‹ Voyage dans les deux Amériques [microforme]Chapitre 89 sur 112 · DÉMÈLÉS AVEC LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. — PRÉSIDENTS · texte numérisé non relu

DÉMÈLÉS AVEC LA FRANCE ET L'ANGLETERRE. — PRÉSIDENTS

Pendant la durée de la guerre, le Congrès s'était constitué en permanence et avait établi sous le nom de Confédération une constitution qui, créée pour les nécessités du moment, ne tarda pas à être jugée incomplète. Une Convention convoquée en mai 1787, se réunit à Philadelphie, sous la présidence de Washington; elle s'occupa de régler les rapports de la Confédération avec l'Angleterre et les autres nations, et fonda la Constitution actuelle, dont nous mentionnerons les principales dispositions.

«Tous les pouvoirs législatifs appartiennent au Congrès des États-Unis, qui scra formé d'un sénat et d’une chambre des représentants. Gette chambre sera composée de membres élus tous les deux ans par le peuple, âgés au moins de vingt-cinq ans, ct citoyens des États-Unis depuis sept ans.

QI y aura un représentant pour 30,000 âmes, et chaque État en aura au moins un. On fera tous les dix ans le dénombrement de la population. Cette chambre choisira ses officiers, et elle aura seule le pouvoir de mise en accusation contre les fonctionnaires publics.

« Le sénat sera composé de deux sénateurs choisis par la législature pour chaque État. Ils devront être âgés de trente ans et jouir des droits de citoyens depuis neuf ans. Le vice-président des États-Unis sera président du sénat, mais il ne pourra voter que lorsque les voix de l'assemblée seront également partagées.

« Le sénat aura seul le pouvoir de prononcer sur les accusations faites par l'autre chambre. Son arrêt ne pourra s'étendre qu’à priver l'accusé de ses fonctions et à le déclarer inhabile aux emplois publics ; la partie convaincue n’en sera pas moins traduite devant les tribunaux pour être jugée et punie selon les lois.

« Le sénat sera renouvelé tous les six ans.

« Le Congrès s'assemblera au moins une fois par année, et il ouvrira habituellement sa session le premier lundi du mois de décembre.

« Les sénateurs et les représentants recevront une indemnité de huit dollars par jour pour leurs services ; ils auront dans tous les cas, excepté dans ceux de trahison, le privilége de ne pas être arrêtés durant leur présence à la session, et depuis leur départ pour s’y rendre jusqu'à leur retour.

. € Un sénateur ou un représentant ne pourra pendant la durée de son mandat être nommé à aucun emploi civil créé dans cet intervalle; et aucune personne

poucrue d'un office par les États-Unis, ne pourra durant ses fonctions être nommé membre de l'une ou de l'autre chambre.

«Le pouvoir exéeutif est confié à un président des États-Unis : ses fonctions et celles du vice-président durent quatre années et on precède à leur nomination de la manière suivante : chaque État nomme des électeurs en nombre égal à celui des sénateurs et des représentants qu'il a le droit d'avoir dans le Congrès. Les électeurs s'assemblent dans leurs États respectifs, et chacun d'eux vote par bulletin et désigne deux candidats. Les listes sont envoyées cachetées au président du sénat, qui les ouvre en présence des deux chambres. Celui qui à réuni le plus de voix est nommé président, s’il a la majorité du nombre total des électeurs. Si personne n'obtient la majorité, la chambre des représentants fait un choix parmi les cinq candidats qui ont eu le plus de suffrages. Le candidat à la vice-présidence qui a obtenu le plus de voix est nommé à cette fonction. Il remplace le président en cas de mort ou de démission.

«Le président est commandant général des forces de terre et de mer ainsi que des milices. Il accorde des lettres de sursis et de grâce, excepté dans le cas d'aceusation par la chambre des représentants. Il conclut les traités avec l'avis et le consentement du sénat, nomme les ambassadeurs , les officiers publics, les consuls. Dans les cas extraordinaires, il peut convoquer les deux chambres.

« Chaque bill qui aura passé dans les deux chambres, sera présenté avant de devenir loi, au président des États-Unis, S'il l'approuve il doit le signer : dans le cas contraire, il le renvoie avec ses objections, à la chambre où ce bill a pris son origine : s'il est ensuite approuvé par les deux tiers des membres de l'une et de l'autre chambre, il acquiert force de loi,

«Le Congrès lève les droits, laxes et impôts, règle le commerce avec les nations étrangères et entre les divers États de la Confédération , lève et entretient les armées, subvient à l'entretien de la marine, fixe la valeur des signes monétaires,

« Le pouvoir judiciaire est remis à une cour suprème et aux COUPS inférieures que le Congrès a droit d'établir,

«Tous les procès criminels, excepté en cas d'accusation par la chambre des représentants seront soumis à un jury.

« Les États de la Confédération se garantissent mutuellement leurs institutions. Les citoyens d'un État ont droit aux priviléges et immunités des citoyens des autres États. »

« Les treize provinces qui avaient pris part à la guerre de l'indépendance discutèrent dans leurs assemblées particulières les mérites de cette constitution, qui fut adoptée par onze d’entre elles. Le # mars 1789 on procéda à la nomination des deux premiers magistrats; Washington fut élu président à l'unanimité, et John Adams, l'un des plus ardents promoteurs de la liberté et l'un des auteurs principaux de la constitution, fut appelé à la vice-présidence, Quelques dispositions postérieures ajoutèrent des garanties nouvelles aux libertés de presse, de

ÉTATS-UNIS. 501 parole, de réunion, de religion et de pétition, confirmèrent le privilège d'hab: a corpus inscrit dès le principe dans la constitution, et donnèrent une plus large base au suffrage universel.

Une année après la promulgation de la constitution, l’un des pères de l'indépendance, Franklin, mourut le 18 avril 1790 dans la quatre-vingt-cinquième année de son âge. Tout le peuple de Philadelphie assista à ses funérailles. Cet hommage rendu à la sagesse et à la vertu eut un écho de l'autre côté de l'océan ; l'assemblée nationale de France décréta que ses membres prendraient le deuil pour trois jours, et Mirabeau fit à Franklin cette oraison funèbre : «11 n’est plus, cet homme qui affranchit l'Amérique et versa sur l'Europe un torrent de lumivre, Le sage que deux mondes réclament , tenait sans doute un rang bien élevé dans l'espèce humaine, Les nations ne doivent porter le deuil que de leurs bienfaiteurs ; la France doit au moins un témoignage de souvenir et de regrets à l’un des plus grands hommes qui aient jamais servi la philosophie et la liberté, »

La présidence 4e Washington, continuée en 1793, dura huit années. Dans ces fonctions, le général continua à déployer les vertus et l'inébranlable fermeté qui avaient signalé sa vie militaire. Deux partis divisèrent les États-Unis dès leur origine : les fédéralistes et les démocrates; tous deux attachés sincèrement, malgré les déclamations de leurs partisans et leurs récriminations mutuelles, au gouvernement républicain et à l'union des États; mais le premier plus aristocratique, favorable à la prépondérance des classes élevées et à la force du pouvoir central; le second, parti local, désirant l'indépendance presque entière des gouvernements d'États.

Au premier jour de son pouvoir, Washington se déclara hautem:nt fédéraliste, opposé aux prétentions locales ct populaires, partisan déclaré de l'unité et de la force du pouvoir central, Cependant, par un esprit d'admirable équité, il voulut que les deux partis fussent représentés dans le conseil souverain et, à côté des fédéralistes Hamilton et Knox , il appela dans son cabinet Jefferson et Randolph, chefs de l'opinion démocratique. Les premières luttes des deux partis se manifestérent à l’occasion de la dette énorme contractée pendant la guerre par le Congrès. Le désordre des finances était extrême : dettes de l'Union envers les étrangers, envers les nationaux; dettes des États particuliers contractées en leur nom mais pour le service de la cause commune ; bons de réquisition ; marchés de fournitures : intérêts arriérés ; d'autres litres encore. Et dans ce chaos, point de revenus assurés et suffisants pour faire face aux charges multipliées.

Le parti démocratique proposait de ne pas accepter toutes ces charges. A chaque État ses dettes, quelque inégale que püt être la répartition du fardeau ; entre les créanciers des catégories, selon l'origine des créances et le montant réel de leurs déboursés. Comme secrétaire du trésor, Hamilton proposa le système contraire : la concentration et l'acquittement intégral à la charge de l'Union, de toutes les dettes étrangères et américaines, quels que fussent les contractants ; — l'établissement d'impôts suffisants pour faire face à la dette publique et à son

amortissement; — la fondation d'une banque nationale capable de seconder le gouvernement dans ses opérations financières et de soutenir son crédit. C'était là le parti de l'honneur et de la dignité. Washington soutint constamment Hamilton et ses mesures, et le succès récompensa leur noble conduite ; la sécurité rentra dans les esprits, l'activité dans les affaires l'ordre dans l'administration. L'agriculture et le commerce se développèrent, le crédit s'éleva rapidement. La prospérité eût été complète, si d'autres embarras ne fussent survenus. Une guerre avec les Indiens, commencée depuis quelques années, trainait en longueur et exigeait de grands efforts ; puis le bruit de la révolution française ébranlait l'Amérique ; et enfin les deux partis, fédéral et démocrate, ne gardaient plus de mesure dans leurs débats, et la presse de l'opposition se livrait à la plus amère violence. Washington en concevait une inquiétude extrême : « Si le mécontentement, la méfiance, l'irritation, sont ainsi semés à pleines mains, écrivait-il à Randolph, si le gouvernement et ses officiers ont incessamment à subir les outrages des journaux, sans qu'on daigne seulement examiner les faits ou les motifs, je crains qu'il ne devienne impossible à aucun homme sous le soleil, de manier le gouvernail et de tenir ensemble les pièces de la machine. »

Une lettre de Washington au marquis de la Luzerne montre avec quelle merveilleuse sagacité il jugea dès son début la révolution française, et pressentit ses grandeurs, ses excès, et même ses crimes. Lorsque la guerre éclata entre la France et l’Angleterre, résolu à entretenir des relations amicales avec toutes les nations, sans dépendre d'aucune, à créer une politique américaine, le président proclama la neutralité des États-Unis. Cette conduite obtint d'abord l'approbation générale; mais bientôt, la position des neutres se compliqua de graves difficultés : les décrets, les actes de l'Angleterre à leur sujet, blessérent l'Union dans sa dignité ct ses intérêts, D'un autre côté, le ministre de France aux États-Unis, Genêt, compromit par sa passion et ses emportements les intérêts de sa nation; il osa distribuer des lettres de marque, enrôler des corsaires, agir en souverain sur un territoire étranger, puis entrer en lutte ouverte avec Washington. Le cabinet américain demanda le rappel de ce ministre maladroit, Genîêt retourna en France, mais il laissait aux États-Unis sa fièvre révolutionnaire. La Grande-Bretagne redoublait à ce moment de tyrannie envers les neutres ; cependant Washington maintint et assura la paix, parce qu'il voyait là seulement un gage de prospérité et d'avenir pour sa patrie. Mais le fondateur de la république acheta ce bienfait au prix de sa popularité et de son repos. Les ennuis et les dégoûts ne cessèrent plus de l'abreuver; dans les réunions publiques et dans les journaux, la fureur des partis dépassa toute mesure. De toutes parts, chaque matin, éclataient contre lui les adresses de blâme, les lettres anonymes, les invectives, les calomnies, les menaces, Son intégrité même fut scandaleusement attaquée.

Il demeura impassible ; seulement, plus d'une fois il témoigna à ses amis, dans Sa Correspondance, son profond dégoût pour ces hommes qui le maltraitaient comme un malfaiteur, et lorsque sa seconde présidence fut achevée , il quitta ce

pénible fardeau du pouvoir, se refusant à une troisième magistrature ; il alla reprendre à Mount-Vernon sa vie tranquille, en atteidant qu'il descendét dans les demeures du repos.

Un motif dominant avait, il le dit lui-même, dirigé Washington dans toute sa vie politique : donner du temps à la nation pour assecir et mürir ses institutions encore récentes, et pour s'élever sans secousse à ce degré de consistance et de force qui seul pouvait lui assurer le gouvernement de ses propres destinées. Tel fut le vœu de cet homme grand sans jactance, complétement dévoué à sa patrie ; la Providence toujours équitable a permis que ce vœu fût accompli, et de plus, mesurant à tant de vertu sa noble récompense, elle a voulu qu'à l'idée de grandeur s’unît dans l'esprit des hommes un sentiment de vénération profonde, quand ils prononceraient ce nom de Washington porté par l'un de leurs véritables bienfaiteurs.

John Adams de Quincy (Massachusetts), jurisconsulte renommé et vice-président pendant les présidences de Washington, le remplaça et prèta serment le # mars 1797. Le Directoire suscita l'année suivante des embarras aux États-Unis, à l'occasion de leur commerce, auquel il voulait mettre les mêmes entraves que l'Angleterre. Une rupture sembla imminente, et John Adams vint trouver Washington dans sa retraite pour le prier de se dévouer encore une fois au service de sa patrie. Le grand citoyen y consentit, mais ses dernivres forces s'épuistrent dans les travaux que lui imposaient l'organisation d'une armée et la préparation de plans militaires, Une inflammation à la gorge se déclara dans la nuit du 13 décembre 1799 et l’enleva en vingt-quatre heures.

Cette nouvelle fut rapidement portée de Mount-Vernon à Philadelphie ; le peuple tout entier (émoigna une immense douleur; le Congrès suspendit sa séance, el le lendemain il décida que le deuil serait porté par tous les représentants le reste de la session, que les citoyens des États-Unis seraient invités à prendre le crêpe pendant trente jours, qu'un monument de marbre serait élevé dans la ville fédérale au père de la liberté , et qu'une oraison funèbre serait prononcée à ses funérailles par un représentant en présence des deux chambres réunies au temple luthcrien,

La mort de Washington, qui, mème au milieu des préparatifs de guerre, s'était montré bienveillant pour la France et concilialeur, eût pu amener un fâcheux résultat dans les relations des deux puissances, si le gouvernement direclorial n'eût fait place à un gouvernement bien autrement habile et énergique, Bonaparte, premier consul, se prèta à une réconciliation avec les États-Unis, scptembre 1800, et leur céda deux années plus tard la Louisiane, moyennant 15,000,000 de dollars.

Les États-Unis firent cette importante acquisition sous la présidence de JelYerson, qui, appelé à la première magistrature en 1801 » Conserva ses fonctions jusqu'en 1809. Ce président, choisi dans le parti démocratique, inaugura la politique qui depuis ce jour n’a cessé de prévaloir dans l’Union et qui la dirige encore. Qul-

ques difficultés survenues entre les États-Unis, la France et l'Angleterre, interrompirent de 1807 à 1809 les relations commerciales entre l'Europe et l'Ainérique.

Des événements plus graves signalèrent la double présidence de Madison de 1£09 à 4817. Pendant la magistrature de cet éminent légiste, les Indiens se soulevèrent sous deux chefs célèbres, Tecumseh et son frère le prophète; nous avons vu déjà qu'ils furent défaits après une longue et courageuse résistance à Tippecanoe, Les griefs, mal éteints en 1809 , se renouvelèrent contre l'Angleterre. Des vexations continuelles exercées par la nation britannique sur les neutres, le droit de visite imposé aux navires américains , tous les obstacles apportés à leur commerce, et, en même temps, les vieilles inimitiés toujours vivantes, déterminérent le Congrès à déclarer la guerre à la Grande-Bretagne le 29 juin 1812. Les hostilités s'engagèrent sur les frontières du Canada et furent d'abord peu favorables aux Américains, qui, battus au fort Détroit, perdirent par cette seule défaite, ce fort et tout le territoire de Michigan. Les Indiens se joignirent aux Anglais et créèrent à l'Union de grands embarras en attaquant sans relâche ses milices. Les revers assez nombreux de la république sur les frontières du nord et à l’armée du centre furent compensés sur mer par une série de combats heureux et de brillantes victoires. A la fin de 1813 et au commencement de 181% les généraux Jackson ct Floyd, chargés de la guerre contre les Indiens des États du Sud, fureut complétement vainqueurs. Les Creeks, la tribu la plus puissante d’entre eux, subirent une paix imposée aux conditions suivantes : céder une partie de leur territoire ; ouvrir des routes à travers leur pays et permettre la navigation de leurs rivières ; cesser toutes relations avec les Anglais et les Espagnols; restituer tout le butin qu'ils avaient fait pendant la guerre. Geux des Indiens qui se refusèrent à la soumission et préférèrent l'exil à la dépendance imposée par ce dur traité, cherchérent un refuge plus au sud, et ce fut eux que depuis on désigna sous le nom de Séminoles.

Dans le nord, quelques combats furent livrés entre les Anglais et les Américains, avec des alternatives de succès et de revers, pendant l'année 1813. Résolus à frapper un coup décisif, les Anglais firent des préparatifs considérables au milieu de 1814, et, dans les premiers jours du mois d'août, l'amiral Cochrane débarqua six mille hommes, sous le commandement du général Ross, à Benedict, sur le Potomac, non loin de la ville de Washington qui, depuis l'année 1500, était devenue la capitale de la Confédération. Les Américains défendirent inutilement le passage du lotomac; leurs ennemis, vainqueurs à Bladensburg, s’avancèrent sans obstacle sur la route de Washington, où ils entrèrent le 2% août. Ils livrèrent aux flammes les principaux monuments, et s'avancèrent sur Baltimore; repoussés sous les murs de cette ville, ils se rembarquèrent, pillèrent encore le petit port d’Alexandria, puis partirent chargés d'un butin précieux. Les succès des Anglais étaient considérables, mais cette fois encore les Américains rachetèrent par des victoires maritimes leurs nombreux revers; le commodore, Donaugh,

détruisit complétement à Plattsburg, sur le lac Champlain, la flotte anglaise , 7 octobre 181#.

Malgré cette défaite, les Anglais prétendirent imposer au Congrès des conditions de paix humiliantes, et la guerre continua. Ce fut vers la Floride et la Louisiane que les Anglais dirigèrent leurs tentatives d'invasion. Hs attaquérent le fort Bowyer, puis détachérent une expédition importante contre la Louisiane. Le général Packenham attaqua la Nouvelle-Orléans à la tête de 12,000 hommes. Jackson venait de prendre Pensacola sur les Espagnols, et il surveillait attentivement les mouvements de l'armée anglaise. Il s'avança contre elle, livra bataille et tua aux ennemis 2,000 hommes et leur général, 15 janvier 1815.

Vingt jours avant cet événement, le 2% décembre 1814, un traité de paix avait été signé par les représentants de l'Amérique et de l'Angleterre, à Gand, en Belgique, Les conquêtes furent simplement restituées de part et d'autre

Cette guerre élait à peine terminée que le gouvernement envoya une escadre dans la Méditerranée, pour punir Alger et les autres États barbaresques d'avoir, pendant la guerre avec l'Angleterre, commis des pirateries sur des navires américains, Le commodore Decatur, chargé de cette expédition, exigea promptement d'Alger, de Tunis et de Tripoli, une forte somme d'argent pour racheter leur violation de neutralité.

Madison eut pour successeur, de 1817 à 1825, James Monroe, de Virginie, sous l'administration duquel les Indiens séminoles furent soumis, et la Floride fut acquise à l'Union en vertu d'un traité avec l'Espagne en 1819. Lafayette visita les États-Unis en 182%; nous avons dit avec quel enthousiasme il fut accuvilli par les Américains.

John Quincy Adams de Massachusetts, fils de l’ancien président du même nom, et homme d'État distingué, 1825-1829, puis Jackson, 1829-1837, occupèrent successivement la présidence. Sous l’administration de Jackson, la banque des Étais- Unis, fondée depuis quarante ans, n'obtint pas le renouvellement de sa charte et cessa d'exister. Des réclamations contre les impôts s’élevèrent dans le Sud : 3. C. Calhoun, de la Caroline du Sud, se mit à la tête de cette opposition, et fit adopter les principes de nullification, en vertu desquels un seul État acquérait Le droit d’annuler les lois votées par le Congrès. Cet élément de discorde ne subsista pas, grâce à la courageuse opposition de Henry Clay, et au bw// de compromis qui fut accepté par le Congrès. Une guerre formidable avec les Séminoles commenca en 1835, et se poursuivit jusqu’en 18%1, sous l'administration de Martin Van Buren. Ce fut à la suite de cette guerre, qui ne coûta pas moins de 40,000 dollars, que les débris des tribus séminoles furent transportés sur le territoire indien.

En 18%#1, le successeur de Van Buren fat le général William Henry Harrison, de l'Ohio. Ce président mourut au bout d'un mois et fut reraplacé par le viceprésident, John Tyler, de Virginie, sous lequel un mouvement se déclara dans le Rhode-fsland, pour renverser l'ancienne charte ct établir une constitution nouvelle, Le parti dit du suffrage, à la téte duquel se trouvait Thomas Dorr, procéda

spontanément et sans aucune règle légale à la confection d'une constitution, en vertu de laquelle Dorr fut nommé gouverneur, Les citoyens du parti de l'ordre el de la loi prirent des mesures actives contre cette rébellion, Dorr s'enfuit, puis revint avec un corps d'insurgés ; ses partisans vinrent le trouver en armes, mais ils se dispersèrent devant les troupes du Congrès, en mai 184%. Le mois suivant ils firent une nouvelle tentative pour renverser le gouvernement légal; la loi martiale fut proclamée ; des forces considérabies furent dirigées contre eux, et ils furent dispersés. Dorr s'enfuit, revint, fut pris, emprisonné, puis reliché l'année suivante après la proclamation d'une constitution nouvelle légalement institute. La frontière du Canada fut fixée par un traité avec l'Angleterre au mois d'août 1842. Nous avons déjà vu qu’en février 1845 le Texas fut annexé à l'Union.

James Polk de Tennessee fut président de 1845 à 1849. Le grand événement de son administration est la guerre avec le Mexique, de 18%6 à 1848. Le général Taylor se distingua pendant cette période par plusieurs brillantes victoires, et le général Scott prit les villes de la Vera-Cruz, Puebla et Mexico. Le Mexique ne racheta sa capitale que par la cession des vastes territoires du Nouveau-Mexique et de la Californie. Les frontières de l'Orégon furent déterminées avec l'Angleterrr en 1846,

Le général Zachary Taylor, du Mississipi, nommé président en 1849, mourut scize mois après son élection, et fut remplacé par le vice-président Millard Fillmore de New-York. Enfin, personne n'irnrve que M. Pierce a été appelé le & mars 1853, à la première magistrature des Elat:-Unis.

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