XVI PRÉFACE
avec Fetat de civilisation où l'Europe est parvenue, mais qui existent depuis des siècles dans l'État de l'Église.
On aurait pu donner plus de développement à l'épisode des bandits , et le rendre plus romantique; mais l'auteur a rejeté scrupuleusement tous les re'cits douteux qui les concernent, persuadé qu'il vaut mieux faire connaître un fait authentique , que de rapporter vingt histoires plus intéressantes , mais inexactes. Les bandits , ou fuorusciti de l'Italie , sont les brigands de la forêt en Angleterre, au temps de Robin Hood; ils n'appartiennent pas à la classe la plus pauvre et la plus abjecte, ils possèdent généralement un petit champ, et une maison où ils se retirent dans certaines
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saisons de l'année, et ils ne se mettent en campagne , que lorsqu'ils y sont excites par l'espoir du pillage, ou lorsqu'ils sont forces par un puissant ennemi , de chercher un asile dans les bois et dans les rochers. Ils obéissent à des chefs, qui jouissent d'une autorité absolue pendant le temps de leur commandement; mais comme ils sont librement ëlus, ils sont aussi librement déposes, et quelquefois mis a mort, s'ils offensent leurs sujets. Il faut avoir subi un noviciat sévère, et pouvoir supporter les travaux les plus pénibles, pour être admis dans les rangs • des bandits. L'adresse et l'énergie dont ces hommes ont fait preuve, pourraient conduire aux résultats les plus heureux, s'ils étaient diriges par un meilleur gou-
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vernement; mais ici le feu brùle pour détruire et non pour réchauffer.
Peut-être avons-nous donné une des^ cription trop minutieuse de la portion de pays qui fait le sujet de ce livre. Notre excuse est dans le désir que nous avions de faire connaître les avantages que la nature du pays procure aux bandits, aussi bien que les obstacles qui arrêtent ceux qui les poursuivent; peut-être aussi avons-nous cédé aux charmes de ces scènes romantiques qui furent jadis les retraites champêtres des sages et des héros, et dont on aperçoit encore Fantique beauté au travers des ruines; en nous attachant à ces beaux lieux , puissions-nous n'avoir pas épuisé la patience du lecteur.
Les originaux des gravures qui accompagnent cet ouvrage sont dus a M.C. Eastlake, qui accompagna l'auteur et son mari, dans leurs courses aux montagnes.
M. Eastlake est trop connu pour avoir besoin des éloges de l'auteur, qui ne pourrait parler de lui sans partialité', mais qui ne peut laisser échapper cette occasion de le remercier de tout le plaisir que son goût et ses connaissances leur ont procure pendant leur séjour en Italie.