‹ Voyage dans les deux Amériques [microforme]Chapitre 48 sur 112 · LE VOLCAN D'ANTUCO · texte numérisé non relu

LE VOLCAN D'ANTUCO

L'ascension du volcan nous coûta trois heures de la marche la plus pénible ; car, lorsque après avoir fait cinquante pas, on s'arrêtait pour reprendre haleine, on se sentait souvent entraîné, par la rapidité de la pente, à quinze pieds en arrière, Nous atteignimes enfin la dernière pointe, et nous arrivämes à un endroit du cratère où personne avant nous n'était encore parvenu, Le sommet du volcan consiste en une petite plaine ciculaire au milieu de laquelle s'élève, comme une muraille de cinquante pieds, une éminence revètue de laves. Après le pic du Tévériffe et le Cotopaxi, le volcan d'Antuco est, sans contredit, le plus raide des pics connus,

La descente fut longue et dangereuse ; cependant nous nous retrouvämes sans accidents au milieu de la vallée, d'où je repris la route qui conduit à Talcahuano, l’une des villes frontières du Chili proprement dit; mais, cette fois, j'étais seul avec le muletier et le peon indispensables; car mes valeureux guides à Antuco étaient retournés à Chillan. Je repassai le Ruscuë, le Laxa, après quoi j'eus à traverser une longue et ennuyeuse travesia, semée de matières volcaniques, et qu'on suppose, avec quelque raison, avoir jadis été un lac, Elle me conduisit à Ymbel, capitale de la province de Rere, très-pelite ville, ou plutôt village entouré d'une muraille carrée, flanquée d'un bastion sur chaque face, et qui a soutenu, avec avantage, plus d'un siége contre les Indiens. J'eus ensuite à passer le long du Biobio, le roi des fleuves du Chili, que j'admirais pour la première fois, un chemin très-diMicile, à gauche duquel s'élèvent des montagnes boisées et fertiles et qu'on appelle les défilés (angostias) de Gualqui ; chemin si étroit, si raboteux, si glissant, que, dans la saison des pluies, on courrait mille fois le risque d'y perdre sa monture. Mais qu'était-ce pour moi qui venais de franchir les Andes ? C'est le dernier point remarquable jusqu’à Talcahuano, où j'arrivai après trois où quatre jours de marche depuis mon départ du volcan, |

De toutes parts entourée de montagnes, Talcahuano est une ville par ellemême peu remarquable, si petite et si capricieusement bâtie, qu'à peine, en Europe, on lui donnerait le nom de bourgade. En 1825, elle n'avait pas plus de 15 à 1,600 habitants; mais sa position géographique et la sûreté de son port lui promettent un rang distingué dans l'avenir, sinon comme ville marchande, du moins comme entrepôt de Conception. Elle est située sur une presqu'île qui tient à Conception par une langue de terre que les crues du Biobio couvrent quelquefois de manière à en faire momentanément une île. Remplie de sources et fort boisée en quelques endroits, elle borde à l'orient la baie de ce nom.

A trois lieues S.-E. de Talcahuano se trouve la ville de Conception, où l'on se icud par une plaine infertile et de l'aspect le plus triste. Conception est la seconde ville du Chili, la rivale de Santiago , la capitale de la troisième juridictiou chilienne, et, en particulier, de la province de Puchacal ou Penco, riche en inines d'or; mais, quand je l'ai vue, elle conservait encore les traces de la désolation qu'y a laissée le passage des hordes de brigands et des divers partis qui s’y sont disputé la victoire. Bien des années s'écouleront avant qu'elle reprenne son

premier éclat. On y arrive sans que rien annonce l'approche d'une grande ville, et l'on y parvient entre une longue rangée de maisons détruites dont les ruines ont un très-beau caractère d'architecture. !! n’est pas de coup d'œil plus désolant que celui de tant d'édifices imposants , dont les portes et les fenêtres laissent entrevoir encore les ornements dorés et les fresques noircies par la fumée,

Autrefois Conception était aussi populeuse que Santiago. Les premières familles du Chili formaient une partie de la population de cette ville, portée à plus de 20,000 âmes, et les Espagnols en préféraient la température à celle de beaucoup de provinces de leur propre patrie. Un gouverneur, une cour épiscopale, quantité de hauts dignitaires espagnols, qu'y attirait le besoin de se délasser de leurs travaux, y formaient une société brillante. La richesse, l'hospitalité des habitants, la beauté de leurs femmes, faisaient l'admiration de toute l'Amérique du Sud, Conception, maintenant, n'a presque plus rien de remarquable. Un couvent de femimes pour trente pensionnaires a seul bravé la tempête. Le palais archiépiscopal tombe er. ruines, le palais du gouverneur à éprouvé le même sort et n'a jamois été terminé ; il ne reste de la cathédrale qu'une petite portion des combles, |

Le spectacle de fant de grandeurs passées m'afligeait. Je me hâtai de n'y soustraire en passant le Biobio, où je fus, pendant la traversée, témoin et presque acteur d’une chasse en bulsa, sorte d'embarcation fort singulière en usaze dans tout le pays. C'est un canot d'une apparence assez fragile, mais sur lequel les habiles marins de cette contrée naviguent avec confiance dans tous les fleur es et vont même fort souvent très-loin en mer. Il se compose de deux peaux de lion de mer cousucs et rapprochées de manière à leur donner la forme de l'animal vivant, elles ont huit à neuf pieds de long, et sont cylindriques et gonfées d'air : le tout est maintenu par de légères traverses de bois et un mince clayonnage, Le pilote s'assied à l'une des extrémités, maniant par le milieu deux longues rames engagées de chaque côté dans une petite échancrure, Quelques coups vous éloiguent de la côte, et le passager descendu pour la première fois dans une balsa ne se voit pas sans inquiétude isolé au milieu des vagues sur cette espèce de bailon nautique, où il n’a d'autre point d'appui que les minces parois sur lesquelles les peaux sont fixées.

Le passage effectué, j'étais sur le territoire où la république chilienne n'a plus d'autorité hors de la portée du canon des forts dont les Espagnols ont couvert les rives du Biobio depuis son embouchure jusqu'à sa source, Je gagnai Arauco, petite ville fortifiée qui semble avoir donné son nom à la portion du pays qu’on appelle Araucanie, et où les Indiens du S, viennent faire des échanges. J'allai au petit village indien de Tubal, situé au S.-0. d'Arauco; j'y fis connaissance avec le fogui ou «w/men (chef) du lieu, homme doux et hospitalier en temps de paix, mais terrible; me dit-on, dans la guerre, et fier d'appartenir à cette race belliqueuse qui, seule de tous les Indiens de PAmtrique, est restée maîtresse chez elle, Je dus à l'influence de mon hôte, comme chef des guides, une escorte et toutes les faci-

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Ftés possibles pour me rendre à Valdivia. Je voulais m'embarquer dans ce port pour Yalparaiso, avant de mettre à la voile, j'ai recueilli et mis en ordre toutes les notions que j'ai pu rassembler, soit par moi-même, soit par des informations prises ou des autorités consultées sur la géographie de cette partie du Chili, ainsi que sur les mœurs et usazes de ses habitants, C'est le résultat de ces curieux renseignements que je consigne ici. Si l'on trouve dans cette esquisse sur les Indiens du Chili méridional quelques traits qui rappellent, plus ou moins, les Indiens Patagons et les fndiens Pampas, on ne devra pas s'en étonner ; car l'analogie la plus sensible règne, entre ces peuplades diverses, qui sont toutes des branches plus ou moins considérables de l'immense tronc des peaux rouges de l'Amérique du Sud.

Les Indiens dont je m'occupe dans ce moment appartiennent à la troisième srande division, celle des 4raucanos, distingués, suivant les régions qu'ils occupent, en Pampas; en Pehuenches, dont je vais surtout parler; en Guinchis où Couches où en Huilliches ; ces deux dernières nations habitant la contrée qui Sétend au midi de Valdivia, jusqu'aux îles Chiloé, C'est, dit-on, surtout dans sa partie occidentale, un pays magnifique, doté d'un climat délicieux et dont le sol est très-uni, particulièrement vers le.

L'Araucanie, si mes recherches ne me G'ompent pas, s'étend du N. au S., de la rivière Biobio à la plaine ou {lanos de Valdivia, et, de l'E, à l'O., des Andes à l'Océan Pacifique. Les Araucanos sont plus avancés que les Indiens des Pampas, quai n’ont point de résidence fixe et ne vivent que de chasse et de pillage, tandis que ceux du Chili ont des demeures, se livrent à l'agriculture, et vivent de four travail.

Les chefs sont vêtus à peu près comme tous les autres Chiliens : chemise de laine, culotte, ceinture, poncho, ojotes où sandales de peau; mêmes éperons, méme selle, mêmes larges étriers de bois. Les autres Indiens ne portent guère qu'une espèce de jupon assujetti aux reins par une ceinture et un poncho sur les épaules. Il serait absurde de leur attribuer, comme l'ont fait certains voyageurs, des progrès quelconques dans les sciences intellectuelles; ils n'ont ni langage écrit ni hiéroglyphes qui en tiennent lieu ; quoique passionnés pour les liqueurs fortes , ils paraissent, en général, doux et exempts de plusieurs des vices des autres nations sauvages. Ils admettent la polygamie. Les femmes se font avorter au moyen d’une plante médicinale qu'elles cachent avec soin ; leur sort est d'ailleurs celui de toutes les femmes sauvages : elles sont vouées aux travaux les plus pénibles et à la servitude conjugale. Les Araucanos ne paraissent point étrangers à l'exploitation des mines d'or et d'argent; ils fondent ces métaux dans des creusets grossiers, exposés à un courant d'air, Leurs connaissances en médecine ont été exagérées: elles se bornent à l'application de quelques plantes, et dans le traitement des maladies interviennent aussi les maehis (sorciers) avec leur tambour magique et leurs hideuses contorsions, Leurs mariages offrent quelque analogie avec ecux des anciens Spartiates , dans l'usage d'enlever furtivement la

fiancée. Leurs funérailles sont semblables à celles des Pampas et des Patagons ; elles rappellent les mœurs homériques par l'enterrement du guerrier avec ses armes , par le sacrifice d'un cheval sur sa tombe, et par le dépôt qu’on y fait de comestibles pour nourrir le mort pendant le voyage. Mais le trait dominant du caractère des Araucanos est leur orgueil militaire, qui ne leur a jamais permis de demander la paix; ils sont vindicatifs comme tous les Indiens, mais susceptibles de patriotisme, d'attachement et d'hospitalité,

I s'agit maintenant des Pehuenches, autres habitants du pays qui ont beaucoup de rapport avec les Araucanos proprement dits, et que j'en rapproche sans les confondre, {ls ressemblent surtout aux Pampas, si ce n’est pas absolument le moine peuple; crrants comme eux, ils sont comme eux tantôt ennemis, tantôt alliés des colons, suivant leur caprice ou leur intérêt. J'en avais déjà vu quelques-uns aux environs d'Antuco; ils s'étaient établis là, après avoir été chassés de leur patrie, et ils parlaient la langue araucanienne, sans presque entendre un mot d'espagnol,

Le nom des Pehuenches (hoswmes des pins) est formé du mot che, homme , et du mot pelhuen, grand arbre, pin. Cet arbre est commun dans toute l'Araucanie. Les Pehuenches sont essentiellement nomades. Ils errent çà et là dans les Andes, se présentant tantôt en pasteurs occupés seulement de leurs troupeaux, antôt en brigands avides de butin qui descendent dans les plaines et y portent le meurtre et le ravage. Ts ne s'arrêtent el ne construisent quelques cabanes que lorsque Es mois de juillet et d'août, couvrant les hauteurs d'une neige épaisse et gonflant Ies (orrents, les forcent à suspendre leurs courses habituelles. La forme de leurs demeures, leur genre de vie, la nature de leurs entreprises, leurs armes, les font beaucoup ressembler aux peuplades qui parcourent les steppes du nord de l'Asie, Leurs camps (/o/derias) sont placés dans les plaines ou au bord des ruisseaux, Tout autour les troupeaux errent sans gardiens; devint chaque Lente {{o/do) se voient toujours un cheval seilé et la terrible lance fixée en terre comme chez les Tobas.

Au milieu de la hutte brille un bon feu, sur lequel se tronve toujours quelque mets que chaque membre de la famille vient prendre quand la faim le presse, Le signal du départ donné, les tentes sont roulées, et des bêtes de somme transportent ailleurs le village errant, Quelques peanx pour servir de couche, quelques sacs carrés, aussi de peau, le recado et ses sangles, la lance et le lasso avec ses boules (/aquen bolas des Chiliens), composent (out leur mobilier, La femme panse, selle, bride le cheval de son mari, décharge les animaux dans les halles, leur donne la nourriture, allume le feu, cuit les aliments, et, dans les marches, porte son enfant à la manicre des Caraïbes. Le moindre oubli de ses devoirs lui attire les traitements les plus barbares.

I existe chez cette nation un usage qui rappelle singulièrement la fraternité d'armes des anciens peuples germains et scandinaves et l'Acterie des anciens Grecs, C'est l'union que coatractent sous le nom de leu (couple), deux hommes

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qui croient se convenir, La mort seule peut dissoudre cette fraternité, Les deux amis couchent sous la même tente, combattent ensemble, et chacun des deux doit être prèt à se sacrifier pour l'autre.

Les Pchuenches sont souvent en guerre avec leurs voisins, à cause de leurs troupeaux, qui les obligent à chercher partout de vastes pâturages; leurs empictements continuels sur les territoires limitrophes leur attirent de fréquentes querelles, auxquelles toute la nation prend part. Dans le combat, chaque chef agit de son côté avec ses guerriers, sans garder aucun ordre de bataille et sans se concerter avec les autres chefs. Leur principal stratagème consiste à saisir un point faible de l'ennemi et à s'en approcher, pendant la nuit, avec toute l'adresse et la patience propres aux Indiens. A l'aube du jour, ils se précipitent sur le malheureux village en poussant d'affreux hurlements, de telle sorte que les habitants ont à peine le temps de fuir. Tout ce qui a quelque valeur devient leur proie. Les hommes faits et les adolescents sont immolés sans pitié ; les femmes, les enfants sont emmenés captifs, et le village est réduit en cendres; après quoi, ils disparaissent aussi rapidement qu'ils sont venus.

Les Indiens font rarement des prisonniers. Ts combattent tous jusqu'au dernier soupir plutôt que de se rendre. Un fait arrivé à Antuco, pendant mon séjour dans ce village, donnera une idée de leurs mœurs militaires. Un parti de Pehuenches était revenu du sud, après avoir fait prisonnier un chef de Moluches. Le lendemain, le prisonnier parut devant le fort, au milieu d’un double cercle de guerriers armés. On avait creusé à ses pieds trois fosses, et il tenait à la main un petit bâton. I se mit à célébrer ses exploits, nommant les ennemis qu'il avait vaincus, et rompant, à chaque nom, un morceau du bâton qu'il jetait dans une des fosses, en le foulant aux pieds; l'auditoire poussait des cris de fureur, tandis que les lances se rapprochaient de plus en plus de la poitrine du Moluche, jusqu'à ce qu'enfin le fier guerrier tomba sons les coups de ses vainqueurs en proclamant sa dernière et sa plus éclatante victoire.

On avait, à la même époque, arrèté, près d'Antuco, deux Pehuenches ennemis, qui furent bientôt reconnus pour espions, et comme tels condamnés à mort. Ils devaient être fusillés le lendemain. Certains du sort qui les attendait, ils saisirent un moment propice pour escalader la palissade et le fossé du fort, et s'enfuirent dans la direction du volcan, Arrêtés par le torrent, l'un d'eux tomba bientôt perec de balles ; l’autre, pour se soustraire à la poursuite la plus acharnée, avait fait un long détour, qui finit par le ramener vers la cascade près de laquelle le fort est bati, Entouré de tous côtés, il gravit la dernière pointe des rochers qui dominent l'abime où le torrent se précipite avec un bruit épouvantable, Là, le malheureux étendit les bras vers le volcan, dans les entrailles duquel réside le dieu Pillan, le plus puissant de tous, à qui sont donnés les éclairs et le tonnerre, et que tous les Indiens implorent à leur dernière heure, C’élait un spectacle saisissant que celui de cette haute figure brune, à la chevelure épaisse flottant en désordre, et dont les traits peignaient le désespoir, Le plus hardi des soldats s'approchait déjà

lentement de ce heu périlleux, etallait saisir le fugilif, quand celui-ci, Senveloppant la tête de son poncho, se précipita dans l'abime avec un cri percent dont le souvenir me remplit encore de terreur,

Les Espagro!s, indépendamment de Conception et des forts du Biobio, avaient fondé six villes sur divers points de l'intéricur de l'Araucanie : la ville impériale, Villarica, Auzol ou la Frontera, Cañete, Osorno, toutes successivement détruites par les Indiens, et Valdivia, qui seule à pu se maintenir au milieu de tant de ruines, mais qui n'est, avec son territoire, qu'un point isolé dans le pays.

En y arrivant, je fus extrèmement surpris de trouver si petite une ville qui

passe pour l'une des plus importantes du Chili, et qui, en ÿ comprenant un faubourg indien, n'a guère plus de huit cents habitants ; mais en voyant son port, qui est assurément le plus beau de tous les ports chiliens, sans mème en excepter Concepeion, je compris l'importance qu'on y attache, H est bien défendu, et, dans les différents forts où batteries qui le protègent de tous côtés, lord Cochrane, quand il prit la ville en 1810, trouva cent vingt pièces de canon de divers calibres. Valdivia est située à l'embouchure du Rio Callacalla, sur une pointe de terre élevée qui commande un pays magnifique; elle à été fondée en 1553 par D. Pedro Valdivia, dont elle porte le nom. Les Indiens l'enlevèrent aus Esjugnols en 1599, et la détruisirent en 1603; elle fut rebätie et repeuplée en 16%. Avant la révolution, elle servait de bagne ou presidio aux condamnés du Pérou et du Chili.

. J'étais depuis huit jours à Vaidivia, Je saisis la première occasion qui se préseuta pour me rendre à Valparaiso. Aucane circonstance digne d'être notée ne signala pour moi cette navigation, et j'arrivai promptement au troisième port de la république chilienne, que les habitants de Santiago appellent Puerto, le port par excellence, par opposition au nom de pueblo {le village), qu'ils donnent cuxmemes à leur ville,

Rien n'égale l'étonnement du voyageur au premier aspect de cette place si improprement nommée Falparaiso (vallée du paradis), avec son a/mendral terrain des amandiers, dont le nom ne représente plus guère qu'une tradition, car il n'y a presque plus d'amandicrs dans cette partie. Que peut-il dire, en effet, quand au lieu du riche tableau que ces noms charmants ont retracé à son imagination, il n'aperçoit qu'un petit nombre de maisons irrégulièrement bâties sur le bord d'un bassin profondément encaissé, formé par une ligne demi-circulaire de collines qui s'élèvent de douze cents picds au-dessus de son niveau? Mais cette première impression ne dure pas; et, à mesure qu'on approche, la vue se repose avec intérêt sur quelques points, entre lesquels on distingue le Monte-Alegre. couronné d'élégantes demeures de construction anglaise, La ville se divise en deux parties, le port et l'almendral, L'almendral est situé à l'E. du port, auquel il sert de faubourg. Quant au port, c'est la partie la plus importante de la ville, le centre de son commerce el de son activité. Les marchandises S'Y déchargent; on y voit les bureaux et les magasins des négociants et des autorités. FI

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