CHAPITRE XXI
Salem. — Brighton. — Boston.
Après déjeuner , le 13 octobre, nous quittämes Lowell, et nous nous dirigeàmes, à travers la campagne, sur Salem, ville de la côte , à quatorze lieues de Boston, au nord-est, ville connue long-temps dans le monde commercial. Son port est l’un des plus entreprenans et des plus aventureux d'Amérique ; le premier, en effet , il a su comprendreles avantages du commerce avec la Chine, l'Inde et les îles orientales. Les hardis navigateurs de Salem avaient tellement pris les devans sur le reste de leurs compatriotes, que , pendant beaucoup d'années, seuls ils les approvisionnèrent de thé, d'épices et autres denrées de l'Orient , qu'ils portèrent même jusqu’à New-York, maintenant reine maritime du monde occidental.
À la porte d’une auberge de campagne, portant le nom anglais d'Andover , près de la rivière indienne de Shawsheen , je trouvai affiché l'avis suivant :
vols
âmes Loampagne, s de Bosdans le entreprepremier, ommerce es hardis es devans ant beauit de thé, portèrent maritime
ortant le ienne de
Chasseurs, attention !
300 oiseaux seront placés pour les chasseurs, à l'hôtel
des Souscripteurs, à Tewksbury, le vendredi 12 octobre courant, à 8 heures du matin.
N. B, Les sentleman de Tewksbury, de Lowell et du voisinage sont invités à y assister,
Wizziam Harpy.
10 octobre 1827.
Ce placard , tout-à-fait inintelligible pour moi, ne le sera pas moins, je pense, pour la plupart de mes lecteurs.
L'aubergiste rit beaucoup de ma curiosité, mais il la satisfit complètement, en m'expliquant que ces parties de tir étaient si communes en Amérique, qu'il ne doutait pas que je n'en rencontrasse un grand nombre. Toutelois je n’eus point ce bonheur ; et je regrettai beaucoup d’être venu un jour trop tard pour jouir du coup d'œil de cette battue américaine. Il paraît que ces oiseaux sont tout bonnement des volailles de bassecour, quon place à un certain éloignement , et sur lesquelles tire chaque personne qui consent à payer le prix fixé pour chaque coup. Si l’on tue l'animal, on l'emporte : autrement , en véritable chasseur , l’Américain n’a pour son argent que le plaisir d’avoir tiré. Les coqs et les poules sont placés à une distance de cent soixante-cinq pieds, et, pour chaque coup de fusil chargé à balle, le chasseur a quatre cents à payer