n'ont aucun culte y aucune idée d'un Dieu, et leurs mariages, ainsi que leura funérailles , ne sont accompagnés d'aucune cérémonie qui tienne à la religion. Un Eskimau choisit sa femme lorS' qu'elle est enfant^ nubile , elle vient dans' la maison de son futur, qui alors traite ses parens et amis. Plusieurs ont deux femmes. La durée moyenne de la vie est de 16 ans. L'entrée des huttes ou ruches des £»kimaux est si basse qu'il faut ramper sur ses mains pour y entrer. Elles sont construites eu blocs de neige. La seule fenêtre qui admette le jour est une plaque de glace transparente. Dans l'intérieur sont des sièges de neige recouverts de peaux et qui servent de chaises et de lits. Il n'y a aucun autre moyen de chaleur artificielle que celle d'une lampe avec sa mèche de mousse. Quelques demeui^es sont construites avec des os.

Malgré leurs privations et leur vie misérable, les Eskimaux sont gais, contens et

heureux; ils habitent les iles et ne se basaient jamais sur le continent; pendant les neuf mois où la mer est gelée^ ils voyagent et chassent sur leurs traîneaux attelés de chiens assez farouches et d'une voracité incroyable. Ces chiens qui ressemblent à des loups font faife à un traîneau 5 à 6 milles par heure sur les glacés , et peuvent supporter chacun un fardeau de cinq livres. Les Ëskimaux ont une foi entière en leurs magiciens; ils ne comptent que jusqu'à 1^0 en 2 temps > et les deux mains en r&ir signifient dix; ils sont très-adroits dans l'art de conduire leurs légers canots. Leur pique est à double pointe en os; ils s'en servent pour percer leur proie; ils emploient également l'arc et les flèches. Ils portent contre les orages de neige des lunettes de bois mince percé de deux trous en avant desquels est un petit tube. Enfin les Ëskimaux se saluent en s'approchant le ]i£z les uns des autres et se le frottant réciproquement au moment du contact.

Â.U Groenland nous avons signalé l'ours blanc comme souverain des animaux de

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cette régioa reculée , et tel également que nous l'avons décrit dans le I*' volume , p. io3. On le retrouve chez les Eskimaux du littoral et des îles polaires arctiques , avec le loup et le renard. Les Mups polaires sont très-féroces, voraces et hardis; ils sont surtout très -friands des chiens eskimaux : pris au piège ou blessés^ ils contrefont le mort , et se jettent ensuite sur les chasseurs qui ne se tiennent pas sur leui's gardes. Le renard est couvert d'une épaisse quantité de poils blancs qui tiennent de la laine , et dont il se recouvre le nez et les pieds quand il dort; il a les yeux brillans et perçans ; il est extrêmement propre; jamais il ne salit les lieux oà il mange et où il sommeille ; aucune odeur désagréable ne s'y fait sentir ; il dort le jour et ne se met en campagne que de nuit; son glapissament est modulé de manière à faire croire que l'animal est à une certaine distance , lorsque déjà il est à vos pieds. Le hibou blanc polaire voit comme les autres oiseaux par le temps le plus clair, et prend toujouw sa proie eu plein jour.

Après cette digressioa sur les habitaos et les amoraux , achevons ce qjae nous avions à dire sur les régions 1^ plus approchées, du pôle arctique , en ajoutât un mot pour indiquer le résultat de9 deux; dernièi^es expéditions d,e Ft^jaklin et de Parry.

Les, deux détachemens-dîr^és par terre , en i8a5., par le capitaine FraAkJin ^ ont exploré la c6te bcMréale dans un espace de 36 degrés^de longitude,, ce- qui , joint aux décoi^vertes par mer du capitaine Parry ,porte la connaissance de L'Océan glacial au-delà du i i5f degré de Ipngitude ouest. Franklin s'est même avancé, par terre jusqu'au iSo** long. O., par ^2? 3o' lat. "S^ i il avait alors parcouru plus de la moitié de la côte vers le cap Glacial y et i^'iétait séparé du navire le ^h^som, arrivé, hk ce cap 9 ^e de i^o miUes j si'il e^t connu cette circonstance (i) » il aurait pu, i:e(veaîr

(i) Il retouma bî?e)niQr sur les liv^ du lac. (jUi Grand-0qn9 ào^ Im f»v^% près di| cercle poljEUre» V. lO

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en Angleterre par l'Océan pacifique. Il n^y a donc plus à présent que J'espace de 1 1 degrés environ situé entre cette côte et le même cap Glacial y qui reste encore k explorer. On pense que vers la fin d'août il doit y avoir un passage libre pour les vaisseaux entre les ioo° et i5o° long. C; mais toute la difficulté d'un voyage par le passage du nord-ouest pour un vaioseau parait consister à atteindre Ja côte à travers les détroits qui^ comme un labyrinthe, conduisent des baies d'Hudaon et de Baffîn dans cette mer où s'ouvre ce passage présumé , qui abrégerait de 1200 lieues le voyage de l'Europe occidentale aux Indes orientales 5 car il n'y aurait de Lisbonne à Canton , en passant par les contxées septentrionales polaires, que S^aoo lieues , tandis qu'en passant par le cap de Bonne-Espérance il y en a ^,^o. H est vrai que la navigation par le nord néces-

s'écODlent à l'ouest vers la ri?ière Mackenaie» qni a parallèlemeat celle de Coppermine k l'ett.

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citerait des relâches fréquentes et peutêtre sojiez loDjgues. D'un auti^e c$té > le capitaine Pairy? cherchant à atteindre le pôle, s'élança sur les glaces en partant du Spitzberg y mais y nonobstant des efforts incroyables y il ne put aller au-^elà du Sià** 45' lat. N.f.il était encore à plus de 4oo noiilles du pôle, et , en 1816, un autre vaisseau était parvenu au 83*" 2o\ point jusqu'ici extrêmç de.l£^ navigation dans ces parages. Xa seule chance à présent pour ouviûr au nord une. communication de r<est à If ouest ^ semble être par le détroit de Behring , dont le riyage oriental commence l'Amérique russe, second point de notre lettre.

AMÉWQUE RUSSE.

Le9 possessions de la Russie en Amérique occupent l'extrémité nord-ouest de ce continent. Elles sont baignées au sud par le grand Océan , à l'ouest par la mer de Behring, le déti*oit du même nom qui sépare l'Amérique de l'Asie, et par la mer

Glaciale , détroit qui forme égalemient au nord leurs limites inconnues. A^ol sud-<ett et à 1 -est y où «'étendent les possessions woh '{jflttses , tine Kgne frontière ienti*e les tents des deux puissances a été fixée en iSaS, de la manière suivante : De la ipoivitiB méridionale la plus extrême de l'île du ^Prince de Galles^ pointe qui se trcmve dans le parallèle du 54** 4^' ^^^' N., par iSi^-iSJ» long. O. du mérid. deOreenliricb^d* dû^ x5":plas ocdd. quecelui de Paris) , cette ligne s'élève au nprd en longeant le ^cêjiiA, app^ Portland 'CjjPitiiïÊitXf jusqu'au poiut du continent où elle atteint le 56" lat. N.; de là elle suit la créfte des monts B.ocheitt parallèlement à la côte jusqu'au point d'intersection du i4i** long. O. du même nxérid. de Green wich } et à de partir de ce point,, elle se prolonge presque directement jus* qu'à l'Océan glacial.

Ainsi limitée , Y Amérique, russe est comprise entre 1 34**- 171° long. O. de Paris, indépendamment des iles Aléoutiennes, et entre 56° lat. N. du continent , et 7 1® , où se teiminent les reconnaissances de fa côte

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de la mer Olaciftle y au nord-^est du détroit 4e BehiHng. Sa plus grande longueur, du cap Glacé à l'Me du Princede Galles , est de 4x10 lieues en ligne obli^[ue^ sa lai^ur, du cap du Grince de Galles , 'pths le détroit de Behring^ 4 ia ^gne flctirte qui la tetinme % Test 9 H98l 8008 le 66« parallèle y de s^ lieues. Sa superficie totale est évaluée, par ie Bibliomappe à 8o,ooo lieues ^arrëes,'elt«a pidfmlation k 5eyoo6 liabitans. L'Amérique msKe offirede tous côtés te aspects les plus sauTiaiges et les^kis sombres. Au-dessus 4^une Tongée 'de coHines couvertes de pins, d'amnes tft -de bouleaux, s'élëv^ent^des montagnes férues, couronnées par d^éocmnes glaciers, qui souvent ^en détadietft a^ec un horrible fracas» Entre le pied ides montagnes et k mer se prolonge %iQe Hsifare Àe teires basses cm. la Xjner insensiblement recule son rivage. lia pafftîe des moitfte Kocheux qui traverse ou limite ces conts'ées , a reçu le nom de ments ocëanùfues, lesquels comprennent les monts Swnê'Élie et Fairweaiher: le j^i^eniidr est faiBMix par son volcan ,^ tou-

jours en pleine activité. A l'ouest s'étend la presqu'île à! Alaska y dont la longueur est de plus de 120 lieues sur i5 environ de largeur , jusqu'au fond de la baie de Bristol, au nord et à l'extrémité occidentale de laquelle se développent les iks Alëoutiennes y dépendantes de l'Amérique russe.

Le climat de ces contrées y naturellement trës-rigoureux , vu leur haute latitude y a de beaucoup restreint les productions du sol, qui ne donne que des mousses variées , des gramen trës-courts . des vaciets et quelques autres petites plantes. En bien des endroits l'on ne voit que des arbres nains et des arbrisseaux. Pendant l'hiver toute la nature se revêt de blanc; les fourrures des animaux prennent eUesmémes la couleur de la neige qui couvre la terre. En mai ou juin la glace se fond^ et une végétation hâtive , mais passag&re ; vient dédommager les indigènes de leurs longues privations. Ils vivent au reste de pêche et de chasse. Les fourrures des ours, des renards , des loups , des bisons et d'au-

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très animaux leur procurent quelques bénéfices.

Les hahitans de l'Amérique russe forment trois races principales: les Aïnos, les Tchouktchis et les Eskimaux. LesAinos ou indignes de File dléso et des Kouriles peuplent les îles Aléoutiennes et s'étendent sur le continent jusqu'à la presqu'île d'Alaska. Les Tchouktchis ou Tchoukotches ^ qui viennent de l'extrémité orientale de |a Sibérie, occupent la c6te maritime. depuis le détroit de Behring jusqu'au 56** lat. N. ; vers ladite presqu'île ils se divisent en plusieurs tribus y parmi lesquelles on di^ tingue les Ougalaùniouls ^ qui habitent vers le mont Siint-Élie^ les KoUoujisy qui occupent l'extrémité sud-est du territoire russe } les Koniaîs ,. et les Kenaits j qui peuplent la partie nord d'Alaska. Quant auxEskimaux, ils se tiennent au nord vers la mer polaii*e.

Daps les îles jiléoutiennes oMAléouteSf toujours chargées de brouillards , et formées de trois groupes y celui des Lisii, oyx des renards j celui des Andreanowskie ou

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Negho y et celmi des jiléoutcsfTo^rtSfJie^ phoque est trës-commun^ c'est aussi. Tmimal le plus nécessaire à l'^iistence des Aléoutes. "Ça peau , qui sert à les Tè* tir y leur fournit encore des bourKS, des sacs et ^'autres ustensiles de ménage^ su <;hair les )iourrit } sa graisse leur donne de rhuile^ son estomac forme un Taisseau pour les liqueurs ; ses entrailles sont euir ployées à garnir les châssis des fenêtres, «m lieu de litres ; «t ses poils servent d/ortiement.

Le gouvernement de ces t}es et 4tt, coih. tinent russe a^été ooncédé par le ts&r à une ^compagnie de marchands «t de -ohaMêurs, rapaces dont le principal établissement e»ikSitka ou Nouvelle- Archangelsk. y suarla ctee occidentale de la plus g^nde det âes. du roi Georges ni. On y a construit ^un fort qui est 9 dit-on , armé de loo piâtses de canon ^ on y compte environ 600 Rus-, ses; et des troupes réglées composées -d'indigënesy mais surtout de colons , y font un service Journalier^ suivant ladiaciplme moscovite. L'objet important des colons,

cWt la chaste ou. plutôt Vextemnination de la loiettre de mer et des auti'es animaux à feumires. Le -seigle et l'orgé ont réussi en cette psortie méridionale de l'Amérique laisse que nous quitterons pour entrer dans les poesesûeMS britanniques.

AMÉKIQUE AITGLAISE.

Sous le titre d'Amérique anglaise nous devrions ici comprendre non seuleinent cet immense pays qui s'étend à Test de TAmériqtte TUsse , «t au nord des États- Unis , jusqu'à la mèr Gliau:ialè et l'Atka- -dque y mais encore plusieurs des Antilles y comme la Barbade , la Jamaïque , et quel- <{eie8 autres, ainsi qu'une portion de la Ouiane ) espace de territoires qui , réunis, donne une superficie de i, 980,000 milles carrés ^ogràphiques de 60 ati degré , avec une popuïation de !i,ago,ooo individus. Notre tâche , dans cette lettre , se borne à faire connaître P Amérique angla^ propre , aussi appelée Nouvelle- Bretagne.

Les po6ie88Îoii8 anglaises dans TAinénr que septentrionale, désignées sous. le nom partic\ilier de Nouvelie-Breiagn^^ s'éteor dent de 57® 3o% non compris Tile de Terre-Neuve, à i43® 20' long. O. , et de i^n? lo* k 70<> lat. N. , non compris les iks polaires reculées juscpi'au 78* parallèle, et dont nous avons traité plus haut. Ainsi restreinte , l'Amérique anglaise a pour limites connues les deux parties de mer vues par Heam et Mackensie , aux eml>ouchuri|^ du fleuve Mackensie et de la rivière de la Mine ^e cuivre, dans l'Océan boréal; à l'ouest l'Amérique russe et le grand Océan; au sud le territoire des EtatSr Unis, avec lequel ime portion des monts Rocheux et les lacs Supérieur, Huron, Érlé et Ontario lui sont communs; à l'est l'océan Atlantique; et au nord-est les détroits d'Hudson , de Fox , de Fury et Hécla. Ces limites donnent de l'est à l'ouest ime longueur d'environ 1200 lieues , et di^ §ud au nord une largeur d'environ 5oc^ lieues. Abstraction faite de l'espace occupé par la mer d'Hudson , qui y figure pouf

«19 1^ , la superficie de ce pays peut être de 4îM>^ooo lieues carrées, avec une popii/iztwn d'à peine 700,000 âmes fixes , auxquelles il est permis d'ajouter 3oo,ooo indigènes ou sauvages, ce qui Pélève à un million d'individus.

Le clùnat dé ces contrées , sans surface définie , est généralement plus rigoureux que danè les autres parties du globe à latitudes correspondantes, à cause du nombre considérable de iacs et de forêts qui s'y trouvent. Sous le 55* lat. N. , parallèle d'Édimboui^ , de Copenhague et de Moscou , le thermomètre de Réaumur descend en janvier jusqu'au 3ï^® au-dessous de séro ; et sous le 60° lat. , parallèle de Stockholm , de Pétérsbourg et d'Okhotsk , il n'y a plus de végétation d'aucune espèce. Le froment ne vient pas au-delà du 53^. Cette rigoureuse température pourrait être un peu adoucie par des desséchemens de marais, comme on l'a pratiqué dans la région orientale où est situé le Canada , dont la partie basse , plus cultivée ^ est moins âpre que la partie haute,

encore couverte de vastes^ f<Nr6ta. Itens. U région centrale 9e voient de grandea plaines mêlées de marécages et de pnirîtf naturelles. Dans la région occidentale y couverte et bornée par 1^ moRtf AocA^Mj; , la végétation a plus de vigueur» quoiqvu» peu d'étendue et de durée ; on y Tewar* que ^ en fait d'arbres , le pin ^ 1^ pQU[^jMr^ le cèdre rouge, le mélèze j le saulftel^k bouleau. A l'ouest des mimes manUig!Pies> c'est44ire dans la Nouvelle-Catédoniey Iq froid est moins intense qu'à l'est. 011 a& Canada ; dans la première de ces oon$xé^ on recueille beaucoup d'orge etdepoaimes de terre; la dernière prod^vit toiDUA sortes de grains et de plantes » ccpsune nous le verrons tout à l'heure.

Parmi les animaux de la NouveUe-Brch tagne nous citerons le bison ou,bufKilp y qiû se ti*ouve des deux côtés de^ monts^ Ittcheux: le renne ou caribou 9 Vél«A mK mou£^9 le cerf 9 le lynx, le renard» U miai'tre, le chat sauvage, le furet ;» la be-^ lette , l'écureuil , le lièvre , le caçtor , W loutr.e de terre, le çarcajou^ le rat mMi-

q}iéf rhermine , le putois ou la moufiFetle, le porc- épie, le Iqup/le cygne, Voun gris y brun et noir , et autres espèces fouves et carnassières. Ije cheval ne se trouYe plus au delà du 55^ lat. , «lais alon vient le chien , si utile par sa force et son agilité. Au sud-est , dans le bas Canada se montrent, quelques serpenft, entre autres le serpent à sonnettes et le serpent noir.

Avant de passer aux habitans de l'Amérique anglaise nous devons signaler quelques-uns de ses principaux eccidens na-

£t. d^abord revenons un moment aux monts, Bpcheux. Tandis que leur chaîne principale continue son développement vers le nqrd entre l'Amérique russe et l'Amérique anglaise , pour séparer les eaux du bassin, polaire de celles du bassin pacifique, un rameau va de l'ouest à l'est, entre l'Amérique anglaise et les Ëtats-Unis , établir la ligne de faite et de partage des eaux du bassin du Mississipi et de la mer d' Jiudson ^ un autre opère le même partage au nord -ouest de cette mer entre

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