CHAPITRE V
With nodding arches , broken temples spread ! The very tombs now vanish'd like their dcad ! Fanes , which admiring Gods with pride survcy ; Statues of mcnscarce less alivc than they! Some felt the silent stioke of mould'ring âge, « Some hostile fury, some religious rage.
Barbarian blindne»s, Christian zeal conspire, And papal piety, and Gothic Cre. Pope.
Pays parsemé d'arcades brisées , de temples ruinés ; les tombeaux et les morts ont également disparu 1 Temples que les dieux même contemplaient avec orgueil ; statues détruites, ainsi que les hommes! les uns sont tombés sous la main silencieuse du temps, d'autres ont rcssenii la fureur guerrière ; ceux-ci la rage religieuse : le zèle des chrétiens a conspiré avec l'ignorance des barbares , et la piété des papes avec les flammes des Goths.
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Dîner chez un Paysan. — Visite à Palestrine. — Foi du Peuple dans la Sorcellerie. — Giorgi le Sorcier. — Description de Palestrine. — Temple de la Fortune. — Mosaïque célèbre. — Vue de la Porte du Sud, à Palestrine.— Anagni. Monte Fortino. — Antiquités. — Saint- Agapet. — Sa Fête. — Pays renommé pour les noisettes.— Retour à Poli par le chemin de la montagne.
JL/ANS la première semaine du mois d'août, nous cédâmes aux instances d'un de nos arnis
! l8 ÏROIS MOIS
fie Poli , qui nous pressait d'aller passer la journée au casale de sa vigne; c'était le même dont l'heureuse industrie nous avait procuré un spectacle d'un grand intérêt , et dont le fils était notre guide ordinaire. C'était le dernier jour de la moisson, et ce brave homme insista pour nous donner à dîner. Le repas consistait en haricots secs et verts, accommodés de différentes manières; nous avions pour table un plateau pincé sur une mesure de blé, et pour siège , divers instrumens d'agriculture, couverts de boites de paille; les fourchettes étaient des roseaux fendus, et chacun muni d'une cuillère de bois, puisait à volonté dans un large plat placé au milieu de la table. Cette réception cordiale et la bouté des alimens, nous rendirent ce repas fort agréable. Après nous avoir montré ses vignes, ses oliviers, et l'aire à battre le blé, notre hôte nous proposa d'aller jusqu'à Palestrine, que nous n'avions pas encore vu. La route que nous primes passe à travers une contrée sauvage et boisée; elle suit en quelques places l'ancienne route qui conduisait de ïibur ( Tivoli ) à Prcneste ( PalesUMue. ) A deux milles de Palestrine, nous rencontrâmes un homme d'uu extérieur remarquable et vénérable : notre hôte le salua ; puis se rapproçhapt de nous, il \ious dit avec mystère ; « Cet
PASSES PRES DE ROME. 1 ig
"homme possède des pouvoirs surnaturels; » observez-le bien, mais ne parlez de lui que » lorsqu'il sera assez loin pour ne pouvoir vous » entendre. » Sa physionomie était fortement prononcée; ses longs cheveux blonds flottaient en boucles autour de son visage; ses yeux étaient petits et vifs, et son regard pénétrant; l'expression de ses traits nous fit comprendre qu'il avait assez de ruse pour se prévaloir de l'opinion que ses crédules voisins s'étaient formés de sa supériorité. Nous ne pûmes nous empêcher de sourire au récit des faits qui attestaient son pouvoir comme sorcier , et dont nos compagnons s'empressèrent de nous faire part lorsqu'il nous eût quitté, pour continuer sa route vers Zagaroîa , ville de la plaine. Un jour, nous disait-on , entouré de dix ou quinze sbirres , qui avaient ordre du gouvernement de se saisir de lui, il murmura quelques paroles; et lorsque les sbirres voulurent le saisir, leurs bras se desséchèrent. Dans une autre circonstance, il était environné, ainsi que son fils, de soldats de Sa Sainteté, qui faisaient feu sur eux. «Tiens-toi à ma droite, « dit-il au jeune homme; et aussi long-lcmps que ce dernier observa cet ordre, les balles impuissantes louilxiient devimt lui ; mais ayant par malheur
passé à la gauche, il fut lue à l'instant, tandis que le père resta sain et sauf. Pour terminer ces récits extraordinaires, on nous raconta une troisième anecdote également merveilleuse, mais d'un genre plus gai. Georgi (c'est le nom du sorcier ) conduisait à Rome un bœuf pour le vendre aux bouchers, et désirant esquiver le paiement du droit d'entrée, il monta sur le dos de l'animal , et fasciua les yeux des gardes de la porte, qui le virent entrer sur un bon cheval, taudis que les paysans, ses compagnons , voyaient très-bien qu'il avait enfourché son propre bœuf.
Nous conclûmes de ces histoires , que la croyance à la sorcellerie est encore assez générale chez ces montagnards; et en discourant de telle sorte, nous arrivâmes jusqu'à l'angle d'un rocher, d'où nous aperçûmes Paîeslrine pour la première fois. On ne peut se figurer nn plus beau spectacle; les ruines d'une tour et d'une forteresse du moyen âge, couronnent la colline conique sur laquelle cette ville est bâtie. Un grand couvent, près de l'une de ses portes, et ses rues en terrasses, présentent un aspect probablement assez semblable à celui du temple de la Fortune, de ses bains, de son fanal et de sa citadelle, qui jadis occupaient les
mêmes lieux. Les pins qui se mêlent aux bâtimens , et qui cachent l'ancien mur cyclopien , joints au feuillage sombre de quelques cyprès, servent à détacher la colline des montagnes boisées qui l'entourent. Au-delà de la plaine étroite qui sépare les collines des Voisques de celles d'Albe, les regards s'étendent jusqu'au Monte Circeo , et jusqu'à la mer. En descendant la rue devant le palais de Palestrine, les débris des différentes époques de son histoire se présentaient à nous de toutes parts. Le palais appartient à la famille Barberini, qui possède encore , au moins de nom , la juridiction de la ville. Carlo Barberini , frère du pape Urbain viii, fut le premier seigneur de cette maison qui posséda ce fief important. Les Colonna avaient été forcés de vendre Palestrine à leur ennemi, à la suite des querelles sanglantes qui s'étaient élevées entre eux et le pontife; et nous pouvons croire à la sincérité des regrets qu'exprimait François Colonna, en abandonnant les citoyens de cette ville à la domination de leur nouveau maître. Palestrine fut jadis le théâtre des hauts faits des Colonna, dès les jours de Crescentius et pendant les temps orageux qui signalèrent les commencemens de Rome moderne. C'était la possession la plus considérable de celte noble maisoo ,
car les nefs de Zagarola (i) , Colonna (ij) , et la moilié de Tusculum (Frascati), n'atteignaient pas à l'importance de la forteresse et du territoire de Palestrine.
En parcourant la ville, les yeux sdnt continuellement attirés par des fragmens de colonnes de marbre, de statues et de fontaines, disposés pour l'ornement des rues, ou pour servir de sièges à côté des maisons mesquines de ses habilaus actuels. Les rues modernes du Corso, où se passent les divertissemens et les plaisirs du carnaval, tels qu'on les pratique à Rome, sélendent le long du pied de la colline, dans la direction de l'ancien Forum. Un peu plus haut, quelques colonnes surmontées de riches chapiteaux forment le côté d'une église , et des tronçons brisés de semblables colonnes sont incrustés dans les maisons voisines.
D'après toutes les opinions des antiquaires, depuis Suaresius, ces débris appartenaient aux édifices et portiques élevés par Sylla, pour orner l'avenue du temple de sa déesse favorite, lorsqu'il rebâtit la ville. Ce conquérant avait
(i) Appartenaiit actuellement aux Rospigliosi. Clément vu la brûla dnns ses guerres avec les Colonna. Celait l'ancienne Pedum.
[i) Appartenant aussi aux Rospigliosi. C'est de là que la. tkniille Colonua prenait sou nom. C'cUiil Tancieunc Labicuin.
puni , par le massacre des Prcnestins , îa fidélilé avec laquelle ils avaient suivi la fortune de Marins, et il avait partagé leur territoire entre ses soldats. Près de là s'élevait le phare , qui ne pouvait être mieux placé que dans le temple de la Fortune, puisque cette déesse est la divinité particulière de rOcéan(i). Là, étaient aussi les Deiubra (2 ) supérieurs ou inférieurs; c'est ainsi que l'on nommait les parties ♦les plus sacrées et les plus somptueuses de ce temple magnifique , qui était enrichi par les offrandes des souverains de l'Orient , et les présens faits par les villes les plus opulentes; de ce temple que les arts de la Grèce s'étaient plu à embellir , et pour la construction duquel les carrières de l'Egypte et de l'Asie avaient été mises à contribution.
Au-dessus de ce bel édifice, s'élevaient les temples particuliers de la Fortune , de Jupiter
( 1) Suivant Pausanias , Homère , dans son Hymne à Cérès, l'appelle la Fortune , fdle de l'Océan; la Fortune Prenestine, en pai ticulier, était toujours représentée une rame a la main^
[1) La signification précise de Delubrum n'est pas bien comprise. Quoique ce mot soit quelquefois pris pour temple, ou pour désigner le lieu où les Augures examinaient les oiseaux, il ne convient cependant h aucun des deux : la diflél'ence n'est nulle part clairement établie, ^scliinardi renvoie a d'autres, qui ne s'accordent pas rntre eux.
et de Junon, et la citadelle qui couronnait le rocher. La splendeur de ce temple maintint le crédit des oracles Prenestins auprès du vulgaire , long-temps après que la partie éclairée du monde Romain eut cessé de croire aux devins et aux Sybilles. Les oracles des Prenestins étaient au nombre des plus anciens de l'Italie , et toutes les nations venaient les consulter. On rapportait que jadis du miel avait coulé d'un olivier situé près du Delubrum supérieur , et que la boîte qui contenait l'oracle grossier avait été faite du bois de cet arbre. Cette tradition contribuait à sanctifier l'origine de ces oracles, qui consistaient en de simples lettres ou mots grossièrement sculptés sur des morceaux de bois (i) : on les mêlait , et un enfant les tirait au hasard. On répétait trois fois cette opération (2), le prêtre élevant aussi souvent
(1) Celte tradition ne s'accorde pas avec ce que rapporte Gibbon, d'après Pline, savoir, que deux siècles après la fondation de Rome , l'olivier était un arbre étranger à l'Italie. \irgilc parle de branches d'olivier, que les partis ennemis portaient en signe de paix , lorsqu'il s'agissait de conclure une trêve ou une alliance; et comme cet auteur passe pour être lort exact dans la description des mœurs et des usages , il faut croire qu'il savait que l'olivier était connu avant la fondation de Rome.
(9) «Les lois sacrés élaicnl lires trois Ibis par l'enfaut. » TiBULLE . liy. i, m et xi.
la boîte aii-dcssus de sa tête. La réponse était écrite dessous la boîte, et on la suspendait au cou du dévot. Lorsqu'Alexandre Sévère consulta les oracles de Preneste, il reçut pour réponse ces paroles de Virgile :
Si qua fata aspera rumpas, Tu Marcellus eris (i).
Ceci prouverait bien , au besoin , que les prêtres savaient conformer leur réponse aux désirs de ceux qui les consultaient. De nombreuses inscriptions attestent que la Fortune Prenestine recevait des dons en toute occasion, publique ou particulière. Les vainqueurs des jeux consacraient leurs prix à la déesse propice : un navigateur heureux lui dédiait un \aisseau d'un travail exquis. Les monumens funéraires lui étaient consacrés aussi bien que les mânes des individus.
Des inscriptions nous apprennent qu'un affranchi d'Auguste dédia à cette déesse une statue de la Justice , et qu'une statue de l'Amour lui fut offerte par Lucius Anocinus Sororicus, protecteur de la ville de Lutetia (Paris). Le nombre et la valeur des dons offerts c\ la Forlune Prenestine, firent dire à Carneades, am-
(i) Si tu peux du destin vaincre un jour le courroux
Tu seras Marcellus ! ViHcitE, Enéide , liv. v.
bassadcur des Athéniens pW-s du sénat de Rome, qu'il n'avait jamais vu de Fortune aussi fortunée que celle de Preneste.
La Fortune recevait de quelques-uns de ses adorateurs un tribut annuel en couronnes de marbre ou d'or, les plus pauvres offraient des couronnes d'argile ou de pierre commune; il n'y a pas plus d'un siècle, qu'un magasin rempli d'objets semblables fut découvert près de Palestrine. Toutes les classes de la société suspendaient autour del'autel des ex voto, en commémoration de quelque délivrance , et l'on a égale-* ment trouvé dans le magasin que l'on a mentionné, un certain nombre de petits bras et de petites jambes d'argiie, semblables aux objets en cire que l'on offre aux saints en de pareilles occasions. Les anciens suspendaient a leur cou, ou attachaient à leurs habits de petites images de la Fortune, ainsi que les catholiques romains portent des IMadonnes et des crucifix. Ce n'était pas la seule divinité que les Païens adorassent ainsi , il existait une multitude de ces petits dieux de poche et de voyage, ainsi que Winkelman les a nommés. Sylla portait toujours sur lui une Fortune de bronze, et un petit Apollon Pythien en or, qu'il baisait souvent. Ce fut dans le Delubrum inférieur du temple, non loin de l'archevêché
PASSÉS PRî:3 de ROME. I27
actuel, que fut trouvée la fameuse mosaïque qui attire principalement l'attention des curieux à Palestrine. Pline rapporte qu'elle y fut placée par Sylla , qui introduisit cet art à Home ; il est question de celte mosaïque dans une inscription de Palestrine , du neuvième ou dixième siècle; mais elle avait été oubliée, et lorsque le hasard la fit découvrir au commencement du dix-septième siècle, elle était couverte d'ordures, et d'un dépôt provenant de l'eau d'une citerne qui se trouvait au-dessus. Le cardinal Antonio Barberini la fit transporter à son palais, où on la voit maintenant; les premiers dessins d'après cet ouvrage furent faits cà la lumière des flambeaux, dans lécurie où il fut découvert, et quatorze feuilles de ces premières esquisses appartiennent au chevalier del Pozzo, qui en donna quelques-unes à l'évêque Suarez, pour qu'il les fît graver dans ses «Antiquités de Prenestc^^. Dès-lors, des littérateurs et des antiquaires ont décrit cette mosaïque, et onf publié de? dissertations sur elle; mais on ne s'est jamais accordé sur le sujet qu'elle représente. Birtholini croit qu'elle est postérieure à Sylla, et qu'elle appartenait à un temple de Serapis, qui fut érigé lorsque le culte de cette divinité était à la mode chez les Romains , cette opinion est fondée sur ce qu'on
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avait représenté des animaux de l'Éi^yple et de l'Afrique, et qiieîes figures dans les batcauxsont africaines. Cependant elle répond à la description faite par Pline, de la mosaïque de Sylîa ; ce général avait rapporté cet art de l'Orient, probablement il avait aussi amené des artistes qui exécutaient les mêmes sujets que dans leur pays, et étonnaient encore plus en représentant des scènes et des animaux étrangers. Quoiqu'il en soit, ce pavé est fort curieux, soijt par le nombre d'animaux accompagnés de leurs noms en caractères grecs , soit par les temples, les tours et les villages qui paraissent être entourés d'eau; c'est probablement une scène du débordement du Nil. Les figures, qui selon quelques auteurs représentent la fable d'Hélène et de Ménélas, peuvent également s'appliquer à l'allégorie d'îsis, envoyant les membres d'Osiris aux différentes villes de l'I^gyptc. D'autres mosaïques ont été découvertes à diverses époques à Palestrinc; la plus belle représente l'cnlèvement d'Europe, que l'on voit passant la mer sur le dos du taureau , tandis que ses compagnes se lamentent sur le rivage.
Le jour était trop avancé lorsque nous arrivâmes à Palestrine, pour nous permettre de donner à l'examen de ces antiquités tout le temps que nous aurions désiré. Nous sortîmes
de la ville par une porte opposée à celle par où nous étions entrés, et nous nous reposâmes quelque temps sur une terrasse qui domine la plaine jusqu'à la mer; devant nous, à une petite distance, était Anagni, où naquit Boniface VIII, dont la haine contre les Colonna, renouvela dans Palestrine les scènes de cruauté de Sylla, car il en chassa les habitans, et fit passer la charrue sur ses murailles (i). Ce fut dans ce temps de persécution, que l'on démolit la partie supérieure du temple de la Fortune, qui jusqu'alors était demeurée entière. Anagni, à son tour, fut le lieu de l'emprisonnement et de la punition sévère infligée à Boniface, par les neveux des hommes vertueux qu'il avait persécutés.
Derrière Anagni , s'élevait jMonte Fertino , qu'éclairait le soleil couchant ; cette ville donne asile dans ses murs, à des hordes de brigands alliés des villes de Ferentino, Sonnino, Frosinone et Faiola, que nous cachaient les collines intermédiaires. A notre droite, on voyait le Mont Algide , consacré à Diane et à Apollon; nous ne pouvions faire un pas sans trouver un rocher, une colline, ou tout au moins un nom
(1) Voyez le Purgatoire du Dante, chant xxvii.
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immortalisé par Virgile, et nous répétâmes spontanément la description qu'il fait des guerriers qui suivirent le fondateur de Pales- Irine à l'année de ïurnus.
ISec Prœnestiure fiindator déficit iirbis, Vulcano genitum pecora inter agrestia regein , Invenlumque focis, omuis qiiem credidit œtas, Cœculus. Hune legio latè comitatur agrestis; Quique altum Praeneste viri quique arva Gabinse Junonis, gelidunique Anienem, et rocida rivis Heniica saxa colunt^ quos, dives Anagnia pascis Quos , Aniasene pater. ISon illis omnibus arma, Wec clypei currusve sonant : pars maxima glandes Liventis plumbi spargit : pars spicula gestat Bina manu, fulvosqne Inpi dcpelle galeros Teg-nien habenl capiti , vestigia nuda sinistri lustituùre pedis crudus tegit altéra pedo (i).
(i) Et toi, Preneste, aussi, de tes riches frontièrt>s. Tu vis, fier do grossir ces phalanges guerrières, l'artirton fondateur, qui, parmi les troupeaux , Au trône destiné, naquit dans les hameaux; Cxculo, en un foyer trouvé dans son enfance, D'où l'on crut qu'à Vulcain il devait la naissance. Et Preneste et Gabie , où préside Junon ; Anania, qu'entoure un ferlilc vallon; Les monts Hernicicns, arrosés d'eau féconde; TjCS bords que l'Anio rafraîchit de ses ondes, Et l'Amascne, enfin, d'agrestes combattans Pour cet illustre chef, ont dépeuplé leurs champs. Tous, ils n'ont pas un char, un pavois, une lance; L'un fait voler le plomb que la fronde balance ;
TASSES PRES DE ROiME. Ul
Chaque porte, chaque avenue cïo Palcstrine porte un nom antique ou contient des objets dignes de l'attention de l'antiqîiafre (i) et de l'historien. Là est un ancien tombeau, là sont
t)e deux traits meurtriers , d'autres arment leurs mains ; La dépouille d'un loup les coiffe de ses crins ; D'un côté leurs mains nues, des airs bravent l'injure, De l'autre un cuir grossier est l'informe chaussure. ,
Delille, Enéide, liv. vir.
(i) Entre ceux-ci, l'un des plus curieux est le vase sacré dédié par Dindia à son père; il est de bronze, de forme cylindrique, haut de deux palmes, supporté par trois grilles de lion qui reposent sur des crapauds, et surmonté de trois petites ligures de bronze. On voit une gravure du tout dans le Muséum Kirkerianunij les figures gravées sur le couvercle sont occupées à chasser, et celles des côtés représentent la dispulo de Pollux et d'Amjcus, qui sont aussi gravées dans Winkelman. Ces figures sont seulement gravées sur le bronze. Petrini, dans ses Annales de Paleslrine ^ donne la description d'un autre vase qui diflere peu de celui de Dindia : un troisième , de la même espèce , a été apporté en Angleterre par un monsieur Bay; il avait appartenu à Viseonti. Les lettres gravées sur le premier ressemblent à celles que l'on voit sur la colonne de Duilius; Petrini croit qu'elles tenaient au syste mystique des Bacchanales, et l'ait remonter leur date au-delà de cent quatre-vingt-six ans avant Jésus-Christ; car, dans cette année , une loi du Sénat mit fin aux orgies de Bacchus. Le vase de Dindia fut trouvé dans un tombeau près de l'église de Sanl- Antonio , avec une patère et un petit vase pour les parfums. On n'a trouvé aucun autre vase de cette espèce et de cette forme hors du territoire Prcneslin. L'artiste qui lit celui de Dindia était Novius Plaulius.
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les restes d'un théâtre; ici ou a déterré l'Antinous Braschi; plus loin, la Danaïde du Vatican. Un champ porte le nom de la famille Ulpienne, qui sortait probablemeut de Preiieste, ou qui y jouissait des droits de citoyen. Trajan, le plus illustre personnage de cette famille , venait souvent ici jouir des plaisirs de la chasse. Quelques vignes ont conservé les noms d'i^lien et d'Aulu-Gelle, qui se rassemblaient ici chez Pline le jeune; les Antonins aimaient Preneste, et l'on trouve souvent leurs noms dans les inscriptions de la ville.
On y rencontre aussi fréquemment, les noms des saints et des martyrs, ces héros des premiers chrétiens; le plus illustre est Saint- Agapet, dont le culte a remplacé celui de la Fortune Prenestine. Sa fête a lieu le 18 août, et les habitans viennent de plusieurs milles se livrer en commun à l'exercice de la prière et aux divertissemens qui durent pendant deux jours.
Nous ne pouvons donner une meilleure idée de ce mélange de dévotions et de plaisirs mondains, offerts au peuple dans ce jour, qu'en insérant ici le programme imprimé qu'on uvait affiché dans toutes les petites villes du voisinage , il donnera occasion à nos lecteurs , de
remarquer avec quelle exactitude l'église romaine a suivi les cérémonies païennes dans ses fêtes :