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CHAPITRE XLI

ÉTATS-UNIS. — TRIBUS INDIENNES, LEURS USAGES, LEURS GUERRES, LE FAUCON-NOIR.

Jamais je n'ai senti plus vivement l'impuissance de l'homme que dans mon voyage à travers les États-Unis, Jetez les yeux sur une carte de l'Amérique du Nord, vous verrez le long fleuve Arkansas se déroulant jusqu'aux montagnes Vertes, puis, entre le Missouri, la chaîne Ozark et les montagnes Rocheuses, vous lirez /ndian Territory (territoire Indien); là, des noms à demi connus éveil. leront dans votre esprit l'idée de mœurs bizarres, et vous vous direz : Ah! si je vuyageais, ce ne sont pas les villes où se retrouvent plus ou moins nos habitudes, où tout est pour le mieux quand on à à peu près imité Londres ou Paris, ce ne sont pas ces villes que je voudrais voir, je m'enfoncerais dans le pays inculte ur. Osages, je vivrais au milieu d'une tribu sauvage de corbeaux ou de kanzas, et

4. Ce chapitre est emprunté souvent textuellement à un article publié par M. Eugène Ney dans la

Revue des Deur-Mondes: le Mississipi, mars 1833, Cette relation n'est pas lt plus récente, mais nous l'avons adoptée ccmme étant l'une des plus véridiques et des plus agréables,

ce serait un piquant contraste, avant de visiter les cités populeuses et actives de la confédération. Voilà pour ma part ce que je pensais et disais quelquefois avant de quitter Paris, quand le soir, chaudement assis au coin de mon feu, j'étudiais le licu de mes excursions futures. Je comptais pour rien les marches de vingt heures, l'isolement, je n'avais pas vu encore le souffle de la tempête arracher dans les forêts les arbres séculaires, et il ne m'était jamais arrivé, par une nuit obscure, affamé, harassé de fatigue, d'avoir à me coucher sur la terre humide, En ce moment je m'apercevais que si l'esprit a sa volonté, notre pauvre corps à ss exiences; les difficultés du trajet cependant bien simple que je venais d'accomplir eutre Saint-Louis et Louisville me prouvaient qu'il était à peu près impossible de tenter une excursion dans le territoire indien; je dus me conformer à mes premières dispositions, redescendre l'Ohio, et me contenter, en tournant avec regret mes regards vers l’ouest, des renseignements de ceux qui, favorisés par les circonstances ou entraînés par leur industrie, avaient traversé des parties de cette curieuse contrée,

Les États-Unis ont pour ainsi dire détaché momentanément de leur empire ce territoire pour en faire la résidence permanente de certaines tribus et nations indicnnes que le gouvernement y à fait transporter, C'est une région immense où l'on rencontre tantôt des prairies fertiles traversées par des rivières bordées de forèts, et tantôt des plaines légèrement ondulées qui partent de la chaine

-Ozark et s'élèvent graduellement à mesure qu'elles se rapprochent des montagnes ocheuses ; elle comprend dans sa partie occidentale le grand désert américain long de deux cents lieues, de l'État de Missouri au Texas. Là, pendant de longues journées de marche, le voyageur ne rencontre que des rochers nus, du gravier ou du sable: de loin en loin seulement ses regards sont récréés par la vue de quelques plantes, le cactus ou la vigne sauvage, et il ne trouve pour étancher sa soif qu'une eau saumäâtre ct amère. Pendant la saison des pluies, le désert est traversé par des cours d'eau coulant à pleins bords, il y pousse alors un peu d'herbe ; les Indiens profitent de ce moment pour chasser les bisons et les chevaux sauvages, qui accourent par grandes troupes dans ces pâturages. Le territoire indien tout entier est peuplé de gibier, élans, daïins, coqs de bruyère, oiseaux aquatiques; là, comme les Sioux au nord du Missouri, les Indiens chassent Je bison montés à cheval et armés de l'are ou du fusif. Es jettent le {asso aux chevaux sauvages, ou quelquefois, avec une grande habileté, leur plantent une balle de fusil dans le cou pour occasionner une paralysie temporaire. Les chevaux de ces prairies sont sujets à un singulier vice appelé dans le pays stanpede. C'est une panique sous l'influence de laquelle, saisis {out à coup d'un elfroi frénétique, ils rompent leurs liens, se lancent au galop et ne s'arrêtent que lorsqu'ils tombent, succombant à la terreur et à la fatigue.

Le territoire indien est sillonné par des rivières dont les principales sont la Platte ou rivière Basse, qui, malgré sa largeur, se traverse à pied sur presque tous les points, et l'Arkansas parcouru par les bateaux à vapeur de son embou-

chure au fort Gibson, Ses habitants, transplantés de tous les points des États- Unis sur le territoire, se partagent inégalement cette nouvelle patrie; ils conservent pour la plupart leurs mœurs originelles, mais en partie modifiées par de nouvelles conditions d'existence. Le gouvernement américain favorise au milieu d'eux l'établissement des missionnaires, et sa politique est humaine et bonne s’il a l'intention de les préserver du contact des blancs et de les amener graducliement au christianisme et à la civilisation, Quelques-uns de ces sauvages montrent une singulière aptitude pour l'instruction et l'industrie. On m'a raconté qu'un Chérokée nommé Sequoya, ayart vu quelques livres dans les écoles des missionnaires, et appris que les caractères d'écriture représentaient des mots dans la langue parlée, voulut adapter à sa propre langue un procédé de signes analogue, Il essaya d'abord de désigner chaque mot par un caractère, mais un si grand nombre de figures était d'un usage impossible. Alors il observa que les mêmes syllabes se représentaient plusieurs fois dans des mots différents et imagina un alphabet syllabique ; le nombre des caractères appliqués aux différentes syllabes et propres à les représenter se réduisit à quatre-vingt-cinq. Chaque syllabe chérokée finit par un son vocal ou nasal, et les combinaisons des consonnes avec l'un ou l'autre de ces sons n'excèdent pas ce nombre total.

Dès ce moment les Chérokées purent avoir une écriture assez complète pour transmettre toutes les idées qu’ils voulaient exprimer dans leur langue. Le premier usage de cette découverte a été la publication de la gazette Phœnix Chérohée, qui circule dans les demeures indiennes et y trouve un grand nombre de lecteurs. Ce premier pas vers la civilisation a été suivi de progrès importants ; les Chérokées se sont donné un gouvernement régulier, avec des lois fixes, des cours, des shériffs et tout ce qui peut assurer leur exécution. Aujourd'hui on trouve chez eux des manufactures de laine et de coton, et des usines de fer et de sel. Au sud de ces Indiens presque civilisés s'étendent, m'a-t-on dit, les Crecks. Ceux-ci se sont adonnés volontiers aux travaux de l'agriculture, sans toutefois abandonner la chasse ; leurs vergers et leurs champs sont bien cultivés, leurs jardins sont en plein produit, et ils approvisionnent de vivres le fort Gibson. Ils ont permis à quelques missionnaires de s'établir au milieu d'eux et se policent chaque jour davantage. La tribu des Séminoles, ou Indiens fugitifs, dont je devais visiter en Floride les débris, a été transportée presque tout entière dans le territoire, en 1840, à la suite de ses longues guerres avec les Américains. Alliés originairement à la nation des Creeks et parlant le même langage, les Séminoles ont été établis auprès d'eux; mais leur indolence naturelle n'a pas permis qu’ils fissent autant de progrès dans la civilisation. Près d'eux s'étendent les Chickassaws, les Choctaws, les Delawares , les Osages et bien d'autres. Quelques-uns sont indigènes et ils se refusent, plus que tous les autres, à l'introduction des mœurs étrangères, De ce nombre sont les Osages. Chez eux on retrouve la rudesse des habitudes primitives : le seul travail digne d'un homme est la guerre où la chasse ; le Grand-Esprit serait offensé si une Peau-Rouge s’avilissait

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jusqu'à partager les travaux de la terre abandonnés aux femmes. Le Grand- Esprit est le père de la tribu : c'est lui qui la protége et qui veille sur elle entouré des génies secondaires, habitants de la lune et du soleil, H y à aussi un mauvais génie, un esprit malfaisant qu'il ne faut pas offenser : on le conjure par des prières et des offrandes ; il aime la fumée qui s'élève des chiffons brûlés en guise d’encens ; mais de toutes les offrandes , la plus agréable pour lui c'est le tabac. Ces sauvages ont leurs médecins, leurs prêtres et leurs sorciers. Le mème homme peut réunir ce triple caractère, sans cependant obtenir une grande influence; chaque guerrier porte dans un sac des os, des plumes et des débris de toute sorte : c'est assez pour guérir les maladies et les blessures. La tribu a aussi ses fétiches sacrés, malheur à celle qui perd les siens! Les Chérokées, les Choctaws et tous les autres qui ont lächement cédé leurs terres aux blancs quand ils sont venus habiter les bords de la Platte et de l'Arkansas, avaient égaré leurs fétiches protecteurs.

L'Indien sauvage n’a de demeure fixe que pendant l'été. Quand vient l'automne, il plie sa tente , et tout l'hiver il poursuit le gibier dans les prairies. Une vertu qui ne se dément pas, que la tribu soit errante ou qu'elle ait fixé ses demeures, c'est l'hospitalité. Un étranger est sacré : à lui ce qu'il y a de mieux dans le wigwam, le siége le plus commode, les bons repas, la couche la meilleure. La polygamic et le divorce sont au nombre des habitudes indiennes ; il est des femmes qui ont été répudiées cinq ou six fois; un homme prend autant de femmes qu'il en peut nourrir, souvent il épouse toutes les sœurs dans une famille. L'adultère est puni quelquefois par la peine de mort, quelquefois par l'amputation du nez. La condition des femmes est la plus misérable qu'on puisse voir : elles ont en partage tout le travail et toute la fatigue; elles sèment le grain, fabriquent les vètements et les chaussures, dressent les tentes, coupent le bois, charrient l'eau, et portent le bagage. Sous un wigwam d'Indien sauvage, l'étranger est surpris de voir son hôte fumer sa pipe nonchalamment étendu au coin du foyer , tandis que la femme se livre aux plus rudes travaux et manie des fardeaux qui semblent au-dessus de ses forces. La loi la plus rigoureusement observée par les sauvages est celle du talion, meurtre pour meurtre. Le chef de la tribu doit son élévation à la naissance ou souvent aussi au courage dont il à fait preuve dans les gucrres.

Le courage est pour l'Indien la première des vertus; c'est aussi chez lui la moins rare, Enfant de la nature, né au sein d’une société primitive qui souvent ne connait pas d'autre loi que la force, toujours en lutte avec les êtres de la création, les animaux qu'il faut frapper pour vivre ou la tribu hostile qui lui dispute sa proic et ses forêts, comment n'estimerait:il pas avant tout le courage ? Honneur au guerrier qui frappe son ennemi du tomahawk et emporte comme un trophée sa chevelure! Honneur encore à celui dont la longue carabine a sûrement atteint un adversaire malgré la distance! Que de patience et d'adresse, combien de vertus guerrières n'ont eu d’autres témoins, au fond des gorges sau-

vages, que les antiques forêts! Asseyez-vous sous la hutte indienne et interrogez le passé de ces peuples qui n'ont ÿas d'histoire, le jeune homme ne saura que vous montrer les scalpes desséchés des ennemis qui sont morts de sa main, et il vous dira, en remontant les générations, combien d'hommes forts et braves ont été tuës par son aïeul et son père.

Entre les Indiens et les blancs, la lutte a commencé du jour où les colonies européennes se sont étendues au delà du rivage, et il a fallu la supériorité des armes et la discipline européennes, aidées des dissensions des tribus, pour triompher des sauvages habitants de l'Indiana, de l'Illinois ou du Missouri. Battus et refoulés par l'invasion, les Indiens ont reporté plus au sud le théâtre de la guerre; changeant alors le nom qu'avaient porté leurs ancêtres contre un autre nom qui leur rappelàt sans cesse leurs misères et leur proscription, ils s'appelèrent Séminoles (fugitifs) ; ils continuèrent à combattre, et il y a dix années seulement que le gouvernement américain a pu faire transporter sur le territoire indien les débris de ces derniers défenseurs de la barbarie contre la civilisation.

A ce moment où je descendais paisiblement l'Ohio, j'apprenais des détails sur les guerres indiennes. qui ont autrefois ensanglanté les localités que je venais de parcourir. Lorsqu'en 1787 les États-Unis prirent possession de Vincennes, ils érigèrent un fort au confluent du Vabash et de l'Ohio, pour protéger contre les Indiéns leur nouvelle acquisition; les sauvages vinrent contempler curieusement les travaux et voulurent les entraver quand ils surent leur destination; de là un: guerre qui dura trente ans et où les généraux américains eurent souvent le désavantage, Hammer fut défait dans deux batailles ; Saint-Clair, gouverneur du territoire du Nord-Ouest, dans lequel l'Ohio et l'Indiana se trouvaient compris, fut battu et presque toutes ses troupes furent massacrées à Fort-Washington, au lieu où aujourd’hui s'élève Cincinnati, Ces succès des tribus indiennes étaient dus en partie à deux jeunes guerriers dont l'un se faisait passer pour prophète, tandis que l'autre méritait le titre de chef par sa force, sa beauté et surtout son courage. Ce chef, qui est devenu célèbre, s'appelait Tecumseh ; il appartenait à la tribu des Schwanes ct était né sur le Sciolo, près de l'Ohio. Le gouvernement des États-Unis avait, après la défaite de Saint-Clair, envoyé contre les Indiens le général Wayne, qui battit complétement les tribus aux Rapides de Maumee, en 179%. Une pacification de quinze années suivit cette fatale défaite; mais pendant tout ce temps Tecumseh et son frère ne restèrent pas inactifs; tous deux ils parcoururent les diverses peuplades, s'appliquant à pacilicr les querelles pour réunir contre l'ennemi commun Îles anciens fils de l'Amérique. Tecumseh était encore dans les régions lointaines de l’ouest quand son frire recommença Jes hostilités. C'était en novembre 1811, le général Harrison, commandant des troupes américaines, s’avança jusqu'à Tippecanoe (la ville du prophète), où les sauvages étaient réunis au nombre de six cents. Avant de commencer les hostilités, il leur proposa une négociation. Les Indiens parurent accueillie avec empressement les propositions de paix qui leur furent faites et

ÉTATS-UNIS, 383 demandèrent la journée du lendemain pour délibérer. Pendant la nuit le prophète consulta son grand médecin ct déclara à ceux qui le suivaient que l'ennemi était en leur pouvoir et qu'il ne se réveillerait plus; puis il les entraina vers le camp des Américains. La milice fut réveillée par le cri de guerre, et un terrible combat s'engagea au milieu de la confusion et de la nuit : plus de deux cents soldats furent égorgés, mais le général Harrison parvint à rallier quelques” troupes, les forma en colonne et chargea les sauvages à la baïonnette. La lutte se prolongea encore longtemps; il eut enfin l'avantage : les sauvages furent dispersés, et la ville du prophète fut livrée aux flammes. Tecumseh accourut pour venger son frère : il était soutenu par les Anglais qui, du Canada, envoyèrent un général et quelques troupes au secours des Indiens rebelles, Pendant deux années, grâce à son habileté et à son activité infatigable, il résista aux Américains; mais, accablé par des forces supérieures, il succomba à la bataille de Thames, dans le Canada {octobre 1813). Son frère émigra dans l'extrôme ouest, où il reçut du gouvernement anglais une pension.

Avec Tecumseh, le chef indien le plus célèbre est le Faucon Noir {Black Hawk), qui a soulevé, en 1832, les Saques et les Renards, dans l'Illinois. Une discussion au sujet d’une ruche d’abeilles sauvages fut l'origine de cette guerre; Les guerriers indiens s'assemblérent et ravagèrent le Michigan, pendant que le général Atkinson réunissait quelques mille hommes. Le Faucon Noir fut vainqueur en plusieurs rencontres et détruisit des corps isolés de l'armée américaine, Cependant le général Atkinson le força à se réfugier derrière le Mississipi, puis le poursuivit dans cette retraite et détruisit toute son armée, Le chef s'échappa ; mais il essaya inutilement de rallumer la guerre. Convaincu de l'inutilité de ses efforts, il vint trouver son ennemi et s'abandonna à sa discrétion , en lui adressant des paroles empreintes de cette mâle éloquence qui est naturelle à sa nation. Voici la traduction d'une partie de son discours : « Moi et mes guerriers, nous sommes tes prisonniers. Je voulais continucr la guerre; j'ai fuit mes efforts pour que vous tombiez dans une embuscade : mais votre général sait les ruses de guerre des Indiens. Je n'ai pas craint de vous combattre face à face, et je me suis bien battu; mais vos fusils savent viser, Les balles volaient dans l'air comme des oiseaux et sifflaient comme le vent d'hiver dans nos arbres; mes guerriers tombaient, le combat allait mal. Je vis approcher mon jour de malheur! Le soleil se leva sombre le matin; le soir, il se coucha sous un nuage épais, et sembla une boule de feu : c'était le dernier soleil du Faucon Noir. Vous savez pourquoi nous avons fait la guerre ; tous les blancs le savent, ct ils devraient en avoir honte. Nous avons été chassés de nos demeures ; on nous méprisait, on nous repoussait; et cependant nous n'avions ni volé ni menti, Un Indien qui, chez nous, serait aussi méchant que vous les Visages Pâles, ne pourrait pas vivre : il serait mis à mort ct dévoré par les loups. Les Visages Piles sont de méchants maitres d'école; ils nous apportent des regards menteurs et font des actions déloyales ; ils sourient à l'Indien pour le tromper ; ils lui secouent la main, mais c'est pour gagner sa confiance et leui-

vrer, le trahir et lui prendre ses femmes. Alors nous devenons nous-mêmes hypocrites, trompeurs, adultères, fainéants, parleurs, et mauvais travailleurs. Nous avons invoqué le Grand Esprit; nous sommes venus vers votre père : son grand conseil nous a fait de belles promesses; mais tout a empiré, I n'y avait plus de daims dans nos forêts ; l'opossum et le castor s'étaient enfuis ; les sources se desséchaient ; nos femmes et nos enfants n'avaient plus de vivres ; nous avons convoqué le conseil et fait un grand feu. L'esprit de nos pères s'est levé et nous adit: Vengez les injures, ou mourez. Nous avons tous parlé devant le feu du conseil, et c'était beau à voir ! car les tribus ont fait entendre le cri de guerre, et le guerrier a déterré son tomahawk. Nos couteaux étaient prêts, le cœur du Faucon Noir a bondi dans sa poitrine quand les guerriers se sont rangés pour la bataille. Aujourd'hui qu'il est vaincu, le Faucon s’en ira joyeux dans le monde des esprits, son père viendra à lui et lui donnera des louanges parce qu'il a fait son devoir. Adieu, ma nation! le Faucon Noir a essayé de te sauver et de venger tes injures ; il a bu le sang de plus d'un Visage Pâle. Il est prisonnier, et ses projets sont détruits; son soleil se couche. Dis adieu au Faucon Noir! »

Ajoutons que les Américains traitèrent humainement ce noble prisonnier. Is le conduisirent à Washington , où il eut une entrevue avec le président Jackson, au mois d'avril 1833. En 1837, il visita de nouveau les États de l'Atlantique, en compagnie de quelques autres chefs; ils furent reçus en cérémonie à New-York et à Boston. La puissance et l’industrie des blancs parut les surprendre ; ils admiraient surtout les merveilles de la vapeur. Depuis ce temps, le Faucon Noir vécut toujours amicalement avec les blancs, et mourut dans la retraite qu'il s'était choisie sur la rivière des Moines, le 3 octobre 1838 !.

Tels fu.ent les renseignements que, dans mon trajet de l'Ohio à la Nouvelle- Orléans, je pus recucillir sur les tribus indiennes, en attendant que j'allasse moi-même m'asseoir au foyer de la hutte sauvage.

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