‹ Voyage dans les États-Unis de l'Amérique du Nord et dans le Haut et Bas-Canada [microforme]Chapitre 46 sur 52 · CHAPITRE XXIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIL

Constitution de l'Amérique. — Ses antécédens. — Sa situation présente.

C'était en novembre 1827. New-York était en proie aux tempêtes électorales. Je ne me flatte pas d'avoir pénétré dans les dernières profondeurs de ces mystères des partis, de ces arènes des factions. Du moins j'ai étudié avec soin les annales de ce pays déjà vieux, bien qu'il se croie jeune, fils de l'Europe que cependant il renie.

En 1754, à la requête des lords commissaires pour le commerce et les plantations , un congrès, composé des commissaires de sept des colonies , fut convoqué à l'effet de délibérer sur le meilleur moyen à prendre pour défendre l'Amérique dans le cas d’une guerre azec la France. Le but de l'Angleterre était plus limilé que celui des colonies; celles-ci profitèrent de cette réunion pour émettre différentes opinions, qui, soit qu'on les considère comme causes ou comme effets, ont certainement contribué à la création de doc-

trines qui devaient, plus tard, avoir d'immenses résultats pour ce pays. Quelques-uns des délégués , par exemple , avaient reçu pour instructions de cimenter une Union dont les bases subsisteraient également pendant la paix et pendant la guerre. La convention vota aussi unanimement l'union des colonies entre elles : c'était le garant de leur conservation. On proposa ensuite de former un conseil général de délégués, qui serait choisi tous les trois ans par les assemblées provinciales, et de décider qu'il y aurait un président pénéral nc.umé par la couronne. Ce conseil aurait eu le pouvoir de faire des lois pour régir les nouveaux établissemens , de lever des troupes , de bâtir des forts, d'armer des vaisseaux, etc., et même d’asseoir et de lever des taxes. Mais de semblables projets parurent trop hardis : ils furent repoussés non-seulement par le gouvernement, ainsi qu'on devait s'y attendre , mais encore par chacune des assemblées provinciales.

Depuis ce moment les colonies se maintinrent dans un état perpétuel d'irritation, par suite de leurs dissensions intestines, relatives à la limite de leurs frontières respectives, el à la création d’une Charte ; cette irritation était telle que le docteur Franklin soutenait, en 1761, que l’union des colonies était absolument impossible , à moins qu'elle ne se trouvât fondée sur une oppression et une tyrannie insupportables.

Dans l'année 1765, un congrès de délégués, pour neuf des colonies, s’assembla à New-York et délibéra sur les mesures à prendre relativement à la taxe co-

loniale proposée par l'Angleterre. Le congrès rédigea

ricai mul!

enses réués , par c'menter nent penlion vota re elles :

posa en- UÉS , qui lées proident pérait eu le eaux étales forts, oir et de parurent nt par le re, mais les.

rent dans rs dissenirs fronrte; celie outenail,

solumert

ndée sur es.

és, pour délibéra Laxe cos rédigea

un bill des droits, dans lequel il fut déclaré que le droit d'établir des impôts appartenait aux législatures coloniales ; ce qui prépara, pour 1774, une association plus générale et plus complète des colonies : c’est la base sur laquelle repose l’ordre présent des choses en Amérique. Pendant que le gouvernement anglais se décidait à recourir à la force pour soutenir ses droits, les résolutions du congrès, déclarant les prérogatives imprescriptibles inhérentes aux hommes libres, furent recues avec enthousiasme dans tout le pays, et, de ce jour-là, l'on put dire que l'union était opérée.

En mai 1775, un nouveau congrès s’assembla à Philadelphie ; il était investi de pouvoirs encore plus é lus. Ses membres avaient été autorisés par leurs -sc-{iuans à concerter, arrêter, diriger, ordonner et mettre à fin toutes mesures jugées nécessaires pour obtenir la réparation des griefs américains; en un mot, à préparer la lutte avec la mère-patrie. Quatorze colonies prirent part à ces violentes résolutions.

Les hostilités suivirent de près; des manifestes turent répandus dans le pays et dans le monde entier, expliquant les motifs et le but des confédérés ; on prépara des armées et des floltes ; un papier-monnaie fut créé sous la garantie de l'Union; et, peu à peu, les colonies s'emparèrent des prérogatives de la souveraineté. Enfin , le 4 juillet 1776, le dernier pas fut fait : au nom et en vertu de l'autorilé du peuple américain , la célèbre déclaration d'indépendance fut promulguée.

Je n'ai point le projet de décider si les colons eurent tort ou raison dans cette grave circonstance. Ils crurent être en position de gérer mieux leurs propres affaires, seuls, qu'avec ‘notre assistante : l’histoire dira si la justice et le bon sens furent de leur côté : il pensèrent également être assez forts pour décider la querelle par la voie des armes ; à cet égard, il n’est pas douteux que leur calcul se trouva just. Une excuse fut bientôt imaginée pour secouer le joug de notre domination ; la bataille fut livrée ; — leur cause triompha ; — nous reconnûmes leur droit de se gouverner eux-mêmes ; et, depuis lors, ils ont joui jusqu'à présent de ce privilége.

La première opération du congrès fut de mettre en ordre et de rédiger les articles de la confédération qui devait servir d'agrès , de voiture et de pilote au vaisseau de l'état nouvellement lancé. Mais ce n'était pas une mince besogne : bien du temps s écoula avant que le congrès püt parvenir à concilier les intérêts opposés et les projets des treize colonies unies , et à former un tout homogène , uni par un lien commun. Lorsque ces articles furent soumis à la sanction de chaque état, ils rencontrèrent des obstacles encore plus sérieux, et ce ne fut pas avant le mois de mars 1781 , que les fameux articles de la confédération reçurent l’approbation unanime des États-Unis , trois ans après leur première promulpation.

Les paroles suivantes, d'un écrivain américain dislingué , le chancelier Kent, donneront une idée juste

le €

suje

cipa

Unis

ons euance. Ils propres l'histoire ur côté :

r décider |, il n’est Une exjoug de eur cause e se gou- joui jus-

mettre en ration qui eau vaisn'était pas avant que ts opposés ormer un prsque ces e état, ils eux, et ce les fameux pprobation r première

ricain disidée juste

des élémens de discorde qui envenimèrent la discussion de ces articles :

« Il devint impraticable, dit l’auteur que nous « citons, de faire agréer aux États un mode uniforme « de défense pour la s'reté et l'honneur nationaux. « Des discussions sur des réglemens de commerce, « sur des bornes de territoire, se jetèrent à la tra- « verse, et l'on vit se dissoudre par degrés les liens « d'amitié, et le sentiment d'intérêt commun qui avaient «cimenté l’Union durant les luttes acharnées de la « révolution. Des symptômes de détresse et des marques « d'humiliation s’accumulèrent bientôt. Ce ne fut « qu'avec peine qu'on put parvenir à réveiller assez « l'attention des États pour les décider à conserver « dans le congrès une représentation suffisante pour « régler les aflaires. Les finances de l'Union étaient « épuisées ; toute l’armée des États-Unis se trouvait « réduite , en 1784, à quatre-vingts personnes, et les « États furent invités à pourvoir, au moyen de la milice, « aux garnisons des ports de l'Ouest. Bref, chaque état, « cédant à la voix de l'intérêt personnel et de sa conve- « nance immédiate, cessa successivement de soutenir la « confédération, jusqu'à ce que l'édifice fragile et chan- « celant fût prêt à tomber sur ILurs têles et à les écraser « sous ses ruines. »(Kent's Commentaries,vol., p. 208.)

Afin de rendre compréhensibles mes opinions au sujet des États-Unis et les détails qu’elles nécessitent,

je crois utile de faire connaître brièvement les prin-

cipales dispositions de la constitution écrite des Etats- Unis , telle qu’elle existe maintenant. Toutefois, je

HR

ferai observer en passant que bien peu de ces dispositions sont en vigueur dans toutes les parties de l'Union, et que plusieurs des plus importantes ont été longtemps, et sont encore le sujet de violentes discussions.

Le pouvoir législatif réside dans le congrès, qui se divi-e en deux parties , la chambre des représentans et le ss .t Les représentans doivent être âgés de vingtcinq ans , jouir des droits de citoyen depuis sept ans, et habiter l’état qui les a élus. Ils sont nommés tous les deux ans par le peuple , les suffrages élant universels ou à peu près. Par un acte du congrès, du 7 mars 1822, les représentans sont répartis parmi les différens états, C après le quatrième recensement fait en 1820, à raison d’un membre pour quarante mille häbitans; ce qui fait un total de deux cent treize membres.

Dans les discussions auxquelles donna lieu la rédaction de la constitution , une difficulté s’éleva relativement au nombre de membres que devraient envoyer au congrès les états qui renferment des esclaves ; et on décida , à la fin, que cinq esclaves seraient comptés pour trois hommes libres dans la répartition à faire ; et on a toujours opéré sur la même base.

Le recensement de 18320 donne une population totale de 9,638 , 226, divisée ainsi :

Blancs. ...,.,,,.. 0 «e + + 7:001,995 Esclaves. , ............ 1,538,118 Noirs libres. .......,.... 233,557 Autres personnes , en exceptant

les Indiens non naturalisés. . . 4,616

senti dix- | Dans

cinq

élus les

dans

Dan

dispode l'Uté long- 1ssions.

, qui se ntans et e vingtpt ans, tous les iversels rs 1822, lifférens n 1820 , âbitans ; res.

a rédacrelativeenvoyer es ; et on comptés à faire ;

on totale

Page 1