VOYAGES AU POLE ARCTIQUE ET PASSAGE DU NORD-OUEST
La baie de Paffin communique-t-elle avec l'océan Glarial? Cette question géographique dont la solution est encore incertaine préoccupe depuis longtemps les nivigateurs:; peut-être n'a-t-elle pour le commerce que peu d'intérêt, car le passage CASE, il serait rarement praticable, et à où les terres se seraient ouvertes, les blocs immenses de glace opposeraient au navigateur leur infranchissable barrière, Mais ce probléme émeut la curiosité, et l'homme orgueilleux S'indigne de ne pas connaître, même dans ses limites glacées, une partie de son terrestre domaine. Un nouvel attrait dirige depuis quelques années vers ces régions l'attention des peuples maritimes : on dit que par de là les glaces eE non loin des terres de la Sibérie où du Groenland, s'ouvre une mer libre au sein de hqnelle Sélévent peut-être des terres mystérieuses que jamais n'ont foutées tes pas de l'homme, et que la nature, dans sa capricieuse largesse , peut avoir enrichies de ses dons, C'est aussi au milieu des glaces de cette région qu'ont disparu les navires de Franklin, et tous les peuples s'intéressent au sort de ce navigateur, si faible que soit encore l'espoir de le retrouver, Hne sera done pas sans interet de rappeler les principales explorations dans cette partie boréale de FAmérique, et de mentionner les plus célèbres de ces hardis marins, dont les caps, Les détroits, les glaces de la mer aretique portent les noms, et redisent le laborieux couroge,
Frobisher est le premier navigateur qui, en 1576, ouvrit la route aux expiorations boréales; il ne dépassa guère le Groenland, et son expédition n'eut que peu de résultat, Mais six années plus tard, Davis tenta Le même chemin; c'était un marin habile et d'une grande expérience + il partit d'Angleterre avec un
1. Les iles Aléoutes et leurs habitants, par M. Venjaminov, Article de M, Erman, traduit de l'allemand, daus les Nouv, Annal, des Voyages, & Exn-cxMr,
navire abondamment pourvu de tout ce qui pouvait assurer le succès de son entreprise dans les mers glaciales. Sa première découverte fat la terre que l'on nomme Désolution ; parvenu ensuite, par le 67° degré de latitude, dans une mer libre de glaces, il mouilla dans une vaste baie en face d'une montagne à laquelle il donna le nom de #ont Raleigh. Une seconde expédition en 1586 fut entravée par les glaces, Dans un troisième voyage, le navigateur revit le mont Raleigh, reconnut les iles de Cumberland, et explora une portion du détroit qui a conservé le nom de détroit de Davis. De retour en Angleterre il ne cessa, jusqu'à sa mort, de dire que ce détroit était le chemin qui devait offrir un passage vers les mers du nord-ouest.
Les Hollandais à lear tour tentérent l'entreprise, Guillaume Bareutz partit par deux fois de la Nouvelle-Zemble avec une escadre; il découvrit l’£e de l’Amirauté, mais là se borna tout son succès ; il mourut dans sa deuxième expédition. Ses natires enfermés dans les banquises, énormes amas de glaces, regagnèrent à grand’ peine les établissements russes puis la Hollande, 1597.
En 1602 nous retrouvons les Anglais dans la voie des découvertes avec Weymouth, qui relève le cap Warwick. Cinq ans après, Hudson réalise une série de travaux importants. Il remonte au Groenland, touche au Spitzberg, et parvient an 82: degré. Il reconnaît tout l'espace qui s'étend entre le Spiztberg et la Nouvelle- Zemble, puis, en 1609, dans une expédition demi-anglaise, demi-hollandaise, il remonte le cours du fleuve américain qui a gardé son nom, l'Æudson. En 1610, il entreprend un nouveau voyage avec Colcburne, revoit la terre Désolation et entre dans le détroit et dans la mer qui ont conservé son nom. Le courage et la persévérance de ce navigateur avaient d'autant plus de mérite qu'il lui avait fallu vaincre le mauvais vouloir et les rébellions de ses équipages. La baie d'Hudson venait d'être découverte, les navires y avaient passé l'hiver, ils allaient mettre à la voile pour retourner en Angleterre, quand une nouvelle révolte éclata parmi les matelots; le capitaine, son fils, et six hommes qui leur étaient dévoués furent jetés dans une chaloupe et abandonnés seuls, sans ressources, sur la mer glacée. [ls ont péri sans doute, car jamais depuis on n’a entendu parler du navigateur.
L'expédition non moins célèbre qui suivit fut celle de Bylet et du pilote Baffin en 1613. Le 6 mai, Baffin reconnut le Groenland à l’est du cap Farewell; puis il pénétra entre les les de la Résolution et releva dans la mer d'Hudson, par le 64° degré l’ile du Moulin. L'expédition revint en Angleterre après avoir inutilement tenté un passage par la mer d'Hudson. Alors on songea à une tentative nouvelle par le détroit de Davis. Baîin y entra le 4% mai, il doubla le cap Diggs, l'anse des Baleines, puis s'avança jusqu’au 78°. Le marin reconnut également l'autre côté de la large baie qui porte son nom, et ne s'arrêta que lorsqu'il eut retrouvé les les Cumberland, Alors il reprit le chemin de l'Angleterre ; sa pensée était qu'un passage devait exister par le nord-ouest, mais non par le détroit de Davis,
Pendant quinze années la Compagnie Anglaise suspendit ses recherches, et ce
fut seulement en 1631 qu'un navire revit le détroit d'Hudson; le chef de la nouvelle expédition, Lucas Fox, se borna à constater, par l'inspection des marées , que l'océan Atlantique ne pouvait pas être la cause des flux dans les parages du Wellcome au nord de la baie d'Hudson. James, compagnon de Fox, ne sut pas se dégager à temps des glaces, et il fut obligé d'hiverner sur lle de Charleston. Après de longues et cruelles souffrances, il parvint à sortir des glaces, visita la côte qui fait face à l’#e de Marbre, et revint en Angleterre déclarant qu'il ne croyait pas'à l'existence d’un passage, ou que si: en existait un, il devait être si mal situé qu’il y aurait peu d'avantage à le découvrir.
Ces expériences malheureuses refroidirent la Compagnie Anglaise ; l'échec du Danois Munk ne fut pas de nature à la réveiller de son indifférence. La grande expédition qui suit appartient aux Russes. Le navigateur Behring reçut en plein sénat, de la bouche même de Picrre le Grand, ses instructions. Nous avons dit déjà que ce fut vers la partie occidentale de l'Amérique et dans le détroit qui a gardé son nom que ses investigations furent dirigées.
En Angleterre l'esprit de découvertes reprit faveur dans le milieu du xvin siècle. Une souscription de dix mille livres sterling fut ouverte pour organiser une nouvelle expédition, et couverte en peu de temps. Deux vaisseaux partirent sous la conduite de Moore Smith et d'Ellis le 11 mai 1746. Ces capitaines hivernèrent au port Nelson, reconnurent les îles visitées par leurs prédécesseurs, en découvrirent de nouvelles et dressèrent une carte plus complète de la mer d'Hudson. Pendant plusieurs mois Ellis explora avec une chaloupe le canal Welcome, mais le niauvais temps contraria ses trayaux, et l'expédition retourna en Angleterre. Vers la même époque, la Compagnie d'Hudson envoya par terre le voyageur Ilearne qui partit du lac des Iles, suivit dans son cours la rivière de Cuivre, et traversa avec des misères et des souffrances inouïes le territoire des Indiens, Cuivre et Chiens. « Ces hommes, dit le voyageur, sont d'une taille moyenne, bien faits et robustes, quoiqu'un peu maigres; ils n'ont pas autant d'activité que les habitants de la côte occidentale de la mer d'Hudson, et leurs traits différent essentiellement de ceux des tribus voisines ; ils ont le front et les yeux petits, les pommettes des joues saillantes, le nez aquilin, le visage assez plein, le menton grand, la peau douce et unie. Tous ont sur chaque joue trois ou quatre lignes paraïlèles qu'ils tracent avec une aiguille introduite sous la peau. Ils frottent ensuite cette blessure de charbon pilé. Ils sont très-intéressés et usent de tous les artifices pour tromper les Européens. »
Ce voyage de Hearne, dirigé par la Compagnie dans un but exclusivement commercial, fut longtemps tenu secret, et sans doute son journal n’eût jamais été publié si Lapérouse ne l’eût trouvé dans le fort de la Compagnie pris en 1782, Ce voyage fut publié en Angleterre dix années plus tard.
A ce même moment, Mackenzie était envoyé sur les traces de Hearne par cette Compagnie du Nord-Ouest dont le siège était à Montréal et qui fit à la Compagnie d'Hudson une si rude concurrence, Parti du fort Chippeway en 1789, le nouvel
explorateur visita la rivière de l'Esclave, le lac où elle se jette, et découvrit le grand fleuve auquel il donna son nom, il descendit ce fleuve jusqu'à l'Océan et revint au fort Chippeway après quatre mois d'absence. Il repartit en 1793, et, cette fois, parvint au Grand-Océan, où il visita les découvertes de Vancouver. En un lieu qui porte le nom de Cascades, il planta en terre un poteau sur lequel fut écrit : Alexandre Mackensie esl venu ici du Canada, le 22 juillet 1793. Un mois après, le voyageur était de retour au fort qui avait été son point de départ.
Enfin, de 1819 à 1820 ct en 1826, le capitaine Franklin reprit les traces de Hcarne, il parcourut les bords de la rivière de Cuivre, découvrit le Bak's river, puis gagna la baie Melleville et remonla jusqu'au cap Turnagain. Après une longue et pénible exploration de la côte, il regagna l'intérieur du continent par un autre chemin.
Pendant que ces voyages par terre s'accomplissaient, de nouvelles expéditions avaient lieu par mer. La première, du capitaine Ross, remonte à 1818; ce navisateur montait l’Isabelle, et son licutenant Parry Alexandre. Hs pénétrèrent dans le détroit de Davis, jusqu'au cup Dudley-Diggs et reconnurent que la côte en s'éloignant formait une grande baie remplie de baleines, de goélands et de maçareux. Ils virent des Esquimaux montés sur des traineaux attelés de chiens. Les indigènes ressemblent aux Groenlandais; seulement ils ont le visage plus large : tous avaient la barbe longue, mais peu fournie. Leurs casaques sont en peaux de phoque, ornées de peaux de renard noir et munies de capuchons en peaux d'ours et de chien; leurs chaussures sont en peaux de phoque, Au nord du cap Dudley-Diggs, la mer semblait moins obstruéc de glaces; cependant cet obstacle se montra plus fréquent à mesure qu’on avança. Plus loin, l'expédition se trouva à l'entrée du détroit que sir James Lancaster avait signalé sans y pénétrer, La mer était assez libre, le vent favorable, Le détroit fut exploré. Sa largeur était de cinquante milles. Cependant, après quelques lieues faites dans ce passage, Ross renonça à pousser plus loin parce qu’on lui annonça la présence de la terre dans l'est, I perdit ainsi l'honneur de cette découverte qui était réservée à Parry.
L'année suivante, Parry reçut le commandement de /'Hécla et du Griper. I s'engagca dans le détroit de Lancastre, et reconnut que sa largeur augmentait à mesure qu’on avançait vers l’ouest, Sur la gauche s’ouvrait ua bras de mer qui reçut le nom de goulct du Prince-Régent. Le détroit qui faisait suite au canal de Lancastre fut appelé détroit Barrow, du nom du secrétaire de l’Amirauté. Les navires se trouvaient alors par 74° 25 de latitude N., et le temps était généralement clair et screin. L'approche du pôle magnétique faisait varier les aiguilles aimantées, Le # septembre, l'expédition coupa le centième méridien à l'ouest de Greenwich, ce qui donna droit, pour les équipages des deux vaisseaux , à la r'écompense nationale de 5,000 livres sterling promise par un acte du parlement à tout Anglais qui, le premier, pénétrerait à ce point des régions polaires. Peu après, les navires s'étant trouvés environnés par les glaces, Parry vira de bord et
vint prendre ses quartiers d'hiver dans la baie de P'Hécla et du Griper. Cn fit tous les préparatifs d'hivernage. On démâta les navires, on déblaya les ponts, sur lesquels furent adaptées des cabanes qui avaient été apportées d'Angleterre, et que l'on recouvrit à l’intérieur de grosses étoffes en bourre de laine, Le froid était alors à 44°; on voyait encore çà et là quelques rennes, mais ils disparurent vers la fin d'octobre. Déjà la raréfaction de l'atmosphère produisait dans les esprits un profond abattement. Les effets de la température agissaient comme l'ivresse ; ceux que le froid violent saisissait avaient l'œil égaré et la langue épaisse; la peau restait attachée à toutes les substances métalliques. Le # novembre, le soleil disparut, Vers la mi-décembre, le froid fit éclater une grande partie des bouteilles de jus de citron, le vinaigre gela dans les tonneaux.
Cependant Parry sut, au milieu de cette vie étrange et nouvelle, entretenir parmi son équipage la discipline, l'ordre ct la régularité. Les travaux de tous les jours, le service du dimanche, tout était ponctuellement réglé; on alla jusqu'à jouer la comédie sur le pont, afin de distraire l'équipage. Parry composa luimême une pièce de circonstance intitulée : Le Passage du Nord Ouest, où la l'in du Voyage. On publia aussi un journal hebdomadaire intitulé : Gusetle de lu Géorqie septentrionale, où Chronique d'hiver.
On revit le soleil le 4 janvier. Le ‘froid, très-vif à ce moment, augmenta encore, et le thermomètre descendit à 39° le 1% février. Le dégel commença à la fin d'avril. Le 1e juillet, Parry fit le tour de la terre sur laquelle il avait stationné et la nomma {le Melville. À côté, il découvrit la Terre Sabine, et fit sur ce sol glacé un trajet de cent quatre-vingts milles. Les vaisseaux ne furent dégagés que le a août ; ils continuèrent à se diriger vers l'E., et parvinrent au 113° 46’ de longitude O. Mais là se présenta une infranchissable barrière de glaces. Au sud, Parry constata l'existence d’une terre qu'il nomma Terre de Banks, puis il se dirigea de nouveau à l’est, et revit la baie de Baffin, après un séjour de onze mois dans les mers polaires.
Ces importantes découvertes et le parallèle sous lequel on était parvenu donnèrent une grande probabilité à l'existence d'un passage entre la mer d'Hudson et l'Océan Arctique. La Furie et l'Hécla furent armés pour continuer ces découvertes. Les deux navires pénétrèrent dans la baie d'Hudson, traversèrent la baie Répulse et le détroit de Lyon, hivernèrent dans la baie de Winter, découvrirent le détroit auquel fut donné leur nom. Au 85°, d'énormes masses de glace arrètèrent cette navigation audacieuse, Parry renouvela, en 182%, un quatrième voyage avec ces mêmes navires, L'hiver fut très-doux et permit de reconnaitre tout le canal du Prince-Régent, Enfin, dans un dernier voyage, Parry essaya à l'aide de tous les moyens d'atteindre le pôle sur une mer de glace, I partit avec des traineaux attelés de rennes et de chiens; mais au 82°, la violence avec laquelle les glaces se portaient au sud obligea l'intrépide capitaine à retourner vers les navires. L'un d'eux , {a F'urie, échoua et se perdit sur les glaces.
* La seconde exploration maritime de James Ross fut entreprise dans le but de
Ds6 VOYAGE EN AMÉRIQUE.
continuer les découvertes de Parry. Ce fut un particulier, le négociant Booth de Londres, qui pourvut aux frais de cette expédition. La Victoire ct le Krusenstern partirent le 2% mai 1829 ; Ross pénétra dans le détroit du Prince-Régent et hiverna au port Félix. Les précautions de cet hivernage, la vie des matelots, l'ordre dans les travaux et les délassements, furent imités de ce qu'avait fait Parry. Le 9 janvier 1830, l'expédition aperçut des Esquimaux; ils furent salués du mot féma, paix, et entrèrent dans des relations amicales. Ce n'était pas la première fois qu'ils entendaient parler des Européens, dont le nom, dans leur langue, était Æablenaits. Le 10 janvier, Ross visita un village esquimau, qu'il nomma North-Endon. C'était un amas d'une douzaine de huttes de neige, confusément entassées dans une petite anse et semblables à des chaudrons renversés. La principale pièce de ces huttes était un dôme circulaire de dix pieds de diamètre pour une seule famille, Vis-à-vis de la porte était un banc de neige, occupant à peu près le quart de l’espace et recouvert de peaux, c'était le lit commun. Une lampe éclairait et chauffait à la fois tout l'intérieur,
Dans le cours de cet hivernage, les marins furent témoins de la manière dont les Esquimaux chassent le bœuf musqué. Le neveu du capitaine, James Clarke Ross, qui, à son tour, guida plus tard les navires anglais dans ces mêmes régions, courut un grand danger à l’une de ces chasses périlleuses : un bœuf harcelé par les chasseurs, venait droit à lui, quand il cut le bonheur de l’ajuster et de l'étendre raide mort,
Au retour de la belle saison, le capitaine Ross voulut explorer par lui-même la terre qu’il avait appelée Boo!hia-Felix. H partit en traineau dans le mois d'avril et découvrit des sites pittoresques et effrayants. Il constata le gisement du cap Félix, prit possession du pôle magnétique, parcourut la vallée de Graham, au centre de laquelle s'élève un rocher immense en forme de champignon, et r'econnut les îles Tilson et la rivière Saumarez, encaissée dans des rochers à pic tout chargés de neige.
L'état des glaces interdit le retour en Angleterre, et l'expédition hiverna dans le port où fut abandonnée la Victoire, et qui garda le nom de ce navire. L'année suivante encore, le retour fut impossible, et ce ne fut que le 26 août 1833, que les hommes de l'expédition purent rejoindre avec un canot, seule embarcation disponible, le navire l’{sabelle de Hull, qui recueillit Ross et ses compagnons.
A la même époque où ces courageux marins revenaient en Angleterre, la France, à son tour, entrait en lice. Un jeune officier, M. Jules de Blosseville , se hasarda vers les régions du nord; malheureusement son navire, la Lilloise, était petit et faible ; l'entreprise eut une issue fatale.
En juillet 1833, /a Lilloise rencontra au nord de l'Islande les premières glaces, elle reconnut une partie de la côte nord-est du Groënland, dont les points principaux ont conservé des noms d’oMcicrs français : cap Savary, baie Gourdon, cap Tapinier, ile Daussy, cap Beaupré, baie Brongniart, etc. Mais en cet endroit on
à OUR R .
tendre raide mort. pit Ar | Au retour de la belle se, w at tienpirtnte la Lerre qu'il avait appelée Boothin«Felix, perdit en traineau dons 46 mois d'avril et découvrit des sites pittoresques et eflrapants. At sonstata le gisement du cap Félix, prit possession du pôle magnétique, parent la vallée de Graham, au centre de laquelle s'éléve un rocher Lmmonse et forte de/champignon, et reconput fes les Tilsne et, la rivière sara sms pee sais à pie
laut chargés de neige.
RS4at des: plagris MG ORAN MAL NAN CO TER ss dires use ko À a ahipqin D, à de ce navire.
“36 août
1844 qe ke Dr mot, seule
enbaesaiis à moe CR hi du HA Mons et ses
compaghons. me à A la même
France, à aout 6
NILLAGE DE NEIGE
CHASSE AU BOŒUIS MUSQI
perdit les traces du navire, et lorsque la France inquiète envoya successivement dans les mêmes mers /« Bordelaise et la Recherche, fut impossible de rien apprendre sur le sort de nos marins, Avaient-ils été engloutis dans une tempête? les glaces avaient-elles, en se rapprochant, fait éclater leur navire comme les doigts brisent une coquille de noix? Jamais la France n’a rien su de la destinée de ses courageux enfants auxquels elle rend l'hommage d'avoir porté les premiers dans ces tristes mers son pavillon national.
En 1839, Dease et Simpson firent un nouveau voyage dans la mer Arctique; ils découvrirent la presqu'ile Adélaïde, reconnurent le littoral de l'Amérique, depuis Adélaïde jusqu'à l'île Melbourne ct au cap Alexandre ; Dease donna son nom à un détroit qui sépare la pointe Turnagain d'une terre qui fut appelée ile Victoria. Plusieurs années après, le docteur Raë découvrait l’isthme de Raë qui unit la presqu'île Melville au continent américain, entre les baies Repulse et Commiltce, et faisait par terre quelques découvertes.
C'était aussi le moment où un navigateur, vétéran de ces régions polaires, s'était hasardé de nouveau au milieu des glaces de la mer inconnue, qui déjà avait été visitée par tant de navigateurs. En 1845, deux navires, l’Erebus et le Terror, commandés par sir John Franklin, pénétrèrent dans le détroit de Lancastre, puis on cessa de recevoir de leurs nouvelles. Sans doute ils étaient enfermés dans les glaces immobiles comme Ross en 1832 ; on s'inquiéta peu d'abord, ils avaient des provisions pour trois années et des munitions de toute sorte en abondance. Mais quand les trois années furent écoulées sans qu’on eût rien appris sur leur sort, l'amirauté donna au capitaine sir James Clarke Ross le commandement des vaisseaux l’Enlerprise et l'Invesligator. Ce marin avait acquis sous son oncle l'expérience de la navigation dans les mers polaires. Il avait pour mission de visiter soineusement les détroits de Lancastre et de Barrow, le chenal Wellington, et d'atteindre, s'il était possible, Winter-Harbour dans l'île Melville. Les instructions que reçut le capitaine Ross sont datées du 9 mai 1848. Le 13 juillet, les deux bâtiments appareillaient de l'établissement danois d'Upernavick sur la côte nord-ouest du Groenland. Le calme presque constant, des glaces qu'on eut une peine extrême à franchir, un hiver hâtif et rude, empèchérent que les toutatives de l'expédition eussent un autre succès que la reconnaissance des rivages septentrionaux de l'île North-Sommerset où hiverna l’expédition dans le port Léopold.
D'autres expéditions eurent licu dans le même but de retrouver Franklin. Les na\ires le Résolule, l’Assistance, le Pionnier, l'Intrépide, Lady-Franklin, Sophie; les bâtiments des États-Unis, /e Rescue et l'Advance, enfin le Prince-Albert envoyé par lady Franklin elle-même, renouvelèrent en 1850 et 1851 la tentative de Ross, sans plus de succès, Ces diverses expéditions dans les mêmes parages diffèrent peu par les détails. Nous nous bornerons à mentionner avec quelques particularités celle du Prince-Albert, à laquelle prit part un lieutenant de la marine française, M. Bellot, et de reproduire en partie le récit que ce jeune officier
fait à Paris devant les membres de la Société de Géographie, des périls et des émotions de son exploration aventureuse, |
Le Prince-Albert était une petite goëlette de quatre-vingt-dix tonneaux montée seulement par dix-huit homines. Après une première campagne en 1850, sous les ordres du capitaine Kennedy, à l'entrée des détroits du Prince-Régent et de Barrow, le bâtiment revint en Angleterre, { repartit en 1851 pour les mers glaciales, et c'est à cette deuxième expédition qui s'est prolongée en 1852, que M. Bellot a participé,
« Nous étions, dit l'oflicier français, tous /ee/o Lalers, c'est-à-dire que nous n'avions à bord ni vin, ni bière, ni spiritueux ; et je n'hésite pas à attribuer à cette sage mesure, en grande partie, la bonne conduite si soutenue de notre équipage, et l'harmonie qui n'a cessé de régner sur notre bâtiment, en dépit des privations et du manque de tout comfortable.
« Peu de temps après avoir dépassé le cap Farewell, à l'extrémité sud du Groenland, le 22 juin, Le Prince-Albert entra dans les glaces et commença à s'y frayer un passage dans la direction de l'établissement danois d'Upernavick où nous nous proposions d'acheter des chiens et des traineaux esquimaux. Un coup d'œil jeté sur la carte montre que la baie de Bain se rétrécissant vers le sud, les glaces qui sont d'abord mises en mouvement dans le haut de la baîe par les brises du nord, tendent à s’accumuler à cette gorge et à bloquer le détroit de Davis, même quand l'ouverture opposée est libre. Ce n'est que par une série de va-et-vient que les glaces passent enfin ce barrage et viennent se dissoudre dans l'Océan Atlantique.
« Cette mobilité des glaces, nécessaire à la navigation, en forme précisément le danger, puisqu'on se trouve placé entre les glaces poussées par la brise et la côte ou les glaces solides qui n’en sont pas encore détachées. Il est inutile d'insister sur la force que possèdent des masses qui ont souvent plusieurs lieues d'étendue , et qui, une fois en mouvement, ne sauraient être arrêtées par aucune résistance humaine. Un bâtiment à voiles se trouve placé dans des conditions d'autant plus défavorables que les vents doivent précisément souffler de la direction où l'on veut se rendre pour entr'ouvrir les glaces dans cette direction. Or si la brise est forte on ne remonte qu'avec peine et avec danger au milieu des glaçons, qui forment autant de roches mouvantes; si le temps est calme, les moyens de marche en avant se réduisent à un halage très-lent ou à la remorque des embarcations. L'application du propulseur en hélice aux bâtiments à vapeur donne à ces derniers une supériorité considérable, qu'eût détruite en partie l’encombrement des roues à aubes exposées à tous les chocs des glaçons.
« Dans les bouleversements que causent les tempêtes, qui sont bien loin d'être aussi rares au delà du cercle arctique qu’on le suppose généralement, la forme des glaces devient très-irrégulière ; aussi arrive-til souvent qu'à une centaine de mètres devant soi on voit une nappe d’eau plus ou moins étendue dont on n'est séparé que par une langue étroite de glace. Nous cherchions alors à nous y pratiquer une ouverture, soit en dirigeant le navire avec toute la vitesse possible sur
AMÉRIQUE BORÉALE. 5s9
la partie la moins large , soit avec des scies d'une vingtaine de pieds de long qui se manœuvrent avec une corde et une poulie placée au sommet d'un triangle formé par de longues perches, soit enfin en faisant jouer la mine. Lorsque les glaces ne sont pas trop compactes , on fait entrer le navire dans l'ouverture pratiquée, et il agit sur les côtés comme un coin, Plus d'une fois, pendant cette opération , il arrive que les glaces, mues par les courants ou par la brise, se rapprochent après s'être perfidement écartées un instant, et le bâliment se trouve soumis à une pression dangereuse, Malheur à celui qui ne sait pas prévoir ou suffisamment observer les signes précurseurs de cet accident presque toujours fatal! La glace, que rien n'arrête, passant au dessous du navire , le renverse ou le brise s'il résiste. J'ai vu des plaines de glace se dresser, pour ainsi dire, le long des flancs du navire et retomber sur le pont en blocs, que tout l'équipage se hâtait d'aller rejeter de l'autre côté, dans la crainte de sombrer sous leur poids énorme.
«Le 12 juillet, nous arrivämes à Upernavick, l'établissement le plus septentrional sur la côte ouest du Groenland. 1 ÿ a une trentaine d'années , on y voyait encore des pierres couvertes d'inscriptions runiques qui semblent indiquer que les Islandais, auxquels on a attribué la découverte de l'Amérique, poussérent au moins fort loin leurs courses dans le Nord. Cet établissement sert d'entrepôt à l'huile et aux fourrures des animaux que tuent les Esquimaux du voisinage, et que viennent chercher tous les ans des navires danois, En sortant de ce port, nous tombâmes au milieu de la flotte des baleiniers qui retournaient au sud, afin de passer sur la côte ouest de la baie de Baflin , ayant trouvé les glaces impraticables dans le nord; ils suivaient d'ailleurs les contours du corps principal des glaces où la baleine se tient de préférence. Cet animal, traqué de plus en plus dans tous ses repaires, a émigré dans des contrées plus paisibles, et la pêche de la baleine, qui a occupé jadis de soixante à quatre-vingts navires de trois cent cinquante tonneaux, n'en a employé qu'une vingtaine dans les dernières années. Les baleiniers avaient rencontré l'escadre américaine, et nous apprimes avec étonnement que ces deux navires, saisis par les glaces, au mois d'octobre 1850, à la bouche du canal Wellington, avaient été entraînés malgré eux pendant l'hiver, courant les dangers les plus graves, et ne s'étaient dégagés qu'en 1851 par le travers du cap Walsingham. En outre des éléments nouveaux fournis à la science géographique par leurs miraculeuses aventures, ils donnaient aussi les nouvelles les plus encourageautes sur les recherches entreprises. L'escadre arctique avait trouvé sur l'île Beechey des preuves authentiques du séjour de Franklin dans la baie formée par cette île et le cap Riley, pendant l'hiver de 1845 à 1846. Trois tombes avec inscription de noms et de dates ne laissaient point de doute à cet égard.
« Deux jours après, nous pümes féliciter les Américains eux-mêmes de leur heureuse délivrance, et, de compagnie, nous remontämes jusqu’à l'entrée de la baie Melilie, fameuse par les désastres qui s'y reproduisent chaque année, ct
qui oat fait donner le nom de Pouce-du-Diable à un pic remarquable et peu éloigné de la côte. Au sortir de la baie de Disco, nous étions tombés au milieu de montagnes flottantes de glace, dont nous pûmes compter souvent plus de deux cents en vue à la fois, la moyenne ayant de cent à cent cinquante pieds de hauteur, Cette baie est pour ainsi dire le chantier où se forment et sont lancées ces masses énormes, à cause des glaciers dont elle est bordée, et dont les îles flottantes ne sont que des fragments qu’en détache l'action de la chaleur et de la pesanteur, La même cause agissant sur les montagnes de glace ou bergs, détruit souvent leur équilibre par l'altération de leurs formes, et plus d'une fois nous fümes témoins de la scène imposante de ces masses qui se brisent avec des détonations semblables à celles de la foudre, et qui se renversent subitement sur cles-mêmes au milieu des vagues qu'elles font jaillir à une grande hauteur
« Force nous fut, après une vingtaine de jours de labeurs et d'attente pleine d'inquiétudes, de nous éloigner le 4 août pour tächer de trouver, plus au sud, un passage à l'ouest. Nos amis les Américains persistèrent à essayer de passer au nord des glaces pour entrer dans le détroit de Lancastre. Nous atteignimes enfin Pond's- Bay le 2% août, et là, quelques Esquimaux vinrent à bord, mais ils ne purent nous donner des renseignements, soit sur les navires de Franklin, soit sur l’escadre envoyée à leur recherche. L'apparition de ces pauvres créatures dans leurs frêles pirogues de peau, nous permit de constater les caractères ethnologiques déjà reconnus par les navigateurs précédents. Un croquis fait par l'un d'eux de la côte que nous connaissions, témoigna une fois de plus de leur singulière aptitude g60graphique.
«Nous étions enfin sur le terrain de nos recherches, en face du famcux détroit de Lancastre, où dés coups de vent successifs ne nous permirent que dificilement d'entrer. Notre but était d'examiner les deux rives du détroit de Barrow, ct d'avancer jusqu'à l'île Griffith, où nous comptions trouver des - nouvelles du commodore Austin et des autres bâtiments. Mais les glaces ne nous le permirent point, et, en attendant que les brises de l’ouest eussent déblayé le passage jusque-là, nous explorämes les deux côtés du golfe du Prince-Régent, jusqu'à Fury-Beach et Port-Neill. Les glaces que nous trouvions constamment devant nous, s'oppostrent à notre progrès dans cette direction, et, après quatre jours passés à Port-Bowen, nous essayämes de débarquer à Port-Léopold, où des vivres avaient été laissés en 1849, pour l'usage de Franklin et de ses compagnons.
« Dans une de ces tentatives, M. Kennedy avai laissé le navire et s'était éloigne avec une embarcation et cinq homines, Pendant la nuit, les glaces nous entourérent, et nous fûmes entraînés à trente milles de lui, sans que nul effort püt sv opposer, Le navire s'arrèla enfin et fut mouillé dans la baie de Batty, et, à partir de ce moment, nos efforts durent se concentrer sur une tâche plus immédiate que le but principal de notre expédition : il nous fallait d'aberd rejoindre et ramener à bord nos compagnons de voyage. Après six semaines de tourments et des ten-
tatives que les éléments firent avorter, je pus enfin arriver jusqu'à eux, et tous ensemble nous regagnämes le navire.
: CLe Prince-Albert était pris dans les glaces qui, s'épaississant tous les jours, Jui formèrent peu à peu une sorte de bassin solide, d'où il ne sortit qu'au mois d'août suivant, c'est-à-dire trois cent trente iours après. Nous nous mimes donc à faire nos préparatifs d'hivernage avec d’autani plus d'activité, que nous avions à réparer le temps perdu par suite de l'accident qui nous était arrivé, La plus grande partie des provisions fut déposée sur la glace ou dans les magasins construits en neige, afin d'augmenter l’espace naturellement restreint à bord d'un navire aussi petit que le nôtre, où le renouvellement de l'air et les soins d'une propreté rigoureuse exigcaient une certaine ampleur pour notre habitation. Le navire fut recouvert au-dessus du pont d'une tente de laine ct entouré sur les côtés d'une épaisse muraille de neige qui empèchait le rayonnement à l'extérieur de la chaleur que nous n’eussions pu entretenir autrement qu'au prix d'une grande quantité de combustible.
«€ Dans le courant de janvier, une excursion de quelques jours fut entreprise pour voir si Franklin ou quelque autre s'était rendu à la plage où La Fury s'était perdue en 1824, et sur laquelle avait été débarquée une grande quantité des provisions de ce navire. Cette excursion à une époque où le soleil avait disparu de l'horizon pour ne se remontrer que cent dix jours plus tard, nous permit de nous assurer de la possibilité d'un voyage même à cette époque de l'année, grâce aux habiles dispositions prises par M. Kennedy. Nous avions adopté, en effet, le genre de vie et les coutumes des Esquimaux et des Indiens pour nos voyages, ct il ne nous fut pas difficile de voir combien la nature fes a pourvus de moyens bien supérieurs à ce que nous donneraient les raffinements de la civilisation, Les vètements de peau, les mocassins ou les bottes de peau de phoques, formaient notre accoutrement ; le pemmican, préparation indienne de viandes, qui contient, sous un petit volume, beaucoup d'éléments nutritifs, était notre nourriture exclusive ; des traîneaux, avec ou sans chiens, composaient nos moyens de transport pour nos vivres et pour notre mince bagage ; enfin, une hutie construite en neige était notre abri pour la nuit. Je n'entends pas dire que nous ayons trouvé tout facile ou agréable, mais chacun avait fait d'avance le sacrifice du bien-être matériel, et certes il n'était point de fatigues et de privations que nous ne fussions disposés à braver, heureux si nous pouvions réussir dans la sainte mission où nous étions engagés, ;
« Après plusieurs voyages préliminaires dans lesquels nous formions des dépôts de vivres sur la route que nous comptions suivre plus tard, nous primes congé du navire dans les derniers jours de février pour n'y revenir qu'en juin, vivant dans l'intervalle des vivres que transportaient des traineaux attelés de chiens, et d’autres que nous trainions nous-mêmes. En suivant la côte ou en traversant les glaces de la baie de Coswell, de celle de Brentford et du détroit Victoria, nous arrivèmes à des terres nouvelles que nous avons parcourues à l'ouest, jusque par
cent degrés de longitude (Greenwich), et après avoir visité le cap Walker, nous revinmes à Port- Léopold, et enfin au navire. Dans les quatre derniers mois, nous étions passés de l'obscurité constante à un jour perpétuel. Nous nous étions trouvés exposés à une température de #4 degrés centigrades au-dessous de zéro. Ce voyage n'avait eu de résultat bien fâcheux pour aucun de nous, si l’on excepte les frost-bites ou gelures partielles, dont nous avons souffert plus ou moins longtemps; mais dans la plupart des cas, l'application immédiate de la neige avait rétabli la circulation du sang. |
« Si nous fümes assez heureux à cet égard, d'un autre côté le scorbut nous avait tellement épuisés, qu'après notre retour au navire, nos soins durent se borner à le combattre, et ce fut l'occupation des mois de juin et de juillet. Nous poussions en même temps nos préparatifs d’appareillage de notre prison de glaces, et le 6 août, nous sortimes de la baie de Batty, après avoir scié un canal dans les glaçons. Le 20 août, nous rencontrâmes un navire de l'escadre de sir Ed. Belcher, envoyé d'Angleterre , au commencement de 1852, pour explorer le chenal de Wellington, et se porter au-devant de deux navires qui ont passé par le détroit de Behring, et sur le sort desquels on commence à avoir de vives inquiétudes. Notre tâche était remplie : nous avions démontré que Franklin n'a pu passer au sud du cap Walker, puisque la terre s'étend là où l'on supposait jadis que la mer existait ; nous revinmes en Écosse, en passant par les péripéties d’une seconde navigation dans les glaces. » =
Pendant que l'expédition du capitaine Kennedy explorait le North-Somerset , et donnait le nom de M. Bellot à un détroit au midi de cette terre, un autre marin anglais, le capitaine Inglefield, pénétrait par le détroit de Smith avec le vapeur l’Isabel, à hélice, découvrait des terres entièrement inconnues, et trouvait, par le quatre-vingtième parallèle N., une île, à laquelle les Anglais ont donné le nom de Louis-Napoléon. D'après les suppositions de M. Inglefield , il se pourrait que la baie de Baftin fût moins une baie qu'un bras de communication conduisant à la mer polaire, dont il aurait entrevu l'entrée. Le navigateur a remarqué que dans ces parages la vie animale semble reprendre plus de vigueur : les mollusques clio borealis et clio sagitta, dont la baleine fait sa principale nour-riture, deviennent plus nombreux et plus gros dans le détroit de Whale, qui précède le détroit de Murchison, et à l'entrée desquels se trouve l’île Northumberland, tous lieux découverts et explorés par le capitaine. Les oiseaux de mer y sont très-abondants. M. Inglefield assure qu'il navigua une fois au milieu d'une masse immense d'oiseaux, que la surface des ec”: en était complétement couverte aussi loin que la vue pouvaits’étendre, et qu’ils semblaient gorgés de nourriture. Ce sont là de nouvelles allégations à l'appui de l'opinion du docteur Petermann, qui pense que vers le pôle existe une mer libre et navigable, sur les terres de laquelle Franklin et ses compagnons, survivant au désastre de leurs navires, ont pu trouver refuge, C'est pour éclaircir cette opinion, que le capitaine Inglefield a repris courae geusement la mer, accompagné de M. Bellot, qui ne se lasse pas de rendre
service à l'humanité ct de faire honneur à notre pavillon. Cette nouvelle expédition est partie d'Angleterre, le 15 avril 1853.