‹ Voyage dans les deux Amériques [microforme]Chapitre 70 sur 112 · CONFÉDÉRATION MEXICAINE. — DISTRICT DES MINES · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATION MEXICAINE. — DISTRICT DES MINES

Après une semaine de séjour à Mexico, il me restait à accomplir un voyage essentiel, celui du district des mines. Pour accomplir cette tournée d'intérieur assez longue et assez pénible, je me pourvus de bonnes mules de Durango, les seules qui puissent supporter de telles fatigues, et je me dirigeai vers Guanaxuato.

Après une halte à Huehuetocan, notre caravane arriva à Tula, sur la rivière de ce nom. Tula est une jolie petite ville, avec une église fort curieuse, en ce sens qu'elle a été construite suivant les règles de l'art militaire, avec des remparts élevés percés de meurtrières, et surmontés de petites tours. De Tula, par un chemin semé de scories, on arrive à Arroyo Sacro, poste peu important, où l’on trouve à peine une petite hacienda, dont les greniers servent de logement aux voyageurs. Plus loin paraît San Juan de Dios, jolie petite ville, bien pourvue d’auberges, et offrant au voyageur une foule de commodités inconnues pendant tout 1 reste de l'itinéraire.

On arriva ensuite à Queratero, divisée en cinq paroisses, et qui compte #0,000 habitants. Quelques églises, et dans le nombre celle de Guadalupe, sont fort belles; on remarque aussi parmi les couvents celui de Sainte-Claire, qui a deux cent cinquante pensionnaires. C’est une construction très-vaste qui, à l’intérieur, ressemble à une petite ville avec des rues et des places régulièrement tirées au cordeau. L'aspect général de la ville est tout manufacturier. La moitié des maisons a des boutiques sur la rue, et la plus grande partie des habitants est occupée dans les travaux des fabriques de drap.

Entre Queratero et Zelaya s'étend le Baxio, pays célèbre à la fois pa” ses richesses agricoles , et parce qu'il a servi de théâtre aux plus cruelles scènes de la

dernière guerre civile. Après Zelaya se montre Salamanca, dont la population est de 15,000 ämcs; puis vient frapuato qui en a près 20,000, avec un couvent d'une architecture élégante. La population des deux localités se compose presque toute de cultivateurs. Entre Irapuato et Guanaxuato, on rencontre Barras, charmant village posé comme une oasis sur les bords de la barranca, et qui ne forme qu'un massif de verdure. La végétation semble serpenter avec le ruisseau et se perdre avec lui à l'horizon. Au delà, rien n'offre plus le moindre intérêt jusqu'à ce qu'on arrive à l'une des portes de Guanaxuato.

La ville de Guanaxuato, quoiqu'elle ait beaucoup souffert d’une longue suspension de travaux, garde encore des traces nombreuses de son opulence primitive, Les magnifiques maisons des Otero, des Valenciana, des Ruhl, des Perès Galvez, la riche église bâtie par les soins du marquis de Rayas, la route de Valenciana, des chapelles somptueuses élevées sur tous les points, sont autant de souvenirs de l’époque où ce lieu célèvre livrait à la circulation d'immenses richesses. Tout ce pays appartient aux anciennes et puissantes familles des mineurs. La comtesse Ruhl a d'immenses propriétés du côté d'Aguas Calientes; les Perès Galvez sont maitres d’une grande portion de San Luis Potosi, et les Obregon, descendants du premier comte de Valenciana , possèdent de magnifiques haciendas près de Léon et en d’autres districts. L'État de Guanaxuato, malgré sa dépopulation, contient environ 450,000 âmes. :

Quoique les montagnes du nouveau continent renfermassent, comme celles de l'ancien , une foule de dépôts de fer, de cuivre, de plomb et d'autres minéraux utiles, on ne songea pas, aux jours de la conquête , à les exploiter, parce qu'à côté de ces richesses la terre en recélait d'autres plus séduisantes, Le Nouveau-Monde avait dans ses flancs de l'argent et de l'or, on ne lui demanda pas autre chose, Peu importait que l'on manquât de fer et d'acier pour les métiers utiles, pourvu qu'on eût de l'or et de l'argent, signes de richesse et de luxe,

Déjà , avant l’arrivée des Espagnols, les indigènes du Mexique, comme ceux du Pérou, connaissaient l'usage de ces métaux; ils ne se contentaient pas, comme on l'a pensé, de ceux qui, à l’état natif, se trouvent à la surface du sol et dans le lit des torrents, mais ils se livraient aussi à des travaux souterrains pour l'exploitations des filons ; ils perçaient des galeries et creusaient des puits. Cortez nous apprend qu'au grand marché de Tuoctitlan on vendait de l'or, de l'argent, du cuire, du plomb et de l'étain, Les habitants de la Trapoteca séparaient l'or, au moyen du lavage, des terrains d'alluvion. Ils payaient ieurs tributs soit en grains d'or natif, soit en barres d'or fondu. Dans les grandes villes de l'Anahuac, on fabriquait des vases d'or et d'argent, quoique ce dernier métal fût peu estimé. Les Espagnols ne pcuvaient même se lasser d'admirer l’habileté des orfévres mexicains, et quand Montezuma eut forcé la noblesse aztèque à prêter hommage au roi d'Espagne, les dons offerts à cette occasion furent évalués à 162,000 pesos de oro. On conçoit combien les Espagnols , à la vue de ce métal, passion de l'ancien monde, durent mettre d'empressement à en rechercher les gîtes,

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