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ment de ces forâts. Quant à celles qui croissent dans la haute région , elles sont à la disposition de tout le monde, ce qu'attestent les dévastations qu'on remarque sur le Glarnisch et le Wiggisberg. n serait si facile de conserver dans chaque commune des Alpes une provision de semences de mélèze, depinastre, d'érable, etc. et de la confier au terrain dépouillé! H est vrai qu'il faudrait préalablement persuader à nos monta^ gnards que la reproduction des arbres de hautefutaie peut s'opérer par la semence.*
Quelques jours avant notre arrivée , la vallée de la Linth avait été témoin d'une rumeur populaire dont voici le motif. Un Glarnais réformé , séjournant dans les Pays-Bas , y avait épousé une femme catholique : deux garçons étaient les fruits de cette union. A son retour à Glaris, un prêtre romain s'insinua dans la confiance de la dame , et lui suggéra les plus vives craintes sur le salut des enfans , qui , en vertu des lois existantes , devaient être élevés dans la croyance du père. A Imstigation du confesseur, cette
* Un forestier de h vallée de Grindenwald soulinl une fois, et très- sérieusement, à l'auteur, que le cimbre ou pin à cinq feuilles ( Pinus ceinbra) était une production spontanée et inhérente au sol des montagnes, et que la seinence de cet arbre ne pouvait en opérer la reproduction.
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femme mit tout en œuvre pour déterminer son mari à ce que les enfans devinssent catholiques ; sur son refus positif, ils disparurent subitement. Aide de ses amis , de ses voisins , le père désolé fit pendant plusieurs jours , mais vainement , les recherches les plus exactes , recherches auxquelles la mère hypocrite semblait participer avec beaucoup de sollicitude. Cependant certains bruits , qui transpirèrent parmi les réformés , firent soupçonner le prêtre d*être Tauteur de Fenlèvement. Aussitôt le peuple furieux se rassemble , entoure la maison , éclate en menaces , et.... les enfans furent retrouvés.
Près de Claris et de Mollis , la vallée de la Linth se trouve à peu près au même niveau que celle de TAar, dans la haute région de Berne. Les arbres forestiers y viennent bien ; mais le noyer est plus rare et moins beau que dans la vallée d*Interlachen, circonstance qui milite en faveur du climat de cette dernière. On a observé qu'en général les vallées exposées au nord sont peu favorables au noyer, dont la végétation est au contraire très-active dans celles qui le sont à Test , quoique au même niveau que les premières.
Du côté de Nettstal et de Mollis , les montagnes 5 moins escarpées , se présentent sous des formes plus gracieuses. Des prairies superbes ,
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parsemées de jolies maisons qu*ombragent des vergers , offrent mi coup d'oeil très-agréable , et d'autant plus intéressant, que ces maisons de plaisance si riantes , sont les fruits d'une honorable industrie. On découvre aussi j avec une satisfaction toujoiurs croissante , des marécages desséchés , que décore un. établissement consacré à rinstruction et à Tentretien des pauvres. Il est beau de voir figurer à côté du bien-être , des institutions de bienfaisance attestant que le riche remplit, à Tégard de ses frères malheureux, les devoirs de cette charité vraiment chrétienne , qui se manifeste par les oeuvres.
L'accueil le plus gracieux nous attendait dans la maison de l'honorable M. Schindler , directeur des travaux de la Linth. Nous eûmes l'avantage de visiter en sa société , et en celle de son aimable faniiUe , les ouvrages qui ont été élevés sur la rivière , et en même temps l'établissement où sont colonisés les pauvres.
L'éminence appelée Bieberlikopf , située au delà d'un pont construit en briques, offre un point de vue d'où l'on découvre l'ensemble des ouvrages et une riche perspective , à laquelle se rattachent des souvenirs d'une haute importance.
L'écumeuxRothenbach , se précipitant du rocher fiu pied duquel est situé Naefels , attire la vue sur
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ce village , jadis tëmoin de la victorieuse résistance d'un Ambiiel, qui, non moins magnanime , mais plus heureux que le hëros Spartiate , combattit avec quelques centaines de citoyens dévoués contre des milliers d'ennemis. Plus loin, Weseiu , petite ville entourée de plantations florissantes, paraît être sortie tout récemment du sein de Tancien marécage ; heureuse maintenant d'une liberté contre laquelle ses habitans se déclarèrent autrefois en faveur de l'Autriche. Audessous du Bieberlikopf , la Mag, dont les eaux refoulées par le torrent croupissaient naguère et alimentaient le marais , délivrée du joug que lui imposait son farouche et puissant voisin , sort actuellement sans obstacle du lac de Wallenstadt, et précipite son cours pour rejoindre celui de Zurich. Ici le fond desséché de la vallée montre les traces profondes des sillons creusés par la Linth, à l'époque ou ce torrent, abandonné à lui-même, ofirait dans son cours destructeur l'emblème hideux des troubles funestes et de la confusion qui accompagnent l'anarchie , tandis que maintenant, contenu dans un lit nouveau qu'entourent de fortes digues , il roule ses eaux limpides avec force et régularité , de même que le pouvoir de la législation imprime aux peuples une marche fixe et sagement réglée. Enfin , oï\
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ci^ouvre^ dans la direction de Niederurnen , les bâtimens de Técole de bienfaisance. Peu d'années onjt suffi pour transformer un maraiâ infect , séjour des reptiles et des insectes , en un étahlissenient salutaire , ou la jeunesse , retirée du cloaque de llgnorance, puise des principes propres à former des citoyens utiles et vertueux, hsL aoirée nous surprit sur le sommet du Bieberlikopf. Déjà enveloppée des ombres du cré*puscule , la vallée , se dérobant à nos yeux , ne nous permettait d'apercevoir que la scintillation des eaux. Alors nos regards, se portant vers une région plus élevée , le Gbrnisch nous montra son sommet magnifiquement éclairé par les derniers reflets de la lumière. Nous nous entretenions dïîschet , de ce citoyen estimable , auquel sont dûs en grande partie les heureux changemens qui se sont opérés dans la vallée, a Ce fut d'ici même , disions-nous , que ses regards attristés^ plongeaient sur l'inmiense marais , sur les villa-* ges exposés à la fureur du torrent, et dont les habitans., pâles, exténués par des exhalaisons morbifiques , ne vivaient que péniblement; mais lorsqu'avec l'aide de ses concitoyens , ils eut enfin réalisé cette œuvre de salut et de régénération , qu'ils durent être vifs les élans de joie de son cceur, en considérant de cette même place les
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progrès et la réussite de cette entreprise salutaire. » *
Nous ne pûmes donner que peu d'instans à l'examen de Fécole de charité , consacrée à l'instruction de trente-six garçons , et dirigée par M. Lontsch , élève de MM. Fellenbeirg et de Wehriy* Qumque désappointés par l'absence de l'instituteur, nous fûmes pleinement silisfaits de la bcmne tenue des élèves , de l'extrême propreté qui règne dans l'intérieur de ce beau bâti^ ment , et surtout de la sollicitude vraiment paternelle que M. Schindler apporte jusque dans les moindres détails. Nous considérâmes avec non moins de plaisir les progrès de là culture sur le terrain desséché qu'on a assigné à llnstitut , et qui s*ét«ftd le long de la Linth. La classe est omée du portrait dé l'empereur Alexandre ; il est revêtu d'un voile ; mais on le dééouvre à l'anniversaire de la fête de cet illustre bienfaiteur, pour l'exposer à lavénération des élèves.** Qu'elle €st importante la leçon qu'oflft^ le portrait de l'autocrate , du souverain puissant entouré de pauvres orphelins , que l'instruction qu'il leur a
* Les Glamaîs se proposent d'ériger sur le Bieberlikopf nn monument en Fhonneur d/£scher.
** L'empereur Alexandre a gratifié celle fondation d*une forte somme, qui a été employée à la construction des bàtimens.
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facilitée arrache aux vices qui découlent de la su^ perstition et de Tignorance ! De quelle puissante énergie ne serait-il pas doué le peuple dont les rejetons seraient élevés d'après les principes qui caractérisent les instituts de HofWyl et de la Linth , et qu'elles paraissent puériles devant le portrait d'Alexandre les récompenses qu'accordent ks souverains aux Suisses qui se vouent à leur service !
Les plantations dépendantes de l'établissement sont d'un bon rapport; il paraît cependant que le terroir, en partie sablonneux, demande une plus forte dose d'engrais que n'en peut fournir l'économie. Mais cet inconvénient disparaîtra à la longue; c'est ce qu'on a remarqué du moins dans d'autres contrées , et nommément à Brientz , où le sol , à peu près de même nature , se fertilise peu à peu. Le voisinage de forêts serait singulièrement avantageux à ces sortes de plantations , vu l'augmentation d'engrais que donnent les feuilles.
On voit encore près de iSaefels des blocs de pierre , figurant comme monumens sur les onze points d'où les Glarnais, aidés d'une petite troupe composée de citoyens de Schwytz , assaillirent et défirent les Autrichiens. Les Glarnais catholiques ont institué en commémoration de cet événement, une procession annuelle, et l'on