‹ Voyage dans les deux Amériques [microforme]Chapitre 69 sur 112 · CETTE ITEMS · texte numérisé non relu

CETTE ITEMS

Le Mexico moderne, comme on l'a vu, quoique situé en terre ferme, est construit tout entier sur l'emplacement de l'antique capitale des Aztèques, Son nom est d'origine indienne : il signifie, dans la langue aztèque, l'habitation du dieu de la guerre, Placée à une hauteur de 1,168 toises, dans la zone équatoriale, sa température reste à peu près toujours la même; il n'y tombe de la neige que tous les trente ou quarante ans. Si l'on consulte les recensements officiels, la population actuelle de la capitale paraît être, en y comprenant les troupes, de {70 à 180,000 âmes, qui peuvent se diviser moitié en blancs, moitié en hommes de couleur,

L'aspect général de Mexico est agréable et régulier, Quand on regarde du haut d'une de ces terrasses qui dominent les habitations, on remarque avec plaisir cette symétrie des rues larges et propres, cette ordonnance élégante des maisons bourgeoises que dominent de loin en loin les dômes des grandes églises ou les clochetons gracieux des petites paroisses ; ici la cathédrale, là San Juan de Dios, plus loin la Santa Vera Cruz, ailleurs le faite régulier des casernes de l'artillerie. Cette masse de constructions semble se relever encore par l'effet des montagnes neigeuses qui se dessinent dans le lointain, et par cette ceinture de montagnes vertes qui forment le plan secondaire.

Plus on voit Mexico, plus on s'y habitue et plus il plait. Les rues larges, be'es, unies, ont jusqu'à deux milles de longueur. Les maisons, d'une hauteur égale , et généralement à deux étages, sont ornées de balcons de fer travaillé, quelquelois de bronze peint ou doré. On entre au rez-de-chaussée par de doubles portes ornées en bronze, qui conduisent dans une cour plantée d'arbres et embaumée de fleurs. Les maitres se logent au premier étage, les serviteurs occupent le rez-dechaussée. Dans les pièces très-hautes et très-aérées, on a ménagé toutes les jouissances d'un climat chaud à côté de quelques précautions contre des froids subits. La façade des maisons, peinte à la détrempe, en blanc, en rouge ou en vert, à une apparence riante et aisée. Sur quelques-unes on lit des passages de l'Écriture ou de pieux centons: d'autres fois, le revètement est en carreaux de porcelaine qui forment des arabesques ou d’autres dessins du plus gracieux effet, quelquefois même des tableaux entiers empruntés à la Bible. C'est là un coup d'œil riche, merveilleux, fantastique, dont aucune ville d'Europe ne peut donner l'idée, Les parois de Mexico sont un musée qui luit au soleil, On dirait une de nos villes méridionales tapissée de tentures pour une fête solennelle. Fci seulement la décoration est permanente et indélébile, Les murs des escaliers intérieurs sont souvent couverts de la même matière, avec une profusion de dorure qui tranche sur le bleu et le blanc de la porcelaine.

Les toits, pavés de briques et couverts en grande partie d'arbres à fleurs, sont une suite de terrasses qui offrent le soir la plus ravissante promenade, La vue y plane sur les lacs de la vallée, sur ces chinampas, qui sont autant de vases de fleurs, et sur les chaînes vertes ou neigeuses de l'horizon.

* Parmi les lieux les plus remarquables de Mexico, il faut citer en première ligne

la grande place ou Plaza Mayor, l'une des plus belles qui soient au monde, Du côté de l'E, se trouve la cathédrale avec le Sagrario ou église paroissiale, Le magnifique palais du vice-roi forme le côté du nord; la façade du midi est occupée par d'imposantes maisons, au milieu desquelles on remarque la Casa del Estado, palais bâti par Cortez; enfin la façade de l'ouest consiste en une rangée de bâtiments avec des portiques où sont des magasins bien fournis, quelques administrations et des greniers d'abondance, Au milieu de la place s'élève une statue équestre de Charles IV, exécutée par un artiste espagnol à Mexico même, C'est un morceau d'un beau travail et qui fait honneur au statuaire, Avec le palais et ses décorations la place serait irréprochable, si l'on n'y voyait figurer un misérable édifice nommé le Panian, espèce de bazar que tiennent des détaillants espagnols.

Aujourd'hui on se ferait difficilement une idée de ce qu'était la ville de Mexico un ou deux siècles après sa fondation, quand les mines du Potosi défrayaient le luxe le plus orgueilleux et le plus prodigue que l'on püût voir. Tout était or et argent dans cette capitale. Les vêtements y étaient d'une richesse inouïe ; des milliers d'équipages encombraient les rues; on n'y voyait presque point de piétons. Rien de plus curieux à ce sujet que la relation d’un auteur anglo-américain, Gage, qui visita Mexico en 16%8. « La moitié de la ville, dit-il, a équipage. C’est un proverbe commun, qu'il y a quatre belles choses en ville : les femmes, les habits, les chevaux et les rues. Mais j'ajoutcrai à cela les voitures, qui surpassent celles de Madrid et des autres capitales de la chrétienté. On n'y épargne ni l'or, ui l'argent, ni les pierres précieuses, ni le brocart d'or, ni les superbes soies de la Chine. Les Indiens qui se sont faits chrétiens ont surpassé les Espagnols dans cette espèce de travail. Le vice-roi de Mexico commanda, en 1625, un papagayo (perroquet) en or, en argent et en diamants avec ses couleurs naturelles, et ce perroquet, exécuté avec un art admirable et une perfection extraordinaire , fut offert au roi d'Espagne. On estimait à cinq cent mille ducats sa valeur tant en matière qu'en travail. Dans le couvent des Dominicains la lampe suspendue au milieu de l’église a trois cents branches d'argent travaillées pour contenir des cierges , et cent petites lampes dans lesquelles on brüle de l'huile, chacune d'un travail différent, et si excellent qu'on évalue le tout à quatre cent mille ducats. Ces ouvrages merveilleux embellissent les rues où sont les orfévres.

« Les femmes ont deux grandes passions, celle du jeu et celle de la toilette, Pour avoir des joueurs dans leurs parties de primes (primeras), elles appellent quelquefois les étrangers qui passent. Dans leur toilette, les hommes et les femmes sont d'une recherche excessive ; ils y emploient la soie, les diamants et les perles. Une boucle de chapeau et un cordon en diamants ne sont point des objets rares parmi les gentilshommes, et les simples marchands en ont quelquefois en perles. Il n'est pas jusqu'à la négresse esclave, qui n’étale sa chaîne d’or, ses bracelets de perles et ses boucles d'oreilles en pierres de couleur. La tenue des mulätresses est fort attrayante. Elles portent une jupe de soie ou d'étoffe de laine, chargée

d'une grande quantité de galons d'or ou d'argent, et bordée d'un double rang de larges rubans d'une couleur vive, avec des aiguillettes d'or ou d'argent tombant sur le devant de la jupe jusqu'en bas, et de même par derrière. Leur corsage est juste à la taille, lacé en or ou en argent et sans manches ; et elles ont de plus une ceinture de grand prix, semée de perles et de nœuds d'or, Leurs manches, larges et ouvertes en bas, sont de toile fine de Hollande ou de Chine, brodées soie et or, soie et argent, ou seulement en soie de plusieurs couleurs. Ces manches tombent presque jusqu’à terre. Leurs cheveux sont retenus par une résille que fixe sur le front un beau ruban de soie, d'or ou d'argent, sur lequel se trouve brodée quelque devise d'amour. Le sein cuivré de ces femmes n'est couvert que par les bijoux de leurs colliers, Quand elles vont par les rues, elles portent un petit manteau blanc de linon ou de batiste bordée de dentelle ; quelquefois elles le placent sur leur tête, la largeur ne couvrant que le haut de la taille, et laissant paraitre leur ceinture et leurs aiguillettes de jupes, D'autres fois la mantille est placée sur le cou, l’un des bouts coquettement jeté par-dessus l'épaule gauche , afin que le bras droit puisse se développer et montrer la grande manche. Leurs souliers, très-hauts, ont plusieurs semelles, et quelques femmes les ont bordés er: dehors d'un galon d'argent, attaché par des clous à large tête, aussi d'argent. »

Ce tableau de 1648, dans lequel respire un parfum de volupté et de luxe, ne serait plus vrai de nos jours. Mexico a encore de grandes magnificences , mais les dernières révolutions ont déplacé et disséminé les fortunes de telle sorte qu'aujourd'hui le pays n'a plus rien de ces allures fastueuses. Les églises seules rappellent encore les merveilles des jours de la conquête.

On remarque aussi le couvent des Franciscains, immense établissement qui jouit d'une magnifique dotation d'aumônes. Le couvent des Dominicains et son église sont aussi des objets dignes de remarque. Depuis l'époque de l'indépendance , on a plus d'une fois employé ce monastère comme prison d'État. Devant l'église même était une pierre sur laquelle on fixait le poteau des victimes destinées à l’auto-da-fé des inquisiteurs. En face était le palais de l'Inquisition , bâtiment élégant qu’on a converti en école polytechnique.

Le palais du vice-roi offre des beautés d’un autre ordre, L'étendue, l'élégance, la symétrie des constructions, en font l’un des plus beaux monuments qui existent en ce genre, même en Europe. Il occupe tout le côté méridional de la grande place, et contient plusieurs administrations publiques, la prison, la monnaie , le jardin botanique, la bibliothèque, l'imprimerie du gouvernement, etc.

Enfin, dans l'hôpital de Jésus, dont la fondation remonte à Cortez, on voit une table d’acajou massif, curieuse non-seulement parce qu'elle est faite d’un seul bloc, mais parce qu'elle a appartenu au conquérant du Mexique. Là aussi reposent les cendres de Cortez, renfermées dans un coffre couvert de barres de fer.

Mexico n’a qu'une salle de spectacle, édifice vaste et bien bâti, dont la forme intérieure est celle d’un fer à cheval allongé qui se rétrécit beaucoup du côté de la scène. L'orchestre , les décorations, les costumes et les acteurs sont inférieurs à

tout ce que l'on peut voir de plus mauvais en Europe, Le théâtre, ouvert tous les soirs, n'attire guère l'élite de la société de Mexico; et, comme les spectateurs conservent la faculté de fumer, il en résulte bientôt un nuage qui empêche de distingucr ce qui se passe sur la scune.

L'A/ameda (promenade publique) est belle, spacieuse et bien ombragée. Elle consiste en trottoirs pavés, ornés de fontaines d'un goût médiocre et de statues plus médiocres encore. Quelques promeneurs à pied ct en voiture s’y montrent de loin en loin.

Outre l’Alameda , il y a une autie promenade e/ Parco plantée de deux allées d'arbres et longue de deux milles; elle se termine tout à coup auprès d'un pont et d'une grande porte sous laquelle passe le canal de Chalco. C’est vers cet endroit que se dirigent surtout les voitures et les cavalcades. Rien de plus gracieux que son aspect les dimanches et les jours de fêtes. Dans toutes les directions se croisent des canaux couverts d'une barge et remplis d'Indiens proprement vêtus et la tête couronnée de fleurs. A la proue de chaque canot est un musicien qui joue de la guitare, tandis que le reste de la troupe se livre au chant et à la danse.

{n'y a pas de spectacle plus étrange à Mexico, que les marchés de la ville avec leurs myriades d’Indiens accourus des environs. A peine le soleil est-il levé, qu'on voit glisser sur le canal de Chalto plusieurs centaines de canots, de toutes grandeurs et de toutes formes, chargés d'une variété infinie de denrées, qui s'y élèvent en pyramides. D'ordinaire, ce sont des femmes qui dirigent ces canots; elles les poussent avec de longues perches, tandis que le reste de la famille, vieillards ou enfants, se groupe sous une tente située au milieu de l'embarcation.

Le débarquement de ces cargaisons se fait un peu au sud du palais, près du srand marché. Des poissons de toutes sortes , des tortues, des grenouilles et des axalots (espèce de salamandre) foisonnent de toutes parts. On ne pourrait se figurer la beauté de ce qui s'étale en fait de fruits, bananes, citrons, grenadilles, ananas, dattes, melons, tomates, etc.

Il y a peu d'hôtels et peu d’auberges à Mexico. Le plus bel hôtel, celui de la Sociedad , a plusieurs salles de billard , une table d'hôte, un café, ete. Ses portes sont presque toujours obstruées de mendiants hideux , aveugles, boiteux, bossus, culs-de-jatte, qui se trainent à terre ou se portent sur le dos les uns des autres,

L'aspect des boutiques est en général pauvre et mesquin. Rien n'y figure sur l'énalage : il faut être un habitué de la ville pour savoir où se vendent les objets. Les ouvrages d’orfévrerie se font à la main par de bons ouvriers ciseleurs; les fabriques de galons d'or et d'argent exécutent les articles de passementerie dans la plus grande perfection, et à un prix très-convenable. Les ateliers de tailleurs sont peu nombreux ; quant aux ateliers de modes, ce sont des hommes qui les exploitent, Les hommes cousent presque au milieu de la rue des robes de mousseline ; ils confectionnent des garnitures, des fleurs, des bonnets, tandis qu'à quelques pas de là, dans une maison voisire, de pauvres filles, à genoux sur le sol, sont employées à broyer le chocolat.

Le commerce des drogues est fort étendu dans le pays, et les pharmaciens y occupent une place considérable. Des milliers de boîtes, de tiroirs, de cuves, de bocaux, de bouteilles, de jarres, rangés dans un assez bel ordre, et mystérieusement étiquetés, donnent à leurs boutiques l'aspect de cabinets d’alchimites. Les barbiers ont une grande importance à Mexico; leurs boutiques sont des plus belles et des plus brillantes : le métier y est fort lucratif. Une séance de barbier est payée à légal d'une visite de médecin. Les carrossiers sont les plus habiles des ouvriers indigènes : leurs voitures sont solides, élégantes et simples. Les meilleurs peintres du pays s'emploient à leur décoration.

A Mexico, les costumes varient beaucoup d'une classe à l’autre. Les Espagnols et les blancs natifs portent des habits confectionnés à l’européenne, au dehors des fracs et des redingotes, dans leurs maisons des surtouts ou des vestes de calicot imprimé, Les dames et les enfants marchent dans les rues toujours vêtus de noir. Les femmes ont la tête découverte : quelquefois seulement, elles jettent un léger voile par-dessus leurs beaux cheveux. Elles sont fort recherchées dans leur chaussure,

Quant aux costumes des classes pauvres, Espagnols, métis, ou Indiens, ils varient suivant les provinces. Quelques-uns n’ont presque pour vêtement qu'une couverture de laine roulée autour du corps. D’autres ont un chapeau de paille avec un justaucorps à manches et des culottes courtes, ouvertes sur les genoux , en peau de chevreau ou de pécari, avec le poil tourné en dehors. Par-dessus ce vêtement, sont des caleçons de calicot qui descendent jusqu'à mi-jambe. Leur chaussure consiste en sandales de cuir assez semblables à celles des Romains.

Les environs de Mexico ne sont pas moins curieux que la capitale même,

La vallée de Mexico est un bassin entouré d'un mur circulaire de montagnes porphyritiques très-élevées, Ce bassin reçoit et absorbe toute l'humidité de la rangée montagneuse qui l'entoure; aucune rivière n’en sort, si ce n'est le petit ruisseau de Tequisquiac, qui va se jeter dans le rio de Tula. En revanche, les quatre lacs principaux de la vallée, Chalco, Tezeuco , San Cristobal et Zumpango, reçoivent six à sept rivières, dont la plus considérable est le rio de Guantitlan. Ces quatre lacs s'élèvent par étage, à mesure qu’ils s'éloignent du centre de la vallée,

A une époque antérieure, ils menaçaient toujours Mexico et la vallée d'inondations désastreuses ; et même aujourd'hui, que d'immenses travaux d'écoulement ont été réalisés, les habitants ne voient pas sans inquiétude les crues subites de leurs lacs. Parmi les inondations dont l'histoire a conservé la date, les cinq principales se rapportent aux années 1553, 1580, 160%, 1607 et 1629. Depuis lors, la ville a été préservée de calamités pareilles par les travaux d'une habile construction.

Aux environs de Mexico, on remarque entre autres bourgs et villages : Guadalupe, moins célèbre par sa population de 2,000 âmes que par le riche et célèbre sanctuaire de Nuestra Scñora de Guadalupe, bâti sur la colline de Tepejacac, à la

place où s'élevait jadis le temple de la Cérès mexicaine {Cen-teotl), la déesse du maïs, C’est un vaste et majestueux édifice, dans lequel on montre avec respect une image de la Vierge. Les ornements en or, en argent et en pierreries abondent dans cette église. Dans le palais qui lui est contigu , bâtiment fort beau et tenu avec le plus grand luxe, habitent de somptueux chanoines. Nuestra Señora le Guadalupe est une des chapelles votives les plus célèbres du Nouveau-Monde. Des parties les plus reculées du Mexique et des États limitrophes, partent chaque année des milliers de pèlerins qui s’y rendent en caravanes pour faire leurs dévotions.

Teapan, capitale de l'État de ce nom, Tacubaya, gros bourg où se trouve la maison de plaisance de l'archevêque ; Tacuba , l’un des sites les plus délicieux de la contrée, et où l’on voit encore la belle chaussée en pierre par laquelle Cortez fit son entrée dans Tenochtitlan; San Cristobal, que caractérise sa digue, défense incomplète contre les eaux du lac; Otumba, célèbre au temps de la conquiûte, aujourd'hui pauvre et ruinée ; Huexotla, importante jadis comme l’attestent ses murailles et ses ruines. On y voit encore des fondations que l'on peut attribuer à un ancien palais, au milieu duquel se trouvaient deux réservoirs en assez bon état de conservation.

Mais des villes de la vallée, nulle n’est plus célèbre dans l’histoire que Tezcuco, ancienne capitale d'un royaume indépendant. Au premier aspect, Tezcuco trahit ses grandeurs passées : on y heurte à chaque pas des fondations de temples, des restes de forteresses, des débris de palais. Tezcuco était l'Athènes de l'Amérique, la ville des historiens , des orateurs , des poëtes, des artistes mexicains.

En effet, d'après les récits de Gama, l’un des auteurs qui nous ont légué le plus de renseignements sur l’ancien Mexique, le royaume d'Acolhuacan dont Tezeuco était la capitale, était l’un des plus florissants et des plus peuplés de l’ancen Mexique. D'abord indépendant et assez étendu, il fut bientôt réduit, puis ‘acorporé à l'empire. Parmi les rois qui ont gouverné l'État avec quelque gloire, la tradition a surtout conservé le nom de Nezahualcoyotl, le Solon de l'Anahuac. Ce roi fit quatre-vingts lois dont le texte existe encore. Elles ordonnaient entre autres choses qu’un procès, tant civil que criminel, ne durerait que quatre-vingtdix jours; le vol, le meurtre, l’adultère, l'ivrognerie, étaient sévèrement punis. Le moindre vol des productions du sol était surtout frappé de châtiments trèssévères; mais en revanche, Neza..2lcoyotl avait ordonné que tous les terrains côtoyant les grandes routes fussent semés de blé pour les malheureux. Afin de mettre les juges à l'abri de toute prévarication, il les faisait nourrir, loger et entretenir aux frais de sa maison. Ce monarque fut en outre, dit la chronique, un artiste célèbre, un bon astronome et un poëte distingué. Doux et tolérant, il essaya d’abolir les sacrifices humains; mais ses sujets l'obligèrent à les rétablir, Seulement il vestreignit cette mesure barbare dans l'immolation des seuls prisonniers, On ajoute encore qu'il érigea en l'honneur du Créateur une tour haute de neuf étages, au sommet de laquelle était une chambre peinte en

bleu, avec des moulures dorées, où se tenaient des hommes avec la charge de frapper, à certaines heures , sur des tables de fin métal pour en tirer des sons; le roi, en les entendant, tombait à genoux, et offrait ses prières au Créateur de "univers,

Telles sont les localités saillantes aux environs de Mexico, Ce plateau et la chaîne des mines sont les deux points importants de la Confédération mexicaine C’est de ce centre que partent les ordres politiques du président de la Confédération et les ordres religieux de l'archevêque. Autour d'une ville, dont on porte la population à 180,000 âmes, on conçoit d'ailleurs que la contrée ait atteint un haut degré de richesse par les perfectionnements de la culture et par l’importance des débouchés.

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