‹ Voyage dans les petits cantons et dans les Alpes rhétiennes, trChapitre 36 sur 45 · A LUCERNE , ETC · texte numérisé non relu

A LUCERNE , ETC

cinquante pieds au-dessu§ de Chiamont, c'est-àdire à plus de cinq mille pieds d'ëlévation , l'orge mûrit encore sûr les côtes qui sont exposées au soleil. Quelques cerisiers végètent encore à Selva; les cerises mûrirent en 1820. Les avalanches sont dangereuses dans cette contrée ; vingtsept personnes en furent victimes dans le courant de rtiîver dei8i2ài8i3. La crainte qulnspirent de pareils accidens influe sur la valeur des propriétés , de telle sorte , qu à Selva la toise carrée de fonds de prairie fertiles ne coûte que cinq à sept batzen et demi.

Retenus par le mauvais temps , nous ne quittâmes Urseren que fort tard. De Goschenen à Amstag , en descendant , nous rencontrâmes quantité d'ouvriers qui travaillaient à Tachèveinent de la route. On faisait sauter çà et là des rochers , et non sans quelque danger pour les voyageurs. On nous parla de nouveaux ponts écroulés et qu'il fallait reconstruire. U est de fait qiie la route construite de l'autre côté du passage du S'-Gothard, à travers les gorges du Platifer, paraît l'emporter , tant par la beauté que par la solidité des ouvrages, quoique cependant les obstacles qu'il a fallu y surmonter, ne le cédassent guère à ceux que présentaient les gorges des Schollénen.*

* D*apr«t le témoignage rendu par plusieurs ingénieurs

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Un ëpais brouillard enveloppait la vallée de la Reuss au moment ou nous partîmes d*Andermath 9 et bientôt une forte pluie ne cessa que par courts intervalles de nous accompagner dans notre route. Mouillés jusqu'aux os , et battus par forage, nous ne songions guère à nous récréer de la vue des beaux ouvrages que présente la route entre Goschenen et Amstag. L'hôtellerie de Wasen est si peu engageante que nous ne fûmes nullement tentés de nous y reposer; nous ne nous arrêtâmes qu*à Amstag 9 où nous trouvâmes une propreté recharcbée, un hôte rempli d'honnêteté , et un fort bon traitement. A notre départ de ce village 9 le ciel éclairci nous permit de jouir de la vue qu'offrent la vallée , plus spacieuse, et les belles prairies, et les ha* bitations pittoresques à travers lesqu^es la Reuss roule ses eaux d'un cours plus pacifique.

français et allemanclsy la route d'AiroIo k Gioniîco, em descendant par Leventlna « serait snpérieare à celle da Simplon. Le plan et l'exécution en appartiennent à M. Mescbini de Magadino , conseiller d'état da canton du Tessin. Ces ouvrages, dirigés par une administration, et non par des entrepreneurs, ont été plus coûteux sans doute; mais ils en sont aussi et plus beaux , et plus solides que ceux de la partie septentrionale du S^^-Gothard et de toutes autres constructions de ce genre qui existent daDs les Alpes.

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Non loin de la vieille tour de Sillinen est une chapelle : nous y entrâmes dans Tespoir d'y trouver quelques monumens consacrés à des souvenii^s patriotiques , attendu que les ruines de l'ancienne forteresse de Twing-Uri existent tout près de là; mais cet espoir fut déçu. Les parois de cette chapelle sont couvertes de peintures représentant toutes sortes d'images de saints , et entre autres saint Gaudence , portant son chef sur une Bible , et contemplant la région céleste d'un œil calme et plein de vie, à travers une pluie de sang qui jaillit du tronc mutilé; six autres saints, accoutrés de belles robes flottantes et parfaitement intactes , occupent un four ardent qui représente sans doute le purgatoire : on voit aussi l'histoire de la passion de sainte Ursule , duement exaltée par un morceau de poésie annonçant * comment sainte Ursule a été martyrisée avec toute sa race , pour avoir préféré la mort au péché.

* Allhir kann man Verneliiiiexi fry Mit was grusamer Tyranny Sankt-Ursel and ihr Gschlecht gut Sey hingericht in ihrem Blut Welcbes darumb geschehen ist Dasz sy allsambt zur selben Frîst Vill lieber hand erwellt den Tod Ah €twas siindlîch thun Tor Gott.

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