AUX BAINS DE FF£FF£A. I
n'influe pourtant pas sur les produits de la végétation, dont la diflFérence est remarquable. On n'aperçoit autour du village que quelques noyers éparpillés, tandis que l'érable, cet indigène des Alpes qu'on ne trouve pas àSchwytz , s'y montre en quantité. Quelques arbres fruitiers végètent aussi çà et la. Le lin vient bien de même que le chanvre , quoique celui-ci soit plus délicat; mais les habitans ne cultivent point de céréales , qui ne réussissent pas , à ce qu'ils prétendent. Ici , de même que dans les autres parties du Canton , la jouissance des pâturages communs est affectée aux propriétés. Chaque propriétaire a droit de faire pâturer en été le gros et le menu bétail qu'il est en état d'hiverner.
Nous partîmes à l'aube du jour, n'ayant qu'à nous louer de la modicité de notre écot, ce qui donna lieu à des comparaisons de la part de nos compagnons de voyage , qui se plaignirent de la cherté qui règne dans les auberges de l'Oberland et du Tessin. Le commencement de la montée du Bragel est roide et rocailleuse; le cheval qui portait notre bagage, quoique habitué à gravir les monts , fit une chute dangereuse dont heu-
vaut à 1980 — aooo pieds au-dessus du niveau de la mer. A Berne, le baromèrie correspondant t'-lait alors à 2G* 4 7 •
ï 10 ROUTE DE SCHWYTZ
reusement le pauvre animal se releva sans blessure.
Telle est la route de communication entre Glarîs et Schwytz. Il est certain qu'aux époques où les Gantons de la Suisse étaient ennemis ^ ils eussent volontiers élevé entre eux des murs à la chinoise , si les moyens avaient répondu au désir; mais comme nous avons lieu de croire que la méfiance et fanimosité ont disparu pour toujours de nos contrées , nous nous permettons de rappeler qu'il existe en Suisse quantité de barrières naturelles non moins inaccessibles que la grande muraille de la Chine , et dont l'influence n'a pas encore cessé de se montrer hostile en ce qui concerne le commerce et les relations plus intimes qui devraient régner entre les peuples delà Confédération. Puisse le génie de la concorde réaliser chez nous ce que le génie d u conquérant moderne a su réaliser sur le Simplon !
Parvenu sur Téminence qui domine le village de Muotta , le voyageur fait une halte pour jeter un coup d'œil rétrograde sur les magnifiques prairies et les chaumières paisibles de cette vallée solitaire. L'œil se repose aussi avec intérêt sur une masse de bâtimens qui s*élève au milieu des habitations champêtres , et qui constitue le couvent de Saint- Joseph. La fondation de ce couvent de femmes date d'une haute antiquité. Que de