‹ Voyage dans les deux Amériques [microforme]Chapitre 40 sur 112 · CHAPITRE XXIX RÉPUBLIQUE ARGENTINE. — PROVINCE DE BUENOS-AYRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX RÉPUBLIQUE ARGENTINE. — PROVINCE DE BUENOS-AYRES

L'Amérique du Sad espagnole à deux centres, deux foyers, d'où la civilisation estappelée à se répandre un jour sur toute sa surface, l'un sur le rivage du Grand-Océan, Lima, que je décrirai dans mes courses au sein de l'antique empire des Incas ; l'autre sur le littoral de l'Océan-Atlantique, Buenos-Ayres. que je vais décrire après avoir fait part au lecteur de mes principales observations sur le grand cours d'eau qu'elle domine ; car le lecteur ne me pardonnerait pas de me taire sur le Rio de la Plata, après lui avoir parlé de l'Orénoque et de l’Amazone,

Dre VAYACE.EN AMERIQUE.

marosblen et dr Hoggar ag à Lgme de tous les côtés, excepté celui de la terre. Créer #t coli metres euron 15,000 habitants. Sa population, avant ts cha Er F7 Fkes. Montevideo fait un grand commerce, dent le prinie “pes ht wosqo té enos-Ayres, qui en est distant de quarante lieues RPC | quant jarrisai, les magasins de tous les négociants de la ville 1 Shpmeré encoinbrés, par suité de ps ose des nds avec cette

2248 0 depuis le commencement de la guerre.

[à mbitante de Muntevides doivent à leurs fréquentes submanisations avoe 2 sauers des habitudes pleines d'aisance at de politesse. Leurs femmes, spirida Evtves, ent quelquefois un air de fierté quéles a fait accuser, par quelques ai, d'at affectation dans les manières qu'elles se font bientôt pardonner

2 tee réclie avec Inquélle ciles accueillent les étrangers. et de Montevideo est humide. Le temps dans les mois d'hiver est parfois en, nt fe froid généralement vif. En été, la sérénité de l'air est fréqrem- + sééhlée par des fonnerres épouvantables, précédés de terribles éclairs, qui Fe onto re qiries aus navires, et que suivent des jdnies quelquefois assez fortes pour étape ee pe ons. Le chaleur y est (rès-incommode, et les mous jues. dont les apparenté; nos HR Mis, on en la fatigue.

sriout pour les persoancs no acchimatérs, .

Les euiress dé Montevideo sont agréablement variés de pelites collines et di Lngtee Ange pe amet de oies noble ruisseaux ; mais ff est rare que ià cmliure vicone thai de saysait nee de uit tre d'enclos que ceux des jardins des principebs af it peugien ie guet ous voit de bois.

Là s'arrête ce que Lot # dire de Montownien. Je pris congé de Ja république criontale de F'Üruguay, en faisant dés voux pour sa future prospérité ; je partis ! nrembarqueieur le paquebot, afin de m3 rendre à Bueno$“Ayres où grâce à . otidencr d'a pote habile, F'orrivai sain et sauf après avoir franchi ies bancs

breux et és bonvits de touts cspñce qui obsteuent en grande partis F'éstuaire

so de te Plata:

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L'Amérique da Sud esprgnole à deux centres, deux Lovers, dot la civilisation st appelée à se répandre un jour sur toute sa surface , l'un sur lé rivage du rendOcéaur, Lima, que je décrirai dans mes courses au sein de l'antique empire des Ines autre sur Le littoral de l'Océan-Atlantique, Inenos-Aÿres. que je vais “ve après avèit fait part au lecteur de mes principulés observations sui le

L d-cours d'emé qu'elle domine ; car le lecteur ne re pardonnerait pas de me + de io de {à Plata, après lui avoir parlé de POrénoque et de PAimazont.

qui l'égalent peut-être sous quelques rapports, mais qui ne le surpassent sous aucun.

J'étais arrivé sans accident à Buenos-Ayres ; mais ce n'avait pas été sans éprouver plus d’une fois des craintes. J'avais, dans une première navigation, parcouru de Montevideo à Maldonado, et je venais tout récemment de traverser, dans un autre sens, l'immense estuaire de la Plata, formé des eaux du Parana et du Paraguay réunis, en y joignant celles de leurs innombrables affluents, depuis leur source jusqu'à leur embouchure, estuaire dont l'étendue n’a point de pareille dans :e monde, puisqu'à son ouverture il a plus de cinquante licues de largeur. Les rives des deux côtés en sont très-basses, surtout vers le S. ; et celles du côté du N. quoique, de temps à autre, plus hardies et bordées de rochers, ne sont jamais faciles à distinguer d'un peu loin. La passe de l'ile de Los Lobos, que j'avais vue un peu au S. O. de Maldonado, celle de l’île de Flores, à l'O. de Montevideo; les rocs dont elle est semée dans toute son étendue, ses bas-fonds et ses bancs de sable enfin, entre lesquels on distingue surtout le banc des Anglais, le banc de Ortiz, le banc Zndio, presque en face de Montevideo sur la côte de Buenos-Ayres, ne sont pas les seuls obstacles qu'y éprouvent les navigateurs. Peut-être ont-ils plus à redouter encore, dans ces parages, les vents de S.-0. si impétucux, appelés panperos, qui, balayant par intervalles les vastes plaines des Pampas, d'où ils tirent leur nom, se précipitent sur la Plata avec une violence que ne vient arrêter le voisinage d'aucune terre. Les marins en redoutent la fureur, qui se calme rarement avant d'avoir fait beaucoup de mal aux vaisseaux, et se fait queiquefois sentir au loin sur l'Océan, En conséquence de ces divers dangers, les vaisseaux qui remontent la rivière sont dans l'habitude de jeter l'ancre dans tous les endroits où ils arrivent, et, quelque temps qu'il fasse, ils doivent. n’avancer qu'avec les plus grandes précautions.

C'est sur la côte méridionale du Rio de la Plata, à plus de soixante-six lieues de son embouchure, que Buenos-Ayres est bâtie, sur une côte élevée au-dessus de la rivière de quinze à vingt pieds, niveau général du pays derrière elle. Sur le bord du fleuve, au midi de la ville, cette côte s’abaisse rapidement, laissant entre elle et l’eau un marais dont la largeur varie beaucoup. Le port de Buenos- Ayres, situé en face de la ville même, est divisé en deux parties, l'une appelée les Balises ( Balisas), et l'autre l'Amarado. Aux Balises (port intérieur), l’ancrage est mauvais, il arrive souvent aux navires d'y faire quille, et l'on n’y peut décharger les petites embarcations. C'est toujours, au reste, près de la côte où se trouve un môle sur lequel la douan : a établi un poste, que débarquent les voyageurs ; mais l'eau est souvent si basse, que les canots peuvent rarement approcher de la terre ; et il y a toujours là un grand nombre de charrettes chargées de voiturer les arrivants à la rive. Quelquefois ces charrettes doivent s'avancer assez loin ; car, lorsque les vents soufflent du N. ou du N.-0., l’eau est refoulée de son lit, au point que, souvent, on à pu faire à cheval jusqu’à trois lieues et plus, à partir de la côte, Un vent d’E., s'il est violent, produit un effet tout contraire,

en élevant les eaux à Buenos-Ayres; de sorte que, dans les gros temps, l'eau monte jusqu'au pied des maisons bâties sur la promenade.

*Je ne fus pas moins surpris que beaucoup d'autres ont pu l'être avant moi du singulier mode de débarquement usité dans le pays, en voyant arriver à une distance assez considérable de la rive, auprès du canot qui nous avait amenés, les légères charrettes qui venaient nous prendre, avec leurs grandes roues et leurs deux chevaux, dont l'un était monté par un gaucho à l'air farouche. Le peu de solidité de ces charrettes, construites en roseaux ct ouvertes par derrière, vous laissent exposé à être mouillé, avant d'arriver au rivage. Ainsi trainé lentement à travers les eaux sur la côte, l’arrivant ressemble bien plus à un criminel qui va sortir de ce monde qu'à un voyageur qui entre dans une grande capitale. Moins difficile ou de meilleure humeur, la cérémonie ne me parut pas avoir un caractère aussi lugubre, et je pris tout simplement possession du pays, en me faisant indiquer, tout de suite, dans la cale de La Vitoria, la maison d'un riche négociant pour qui j'avais des lettres d'un de ses correspondants de Corrientes.

Dire en détail comment je fus reçu de D. José Garcia, serait chose assez indifférente pour le lecteur. Ce digne porteño (surnom par lequel, dans le pays, on distingue particulièrement les habitants de Buëénos-Ayres) me présenta sur-le-champ à sa femme et à sa famille, composée d'un fils d'environ vingt-cinq ans, officier dans le régiment des colorados ou des rouges, et de deux charmantes filles, dout l'ainée avait dix-huit ans et l’autre seize. On n''interrogea sur ce que je voulais voir; on s'intéressa beaucoup à mes recherches, et on se promit bien de m'y aider dans le pays. Dès le lendemain, le jeune officier s'était emparé de moi, et j'avais, avec lui, commencé mes promenades dans la ville, que j'ai explorée le plus souvent en sa compagnie.

Buenos-Ayres, avant l'époque où elle est devenue la résidence d'un vice-roi, passait pour la quatrième ville de l'Amérique du Sud ; mais, depuis cette époque, elle le cède à peine à la ville même de Lima. Elle est régulièrement bâtie, et présente la forme d'un carré de trois quarts de lieue de long et d'une demi-lieue de large, divisé en un certain nombre de cuadras (carrés ou pâtés de maisons) séparés les uns des autres par de larges calles (rues). Ces rues sont droites et larges. Les deux principales sont celle de la Victoire, qui a reçu ce nom depuis la révolution, et celle de la Sainte-Trinité, La première des deux, qui traverse presque toute fa ville, est habitée par la plus haute classe. Les maisons y sont bien bâties et construites en briques, blanchies avec soin, avec des cours spacieuses (patios), quelquefois pavées en marbre blanc et noir, et sur lesquelles on étend des voiles, pour les préserver des feux d'un soleil trop ardent. Les fenêtres sont défendues par un grillage de fer, qui leur donne un peu l'air de 5risons. La plupart ont des balcons fermés par des jalousies, et sur lesquels on cultive des fleurs dont les par- {ums charment l'odorat, et dont l'éclat réjouit la vue, comme les œillets transplantés d'Europe, mais qui dans les nombreux jardins qui l'entourent, prennent à

Buenos-Ayres un acroissement miraculeux. Chaque jardin est arrosé par l'eau qu'on y apporte de la Plata, et dont on recueille une certaine quantité dans un réservoir dont chaque grand jardin est pourvu. Il faut ajouter, pour être vrai, que je décris ici le beau quartier de Buenos-Ayres; car le reste de la ville et les faubourgs, habités surtout par les métis et par les nègres, ont l'air très-sales et trèsmisérables.

La population totale de Buenos-Ayres est actuellement estimée à 60,000 âmes, sur lesquelles on peut porter à 3,000 le nombre des Espagnols de pur sang. 1 faut observer que je ne parle ici que des indigènes, car s'il fallait tenir compte des étrangers, évalués à environ 30,000, on obtiendrait un total d'au moins 99,000 habitants.

La salubrité du climat de Buenos-Ayres, si bicn indiquée par le nom même de la ville, est passée en proverbe, Située entre le 34° et35° deg, de lat. S., Buenos- Ayres jouit d'une température qui ressemble beaucoup à celle des contrées méridionales de l'Europe. Dans un hiver ordinaire, l'eau gèle légèrement durant trois ou quatre jours; et si le phénomène se manifeste un peu plus longtemps, l'hiver passe pour dur. Dans toutes les saisons, mais particulièrement en été, il y a de fréquentes averses, accompagnées d'orages. Les éclats du tonnerre se succèdent presque sans interruption , et le ciel paraît en feu. On conserve la mémoire d'un de ces orages, qui éclata le 20 janvier 1793, et pendant lequel la foudre tomba trente-sept fois sur Buenos-Ayres, et tua dix-neuf personnes.

H y à dans les rues plus de vie et de mouvement que dans aucune autre ville de l'Amérique méridionale, De nombreuses charrettes grossièrement construites, guidées par des demi-sauvages presque aussi brutaux que les animaux qu'ils conduis nt; des commissionnaires nègres, mulâtres, indiens, chargés de ballots et de caisses ; des dames en élégantes voitures anglaises où françaises, traînées par des chevaux du pays, petits, mais vigoureux; d'autres cheminant à pied pour faire leurs emplettes ou rendre des visites; des prêtres et des moines, des marchands et des militaires, tous paraissant fort affairés; sans parler de l'éternel tintement des cloches (les églises sont toujours ouvertes à Buénos-Ayres), si insupportable pour des oreilles encore peu faites à cette harmonie ; tout ce mouvement, tout ce bruit donne à la ville une physionomie particulière, et un certain air de grande cité qui ne laissait pas d’avoir son prix pour un Parisien tout récemment sorti des lagunes du Paraguay et de Corrientes. :

Mon guide me conduisit d'abord à la douane, où j'avais à reconnaitre et à réclamer mes effets, qui, suivant l'usage, y avaient été déposés pendant que j'entrais moi-même en ville du côté opposé. Ce bâtiment, qui ne se recommande guère que par sa situation au bord de la rivière, est, sous ce rapport, parfaitement approprié è son usage. De là, je devais aller me mettre en règle avec la police, dont les bureaux sont sur la grande place; mais, en nous y rendant, mon ami Lorenzo, ils de mon hôte, voulut me mener voir le fort (cl fuerte), situé sur le bord de l'eau, En qualité de militaire, il était là dans son élément; mais comme d'ail-

leurs il ne manquait pas d'instruction, je recueillis de sa bouche, dans nos courses diverses, une foule de particularités précieuses sur l'objet actuei de ma curiosité,

« Voici, me dit-il, notre forteresse. Elle présente la forme d'un carré parfait garni d'ouvrages à chacun de ses quatre angles, entouré d'un fossé sans eau sur trois de ses faces. Le fort est bien armé et commande l’ancrage des balises ; mais avec un peu d'adresse, en supposant qu'il y eüt assez d'eau, une flotte ennemie pourrait faire beaucoup de mal à la ville, sans être fort incommodée par le feu de la forteresse, Il est vrai qu'une attaque est peu à craindre du côté de la rivière, défendue par les obstacles naturels que les bancs de sable et les bas-fonds de la Plata opposeront toujours à une surprise par mer, La garnison ordinaire en est très-faible; et, au besoin, trois mille hommes de milice des proinces sont toujours prêts à se joindre aux troupes réglées. I sert de résidence au président de la république, et les bureaux du gouvernement sont dans son enceinte, Mais dirigeons-nous vers le $., et rendons-nous sur la Plaza (la grande place), qu'ornent deux de nos principaux monuments. »

La grande place, de la forme d'un carré parfait, est en face du port. « Quel est, lui dis-je, ce long bâtiment de construction moresque, occupant tout le côté oriental de la place, avec ses arcades surmontées d'une galerie ornée de vases gigantesques et sur le milieu desquelles s'ouvre une espèce d'arc de triomphe ? — C'est la Recoba, notre Palais-Royal, garnie de boutiques de chaque côté. En face est le Cabildo, maison de ville sous les Espagnols, et maintenant prison et siége du pourvoir judiciaire, I est orné de portiques, aussi construit dans le goût moresque, et vous y remarquez, indépendamment de son double rang d’arcades et de la tour carrée qui le domine, un balcon en fer du haut duquel les officiers municipaux haranguaient autrefois les citoyens dans les otcasions solennellés ; enfin vous voyez, au milieu d'assez belles maisons particulières, une partie de notre église cathédrale, — Et quel est cet obélisque quadrangulaire qui s'élève au milieu de la place, entouré d'une grille que soutiennent douze pilastres surmontés chacun d'une boule? — Ce monument, qui peut avoir trente pieds de haut, dit Lorenzo, n'est certes pas très-remarquable sous le rapport de l'art; mais vous allez reconnaitre à quel titre il est précieux à tous les amis de la liberté, » Nous approchâmes, et j'y lus une inscription commémorative de la grande journée du 9 juillet 1816, dans laquelle les représentants des provinces unics du Rio de la Plata proclamèrent leur indépendance, Un chœur de jeunes garçons vient chaque année, le jour anniversaire de cet événement, chanter au pied de cet obélisque l'hymne patriotique du pays composé par D. Vicente Lopez, Cette fôte se célèbre aussi par des jeux, des illuminations, des danses, des fanfares, au milieu de la foule empressée des nationaux et des étrangers accourus de tous les points pour y prendre part.

Je passais très-bien mon temps chez mon hôte, Je me promenais toute la journée, tantôt seul, tantôt avec son fils Lorenzo, et chaque soir nous retrouvait en famille auprès des dames, dans le salon où se réunissait beaucoup de monde,

car D, José Garcias était fort répandu, Dès le soir de ma première excursion, j'avais trouvé, en rentrant, toutes les dames assises sur le balcon. La tertulia, à laquelle j'étais invitée, était très-nombreuse et des plus brillantes, Un essains de femmes toutes plus jeunes et plus jolies les unes que les autres, et luttant de fraicheur et d'élégance, se pressaient dans un salon orné de glaces, de fraiches tentures, de riches tapis, de meubles brillants, et où figurait un magnifique piano, meuble aujourd'hui devenu indispensable dans une maison un peu bien montée.

Les deux filles de mon patron n'étaient pas des moins remarquables parmi tant de beautés rivales; mais plus de mantilles, plus de basquines andalouses. Les costumes sont surtout français pour l'un comme pour l'autre sexe. Un ornement tout spécial distinguera néanmoins toujours une Porteña de toutes les femmes du reste du monde; un ornement auquel elle tient autant et presque plus qu'à la vie. Cet ornement, c’est un peigne immense, dessinant, sur sa tête, un grand éventail convexe, plus ou moins riche suivant son rang ct sa fortune, mais qui la suit invariablement partout. Les dames de Buenos-Ayres paraissent aimer beaucoup, dans leurs ajustements, l'éclat et la variété des couleurs : la plupart sont bien, et beaucoup d'entre elles sont des beautés exquises. Leur teint est ordinairement de la plus éclatante blancheur, contrastant avec l'ébène de leur belle chevelure. Leur nez est aquilin. Leur sourire plein de douceur, leurs grands yeux noirs, qui rendent si justement célèbres les dames espagnoles, ont une expression qu'on ne retrouve pas souvent dans les climats septentrionaux. Elles se distinguent, enfin, par la grâce et la majesté de leur port, dansant et marchant toujours bien, sans y mettre jamais la plus légère teinte d'affectation.

La société, en général, est agréable à Buenos-Ayres. Quand on a été convenablement présenté dans une maison, on peut y venir à toute heure; mais les heures du soir ou celles de la tertulia sont celles de la bonne compagnie. À toute heure, ai-je dit; et ceci me rappelle qu'en décrivant le mouvement général de la

le, je devais tenir compte d'une observation qui n'aura échappé sans doute à « ‘in voyageur un peu attentif ; c'est qu'à Buenos-Ayres, comme dans beaucoup d'autres villes ; 2s pays chauds, et même du midi de l'Europe, il y a trois époques de la journée où la cité prend une physionomie toute différente ; très-vivante depuis le lever du soleil, où les marchés, les rues, les places, les boutiques, les quais, sont couverts ou remplis jusqu'à deux heures; presque morte de deux heures à cinq, pendant la siesta, durant laquelle les affaires sont suspendues, les places désertes, les portes fermées ; et, de cinq heures à la nuit, plus ou moins td, suivant les saisons, sortant de sa léthargie pour reprendre son activité de la matinée, mais avec un autre caractère, car ce n'est plus autant l'activité commerciale, c'est celle des visites, des emplettes, des plaisirs. C’est l'heure de la promenade sur l’A/ameda, où allée de peupliers ; VAlameda, qui sert aussi de débarcadère, et que continue le Bajo. Le Bajo est le lieu le plus agréable de la ville, par la fraicheur et la pureté de l'air qu'on y respire, et par la variété des

objets qui S'y présentent sur la rade, où la vue s'étend au loin; rendez-vous presque obligé de tous les promeneurs nationaux ou étrangers, qui s'y pressent à pied, en voiture où à cheval, luttant, hommes ct femmes, d'adresse, de grâces, de coquetterie, C’est vraiment un spectacle des plus originaux ; et je ne sache guère que les beaux jours du Corso de Rome et de Naples, de //yde-Park à Londres ou des Champs-Elysées de Paris, pour offrir plus de variété, plus de mou vement et plus de charme.

Un point d'où Buenos-Ayres se présente avec avantage, est celui qu’on appelle la Plusa de Toros, qui permet d'en embrasser toute la largeur depuis la rivière jusqu'à son extrémité la plus reculée vers le nord. I est facile de juger de là du caractère général des bâtiments de la ville, contrastant entre eux par là couleur blanche où rougeatre qui les distingue, suivant qu'ils sont en pierres blanchics ou en briques laissées à leur teinte naturelle, qui, se mêlant au petit nombre d'arbres plantés de distance en distance dans l'intérieur ou au pourtour de la ville, sont d'un effet très-original, Cette place est située à l'extrémité septentrionale de a ville, et se développe sous la forme d’une large arène, où les troupes font la parade et ont une caserne, I s'y élevait autrefois un amphithéâtre où l'on donnait en 66, tous les samedis et les jours de fête, des combats de taureaux, comme ceux d'Espagne, et le gouvernement irait un profit considérable de l'exploitation de ces jeux barbares. Le général Rondeau à honoré son directorat, en ordonnant la démolition de lamphitéätre. Ces jeux ne sont pas pourtant tout à fait abolis, tant est puissante la force des habitudes nationales ! mais ils n'ont plus lieu que dans des amphithéâtres provisoires construits en planches et toujours à Parracas, Village des environs, Les combats de coqs font aussi fureur à Buenos-Ayres, comme dans le reste de l'Amérique, A la porte de tous les individus appartenant aux classes les plus pauvres, on voit toujours un coq de combat attaché par la patte.

C'est par la Plaza de Toros qu'en 1807 une partie des troupes de l'expédition anglaise pénétra dans la ville, après en avoir forcé l'entrée du côté de la campagne ; mais, en y arrivant, le général Whitelock trouva l'amphithéâtre et toutes les maisons environnantes changées en autant de forteresses, dont il ne put faire taire le feu qu'à la nuit, après avoir établi, dans lamphithéâtre même, son quartier général, où fut signée, avec Liniers, la honteuse convention qui enleva la ville aux Anglais,

Un des édifices les plus remarquables de Buenos-Ayres est la cathédrale, qui se trouve au nord de la place de la Victoire ; mais la guerre avec le Brésil a contraint d'interrompre les travaux de la façade, qui formera un portique à colonnes du plus bel effet, Le monument à été commencé, par ordre de Rivadavia, sous la direction d'un architecte français. L'intérieur en est simple ; on y voit un autel d'une construction élégante, “marquable par ses ornements, et qui, placé au milieu de la nef, est éclaire par les jours ménagés dans une belle coupole; la concavité de ce dôme cest divisée en compartiments ornés de fresques qui repré

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C'est par ln Playa de Térus qu'en 1897 une partie des troupes de l'expédition cigrise péndira daus la lle, aprés en avoir forcé l'entrén ds eëté de ln camagées mie, et y épivant, le général Whitelock trouve lanpiithéâtre ef toutes les maisons promis changées où autant de lorteresses, dent il ne put faire taire Je feu qa à là Fait. près evo établi, dass lamphithéâtre même, son quartier général, où pet signés, avec Liniers, la honteuse convention Le euleya la ville aux Anglais,

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