V. II
celles qui arrivent de la même directUm et celles qui coulent vers TOcéan polaire. La ligne précédente , qui rejette les eaux du sud vers la baie d'Hudson , continue à courir à Test pour en séparer sous le nom de Land*s height ^ dans le Canada , les eaux du fleuve Saint-Laurent ^ tributaires de TAtlantique ; puis y sous le nom de monts PVolchichy séparer le Canada du Labrador.
Au nombre des accidens maritimes nous voyons sur le grand Océan le détroit de DixoTif entre l'île du Prince de Galles et celle de la Reine Charlotte , c'est-à-dire entre les parties russe et anglaise de l'archipel de Quadra et Vancouver; le détroit de la Reine Charlotte , entre le continent et la partie nord-est de File Noutka; le dé^ troit de Classet y entre l'extrémité méridionale de la même île et la cAte de Columbia. Sur l'Océan polaire est le golfe du Couronnement de Georges IV ^ par i la* long. O. et 68*» lat. N. \ sur l'Atlantique , sont à l'est le golfe Saint-Laurent , et an nord-est le détroit et la mer àfHudsomy
laquelle a 3oo lieues de long du nord au sud et i3o lieues dans sa plus grande lai*geur. B.ien de plus aâreux que les environs de cette mer ou baie; tout y est désert ou inculte } on ne voit que des rocs escarpés qui s'élèvent jusqu'aux nues et qu'enti*ecoupent des ravins profonds et des vallées stériles où le soleil ne pénèu*e point, et que des amas de glace ou de neige ren-^ dent inaccessibles. La m^ n'est libre dans cette baie que de juillet à septembre, et toujours elle est d'une navigation dange* reuse; ce qui n'a point empéebé une compagnie anglaise de s'établir . dans ces pa* rages pour en exploiter les fourrures.
Pour l'écoulement des eaux de l'Amérique anglaise qui descendent des monts Eocbeux pu de leurs rameaux , la baie d'Hudson , l'Océan atlantique , la Mer polaire ^t le grand Océan forment quatre principaux bassins ^ où arrivent lesjleuves ou rivières ci-après :
Dans le bassin de la baie ou mer d'Hudson se jette la Churchill , qui naît sous le
55"* lat. N. , par 114"* Icmg. O. , à*AKxà 50U8 le nom de rivière du CSa3tx>ry qti'^e ^itte plu8 loin pour celui de Mbsinipi, remplacé plus bas par celui de Qfnrciiill; son cours est de plus de 4oo lîeueis. An iBud de la Churchill débouchent aussi dans l'Hudson : i^ près Tune de l'autre , la rivière du Jbrt Nelson , qui a t5o lieues de cours , et celle de la Hill , qui sert d'écoulement au lac 9Vinniptgy kmg de 60 lieues et large de 3o à 40 y lequ^ reçoit lui-même y par le nord-ouest, la SakaH^ -ckawan , qui sort des monts Rocheux, et par le sud la rivière Rouge ou VAssùdbome) i"" la Seveniy puis VÉtfuany puis VAlbany, qui coule entre la Nouvelle^jralles et le Canada. Du sud-est arrive également à la mer d'IIudson VAhhitibbiy qui appartient au haut Canada , et VHarricana/Wy qui sépare le Canada du Labrador. De l'est coule au même bassin le Mistinny sortant du lac de ce nom dans le Labrador, d'o& courent de même au nord vers le détroit d'Hudson ia KoUoak et la Fpliàle,
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Sur le bassin de l'Atlantique débouche Xejleuve Saint Laurent que nous avons âé^ OTt dans la lettre précédente.
Vers le bassin de la Mer polaire se di- TÎgisDt tiotamment, i^ la rwière de la Mine de cuwrê ou la Coppermine ou rivière ^e Heam (i)> dotttie cour» est de ido lieues , remkoucbure par S^"" 4t' ^ ^' ^^ ' ^^ I iS"* 36' 49" ^*>S* O. ; et la naissanoe aux montagnes habitées par la tribtt des Ougalakhmoutes , derrière leiquelfi xm trpuTe ^celle -des AtnaLfamioutas ^ peujplades cuivrées et très-pacifiques^ 2® le fieu^e Maciensie (t;0> décrit dans notre letlre préaé- /dente y lequel est appelé dans sa partie aupérieiire Ounjigah ou rivière de laPailr, «ft rivière de V Esclave entre le lac de ce 4POxm et cdui d'Atbajpescow. L'embouduii^
(1) Nom du voyageur anglais qui la reconnut en 177a.
(1) Hom du voyageur anglais qui le descendit ea 1779 î«K|«'à ton emboucbure , devant laquelle il: vit une mar entièrvuient ouverte.
de ce fleuve est par ôq*" i' lat. N. et i34'' long. O. (i).
Enfin , dans le bassin du grand Océan débouche le Tacoutché-tessé ^ par 49"* latt. N., près de la baie Birch de Vancouver dépendante de la Galédonie occidentale, à 3 degrés nord de la G)lumbiay qui appartient aux États-Unis. Entre ces deux fleuves il en coule un troisiëme appelé CaUdonia y dont le cours est psuraUële à celui du Tacoutché-tessé et tpii tombe dains la mer près de la baie de l'amirauté de Vancouver , par 48® lat. N. , et foraie une limite naturelle entre les Etats-Unis et le nouveau territoire calédonien vers le canal de Géorgie, frontière qui coïncide avec une ligne tirée du lac des Bois', voisin du lac de la Pluie, voisin lui-même du lac Supérieur.
De tous les lacs de l'Amérique anglaise,
(1) Garry's island^ où le capitaine Franklin arbora pour la première fois le drapeau britannique» ai par 69» -^9* lat. N. et i35» 4»* long. O.
celuirci est le plus considérable. Il n'est pas nécessaire de rappeler qu'il est conLmun aux deux puissances de l'Anglçterre et des États-Unis , puisqu'il forme limite au nord-est^ ainsi que les lacsBuron , Érié et Ontario, Le lac Supérieur a 4io milles (i) dans sa plus grande longueur de l'est à l'ouest y lao milles dans sa pli^s grande largeur du nord au sud , et une circonférence de i5oo milles. C'est la plus grande étendue d'eau douce qu'il y ait sur le globe. Il reçoit 4o rivières, notamment celles de Saint-Louis, de Nipigon, de Pic et de Micbipicoton. Il contient nombre d'iles y dont l'une nommée l'ile Royale a loo milles de long sur 4^ de large. Il abonde en poissons qui forment la nourriture des Indiens algonquins, habitans de ses bords. Il se décharge par le détroit de
(i) Le mille ett le tiers de la lieue commane de France. Les quantités que nous donnons ici en millet sont tirées de l'ouvragé de M. Warden suc* lef États-Unis.
Saiote-Marie dans le lac jRuron y le sea Bn jgrandeur, ayant de Test à Fcmest : milles ûe long, sur 60 à 100 milles large , avec une circonférence de i N milles. Il reçoit plusieurs rivières et a
munique à T-ouest avec le iac Mîchigi long de 260 milles du nord au sud , a une circonférence de 940 , et entiferem compris dans les limites des États-Unis au sud , par la rivi^e et le petit iac Sa i Clair et la rivière du Détroit, avec le
Ériéy le quatrième en importance, l de a3o milles, large de 5o à 60, et coi tant 610 milles de tour. Il renferme la et.conmiunique par la rivière de I7ia( avec le kic Ontario , long de 160 mil \ ; large de 60 à 70 , avec un circuit de
] milles. Il contient 1:9 îles , et , à son éc
lement vers Test , forme le cours pro] I ment dit du fleuve Saint Laurent , q
après avoir reçu à gauche plusieurs , . fluens , et à droite , par un canal , les e
Y an lac Champelain^ long de 160 mi]
large de i à 18 , et eticlavé dans le M ttoii'e de l'Union , se jette par une «1
^^ande bouche dans TAtlaRticfue devant Wle 4e Terre-Neuve-
ToMS ces laos qui «e suivent d^ Touest à Test forment ce qu'on appelle commune* ment les lacs du Canada. Les autres masses liquides analogues de rAmérique angolaise qui l^ur succèdent en étendue sont le lac de FEscIave^'et le lac Winnipeg au nord^ et dont il a été ({uestion^
Les hohdans de TAmérique an^^aise septentrionale se composent de Téhoukbchis et HEskimaux dont nous avons parlé dans le chapitre de l'Amérique russe , et ^ habitent les régions de l'ouest et du «oid$ des CA^eouo^X) peuplades centrales trèsrépandues \ eiâ^ Européens fixés principalement dans le «lidrest, Nous indiquerons les nuances propres àces peuples en examinant les principales contrées de cette portion du continent , laquelle se divise en sept parties générales , savoir : à l'ouest , ^ur le bassin de la Mer pacifique la Nouvelle Calédonien au centime ^ à l'est , sur le bassin de l'Océan glacial , le pays -des Indiens , la Nouvelle-Galles , ^uts , sur les. deux bassina
de la Mer Raciale et de l'Atlantique, le Labrador; enfin y au sud-est et au sud le Canada , le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Ecosse.
La Nouvelle-Calédonie ou Caléâonie occidentale , que naguère eilcore on divisait en Nouveau-Norfolk , Nouveau-Gornouailles et Nouveau Hanovre , entre l'Amérique russe du nord-ouest, les monts Rocheux au nord et à Test , et le territoire de Cplumbia des États-Unis au sud , limité par la rivière Fraser ou Tacoùtcké^ tessé , a 200 lieues de long sur loS de large , et environ 100,000 habitans. Ce pays est tellement couvert de rivièriBS'et de lacs , qu'on estime la sixième partie de sa surface occupée par les eaux. On donne au lac StuartriSo lieues de tour. Les montagnes sont boisées jusqu'à leur sommet; les arbres les plus communs sont le sapin, le peuplier, le thuya et le bouleau. Les naturels de ce pays se nomment Tà^ColUSf mot qui signifie voyageur par e€itt, parce qu'en général ils vont en canot d'un village à un autre. Les hommes sont bien consli-
tués^ mais les femmes sont petites et ont la taille épaisse. Les deux sexes ne montrent de propreté ni dans leur manière de manger, ni dans leurs vétemens formés de peaux diverses. En été , les hommes vont souvent tout nus. Lés deux sexes se percent la cloison du nez ; les hommes y suspendent des morceaux de laiton ou de cuivre; les femmes une brochette de bois à chaque bout de laquelle est fixée une petite coquille; en outre elles portent les cheveux longs et se barbouillent le visage avec de l'ocre rouge. Les coquitles forment chez les Ta-GoUis une sorte de monnaie; vingt représentent la valeur d'une peau de castor. Ces sauvages tirent principalement leur subsistance des eaux , et se font des filets avec l'écorce intérieure du saule. La pèche des petits lacs commence en avril et fournit des truites et des carpes; celle du saumon- a lieu en août, époque où il remonte les rivières en quantités incroyables. Aussit6t qu'il paraît, tous les Ta-Gollia^ hommes, femmes, enfans, sortent de leun cabanes en s'écriant : « voilà Iç saumon .'
YoUà le saiiBfeon ! » Et la pèdiA commence pour la provision d'hivei*. On ^;lLuaû à la chasse du castor et de Fours^ doat la chair est servie aux featins cpii se donae&l en mémoire des parens décèdes. Ces saur vages ou Indiens de l'ouest des monts &acheux affectionnent presque ^autant Icun chiens que leura enfans. Ceux de Test des montagnes enterrent leurs morts, ceux de l'ouest les brûlent. Lea Ta-ColUs paraissent avoir quelques notions vagues siur un éM futur. Ils croient que Fâme d'un défunt peut à volonté revenir sur terre sova ConM humaine; ila s'imaginent que leuraprètita ou sages > lorsqu'un cadavre est sur le point d'être brûlé , ont le pouvoir de faire l'âme du défunt dans le corpa d'un de parena y et que , dans ce caa y le preaûei enfant de celui-ci qui viendra au m<Hi4e aura cette âme. Enfin ,. comme traita «oaractérisliqueflt ^ les Ta-CoUis sont trè»-|^ et très-grands parleurs ) hommes et feokmes ont. toujours leur langue en naouvement y et chantent sans cesse. Les hoBBJBaes sout jaloux de leurs femmes y mais les filles
jovâueaàt d'une liberté illimitée , et souvent se XDarient temporairement avec les chasseurs canadiens.
Tous ces Indiens sont soumis à Pautbrifté des ag^ens de la compagnie anglaise du nord-CMiest; il n'en est pas de m^e du' pagirs âifs Indiens du centre :^ il es^ peuplé de tribus iiidépehdtotes qui errent entre la Mer polaire j la frontière de» États- Unis, le» monts Rocheux et la mer d'HudêOBty dans un espace de 5oo lieue» du nord au sud, et de 4oo de Fest à l'ouest.
Toutes ces peuplades , sans habitations ft&es^, et. adonnées exclusivement à la pèche et ^ la dkasse , se composent cte deux grandes divisions : les EskimaHa> au: nord , et les Chippeouays ou Chipeouians au sud.
Ceu3>'Ci se subdivisent en une infinité dé tribu» dont la plus considérable est ce^ des Knistinaux qui se tient au nord du lac Winnipeg. La compagnie du nord^ ouest a , dans ces contrées ,. son principal établissement à l'extrémité nord-ouest du la^ Athàpescow.
Les Gypeouiaqs se croient issus d*UQ