TOME F
espèce d’immense tranchée, qui semble voir été creusée à travers le roc, par l'action continuelle de l’eau depuis des siècles. Les rochers des deux côtés sont, pour la plupart, perpendiculaires, et trempent dans le fleuve ; leurs pics s'offrent à l'œil sans contours , et l'âpreté de leurs cimes anguleuses donne à ce lieu plutôt l'aspect d’une vaste déchirure, que d'une vallée.
Le fleuve, à l’endroit où nous l'aperçûmes pour la première fois, c'est-à-dire à quatre milles au nord des chutes, au lieu de couler paisiblement , s'élance avec impétuosité dans le lac Ontario. 11 se précipite d’un lit de roche en pente, de manière à former l’un des plus formidables de ces torrens qu'on nomme rapides : celui-ci porte le nom très-convenable de Devil’ Hole, le trou du diable.
Ce fut de la rive droite, ou orientale du fleuve, à environ trois milles de la grande chute, que nous l’aperçûmes pour la première fois. Sans essayer de décrire la sensation que cette vue me fit éprouver , je dirai seulement que j'acquis aussitôt la conviction que jamais ma première impression ne serait affaiblie.
Dès que nous aperçcûmes le fleuve, et surtont dès que nous eûmes entendu le bruit de Ja cataracte , nos cœurs se serrérent, et nous éprouvâmes un mouvement de surprise indéfinissable. Beaucoup de personnes se sont trouvées, dans le cours de leur vie, à la veille d’un événement extraordinaire : en se rappelant les sensations qu’elles éprouvèrent alors, elles pourront se faire une idée des miennes. Je me souviens d'avoir ressenti quelque chose de semblable, lorsque,
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à Sainte-Hélène , j'attendis dans l’antichambre de Napoléon; l’idée que le bruit des pas que j'entendais s'approcher de moi étaient ceux d'un homme qui, après avoir tenu sous son sceptre une si grande portion du monde , ne régnait plus que sur quelques mo« destes chambres, et qu'une simple cloison me séparait de ce demi-Dieu, me causa une émotion profonde ; il en fut de même quand je m'avançai vers le Niagara : je savais qu’au premier détour de la route j'allais découvrir le plus magnifique spectacle du monde, l'issue de ces gigantesques réservoirs qui contiennent, dit-on, la moitié des eaux douces qui coulent sur la surface de notre planète. |
La première fois que s'ouvre devant nous une scène si imposante , l'attention est embarrassée par une multitude d'objets, et ce n'est qu'après un certain laps de temps , que les points les plus remarquables de cette vaste scène se classent et nous permettent d’en apprécier l'ensemble.
Il est curieux d'observer combien les moindres événemens domestiques qui nous arrivent, l’emportent dans notre esprit sur les plus sublimes spectacles de la nature, et nous touchent plus vivement le cœur. Lorsque nous fümes en présence de la cataracte, il faisait encore jour, et nous eùmes quelques instans pour jeter un coup d'œil sur cette merveille. Je ne sais si ce fut la fatigue du voyage, ou le surcroît d’excilation que cette vue avait produite sur moi, qui m’accablèrent ; mais, à peine arrivé à l'auberge voisine de la chute, je tombai dans un profond sommeil, malgré
le mugissement des eaux. Vers deux heures du matin, au milieu d'un rêve dans lequel m'était apparue une partie de la cataracte nommée le Fer-à-Cheval, et dont j'avais été plus particulièrement frappé, je fus réveillé par un faible cri de ma petite fille, qui, dans Fétat d’irvitation où je me trouvais , me semblait lutter contre le torrent. Je me levai, et je vis que la lampe , en tombant, avait réveillé 'enfant. L'obscurité et le bruit de la cataracte l'effrayaient tellement, que je ne pus parvenir à la rendormir, et je me mis en quête d'une lumière. En cherchant à tâtons dans les corridors, le hasard me conduisit devant une fenêtre ouverie sur le derrière de la maison, et mon oreille fut frappée du bruit affreux que faisaient les rapides, en tombant dans la partie supérieure de la cataracte , immédiatement au-dessous du Verandah. La voix plus mâle et plus terrible encore de la cascade éloïgnée se faisait également entendre ; mais le son en était autre que celui des rapides. Pour la première fois, je compris Loute la magnificence , toute la sublimité de la scène.
La nuit était très-sombre, quoique les étoiles étincelassent au-dessus de la cataracte : l'air était imprégné d’une forte odeur de terre, comme une grande rosée : peut-être élaient-ce les brouillards qui formaient les eaux en se précipitant. Pas le moindre souffle de vent pour agiter les feuilles, pas d’autre bruit que la voix imposante du fleuve. Je cherchai à me rappeler dans quel pays j'avais assisté à une seènc semblable , et bientôt le nom de Madras s’offrit à mon souvenir. Oubliant entièrement la cause qui m'avait
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fait sortir, je me transportai en idée dans cette autre partie du globe, et, à demi éveillé, à demi endormi, je me plongeai dans une délicieuse rêverie ; soudain un nouveau cri de l'enfant frappa mon oreille , et j'admirai par quelle sympathie avec le cœur paternel, les sons de cette faible voix dominaient la voix de tonnerre du Niagara.
Les chutes sont divisées en deux parties par l'ile des Boucs ( Goat-Island )}, sur laquelle nous passämes la plus grande partie du jour suivant , esquissant au moyen de la chambre claire, et tenant nos yeux constamment fixés sur la cataracte, avec une attention qui les fatiguait.
Nous fimes plusieurs fois le tour de l'île, et, quoiqu'elle offre différens points de vue de la cascade et des rapides, tant du côté anglais que du coté américain du fleuve, nous nous lrouvions toujours ramenés irrésistiblement du côté du grand Fer-àa-Cheval, où la plus grande portion des eaux passe sur un rebord concave , et, sans doute à cause de la profondeur , acquiert une couleur verte foncée, tandis que partout ailleurs l'eau est blanche comme la neige.
Après avoir cherclié des comparaisons pour rendre ce que nous voyions el ce que nous entendions, nous tombämes d'accord que le bruit des chutes ressemblait à celui d’un immense moulin. C’est le même son, continuel, sourd, intense et monotone , accompagné du même frémissement qu'on remarque dans un moulin où plusieurs meules sont en activité. Ce frémissement s'étend jusqu'à plusieurs centaines de toises
du fleuve ; mais il est plus sensible dans Goat-Island , qui se trouve au centre des deux chutes.
Lé bruit des rapides est également très-fort, mais plus aigu , et il change de nature selon la position du spectateur. Un jour nous parcourions un sentier frayé dans les bois de l'ile, à queïque distance de la grande cataracte , et j y remarquai que les sons produits par les rapides offraient assez de ressemblance avec une forte averse tombant sur les feuilles d’une forêt, dans un temps calme,
Je ne sais quel voyageur a dit, non sans justesse, qu'un pont a toujours quelque chose qui intéresse plus ou moins. S'il ne présente rien de pittoresque en lui-même , sa structure peut être curieuse ; il est ou haut ou long; enfin on trouve un motif pour l’admirer ou le critiquer. Celui qui joint la côte d'Amérique à Goat-Island est le plus singulier ouvrage du monde ; il atteste tout à la fois le génie, l'habileté et la hardiesse de pensée de celui qui la élevé; cet habile homme est le propriétaire de l'ile. Le pont a sept à huit cents pieds de longueur ; on la jelé sur la partie la plus dangereuse des rapides, cinquante pieds au-dessus de la crête de la chute américaine. Il est construit en bois, et consiste en sept divisions posées sur des piles en bois, construites de façon à présenter la plus grande solidité, quoique les fondations sur lesquelles elles reposent soient extrêmement inégales. Le lit de la rivière dans cet endroit est couvert de pierres rondes et anguleuses, grosses, les unes comme une brouette, les autres comme une diligence , gisant tan-
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tôt côte à côte , tantôt étagées les unes sur les autres, de façon que le sommet des unes arrive à un pied ou deux de la surface de l'eau, et que celui des autres s'en trouve à douze ou quinze pieds. Le long de ce fond rapide et irrégulier , le fleuve roule un torrent ecumeux , avec une vitesse moyenne de six à sept milles à l'heure, et un bruit assez semblable à celui de la mer se brisant sur des rescifs. Mais il est impossible de faire comprendre, sans l’aide du erayon , ce monument extraordinaire, qui ajoute encore à l'intérêt qu'inspire le Niagara.
Je me promenais un jour avec le propriétaire de l'île, il me témoigna le désir d'en faire un lieu de s°jour agréable pour les voyageurs ; dans ce but , il s proposait d’éclaircir les bois en arrachant la plupart des vieux arbres ; un projet si barbare excita au plus haut point mon indignation , et je lui fis comprendre combien de telles idées étaient peu en harmonie avec les goûts de nos peuples d'Europe. Sa manière de voir se trouva bientôt d'accord avec la mienne; et je crois avoir contribué, par cette conversation , à sauver de la hache un des endroits les plus pittoresques de lAmérique.
Le soir du même jour, nous suivimes pendant six ou sept milles la rive droite du Niagara, vers le lac Ontario ; nous le traversimes à Queenstown ; bientôt nous attcignimes le rivage du Canada. Après une excursion de six semaines dans les États-Unis, nous nous trouvions de nouveau sous ladomination anglaise. Cet intervalle si court avait été tellement rempli, qu'il
nous semblait beaucou]. »lus long qu'il ne l'avait réellement éfé. Rien de plus curieux à observer que l'influence d’un demi-mille , d'une séparation géographique presque imaginaire sur les mœurs et les habitudes de deux peuples. Nous ne respirions plus le même air; le ciel, la terre, toute la scène nous semblait changée.
Près de l'endroit où nous débarquâmes, dans le Can-da, on remarque un monument élevé au brave général Brock, qui fut tué à la bataille de Queenstown, en repoussant une invasion des Américains sur notre territoire pendant la dernière guerre. Nous trouvâmes deux hommes au pied de la colonne , et je dis à l’un d’eux : « Je suis sûr que vous êtes un soldat anglais ? « — Je suis un soldat écossais, répondit-il, et cela « vaut tout autant, je pense. » Je fus d'autant moins disposé à le contredire, que je remarquai dans son langage le patois de mon Édimbourg , ma ville natale.
À notre arrivée à Forsyth’s Inn (l'auberge de Forsyth}), dans Le voisinage immédiat des chutes, du côté anglais, à peine nous restait-il assez de jour pour distinyuer de notre balcon la terrible cataracte, bien que , en ligne droite , elle ne fût distante de nous que de deux cents toises. Je regarde comme impossible de rendre compte de la sensation délicieuse que nous éprouvämes en contemplart , assis à notre aise, un spectacle auquel, pendant toute notre vie, nous avions désiré assister,
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nant les chutes sous tous les aspects possibles. Pendant nos excursions, nous rencontrâämes un gentleman qui demeurait depuis trente-six ans dans le voisinage : heureux mortel! Il nous dit que la chute du grand Fer-à-Cheval avait, à sa connaissance , reculé de quaranle à Cinquante loises, c’est-à-dire que le rebord ou l'arche sur laquelle l'eau se précipite, s'était affaissée de manière à opérer ce changement. La justesse de celte observalion fut confirmée par celle d'ur, autre voisin qui habitait les environs depuis quarante ans.
Comme je remettais à l'imprimeur les lignes qui précèdent, mes regards tombèrent sur un journal où je lus le paragraphe suivant :
« Chutes du Niagara. — Une lettre d'un gentleman « qui habite ces parages, leltre datée du 30 décembre « 1828. annonce que, dans la soirée du dimanche « précédent, vers neuf heures, deux ou trois chocs « ou commotions successives se firent sentir : le se- « cond fut accompagné d'un bruit inaccoutumé que « firent les eaux en se précipitant. On s'apercut le « lendemain qu'une grande portion du rocher appar- « tenant au lit du fleuve, à une distance d'environ « deux-cinquièmes de la côte du Canada, à l'extrémité « de l'angle du Fer-à-Cheval, s'était détachée et avait « été entrainée dans le gouffre. L'aspect des chutes «est entièrement changé par cette convulision. On « suppose que les grands vents qui ont soufflé quel- « ques jours avant cel événement, ayant causé une « grande accumulation d'eau dans le fleuve, en auront été la cause immédiate. Le décroissement graduel du
« rocher sur lequel le Niagara se précipite, rend « plausible la conjecture d'après laquelle on pense « qu'autrefois les chutes se trouvaient à Lewistown, « et que, depuis des siècles, elles sont remontées par « degré jusqu’à la position qu’elles occupent. »
Je visitai, dans trois occasions diflérentes, la caverne siluée entre la cascade et l'entablement de rocher qui la domine. La première fois, le 3 juillet, par pure curiosité ; la seconde, le 9, pour y faire quelques expériences sur le baromètre; et la dernière, le 10, accompagné d’un ami, pour jouir du mouvement que ce spectacle extraordinaire imprime aux sens et à l'ame. Nous atteignimes un endroit de la caverne, situé à cent cinquante-trois pieds de l'extérieur, où l'assistance d'un guide, auquel ce pilotage amphibie procure un fort joli revenu, nous fut très-utile. Les rayons qui nous éclairaient donnaient assez de jour, mais d'un reflet verdâtre ; le vent nous poussait de côté et d'autre avec une telle violence , que j’eus peur un moment qu'il ne nous fit perdre l’équilibre, et ne nous jetàt dans l'immense chaudière qui bouillonnait à nos pieds. Toutefois, nous souffrions moins de cette tempêle que du déluge d’eau qu'elle faisait incessamment rejaillir sur nous. Par bonheur le vent soufflait de bas en haut, s'il en eût été autrement, nous ne fussions p«s sortis vivans de la caverne.
Cette immense cataracte, comme toutes les autres, entraine avec elle une quantité d'air qu’elle force à pénétrer dans la profondeur de l'eau. On peut faire cette expérience sur une petite échelle, en laissant
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tomber d'une certaine hauteur de l’eau dans un verre. La masse d'air entraînée par un fleuve tel que le Niagara , doit être énorme , et l'on ne peut calculer jusqu'à quelle profondeur elle se trouve emportée. Cet air, condensé par la pression qu'il subit, doit remonter avec une violence proportic née, soit de l’extérieur de la cascade, soit de la nappe ou rideau qui forme la cataracte.
La question de savoir si l'air, dans la caverne derrière les chutes , était condensé ou raréfié, avait été long-temps controversée ; il était assez amusant d'écouter les argumens opposés. On s'accordait bien à dire qu'on y respirait avec beauroup de difficulté ; mais les uns s’en prenaient au manque d'air, les autres prétendaient qu'il y en avait une trop grande surabon- «dance. Aucune de ces opinions n'était fondée ; ïl n'y avait pas trop d'air, mais trop d'eau. En effet, un homme pourrait-il respirer librement, si une demidouzaine de pompes à incendie lui lançaïent à la fois de l'eau dans la figure? Le résultat de cette bizarre opéralion est précisément celui que produisent les bouffées de vent qui viennent de derrière les chutes.
J'ai remarqué un autre phénomène, dont je n’ai point entendu parler jusqu'ici, mais qui se rapporte évidemment au sujet que je traite. On voit s'élancer de la surface du bassin, au-dessous des chutes, une quantité de eônes d’eau, très-pointus, qui s'élèvent jusqu’à une hauteur de cent vingt pieds. Leur forme ressemble assez à celle de quelques coimètes que j'ai vu dessinées. Leur pointe, qui est toujours tournée
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en l'air, est extrêmement aiguë, etne semble pas plus grosse que Îles doigts et le pouce d'un homme , réunis en pointe aussi acérée que possible. Les pyramides coniques de ces méléores aqueux varient en longueur, depuis une à deux toises jusqu'à dix ou douze, et s'étendent de tous côtés de la manière la plus curieuse.
Il est à remarquer que la partie inférieure des chutes se trouve toujours tellement masquée par l'épais brouillard que forme l'espèce de fumée qui s’élance du tourbillon, qu'il est impossible d'apercevoir le fond de la nappe tombante. C’est de ces nuages, qui vont et viennent , et qui s'élèvent quelquefois jusqu'à quelques centaines de pieds, que surgissent ces singuliers cônes ou comèles. J'ai estimé leur hauteur, au moyen des esquisses que j'ai faites à l'aide de la chambre claire, à environ trente pieds au-dessous du sommet. J'ai saisi une occasion favorable pour calculer l'élévation qu'atteignent ces singuliers projectiles. La hauteur totale étant de cent cinquante à cent soixante pieds, l’élévation perpendiculaire de chaque jet d'eau ne peut être moindre de cent dix ou cent vingt pieds au-dessus du niveau du bassin.
Il s'agissait ensuite de décider la question relative à l'élasticité de l'air derrière les chutes. Je me servis d'un baromètre préparé pour cette expérience. Il était de la plus grande justesse, et je Pavais muni de deux accessoires indispensables pour des opérations de cette nature. Le premier était un niveau d'eau, ou plutôt un niveau d'esprit-de-vin , placé sur le haut de la machine qui renfermait le tube, afin d'assurer
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ja position perpendiculaire de l'instrument : le second consistait en plusieurs vis à l'aide desquelles je fixai le baromètre pour l'empêcher de bouger. Au moven de ces deux accessoires, qui sont de l'invention de M. Adie, d'Édimbourg , on peul se servir avec toute confiance du baromètre, même au milieu des raffales dont j'étais assailli.
Le mercure indiqua 29. 68 à deux différens endroits, en dehors des chutes; il marqua 29. 72 lorsque l'instrument eul élé porté derrière ces chutes, près de Termination-Rock (le Rocher de la fin) : ainsi se nomme un angle infranchissable de rocher , distant de l'entrée de cent cinquante-trois pieds, en partant de l'extrémité occidentale ou canadieune du grand Fer-à-Cheval. Dans ces deux cas, le thermomètre était à 70 de Farhenheit (210 11 centigrades). Notre station intérieure était de dix à douze pieds plus basse que la station extérieure , el l'on comprendra aisément que dans ma situalion, avec des Lorrens d’eau qui roulaient sur l'instrument et sur l'observateur, au milieu de tourbillons de vent qui menaçaient à chaque instant de nous jeter dans l'abime, il n'était pas très-facile de lire avec précision les chiffres indiqués. J’observai que, en dedans des chutes, le mercure vibrait dans le tube, dansune proportion d'environ quatre centièmes de pouce, el ne restait jamais fixe ; je pris en conséquence le chiffre le plus élevé et le chiffre le plus bas, et je notai la moyenne. Pendant les cbservations extérieures , il n y eut de perceptible qu'un léger frémissement à la surface de la colonne. Afin d'éviter les er-