PIE
sErr = RE
ee
daient jusqu'au bord de EÆEast-River; c'est ainsi que l'on appelle la mer intérieure située entre Long-Islrnd et l'Océan. La dernière pomnpe de cette série plongeuit dans l’eau du fleuve , et alimentait la pompe voisine, avec laquelle elle correspondait par un tuyan de cuir; opération qui se répétait ainsi jusqu'à la dernière, chirgée de manœuvrer elle-même contre l'incendie. D'autres lignes se formaient sur d’autres points à mesure que les pompes arrivaient. Il fallait cinq minutes à l'eau puisée par la première pompe pour arriver de bond en bond jusqu'au foyer central de l'incendie.
En voulant pénétrer dans l'enceinte des maisons embrasées, je me sentis repoussé par des agens de police qui livraient passage aux pompiers. Cependant tous les eflorts furent bientôt désespérés, et toutes les tentatives restèrent sans succès. L’eau tombait en rosée sur la flamme qu’elle alimentait au lieu de l'éteindre. À Edimbourg on se sert d’un appareil trèspeu compliqué, qui se compose de trois bâtons formant triangle à leur sommet , et au milieu desquels se trouve placé le tuyau de cuir que l’on dirige avec des cordes.
New-York, ville magnifique dont l'incendie est le fléau constant, devrait adopter cette machine, que j'ai vainement soumise à son Comité de surveillance pour les incendies.
Le lendemain nous fümes admis à visiter la Maison d'asile des jeunes délinquans. Get établissement nous parut, sous tous les rapports, de la plus grande imporiance. Îl sert de lieu de reluge aux jeunes gens
{1 [HA ii!
qriil
dont les premiers délits ont des causes atténuantes, et à ceux qui se sont mis dans le cas de subir cette peine spécifiée par les lois. Pendant quelque temps du moins , leur moralité est à l'abri de l'entraînement du mauvais exemple. On les élève dans l'habitude du travail ; quelques métiers utiles leur sont enseignés , et on ne néglige rien pour leur faire comprendre tout le prix d’une conduite vertueuse et honorable. Après quelque temps d'épreuve et de discipline sévère, ils sont mis en apprentissage chez des maîtres artisans qui sont ordinairement heureux de les recevoir. Cependant, si les parens de ces jeunes gens ne jugent pas leur réforme parfaitement accomplie , ils peuvent les faire rentrer , pour quelque temps, dans l'éiablissement.
A l'époque de notre visite, la surintendance de cette maison était confiée à un ministre de la secte Méthodiste. Je ne sais ce qui était le plus digne d'admiration chez cet homme vénérable, cu sa patience admirable, ou sa profonde sagacité, ou cette douceur et cette bonté qui lui méritaient la confiance et l'affection de tous ces jeunes enfans, sans lui faire rien perdre de l'autorité, et du respect qui doit toujours entourer le chef d'une institution de ce genre.
Nous vis'tâmes une autre institution semblable à la première, mais destinée aux jeunes filles. La direction de cet asyle est digne de tous les éloges ; et je peux dire que j'ai rarement rencontré moins de charlatanisme spéculatif , et une organisation plus ferme, plus simple, plus forte, qui marchät plus
uantes, et ette peine temps du nement du de du traeignés , et dre tout le ble. Après sévère , ils es artisans cevoir. Cene jugent ls peuvent 18 l'£iablis-
dance de à secte Méne d’admiitience adte douceur ce et l'affaire rien it toujours re.
emblable à les. La diéloges ; et moins de ation plus chät plus
directement à l'extinction des abus et des vices, en les frappant dans leur source, et détruisant le germe de leur développement. On fait trouver à ces jeunes élèves la récompense de la vertu dans la vertu même ; on leur fait sentir chaque jour les avantages que procure une sage conduite. Je crois que ce n'est pas le moindre mérite de ce système, tel qu’il est pratiqué en Amérique, que d'introduire dans ces jeunes intelligences le sentiment d’une certaine dépendance obligatoire envers les autres, et de les rendre ainsi moins confians en eux-mêmes. Non-seulement ces lecons contribuent au bien-être de leur vie, mais dans un pays où l'indépendance de l'individu est la base de la société, la situation des mœurs, et Île penchant des idées générales parmi les Américains les rendent plus précieuses encore.
À notre retour , nous visitâmes d’High-Schoo!, école établie à l'instar de celle qui porte ce nom à Édimbourg. On y pratique la méthode d'enseignement mutuel, mais modifiée par deux changemens remarquables. 11 y a deux moniteurs (au lieu d'un seul comme à Edimbourg) pour chaque classe ou division, qui se compose, je crois, de dix élèves; l’un est employé à sa vérilable fonction, celle d’enseigner et de surveiller les élèves de sa division; l’autre n'enseigne pas, mais il participe aux leçons qui sont données dans une pièce séparée. Ainsi, pendant qu'une partie des moniteurs est occupée à communiquer , chacun à sa propre section, les leçons qui leur ont été données le jour précédent, l’autre partie,
rassemblée dans une classe distincte, reçoit à son tour les leçons qui, le jour suivant, doivent être le sujet de l'enseignement.
De là nous passâmes à l’école des filles (Zigh-Schoo!l); il n’y avait pas ici de classes générales, le tout étant divisé en décuries, le moniteur compris. Rien n’égale la tranquillité, la propreté et le bon ordre qui régnaient dans celte institution. Mais l’école la plus intéressante que nous vimes dans cette journée , fut celle des nègres et des enfans mulâtres. Pauvres malheureux ! toute leur âme (si pourtant, comme dit l'oncle Toby , ils ont une âme, ces noirs) était absorbée dans leurs leçons; c'était plaisir de les voir placés sous la protection d'un homme, dont la passion spéciale est de se consacrer à l'enseignement des Quaminos , comme on les appelle, et qui avait voué une grande partie de sa vie à cette occupation.
Il était assez naturel de lui demander si les facultés intellectuelles se développaient aussi facilement chez les noirs que chez les blancs. Il me répondit que jusqu'à un certain âge, c'est-à-dire jusqu’au temps où les sentimens de l’adoïescence commencent à se développer , il n’y avait point de différence remarquable entre le nègre et le blanc ; mais qu’à cette époque leur pensée s’affaissait sous la distinction flétrissante qui les séparait des blancs, dont jusqu'alors ils avaient partagé les jeux et les études. J’appris même que dans les états de New-York, où l'esclavage des nègres avait été aboli, la couleur blanche forme une véritable et arrogante aristocratie qui ne peut
#3 & Fe
it à son re le su-
School); ut étant \ n'égale qui ré-
la plus née , fut Pauvres mme dit it absorvoir plapassion ent des ait voué facultés ent chez dit que u temps ent à se
remarà cette tion fléqu'alors J'appris sclavage e forme ne peul
s'unir d'aucune sympathie avec la population. Qu'un nègre soit honnête , habile, spirituel, il porte la livrée de la servitude ; on ne se fie pas à lui , il ne se fie à personne; il est marqué , il est condamné à un éternel isolement.
Le 21 mai je me rendis, sur les trois heures, dans un lieu public fort curieux , appelé Plate-House, et situé au centre de la ville; c’est une galerie longue et un peu obscure, présentant l'aspect d'un café, avec deux rangs de loges des deux côtés, dans chacune desquelles quatre personnes au plus pourraient trouver place. Le centre de la galerie offre un champ libre aux évolutions de plusieurs petits garçons et de deux hommes de service, empressés de satisfaire à toutes les demandes des consommateurs. Pasune parole ne sortait de ces loges sombres. Le cliquetis des fourchettes et des couteaux, le bruit des assiettes, trahissaient seuls leur destination gastronomique. Cependant ce silence était amplement compensé par les cris multipliés des garçons de service, répétant à haute voix le nom du plat qui venait de leur être désigné , et presqu’au même instant le faisant paraître sur les tables. C'était chose vraiment merveilleuse : on eût cru assister à une scène des Mille et une Nuits plutôt qu'à un diner de restaurateur. Quelques habitués nous avaient vanté l'excellence du bœuf salé de Plate-House ; notre curiosité fut bientôt satisfaite. A peine le mot fut-il prononcé, qu’un des enfans, qui voltigeaient sans cesse autour de nous, partit comme l'éclair, prêta loreille en chemin à de nouvelles
demandes, jeta en courant vers le haut de la galerie ces mots :
« Trois bœufs, 8! »
Le dernier nombre désignait le numéro de notre loge : à l'instant parurent devant nous trois petits plats bien couverts, contenant trois assieltes sur lesquelles se trouvaient nos tranches de bœuf brülant. En même temps on nous servit un autre plat sur lequel se trouvaient des pommes-de-terre, un couteau , une fourchette et un morceau de pain. J'étais élourdi de cette rapidité de mouvemens. Si un seul garçon eût été chargé de recevoir et transmettre les demandes, et un autre garçon chargé d'y satisfaire, je comprendrais qu'il fût possible de s’y reconnaitre ; mais toute cette armée de garçons, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, criait en même temps dans toutes les directions et avec le même empressement : « Un demi-bœuf, 4! — Une pomme-de-terre, — 5! Deux tourtes aux pommes ! — Un pudding, 8!» Les demandes se rapportaient à douze loges, qui contenaient chacune quatre personnes, dont la seule affaire alors était de manger en toute hâte. Au milieu de cette voracité des gourmets et de ceite activité des garçons, que l'on se fasse une idée du vacarme. Nous y étions à peine depuis une heure, que déjà la salle s'était renouvelée deux fois. Notre note montait en totalité à neuf schellings six sous, monna.e anglaise, c'est-à-dire, à trois schellings deux sous par tête seulement.
Le 22 mai je me rendis à la cour suprême de l’état de New-York, dans l'espoir d'entendre un discours de
a galerie
le notre is petits sur lesbrülant.
plat sur un coun. J'étais | un seul rettre les itisfaire, nnaitre ; s le plus
ps dans ssement :
8!» Les
i contele affaire
de cette garçons ,
y étions ‘était reotalité à st-à-dire,
de l’état cours de
M. Emmett , un des conseillers le plus distingués de cette cour. Mon attente fut trompée sous ce rapport, mais mon intérêt fut vivement excité. Entre autres
choses curieuses, j'entendis un avocat s'appuyer sur une nouvelle décision rendue par les tribunaux angiais. Le président et deux juges siégeaient, mais sans insignes extérieurs : point d’amples perruques, point de longues robes. Oserai-je le dire ? leur dignité paraissait y perdre beauconp plus que je ne l'aurais d’abord supposé. J'en fus d'autant plus frappé, que la sagesse américaine me semblait chose prouvée et avérée, et qu'en abolissant une grande partie de ce qui élait regardé comme sacré depuis long-temps, les Américains m'avaient paru agir sagement. Des choses de cette nature qui, en apparence , ne sont rien, ne doivent jamais être appréciées par leur valeur intrinsèque, mais par leurs rapports avec une infinité de petites circonstances qui tendent à former nos habitudes , et assurent la puissance et la prospérité dans l'état.
Pendant mon séjour à New-York, j'ai été assez heureux pour voir sopérer le déplacement total d'une maison : spectacle fort curieux, et que ce pays seul peut , je crois, offrir. Cette étonnante combinaison de moyens mécaniques est due à M. Siméon Brown, qui a eu la bonté de me l'expliquer.
Tout le monde comprend que l'on puisse transporter une maison de bois : mais une maison en briques, cest autre chose! un tel exploit exige un mécanisme tout différent. Dans une rue fort étroite se trouvaient
deux maisons qui, faisant saillie de plus de douze pieds sur la rue, gèênaient beaucoup le passage ; il parut nécessaire de les démolir, ou de les reculer pour les aligner avec les autres. M. Brown se chargea d'exécuter l'opération conservatrice. Les maisons étaient de briques , et situées l'une à côté de l’autre ; la première avait quarante pieds de large sur vingt-cinq de long, et la seconde trente-deux pieds de large sur une longueur de vingt-deux. Elles étaient toutes les deux de la même hauteur, c’est-à-dire qu'elles s'élevaient à vingt-deux pieds au-dessus du niveau du sol. L'une et l’autre étaient surmontées de toitures avec deux rangs de cheminées en briques : les façades, avec deux étages de six fenêtres chacun, se prolongeaient sur une ligne de quarante-sept pieds. Voilà quelle compacte masse fût transportée dans tout son volume et sans accident : voilà quel édifice on recula de douze pieds.
Je suivis avec le plus grand intérêt la marche des préparatifs qui eurent lieu le 25 mai. Malheureusement, au moment où l’on allait faire jouer les vis, je fus forcé de me trouver à un rendez-vous que j'avais donné au maire et aux échevins. À mon retour, les ouvriers se tenaient en repos après avoir déjà opéré un renfoncement de trente pouces, et que je vérifiai moi-même.
Le lendemain , nouveau contre-temps ; je devais me rendre à New-Jersey avec plusieurs personnes, et après deux jours d'absence j'eus le chagrin de trouver l'opération terminée. Les maisons se trouvaient préci-
ze pieds il parut our les Jd'exécuaient de remière le long, une londeux de vaient à 1. L'une ec deux 2, avec ngeaient à quelle volume e douze
che des eureusees vis, je ie j'avais our, les ja opéré » vérifiai
evais me nnes, el trouver ht préci-
sément à neuf pieds et demi de l'endroit où je les avais laissées quelques jours auparavant.
Cette grande merveille, ce chef-d'œuvre d’une industrie patiente, excita mon admiration, que le lecteur partagera sans doute. Il fallait quitter enfin New-York, et nous arracher aux séductions de la grande ville. Munis de beaucoup de lettres de recommandation et de sages avis, nous fimes nos adieux aux citoyens hospitaliers de New-York, et nous commençämes notre long pélerinage. Une demi-année devait s'écouler avant que nous ne les revissions.