BESCRIPTION ET HISTOIRE DE TERRE-NEUVE
L'ile de Terre-Neuve porte ,le long de ses côtes et dans la profondeur de ses larges baies, des marques visibles d’une grande révolution qui à une époque reculée changea sa forme et son étendue primitive. Elle est séparée à l'est du fluve et du golfe Saint-Laurent, par un canal de trois lieues de large, appelé détroit de Belle-Ille; sa forme est triangulaire; elle a onze mille huit cent trente-trois lieues carrées. La difficulté de pénétrer dans l'intérieur ct le peu de succès qu'ont obtenu les différentes explorations, font qu’on en sait peu de chose, si ce n'est cependant que le sol est rocailleux et généralement :térile, qu'il y a des montagnes à pic couvertes de bois, des vallées étroites et sablonneuses, et quelques grandes plaines de bruyères ; mais on n’y voit ni arbres ni buissons. Ces plaines portent dans le pays le nom de barrens ou landes. Les lacs, les Ctangs y sont très-nombreux, et les sources d’une eau très-pure abondent de tous côtés. Quelquefois le terrain est si marécageux qu'on n’y peut aller à cheval, et on court des dangers même à pied. Les côtes sont généralement couvertes de petits bois suspendus qui descendent jusqu'à la mer, ou coupées à pic en précipices. Au sud-ouest de l'île s'élèvent des montagnes assez hautes. Sur toute la côte, on trouve de nombreuses rivières, de belles rades, de magnifiques ports et de larges espaces sur la plage, couverts de galets qui y sembient mis exprès pour faire sécher le poisson pris dans les environs. Il y a de vastes baies de plusieurs licues de profondeur où les bâtiments sont dans la plus grande sûreté, abrités par les terres élevées qui les entourent.
A trois milles environ de l'extrémité nord-est de la baie de la Conception, est