ILES FRANÇAISES DE SAINT-PIERRE ET MIQUELON
Le bâtiment qui nous conduisait à Terre-Neuve devait s'arrêter en passant aux îles françaises de Saint-Pierre et Miquelon. Nous fümes fort aises de cette occasion, qui nous permettait de saluer des compatriotes et de visiter les deux rochers que la France a conservés seuls en Amérique. Notre bâtiment parti d'Halifax , passa sans s'arrêter devant une île qui a aussi, comme toutes celles du golfe Saint-Laurent, appartenu à la France au temps où notre domination balançait en Amérique la puissance anglaise ; c'est l'île du Cap-Breton, jadis Ile-Royale. Cette possession et l’île Saint-Jean qui s’allonge plus à l'ouest, vers les côtes de la Nouvelle-Écosse et du Brunswik, ne nous furent pas enlevées par le traité d'Utrecht. Quelques-uns de nos colons et des Indiens Abenaquis leurs alliés y cherchèrent un refuge au commencement de l'occupation anglaise; plusieurs les quittérent depuis; plusieurs s’y fixèrent et augmentèrent leur population. Les Anglais ne tardèrent pas à attaquer ces deux îles françaises; Louisbourg , la capitale du Cap-Breton, tomba en leur pouvoir en 1758, et cinq ans après l’île entière fut conquise ; cédée par la France, elle devint un comté. Aujourd'hui, l'ile du Cap- Breton et Saint-Jean, devenue l'ile du Prince-Édouard, sont misérables et peu
1. Historical and descriptive Sketches of the maritime colonies of British America, by J. M' Gregor; London, 1828, — Voyage à la Nouvelle-Écosse, par M. Eugène Ney. Revue des Deux Mondes, 1831, t. IL,