‹ Voyage dans les petits cantons et dans les Alpes rhétiennes, trChapitre 2 sur 45 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

BRIENTZ ET l'oBEALAND.

Site de Brientz. •— Chants nationaux. •— Fêtes nationales. «» La gymnastique considër^ comme la base des exercices militaires. — État de rëconomie rurale dans TOberland bernois. ^- Dettes et emprunts. «•* Règlemens concernant la mendi-* cite. '— Hôpitaux* —• Colonisation sur les hauts pÀturages» «- Montons. — • Ressources forestières » applicables à Téconomie rurale. -* Chèvres de Cachemire. ^- Commerce, -i* Avantages résultant de Tindustrie étrangère. •«• Entretien des pauvres.

XL n*est pas de voyageur qui , transporté sur les rives du lac, près de Brientz , ne se plaise à considérer l'aimable paysage que lui offrent les environs de ce village, ainsi que la perspective

gracieuse et gradneUeinent imposante, qui se devebppe à ses regards. La nourelle auberge de Tracht^ où Ton débarque ordinairement, est des mieux situées pour observer Fensembfe de ce beau spectacle; la soirée d'un jour serein est k moment k plus pr(q[Mce pour en saiâr les nuances les plus flatteuses. Les gladers de IX)berfaasli , dont les cimes dorées et resplendissantes s*élihrent au delà du somlx« BaDenberg et d'autres chaînes de mcmtagnes boisées; h chute écumeuse du Giesbach, d'une blancheur d'autant plus éclatante qu'eDe se dessine au milieu d'une noire forêt de sapins; k lac , comme embrasé par ks derniers feux du couchant; les nacelks légères qui rasent sa surface orne; ks refrains des joyeux bateliers; enfin , la présenee des allans et des venans, dook la phjrsionomie respire la bonhomie, la gaité, k bonheur: tek sont les objets qu'offire cette scène déiickuse , qu'on contempk avec ravissement , qui se grave dans rima^nation , et dont on ne se sépare qu'à regret.

De même que les monts qu on découvre sur k rive opposée de Tracht, oflfrent des formes bizarrement variées et un aspect moins riant que k vaste vallée qu arrose T Aar , de même le petit peupk de Brientz se dîstingue4-il par sa douceur, sa galté, sa franchise, de TObeHandais au ca-

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ractère sombre , peutétre même dissimulé. Ce contraste n*est pas moins remarquable soas le rapport de l'accent, A Brientz^ la prononciation a une mollesse qui lui prête quelque chose de mélodieux , et qui doit influer avantageusement sur l'organe musical; aussi les belles voix y sont communes ) et les filles de Brientz jouissent, comme chanteuses, d'une réputation brillante. A IseltvFdld , en face de Brientz , dans tous les villages circonvoisins , ainsi que dans l'Oberhasli , où l'accent est également rude , rien n*èsl plus rare qu*une belle voix,

n est fâcheux que dans ces villages monta-* gnards , le chant , qui s'accorderait si bien avec le genre de vie des pâtres et la nature idyllique du payst, ne soit pas compris dans l'éducation populaire. L homme qui rit r^est point dangereux^ disent nos voisins de France ; et l'on ne saurait contester la justesse de ce principe, pourvu toutefois que le rire soit candide et non affecté; mais je pense aussi que cette même hypothèse peut être adoptée , avec plus de fondement encore, en faveur de l'homme qui chante, attendu que le caractère même du chant est susceptible de faire ressortir , plus positivement que le rire , la nature des sensations dont il est l'interprète. Qu'un peuple mélomane soit plus heureux et meilleur que tel autre , ennemi de la mélodie ,

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c*6st une vërité qui me parait sensible* Nul doute que k» bon roi, Henri ne partageât cette opinion : il le manifestait du moins , en voulant que cha-* que paysan eût la poule au pot , tandis que Louîs^ )ç-Grand , malgré tout Féclat de sa puissance , n'a pu ni remplir lïi marmite^ ni provoquer les chants dil paysan affamé.

. A quoi attribuer les belles voix qu'on trouve presque uniquement à Brientz , à l'exclusion des villages vojisins? Des chants agréables ne sont pa^. pipins rares dan;^ les vallées qu'arrose la Simmen. Au delà de Thun et de Berne , dans toute la partie septentrionale du canton , l'accent devient de plus en plus désagréable ; et , si l!on y entend . quelques sons , c'est une mélodie trai* nante ^; tiionotone , dans l'exécution de laquelle le nez .maintient énergiquement le droit de figurer c(»nnie partie* S'il est difficile d'assigner une cause à cette particularité , les motifs pour lesquels les peuples suisses , et surtout ceux de la haute région , possèdent une si petite quantité de chants nationaux , peuvent s'expliquer plus aisément *. Dans le cours du siècle passé , les chants des

* Le sombre fanatisme religieux qui régnait après l'époque de la réformation, en fut sans doute la princi-' pale cause. Si l*on en croit Bonstetten , dans la vallée de la Sane, les chants, les ris et les plaisirs populaires s'en-

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Bernois allemands ne se composaient guère que de psalmodies et de quelques insipides cbansonè d'amour : actuellement même beaucouj^ de communes de rOberland s'opposent à Fintroduction des hjmnes de Gellert , qui dans d'autres ont commencé y mais noû sans peine , à figurer à côté des psautiers* Quant aux chants qui rappellent les temps héroïques de la Suisse , ils sont tombés dans le néant , et , de toutes les productions lyriques dé Lavafer , on n'a conservé que l'hymne dédié k Tell. Quelques tyroliennes, quelques nouveaux chants d'amour , ont augmenté le répertoire des chansons populaires.

Les amateurs de productions de ce genre trouvent à Untersee et à Brientz de belles fiUes au gosier mélodieux, qui exécutent à tavir les chansons des Holty, Schiller, KSrner, agrément qu'on peut se procurer moyennant une légère rétribution pécuniaire, et quelques rafraîchissemens analogues à la constitution robuste de

fuirent à l'a^ect de rëchafaod et du bûcher. II 'parait aussi, du moins d'après Simond, que le clergé de Genève ne se montra pas plus accommodant.

'^ Il y a quelques années qu^in pasteur de l'Oberland bernois éprouva des désagrémens de la part de ses paroissiens , pour avoir voulu substituer aux psaumes les hymnes de Geliert. t

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ces virtuoses alpestres. L'hymne sublime de Wysseii ^ Salut ^ 6 Hehétie ! ne se nationalise pas , tandis que son aîné , dont on a emprunté la mélodie,* quoique moins énergique, fait les délices du peuple anglais y qui le répète dans chaque épanchement de joie , parce qu'il éveille, afimente , exalte en liû le sentiment du patriotisme. Mais en revanche la chanson de Kuhn , intitulée le Pressoir^ est devenue populaire dans rOberland bernois, et sera conservée comme telle , p^ la raison qu'elle; se rattache aux mœurs du peuple , quoique sous un rapport peu louable. Si la magie des sons étend son influence jusque sur certains animaux , pourquoi n*influerait-«lle pas avantageusement sur la moralité d'un peuple?** Mais il est peu probable que les chants patriotiques deviennent populaires tant que l'ignorance de la grande masse l'empêchera de con-< naître et d'apprécier les fastes historiques de la patrie.

Les deux fêtes pastorales que des patriotes sensibles donnèrent aux montagnards d'Unspun* nen, ont montré le pouvoir que la musique

* God tàe save Âùtg, ou Mule Britannia.

** Gr&ce aux soins de son respectable pasteur, le village de Frutigen possède depuis peu une copie de chant, dont les effets salutaires sont déjà sensibles.

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exerce sur les hommes , même les plus agrestes. Les meilleurs chanteurs et chanteuses furent couronnés de guirlandes de fleurs aux acclamations joyeuses de la multitude, qu ib avaient su intëres* ser vivement. H serait à souhaiter que de pareilles fêtes se reproduisissent souvent, et Surtout que la semence de bien qu'elles jetèrent (àt reçue dans un terrain mieux préparé* Toutes fêtes qui ont pour but de reproduire les mœurs auxquelles un peuple doit son indépendance et sa liberté, mœurs que l'influence des temps et l'alliage étranger tendent toujours à falsifier, toutes fêtes semblables ne peuvent que produire d'heureux eftets sur la moralité de ce peuple , non-seulement parce qu'on ne saurait rappeler ce qui est ancien sans le comparer à ce qui est nouveau , mais encore parce que ces fêtes apportent une diversion heureuse dans la vie monotone des campagnards isolés, et dégagent les individus des étroites entraves de l'égoïsme , en leur faisant sentir qu'ils forment une partie du tout* Il n'est pas moins certain que si ces fêtes populaires se rattachaient à des exercices gynmiques bien imaginés, à des représentations figurées des nobles et grandes actions de nos devanciers , elles contribueraient à épurer le goût du peuple , et à atténuer ses mauvsûs penchans. On ne saurait nier que les fêtes alpestres actuelles n'aient

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de quoi intëresser le spectateur. Il voit, dans les âans énergiques d'une joie que rien ne contrarie , un peuple qui n'a pas cessé d'être heureux à sa manière. Et de quelle argile serait-il formé , cet Hehrétien on cet étranger qui , après avmr parcouru les rastes domaines de la servitude et de FopjHression , pourrait contempler froidement le tableau de liberté qu'offrent nos joyeux mon-^ tagnards ? Mais , bien que nous nous complaisions i Faspect de ces êtres jouissant avec plénitude de la mesure de bonheur qui leur est dévolue, nous désirerions pourtant que leurs délassemens prissent un caractère plus digne d'un peuple libre; car quel est l'assaisonnement de ces fêtes riDageoises? le vin et la danse. Quel est celui de nos revues militdres ? la danse et le vin , etc. Les Grecs, confédérés comme nous, faibles C(mmie le sont toujours les confédérations , les Grecs se maintinrent contre les forces des Perses , comme les anciens Suisses contre ceUes de TAutriche et de la France ; mais ils avaient des |eux Olympiques. Cest dans cette institution et dans le sentiment qui lui donna naissance , que ce petit peuple puisa une énergie contre laquelle échouerait tous les eflforts d'une puissance co~ lossale. Puisque l'esprit qui animait ces Grecs nous a été signalé par l'histoire , par les écrits

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de leurs sages et de leurs héros , pourquoi donc ne pas nous en pénétrer?

La pauvreté toujours croissante du peuple a éveillé l'attention du gouvernement bernois, qui, vraiment paternel dans ses vues , a proposé un prix pour s'éclairer sur la source du mal. Les opinions qui ont été émises à cet égard , signalent comme des causes plus ou moins influentes, l'ivrognerie, la corruption des mœurs, la profanation du dimanche et des jours de fêtes par des plaisirs scandaleux. Ces considérations peuvent être justes; mais les signes qui caractérisent une maladie épidémique ne constituent pas le venin qui l'a engendrée. Et, en effet, la profanation des fêtes religieuses est le âgne et non pas la cause de la démoralisation. Supposé que des règlemens sévères interdissent absolument l'entrée des lieux publics pendant les jours consacrés au culte et au repos , qu'on pût maintenir de cette manière tout un peuple dans un calme parfait : ce peuple , si sage en apparence , le serait-il réellement , et son extérieur modeste en prouverait-il la piété , la tempérance , la chasteté? ce Mes enfans», disait un pasteur, chéri de ses paroissiens , s'adressant à une troupe de jeunes gens qui se divertissaient à leur manière , « songez que le [dimanche est un jour consacré

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au Seigneur. -^ Hëlas I notre cher pasteur, lui rë* pondit'On, nous sommes tous disposés à vous comjdaire , à nous conformer à vos sages remontrances; mais nous ne savons à quoi passer le temps , et nous péririons d'ennui si nous devions nous abstenir de danser et de boire. » Si , conune le dit un ancien proverbe , Foisiveté est la mère de tons les vices, c*est à l'ennui qu'elle engendre qu*on doit les attribuer. Or, le moyen de préserver le peuple des écarts qui sont les conséquences de l'oisiveté et de l'ennui , et qui le mènent à sa ruine , consiste à lui enseigner ce qui est bon et utile , et & le tirer de cet état d'ignorance qui le porte à se livrer aveuglément à toutes les impulsions d'une nature brute et inculte. Cest surtout en instituant des fêtes populaires , auxquelles se rattacheraient les grands événemens , les grandes actions dont foumiille notre histoire ; c'est en faisant naître dans chaque vallée, dans chaque commune de nos montagnes, le goût d'exercices gymniques, auxquels on donnerait une direction utile, qu'on pourrait opérer une diversion heureuse dans les idées et dans les penchans du peuple, l'accoutumer peu à peu à la tempérance , et augmenter son bien-être.

Si j'admets qu'on puisse remédier aux progrès de la pauvreté par des jeux, des fêtes patriotiques , et par des exercices gymniques , qui influe-

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raient avantageusement sur le caractère et sur les mœurs, une semblable opinion ne doit pas paraître étrange , si Ton remonte à la cause première de l'appauvrissement de nos montagnards. Que la France et TAutricbe , imbues de l'ancien préjugé qui admet que la prospérité commerciale d'un peuple influe en sens inverse sur celle du voisin , nous aient entourés de lignes de douane, ce n'est pas seulement & de pareilles dispositions qu'il faut attribuer l'état de souffrance de notre industrie et de notre commerce ; ce qui n'a pas moins contribué à empirer notre position, c'est que les étrangers ne nous reconnaissent plus pour ce qu'étaient nos devanciers, qui , pleins de oonfiance dans Fénergie de leur patriotisme, se distinguaient aussi par leur ardeur belliqueuse , qu'entretenaient sans cesse des exercices martiaux. Les Suisses actuels ne soutiendraient pas, comme le firent leurs ancêtres, l'honneur de mauvais billon , frappé au coin d'un des cantons confédérés.*

Cependant, des hommes qui se distinguent

* Un particulier diadogué de Constance refuse de receToir d'un Lucemob un pkppart bernois , qu'il appelle dédaigneusement de la monnaie de vacke; aussitôt quatre mille confédérés se portent contre Constance, pour se faire rendre satisfaction d'un mot dont l'orgueil national est blessé.

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par leiir patriotisine , ool donné des fiMes pastorales j dans lesqndles Bgare ce qm aTest conservé

de fancienne gjmnastiqae de nos niontagnards; d'antres ont tâché ^inspirer k b jeonesse de la cqiilale le goftt des exercices cutpmels ; k (lanpen , on a tâché de réreîlln* le souvenir de ce qm •e rattache a ndée de h patrie^ les temps et les causes de sa ^plmdenr : c'cstà CCS mêmes patriotes , dont FînIatîgaMe zËk ne cesse f encourager les sciences et les arts 9 qu'est du cet ^mdamk^al k tous les Siusses, de se réunir pour coopérer mutudlement k leur propagation; et ce qui malheureusenient fut ni^ge depuis des ^edes 9

ce qui n*aurait pas dA fêtre^ noi» favons tu se réiEser dans ces derniers temps : c'est avec les

^qœnous

avons été témoins des mancruvres nûfitaires de nos contingens réunis, de fesprit ^harmonie et de fraternité qui règne entre les officiers de la Gonfêdâration» Mais, quoique tout ce que nous vewxis de citer mérite un juste tribut «fâoge, on n'a encore rien £iît pour tâcher iFintroduire dans les jeux du peuple, dans les exercices mili* laires, la gymnastique , qui pourtant est si propre a augmenter la tbrce corporeBe > et à prâerver la jeunesse des cités de h mollesse et des égarement auxquels un genre de vie sédenbubre (expose bien phs que la jeunesse rti^ëque.

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Dans les temps héroïques de la Suisse , tandis que nos ancêtres combattaient victorieusement pour la cause de la liberté , les écrivains étaient rares : ce fut plus par tradition que par écrit que se transmit de père en fils le souvenir des grandes actions. Deux siècles de léthargie les firent tomber dans Toubli , du moins chez les habitans de la campagne. Quant aux anciennes chroni^ ques qui traitent des événemens militaires , elles n*en parlent qu*en termes généraux , passant sous silence, comme des détails trop connus pour intéresser, ce qui a rapport à lorganisation de la milice , à la manière de combaftre , et aux exercices préparatoires , tant gymniques que mar* tiaux, qui étaient en usage pour former les guerriers. Actuellement que les dures épreuves que nous avons subies, que la triste position de tant de peuples nous ont fait concevoir ce que nous sommes susceptibles de perdre, nos moyens défensifs ont été perfectionnés sans doute , mais ils sont loin encore de s'accorder avec le système militaire que suivaient nos anciens, le caractère de notre peuple et la nature du pays. Dans tout ce qui tient aux manœuvres, exercices, campemens, etc., nous ne nous distinguons pas, comme nous le devrions, du mode français ou autrichien ; on dirait même que nous ne tendons qu'à donner à notre défensive le même caractère que ces deux

nations apportent dans leur manière de faire la guerre. Mais, si nous ne changeons pas de système , comment espérer d'(?tre jamais dans le cas de résister avec succès contre des forces qui nous seront toujours supérieures en nombre, et en mi?me temps composées de soldats mieux exercés* et mieux disciplinés que ne peuvent l'être des miliciens? Cest sur des fêtes patriotiques propres k éveiller l'enthousiasme et à créer cet esprit qui conduisait nos devanciers à la victoire , et sur une gymnastique adaptée à la nature de nos positions, et formant la base de nos exercices militaires , que devraient se fonder les moyens de défense de notre Confédération.

Les détails que nous allons offrir, quant aux rapports économiques et ruraux de la commune de Brientz , en expliquant les causes principales qui nuisent au bien-être des habitans de ce village , peuvent donner en même temps une idée de la position , à peu près analogue , d'une grande partie des montagnards de la Suisse.

Quinze cents âmes envii-on composent 'IK'

* Voyc;: l'ouvriigc excellent ilu colonel Kocli, imïnilè: ictraiAliinge» ûf>er iiatto/i'ik Sfwriff}èung mi'i natîvnnlr Kriegscinrûhlungcn. Btrn, lirjr fVti/tfiniil, i8a3; ri le* obsecvBlioiM de Raoul Kochetle, (lana la dernière Icllifr (le son voyage. ^^^

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population de Brientz. Les prairies de ce village , situées sur une étroite langue de terrain , s'étendent le long du lac , dans un espace de cinq quarts d'heures , et , s'élevant en pente douce , se terminent à des rochers escarpés , au sommet desquels se trouvent les hautes prairies de cette commune. Presque entièrement abrité contre le vent du nord, le plan incliné des prairies basses qui se compose de débris des rochers calcaires mêlés de terre végétale , reçoit les rayons du soleil presque ver-* ticalement. Le noyer y devient superbe ; la présence de quelques buis et figuiers éparpillés , est un indice sûr de la douceur de la température.* Les vieillards se ressouviennent d*un vieux châtaignier , qui, quoique situé à peu de distance du mont BaUenberg, portait cependant de bons fruits. L'amandier, et le mûrier, qui permettrait la culture des vers à soie, y réussiraient sans doute ; mais on n'a pas songé encore à y natu-

* Dans les irallées de la Suisse , la températare de

contrées pea distantes les unes des autres , est souyenl

singulièrement Tariée. Dans la vallée d'Untersee, par

exemple, dont le niveau horizontal ne diffère pas de eelui

de Gesteig, le thermomètre , pendant les hivers de i8aa et

1 823 , ne baissa que jusqu'à 8 ° au-dessous de zéro , tandis

que 9 dans le même temps , il était a Gesteig à 10^, et à

iG*' à Berne. Que de conséquences importantes pour la

culture y on peut tirer de ce phénomène.

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raliser ces arbres précieux.* Jamais les prairies ne sont entamées par le soc de la charrue ; le terrain de labour, où se cultivent les plantes alimentaires , le lin , etc. , est situé sur l^mplacernent qu'occupait jadis le village de Kienholz^ que des éboulemens ont fait disparaître : ce terrain , pierreux et aride ^ a été fertilisé au moyen du limon qu'on y a successivement transporté. Indépendamment du foin que donnent les prairies de la montagne , qu'on ne laboure pas plus que les autres , elles servent aussi de pâtu-rage au bétail, soit au printemps, soit en au-^ fomne. Le foin qu'on en retire , serré dans des fenils construits sur les lieux , est destiné , ainsi que celui qu'on obtient des basses prairies, à la nourriture du bétail, pendant la mauvaise

* Une dame dn plus noble caractère , fondatrice anonyme de plusieurs établissemens philanthropiques qui existent à Berne, a fait planter des mûriers blancs dans la vallée d'Interlachen , et y a introduit avec succès la culture des vêts à soie. Empressé de payer un juste tribut à'élogaaux auteurs d'établissemens utiles, je saisis cette occasion pour signaler l'existence d'une école où de jeunes filles apprennent la couture et l'art de faire la dentelle» C'est à Gesteig qu'a été fondée cette institution, pour laquelle le Gouvernement a généreusement contribué, ainsi qu'un de ses membres généralement connu par ses actes de bienfaisance.

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