PROGRAMME
« Les autorités publiques de Palestrine ont décidé »de célébrer avec pompe la fête du glorieux et invin- » cible Saint-Agapet, citoyen de cette ville ancienne et » illustre, et de son diocèse. La fête aura lieu le 18 août, » dans l'ordre suivant :
))La veille, à vingt-deux heures, on chantera les vêj>pres solennelles avec la musique, aussitôt après que «suivant les usages et coutumes établis, le révérend «chapitreaura porté avec un pieux respect la tête mi- «culeuse du Saint, depuis le collège épiscopal jusqu'à » l'église cathédrale qui lui est pareillement dédiée, et «qui sera ornée de belles tentures symétriques.
))Les musiciens de Rome, établis sur la place de la » ville, joueront pendant la soirée différens morceaux ))de la meilleure musique moderne adaptée aux ins- »trumens à vent. A la musique se joindront des feux «d'artifice.
))Le lendemain, à douze heures, la tête sacrée sera «portée dans les principales rues de la ville avec les «cérémonies ordinaires; elle sera accompagnée du » clergé régulier et séculier, des confréries et des nia- «gistrats. La musique suivra la pi'ocession.
» La musique jouera pendant la grand'-messe et les » secondes vêpres.
«Une course de chevaux, avec une bourse de quatrc- » vingt-dix francs pour le vainqueur, aura lieu à vingt-
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«deux heures, et à vingt-quatre heures, la musique » jouera comme la veille.
»A une heure de la nuit, il sera tiré un grand et «superbe feu d'artifice; puis, l'ascension d'un globe «aérostatique terminera ce jour heureux et solennel.
«Chaque fois qu'une fonction ecclésiastique sera «remplie, le bruit des boîtes et le son des instrumens » donneront le signal à la joie commune. La ville sera «illuminée les deux nuits.
»Le public s'empressera sans doute de prendre «part aux honneurs rendus à un si grand Saint, et aux «diverlissemens ci-dessus mentionnés.
«Donné au palais du Gouvernement, à Palestrine, »le 7 aoû-t 181 g.
«Felice Rosicareili, -premier ancien. »
Outre les divcrtissemens, il se fait un assez grand trafic pendant la fêle; tout ce que roii peut épargner sur les produits des jardins et des fermes est amené à Palestrine pour être changé contre des marchandises étrangères, que les colporteurs apportent à la foire de Saint- Agapct. Personne n'en revient sans un sac de noisettes qui ont rendu Preneste si fameuse àe tout temps, que nous voyons dans plus d'un ancien auteur, les Prenestins, surnommés mangeurs de noisettes. Il est vrai que Cecconi dans son histoire de Palestrine, donne à ce surnom une origine plus honorai>ie que la bonté ou
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l'abondance de ces fruits dans ce territoire. Les soldats preriestins, dil-il, assiégés par Annibal dansCassilino furent réduits par la famine à la dernière extrémité. Gracchus avait fait remplir de blé quelques tonneaux que la rivière devait amener dans la ville; mais l'ennemi ayant découvert la ruse et arrêté les vivres, le même général fît jeter dans le courant une grande quantité de noisettes, que les soldats alFamés arrêtèrent au passage avec un filet de fer, et dont ils se nourrirent pendant quelque temps. Le sénat romain, en reconnaissance du service que lui avaient rendus les soldats prcnestins, exempta les défenseurs deCassilino du service militaire pendant cinq ans, et doubla leur paie. Il leur offrit aussi les droits de cité à Rome; mais comme ils auraient cessé d'être citoyens de Prenesto, ils préférèrent leur ville natale, et refusèrent les honneurs de la capitale.
Quelle que soit l'origine du surnom , il est certain que le territoire de Prenesto produit d'excellentes noisettes de différentes espèces. Nous regrettâmes beaucoitp que l'approche de la nuit et quatre milles à faire pour retourner à la maison, nous empêchassent de voir recueillir les noisettes pour le iour de Saint- Agapet, que nous avions l'intention de venir célébrer à Pa-
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lestrine ; nous quitlâmes donc la place où nous nous étions arrêtés, près de la porte des Capucins, et nous retournâmes à Poli par une route plus courte, mais plus rocailleuse, en passant derrière les tours de Saint-Martin.
Nous jouîmes pendant cette promenade de tous les charmes que peut offrir une contrée sauvage, embellie par l'éclat du soleil couchant et sous le beau ciel de l'Italie. Les ruisseaux des montagnes, les bois déserts, les rochers escarpés, entremêlés de champs, ou d'aires à battre le blé, et animés par des troupeaux de chèvres ou de gros bétail qui retournaient à leur demeure, contrastaient, d'une manière très-avantageuse, avec l'horizon plat et étendu de cette campagne de Rome, qui se montrait de temps en temps entre les collines ; nous ignorions heureusement que dans ce même moment , une troupe de brigands qui avait éludé toutes les poursuites du gouvernement, était à une très-petile distance de notre route, aussi goûtâmes-nous un plaisir sans mélange dans cette course.