DÉFICIT
Là raison pour laquelle le paysan n'envisage pas les choses soiis un point de vue aussi fâcheux, c'est qu'il n'acquiert que rarement; ce qu'il possède est ordinairement hérité , ou constitue la dot de sa compagne ; pendant l'hiver, ses vaches lui donnent du lait, du beurre; il en retire en été quelque argent , soit quîl les arrente , ou qu'il vende le fromage qu'il en obtient. Heureux celui qui sait se contenter de peu! Quant à nous , nous ne pouvons qu'éprouver de justes appréhensions sur les conséquences d'une économie aussi évidemment ruineuse.
Une circonstance qui aggrave surtout la position de toutes les vallées de TObcrland , circons-
22 BaiENTZ
tance qu'on ne connaît qu'imparfaitement , qui dérive des vices que nous venons de signaler^ qui explique la cause du morcellement des prairies dans les vallées populeuses , et qui accélère surtout la ruine des paysans propriétaires , c'est les emprunts hypothécaires qu'ils se sont vus dans la nécessité de contracter. On peut admettre , sans être taxé d'exagération , que le quart des fonds ruraux du haut bailliage d*Oberland , des vallées de Grindenwald , de Lauterbrunnen , de même qu'une grande partie de la haute vallée de la Simmen, ont été engagés de cette manière , à des particuliers ou à des corporations de Berne. H en résulte, en admettant, ce qui est presque impossible , que le rapport des propriétés foncières équivaille au taux de l'intérêt de l'emprunt, c'esirà-dire à quatre pour cent, que le paiement de cet intérêt sur les sonmies empruntées, constituant un pour cent, enlève sans retour le quart du produit rural de ces vallées. Mais, la position particulière de^ emprunteurs est bien plus onéreuse encore , attendu que la plupart des obligations hypothécaires ont été contractées à une époque ou les biens-fonds, dans la haute région du canton, avaient infiniment plus de valeur qu'actuellement : c'est ainsi qu'un morceau de terrain que l'estimation juridique portait alors à mille, et qui n'en vaut main-
ET L*OB£RLAND. 23
tenant que cinq cents , déterminait le capitaliste à avancer à Femprunteur le tiers ou plus de Fëvaluation , soit trois cents , quatre cents , cinq • cents livres. Qu'en est-il résulte? Que, depuis la baisse de nos produits , le rapport total des propriétés grevées est à peine suffisant 9X>u ne suffit pas même pour liquider les intérêts de Femprunt. De là cumulation dlntérêts , et en définitif expropriation du débiteur, au détriment même du créancier, qui se trouve dans le cas de vendre à tout prix une propriété qu'il ne saurait faire valoir.
Quoique des résultats si fâcheux pour les créanciers aient donné Féveil aux capitalistes bernois, qui ne couvrent presque plus les emprunts hypothécaires des Oberlandais , et qu'en même temps, lorsque cela a lieu, l'estimation des propriétés soit fondée sur de plus justes bases que celles sur lesquelles on Favaît étabfie dans le siècle passé, cependant, comme le passif des vallées de FOberland repose en grande partk sur ces dernières , il s'ensuit que le bas prix des produits ruraux n'étant nullement en rapport avec le haut prix des propriétés foncières , ces circonstances doivent être les causes permanentes de la pau*vreté toujours croissante qui afflige l'Oberland , et elles ne peuvent que nuire aux progrès de la prospérité de ces vallées»
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A l'égard des prairies , les prix que nous avons mentionnés plus haut ne concernent que les communes les plus populeuses de cette partie de la grande vallée de TAar qui , commençant à l'extrémité du lac de Thun , aboutit à la petite vallée de Grund , située au delà de Meirigen ; mais dans ks vallées de Simmen, de Kander, de Sane, ainsi que dans les vallées latérales des grands bailliages d'Oberhasli et d*Interlachen , la valeur des prairies diminue d'un tiers au moins, en sorte que , si Ton évalue le coût du foin d'après le prix des propriétés , il revient dans la grande vallée à douze batzen* le quintal, et, dans les autres, à sept batzen seulement, quoique ce dernier prix soit déjà assez fort en lui-même pour que la consommation de fourrage , pendant l'hiver, neutralise et réduise à rien le bénéfice que le paysan aurait droit d'attendre de l'exploitation de ses prairies et de ses pâturages.
Le climat plus doux de la grande vallée d'Interlachen et d'Oberhasli , n'est pas ce qui détermine absolument la cherté des prairies. Il est vrai que cette circonstance permet de prolonger de quelques semâmes le séjour du bétail dans les pâturages; mais ni ces avantages, ni celui qui
* La livre de Berne vaut trente sous de France , et se compose de dix batzen.
ET l'oberland. aS
peut résulter de la fertilité du terroir , ne sont assez prépondérans pour compenser la grande différence qui existe dans les prix des propriétés. Les observations suivantes me paraissent susceptibles d'éclairer cette matière.
Les avantages du climat , la facilité de communication et de transport qu'offre la navigation des deux lacs; la situation même de cette grande vallée , à laquelle aboutissent beaucoup de vallées latérales et des passages qui correspondent avec le Valais , les cantons d'Uri , d'Underwald , de Lucerne , sont des circonstances qui doivent avoir puissamment contribué à TaiHuence de la population. Gomme la contiguïté des deux lacs rétrécit l'espace où sont situées les prairies , les habitations se resserrèrent naturellement en raison de l'accroissement progressif de cette population , ce qui établit une forte concurrence à l'égard des propriétés avoisinantes et d'une exploitation facile. D'un autre côté, le terrain compris entre les deux lacs , sur leurs autres rives et sur celles de l'Aar , l'emportant par sa fertilité et par sa situation sur celui des autres vallées, en détermina la prompte accaparation pour la culture. Cette culture , jointe à l'avantage qu'offrent les forêts de l'État , où , depuis des centaines d'années j de nombreux troupeaux de chèvres ti'ouvent une nourriture abondante qu'on ne leur
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contesta januds, ne contribuèrent pas moins aux progrès rapides de la population ^ et influèrent en même temps sur la valeur intrinsèque d'un terrain dont le besoin devenait de plus en plus sensible. Les vallées de Kander , de Simmen et de Sane étant moins bien partagées en ce qui concerne les forêts de l'État , les chèvres y occupent beaucoup plus de pâturages, attendu que les particuliers ne les souffrent pas dans les bois qu'ils possèdent* Ces animaux, qu'on élève en grande quantité , ont produit de tels eifets sur l'état économique des habitans de nos vallées , que nous croyons devoir entrer dans quelques détails à ce sujet.
A l'époque désastreuse de la disette ( 1816 à 1817 ) , tandis que dans l'Emmenthal voisin , ou une grande pauvreté contraste avec la richesse et l'aisance , le poids des taxes onéreuses qui furent imposées pour le soulagement des malheureux, ne pouvait remédier à leur affreuse misère , les vallées de l'Oberland , ou comparativement ces taxes étaient tout à fait insignifiantes , éprouvèrent sans doute de leur côté des privations et des besoins , mais rien qui fût approchant de la famine. Ce sont les nombreux troupeaux de chèvres qu'on élève , et la distribution des terres communales , qui , dans cette circonstance, préservèrent TOberland des atteintes
ET l'oBBRLAND. 27
d'une affreuse calamité : idée consolante pour Tavenir, puisque la stérilité, la disette, sont des maux dont la triste humanité ne peut jamais se considérer comme exempte.
Aussi bien l'état rural des vallées de TEmmentbal , qui ne sont séparées de TOberland bernois que par une chaîne de montagnes de quatre à cinq mille pieds de hauteur, differe-tril essentiellement de celui des vallées de ce dernier pays. Dans les premières , les grandes métairies écfaéent au plus jeune des enfans mâles, et ne sont jamais morcelées. La nombreuse population, composée de prolétaires éparpillés entre ces grandes propriétés , est occupée en partie par les possesseurs , dont elle loue en même temps le logement et qudques morceaux de terrain ; le reste file , tisse , ou s'occupe de quelque autre industrie. Mais l'Emmenthal ne jouissant pas comme l'Oberland des avantages qui résultent des propriétés communales et des forêts du domaine de l'État , la population en est absolument dépendante des grands propriétaires ou du produit de la fabrication , et exposée à tous lesinconvéniens d'une position précaire , soit que le pays soit frappé de stériliJLé , soit que le commerce des toiles éprouve quelque stagnation , et c'est alors que la classe ouvrière ne peut ni payer ses redevances , m se procurer de quoi subsister.
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C'est donc rénorme population de chèvres, entretenue aux dépens des forêts de TÉtat, ainsi que la culture ies fonds communaux , qui , dans une année de stérilité générale , ont préservé des horreurs de la famine la population entière de rOberland bernois , en épargnant même aux riches les taxes onéreuses que , dans de pareilles circonstances , réclame toujours la funeste position des pauvres. Certes, on ne peut méconnaître le bon côté d'une économie rurale, susceptible de nourrir une population surabondante , et de la prémunir contre cet état de misère que la puissante Angleterre , armée de tous ses trésors , ne saurait écarter de la malheureuse Irlande. Mais quoique nous reconnaissions toute l'étendue de pareils avantages , nous devons signaler aussi les inconvéniens d'une pareille économie.
Si la grande masse d'une population adopte un genre d'industrie qui n'admet point de perfectionnement , qui l'occupe chaque jour , mais de manière à ne pas remplir tout l'emploi du temps , et qui ne lui permette pas at joindre quelque travail accessoire à une industrie qui ne (eàt que la nourrir , sans lui procurer ni aisance , ni ressources, et, si cette portion du peuple qui ne fait, pour ainsi dire , que végéter, s'augmente à proportion que la classe des propriétaires aisés
ET L*OBERLAND. 2g
diminue , cet ëtat de choses ne peut qu'influer en mal sur la moralité de ce peuple , et opérer en définitif, dans son système économique, une crise qu*il est toujours prudent de prévenir. Nous sommes fondés de croire , d'après certains faits , que cet état de choses existe réellement dans les grands bailliages d*Interlachen et d'Oberhasli , et plus ou moins dans les autres vallées de la haute région de Berne. Les exemples que nous allons offrir peuvent servir à donner du poids à cette assertion , en donnant une idée de la culture des terres communales qui ont été distribuées , et en faisant connaître le degré de prospérité de nos montagnards.
La commune d'Âarmiihle (grand bailliage d'Interlachen ) , dont le terroir est fertile , et qui , sous le rapport de Topulence , tient plus que le milieu parmi les communes de l'Oberland , compte cent vingt feux. Dans .ce nombre, sont compris,
3i , composés de prolétaires sans bétail, et ne vivant que de la culture du terrain comnGiunal;
17 , possesseurs de parcelles de terrain qui ne vont pas à un arpent , et qui n'entretiennent qu'une ou deux chèvres ;
28 possédant un arpent de prairie , et nourrissant une vache ,
16 'qui en ont deux,
i4 à trois vaches,
2 à quatre vaches , I seul à neaf vaches.
Toutes les terres consacrées a la culture des céréales font partie du commun , et ne se com^ posent que de parcelles de un dixième à un quart d*arpenL ABrientz , la poôtion des habitans n^est guère plus florissante; elle est jûre enonre dans la vallée de Lutscher et de Lauterbrunnen; et Ton peut admettre qu'on trouverait k peine dans tout rOberland bernois une douzaine de paysans possesseurs de vingt arpens cultivés, et d'une quantité de prairies qui leur permît d'hiverner vingt vaches.
Girttanen , Tune des plus pauvres communes de rOberhasli, compte soixante - seize feux, dont
7 sans nul bétail, i4 i une seule chèvre, 33 à une vache , lo à deux,
5 à trois,
3 à quatre,
3 à cinq ,
I à sept
lAatten , qui , au contraire , est une des plus riches communes de FOberland , se composant de cent cinquante feux , en compte
ET l'obbaland. 3i
32 qui ne possèdent point de terrain , ou qui tiennent une ou deux chèvres seulement;
59 à une ou deux vaches ^
34 à trois ou quatre,
II à cinq ou six, 3 à sept ou huit, a à dix ou treize.
H est constant que Taccroissement progressif de la population , en déterminant le partage des fonds patrimoniaux , ne peut manquer de réduire le nombre des paysans à vache, comme on les appelle , tandis que celui des très-petits propriétaires augmentera sans cesse , de même que la population des chèvres , au détriment de celle du gros bétail et des moutons. Le paysan qui n'est pas en état de tenir des vaches , préférera toujours les chèvres aux moutons, parce qu'elles lui donnent plus de lait; et comme elles rentrent tous les soirs à l'étable , il en obtient en même temps du fumier pour la petite portion de terrain que lui assigne la commune , tandis que les moutons , qui restent tout l'été, jour et nuit, sur les montagnes, ne lui procurent. pas cet avantage.
n serait important de savoir à quelle époque à peu près la population de la haute région du canton de Berne a commencé à prendre Taccroîssement qui l'a portée au point ou elle se trouve
3^ B&IE!fTZ
aujourd'hui, et de connaître en même temps Tétat des vaches , des moutons et des chèvres , ainsi que des propriétés foncières et particulières de quelqu'une de ces vallées ^ avant qu*on y eût introduit la culture des pommes de terre , qui date^e cent à cent cinquante ans à peu près. Mais nos tableaux statistiques ne remontent pas si haut. D après un dénc^brement approximatif, la population du canton de Berne en général, non compris les possessions du ci- devant évêché de Bâle , s est accrue de quinze pour cent depuis i8i o à i8ig : à partir de cette même année , les vaches ont augmenté de sept et demi pour cent, et les chèvres de i5,5o4 têtes , tandis que la réduction des moutons est évaluée à i5,3a5. Quant à l'accroissement de la population des vaches , comme il s'étend sur tout le canton , ce doit être une conséquence des améliorations qui se sont opérées dans la culture des grandes propriétés du bas pays; mais, pour ce qui concerne rOberland en particulier, le nombre des vaches , loin d'y augmenter , ne peut qu y éprouver une diminution , qui deviendra de plus en plus sensible dans la suite.
Des vieillards dignes de foi m ont assuré unanimement que , cinquante ou soixante ans en arrière, la vallée de Grmdenwald comptait au
BT l'obbkland. 33
moins àeu% cents vaches de plus.* A Blatten ^ village mentionné plus haut , les plus anciens de rendrait se rappellent avoir compté vingt tau^ reaux à l'abreuvoir , nombre qui maintenant se trouve réduit à quatre.
Mais indépendamment des conséquences nuisibles , quant à la diminution du gros bétail , qui résultent du morcellement des terres , cette diminution a encore une autre cause dans la vallée de Grindenivald. Conmie cette vallée est une des plus endettées,** les propriétaires de prairies, pressés par le besoin d'argent, soit pour pajer l'intérêt de leur passif, soit pour d'autres besoins non m<Hns urgens, sont depuis longtemps dans Tusage de vendre leur foin dans la grande vallée d'Interiachen , quand le prix des
* Ces données popalaires sont confirmées par les aotorirés sni^anles: £n 1776, on comptait dans la TsUée de Grindenwald 171a saches y 545 bcBufs^ 109 chevaux , 3oo veaux y xi37 brebis, 4>^ cochons , 1x08 chèyres; et en i8ia, i354 vaches, 417 bœu£i, 40 chevaux, 4i3 veaux, 456 cochons, 1731 chèvres. Consultes Meisters statistisches Lexikon von der Schweitz, p. 469; et ^T^xsen's Reise in dos Berner Oherland^ i^^P» 6^2*
•* L.CS prairw»s de la vallée de Grindenwald comprennent a,ooa arpens environ : elles sont grevées, ainsi que les pâturages qoi en dépendent, d'ane dette hypothécaire de 5oo mille livres de Berne, où 7^0 mille francs.
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fourrages leur parait arantageiix. H est certain qae n Fan pooTait se dé£dre toajoiirs du finn des prairies à de bons prix, que si le ride qui d<Ht en résnller pour F économie rurale pouvait se combler avec du fourrage ramassé dans des lieux abandonnés i eux-mêmes, coomie on a essayé de le fiedre ; il est certain que de tds avantages augmenteraient le bien-être de la vallée, liais ce calcul est tout k fait hypothétique ; attendu que le foin accessoire ne sera jamais assez abondant pour remplacer la forte expcvtation de celui que dcmnent les prairies, et les Grindenwaldais , en nsantde ce moyen désespéré, n'a^ssent pas avec plus de discernement que ne le ferait un propriétaire qui , au lieu de s'acheter du bois, se chanfierait avec des arbres fruitioi*s parce que le fruit serait à vil prix.
Si le pcûds des dettes qui pèsent sur FOber* land est de nature à inspirer de justes craintes sur le sort de ce pays, ces craintes ne sont pas mdns fondées, sous le rapport de la position précaire des capitalistes bernois qui ont couvert la plus grande partie des emprunts. Il est donc mrgent d'ouvrir de nouvelles sources de produit à ces contrées , en même temps qu'U est de Fintérêt du gouvernement de soigner et d'améliorer, autant que possible, Féducation populaire, ensorte que les bienfaits de Findustrie et de la
ET L*OBEBLAND. 35
cnltiire m(Mrale agissent conjointement sur Tespiit de la grande masse. Uëtat actuel des choses dicte impérieusement des mesures semblables, soit pour éviter à la capitale de grandes pertes , soit pour prévenir les progrès de la démoralisation j qu*engendrent toujours la misère et Yigno rance. Un peuple qui reste abandonné à lui-même, dans des circonstances de la nature de celles que nous venons de signaler, est susceptible de se laisser aDer à tous les genres de séduction ; sa patrie , qui n'a plus rien à lui oflrir, lui devient, en quelque sorte, étrangère, et f espoir du mieux le rend avide de changement, parce que ni le passé ni le présent n'influent en bien sur sa position. Ce n'est pas à une époque très-ancienne, que remonte Torigine des dettes contractées par FO^ berland. Il pariât, qu'après les ravages qu'exerça la peste ,* dans le commencement du dix-septième siècle, la population prit un accroissement rapide , ce qui ne peut manquer d'arriver, lorsque le produit d'un terroir fertile se trouve réparti entre un petit nombre de cultivateurs jouissant des avantages que procure une longue paix,
* Ce fléaa est connu sous les noms de grande morta-^ tUé et àe petite mortaiité. Elles eurent lieu , la première eu 1611 y celle-ci en 1639, et firent disparaître presque un tiers de la population*
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et d'un gouvernement équitable et paternel ^ qui ne les assujettit qu'à de légers impôts. Antérieurement à cette époque , les terres communales n'étaient pas encore partagées; on élevait peu de chèvres , mais , en revanche , beaucoup de brebb, conmie le prouvent les grandes fabriques de drap qui florissaient alors.* Cette dernière circonstance était moins favorable aux progrès de la population , attendu que les moutons ne fournissent pas les ressources alimentaires que donnent les chèvres; et^ quant à celles qm résultent des pommes de terre, cette plante exotique était alors encore peu connue du peuple* Mais , à partir du commencement du ' dix-hmtième siècle , époque de la cessation des maladies pestilentielles , la culture de$ ponmies de terre , accompagnée de circonstances analogues , dont les effets s'étaient déjà manifestés antécédenmient , accélérèrent l'accroissement graduel de la population, et, en même temps, le morcellement successif des propriétés patrimoniales.
Un propriétaire doit nécessairement avoir recours aux emprunts , dès que le produit de son
* A Fribourgy on fabriquait annueliemeot plus de vingt mille aunes de drap : cette fabrication florissait aussi dans ce temps à Berne.
ET l'oBBRLAKD. 37
fonds ne suffit plus à Tentretien de sa famille et aux dépenses d'exploitation , k moins , cependant, que des bénéfices indépendans de Féconomie rurale , ne lui permettent de se passer de ce dangereux secours. Mais , le manque absolu d'industrie , qui caractérise malheureusement le peuple oberlandais , prive le paysan des ressources qui pourraient alléger sa position. Cest ce manque d'industrie qui détermine le morcellement des propriétés. Il est extrêmement rare , TU la pénurie d'argent, qu'un fonds patrimonial passe dans une seule main , par le rachat des morceaux de terrain qui échéent aux co-héritiers* Et, cependant, le paysan loin de songer k se maintenir libre de dettes , en redoublant d'efforts et d'activité , se montre toujours disposé à engager ce qu'il possède , pour se procurer de l'argent. Une circonstance , qui , sous ce rapport, fut réellement fatale aux montagnards de POberland , c'est que l'époque où leur économie obérée réclamait des emprunts , était l'apogée de la prospérité financière de Berne. Des capitaux considérables , qui auraient pu servir k créer de nouvelles branches d'industrie , à l'amélioration de l'économie rurale, au défrichement de terrains incultes , à la fondation d'établissemens utiles , furent dispersés dans TOberland, pour alimenter une économie défectueuse.
38 BAIENTZ
Nous avons observé plus haut que la forte population de chèvres , ainsi que le partage d*une partie des terres affectées aux communes , eur rent une heureuse influence pendant la dernière disette j qui se fit moins sentir dans fOberland qu'ailleurs. Cependant, plusieurs communes n'en fourmillent pas moins de mendians. Mais, comme le pauvre laborieux est presque toujours dans le cas de gagner sa vie , qu'il s'occupe de la culture des terres communales, ou d'autres services ruraux, la presque totalité des mendians se compose d'enfans des deux sexes , dont Tétat d*oisi« veté, les manières et l'extérieur décèlent le manque d'occupations industrielles, et en même temps , les vices de l'éducation populaire et des institutions de bienfaisance.
Il est constant que c'est à l'état ou aux communes qu'il appartient de soigner la vieillesse sans ressources , les nécessiteux infirmes , et les orphelins en bas âge : c'est ce qui ne sera jamais contesté là où l'humanité n'a pas perdu ses droits, n est plus difficile de décider si les taxes qui concernent toutes sortes de pauvres , s'accordent réellement avec l'équité et l'exacte justice , surtout si l'on considère que les bénéfices progressifs de l'industrie ne sont jamais de nature à balancer les progrès de la population et de la pauvreté , en supposant même que ces bé-
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nëfices fussent exclusirement consacres à cette dernière. Cependant, la masse des pauvres frend , chez plusieurs peuples de l'Europe , un accroissement prodigieux, et finira par rendre réellement dangereuse la position des propriétaires, entourés d'une populace, qui, dépourvue de toute vertu civile et morale, jalouse de k prospérité des riches , à laquelle l'idée du pillage devient toujours plus familière, parce qu'elle n'a rien à perdre , et qui ne voit dans les désordres de l'anarchie et dans la subversion des institutkms sociales que le silence de la loi ,• qui assure l'impunité des forfaits. Si les choses arrivent k ce point, la classe riche et éclairée n'aura plus d'autre alternative que de vivre en guerre ou-* verte avec une masse bien formidable , à moins qu'elle ne prévienne à temps un état de choses aussi monstrueux, en mettant tout en oeuvre pour opérer une heureuse diversion dans le caractère , les mœurs et la position de cette niasse* Ce n'est pas assez que de nourrir le peuple , il ùut l'aider, créer de nouvelles ressources, encourager chaque genre d'industrie, distribuer les terres incultes , perfectionner la culture , et faire disparaître les barrières qui entravent le commerce des nations. Mais , indépendamment de son bien-être physique , la basse classe a besoin d'ébre éclairée, ou pour mieux dire civilisée.
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n faut l'instruire , lui parler un langage à sa portée, lui. faire aimer le bien, lui imprimer le sceau des vertus civiles et humaines , et inculquer surtout les meilleurs principes au jeune âge.
Si ce que nous venons de dire est analogue à la position , vraiment déplorable , de quelques peuples 9 on ne peut certainement rappliquer à nos montagnards; cependant, les symptômes du mal existent jusqu'à un certain point, et la prudence veut qti*on en arrête au plus tôt les progrès , par de sages dispositions en faveur de rindigence. La misérable race que propageaient les ordres monastiques, par des distributions alimentaires, nous fourmt la preuve la plus complète que, pour être efficaces, les règlemens qui concernent les pauvres doivent tendre à prévenir la mendicité , et non pas seulement à en faire disparaître les signes extérieurs. C'est sur ce principe que devraient se^baser tous les règlemens de cette nature.
Ceux du canton de Berne, émanés dans les années z643, 1676, z6go, parabsent avoir été calqués sur les dispositions adoptées par TAngleterre, dans le dixHseptième siècle. Ces dernières interdissaient la gueuserie , enjoignaient aux villes , bourgs, paroisses , communes, d'en-* tretenir leurs pauvres, au moyen des dons volontaires des particuliers, et invitaient, en même
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temps , les ecclësiastiques à exhorter constamment les habitans des paroisses, pour qu*ils exerçassent lem* libëralitë en favem* de l'indigence. Le produit de ces dons devait être appliqué à procurer aux pauvres le logement , et à leur fournir les moyens de se livrer au genre de travail qu'ils seraient capables d'entreprendre. En vertu de ces mêmes lois , les riches impitoyables , et refusant de contribuer à l'entretien des pauvres, pouvaient y être forcés juridi-. quement. Enfin, sous le règne d'Elisabeth , on imposa une taxe annuelle pour cet objet. Du reste , il n'est nullement question dans les lois anglaises de distribuer les terres incultes , et la noblesse , qui en possède une immense quantité, n'y est point appelée à y faciliter rétablissement des pauvres. Ce qui prouve combien de pareils règlemens sont défectueux , c'est la triste situation de llrlande , l'augmentation prodigieuse et toujours progressive de l'impôt.
Les anciens règlemens bernois , ainsi que le dernier de 1807 , reposent sur les mêmes principes que les anglais , si ce n'est pourtant que le dernier est plus sévère et plus positif, en ce qui concerne les pauvres appelés à participer au bénéfice de l'impôt. Quant au règlement de 1690, qui eut lieu après la peste , il y est dit : « Que les hôpitaux , les monastères sont épuisés , et que les mendians
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ruinent Thabitant de la campagne. » Cette particularité est d'autant plus remarquable , qu*à cette époque , les terres communales n'étaient pas encore distribuées , qu'on n'élevait que peu de chèvres , que la culture des pommes de terre existait à peine, que le commerce avec nos voisins n'était nullement restreint , que les terres étaient infiniment moins morcelées, et qu'indépendamment de ces circonstances , la petite vérole agissait répressivement contre une population déjà peu considérable en elle-même. Or, je le demande , les dispositions anciennes à l'égard des pauvres , sont^lles suffisantes , tandis que le terrain des communes est presque tout distribué , que la population des chèvres est excessive , que la culture des pommes de terre n'est plus susceptible d'extension , que notre commerce avec les états voisins est paralysé , et que l'introduction de la vaccine est si favorable à l'accroissement rapide de la population?
n est probable que cette foule de mendians dont parle le règlement de 1690, fut une conséquence de l'état d'épuisement auquel la Suisse se trouvait réduite après l'insurrection des paysans et la première guerre de Vilmergue. La guerre de trente ans , qui désolait T Allemagne à cette époque, dut être également fatale à la prospérité des cantons ; la ruine de l'économie
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d'un ëtat influant toujours pernicieusement sur celle des peuples qui Pavoisinent y en raison de la stagnation du commerce. Mais ces circonstan-* ces fâcheuses cessèrent nécessairement après Tannée 1690, tandis que, dans Tétat actuel des choses, nous n'avons aucun espoir de soulagement.
Une disposition remarquable du règlement de 1690, porte que les individus qui se seraient injarlés, quoique dépourvus de moyens d'existence , seraient dans le cas d'être privés de leur droit de paroisse, et de l'assistance qui y est attachée. Cette espèce de restriction prouve qu'à une époque ou la population était infiniment moins forte, le gouvernement tendait déjà à prévenir les progrès de la pauvreté , en se ser^ vantde moyens répressifs pour réduire la multi-plicité des mariages. A combien plus forte raison, des mesures de ce genre ne conviendraientelles pas à l'époque actuelle !
Les lois de Sparte n'autorisaient le mariage qu'à trente ans, pour les hommes. Chez nous, il serait difficile , sinon impossible , d'astreindre le peuple à ce long célii^at. Néanmoins, on pourrait , sans avoir pour cela recours à des mesures coâx:itives, opérer médiatement, de manière à empêcher les mariages prématurés des pauvres^ Idais , loin d'y porter obstacle , il semUe , au con-
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traire y qu'on ne cherche qu'à favoriser ces mariages. Cest ainsi que , dans beaucoup de communes, les jeunes mariés obtiennent une certaine portion de terrain, qu*on leur assigne sur le fonds communal, tandis que les célibataires ne participent ni à une semblable faveur, ni aux autres droits d'usufruit qui sont k la disposition des communes. Déjà cet usage en luÎHDfiême est de nature à inviter le pauvre à prendre femme ; et , ce qui achève de l'y déterminer , ce sont les ressources qu'il peut se promettre des chèvres, dont l'entretien est des plus faciles. Avant la révolution politique qui s'est opérée en Suisse , nul ne pouvait prétendre au mariage, à moins de posséder en propre armes et uniforme. Ce règlement est un de ceux qu'on aurait dû conserver , car , indépendamment de son efficacité pour prévenir beaucoup de <:es mariages , dont la misère est le résultat , il est bon , dans un pays constitué comme la Suisse , où l'armement des citoyens ne se rattache pas à un système d'oppression , et n'a pour but que la défense de la patrie , il est bon , dis-je, qu'en resserrant les nœuds sacrés qui unissent l'homme à la femme , la présence d'objets auxquels s'identifie le souvenir de la patrie , entretienne l'idée que le citoyen doit être toujours prêt à répondre à son appel.
On ne saurait contester même à l'homme le
BT L*0BSELA9D. 4^
plus pauvre ^ le droit de répondre an vœu de la nature et de se choisir une compagne. Mais je crois que) tout bien considéré , on peut exclure provisoirement de ce droit Textréme jeunesse , ceux dont les facultés intellectuelles et physiques n'ont pas atteint leur entier développement , et qui ne peuvent assurer ni l'entretien y ni l'éducation de leur £Eunille. Et d'ailleurs , le particulier fortuné ou celui qui doit son aisance à son industrie, à son travail, astreint à une taxe annuelle au profit de l'indigence , n'a-t-il pas , de son côté , le droit , non moins incontestable , d'exiger que les sacrifices qui lui sont imposés ne soient pas dispensés de manière à propager un peuple de mendians?
On objecte qu'en n'admettant pas ces sortes de mariages, on ne ferait qu'accroître le nombre des en&ns illégitimes , sans diminuer les nai»« sances. Mais cette objection est d'une réfutation facile , si l'on prend en considération la nature , l'état du sexe , et la contrainte et la retenue que lui imprime plus ou moins sa position locale, n est constant que dans la capitale , où Ton se marie d'ordinaire plus tard qu'à la campagne , le nombre des bâtards , proportion gardée , est toujours moindre que celui des enfans qui résultent des mariages prématurés des habitans de nos vallées.
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Le règlement de 1690 ^ en faisant peser sur les toupies unis sous les auspices de llndigence la peine d'une conduite irrëflëchie , qui retombait en partie sur les fruits innocens de ces unions, n'en diminua ni le nombre , ni les funestes con-* séquences* H est probable qu'on obtiendrait des, résultats plus satisfaisans sous ce rapport, si la bënëdiction nuptiale n'était accordée qu'à tel couple dont le fiancé serait dans le cas de produire armes , équipement , uniforme , le tout dûment soldé; si les jeunes gens qui prétendent au mariage avant leur vingtième année révolue étaient tenus de payer à la caisse des pauvres une plus forte taxe que celle qu'.on exigerait de ceux qui auraient observé le célibat jusqu'à vingt-cinq ans ou plus tard ; enfin si les célibataires étaient appelés , après leur vingt-cinquième année , à la jouissance des droits communaux , sans favoriser sous ce rapport les hommes mariés. De pareilles mesures , se rattachant à des intérêts directs , seraient sans doute efficaces.
Ledit règlement de 1690^ ainsi que tous ceux de ce genre que uous possédons, n'accorde rien , ccmme de raison , aux pauvres robustes , et capables de se livrer au travail. Mais sll est facile de proscrire l'oisiveté , il Test moins de ménager une occupation convenable à ceux auxquels on recommande le travail, surtout dans un
ET L'oBlELAJn). 4?
pays sans fabriques , et où il n'y a pas des terres incultes à distribuer. H est vrai que le règlement de 1807 a rempli Tune des lacunes qui se trouvent dans les prëcëdcns , en prescrivant d'assigner aux pauvres des portions de terrain sur les fonds communaux. Cette disposition , en supposant qu'on Tobserve et qu'il y ait du terrain disponible , est efficace sous plusieurs rapports : elle occupe et nourrit le pauvre , prévient la gueuserie , et tend aussi à alléger le poids des taxes affectées à l'indigence* n est constant que la culture des fonds communaux a produit beaucoup de bien dans la haute région du canton de Berne , quoique cependant, ce moyen ne soit pas assez puissant ni pour prévenir les progrès de la pauvreté qui dérivent du système généralement défectueux adapté à l'économie rurale, ni pour empêcher Taccrmssement de cette classe du peuple qui touche presque à l'état de mendicité, qui, malheureusement , n'est que trop souvent infectée des vices qui prennent leur source dans cet état, et qui ne possède aucune des vertus qui accompagnent le bien-être. Nous avons déjà observé que dans l'Emmenthal , où les taxes que réclame Findigence sont les plus onéreuses , il n'existe point de fonds de terre affectés aux communes , ensorte que la cession aux pauvres , pour quelques années seulement , du terrain de rebut que
po08èdent les méfaiyers est encore moins snsceptSUe de lemëdier i la pauvreté, que ne le fait la cultiire des fonds commonaiix bJle qu'on f autorise dans rOberland.
De toutes les vallées de ce pays, ceDe de Grîndenwald est la seule qui ait songé à fonder un bdpitaL Dans rEmmenUial , au contraire , beaucoup de communes ont £ùt construire de vastes bâiimens dans ce but , et la plupart de ces étaUissemens sont richement dotés en fonds de terre. Mais la nature même de pareilles entreprises , les eiq>ériences qui ont été faites à cet égard , doivent faire présumer, non sans fondement, que ces institutions coûteuses ne rempliront qulmparfaitement les vues des fondateurs , soit pour diminuer la pauvreté , soit pour réduire les taxes. Indépendanmient des firais d'administration, la difficulté de trouver réunis dans la personne du directeur le désintéressement, la philanthropie , la fermeté alliée à la douceur , la sévérité à l'amour de la justice , et une foule de connaissances locales qui sont indispensables, cette difficulté sera constamment un écueil contre lequel échoueront les meilleures institutions de ce genre.
Une grave erreur préside souvent à la fondation des établissemens de bienfaisance , lorsqu'on espère les constituer en fabrique. H est constant
fjtté Ae tels étàblissemens ne peuvent jamais soutenir la concurrence contre les fabriques particulières , au^cquelles Tindustrie et les soins vsont prodigues pour obtenir des succès qui se rattachent à un intérêt immédiat. Et supposé m^me que les produits des premières eussent la préférence, sous le rapport du débit, cette préférence serait nuisible , en ruinant Tindustrie des particuliers* Quant aux établissemens de bienfaisance fondés par les communes de TEnrunenthal^ et dont nous venons de faire mention, il me semble que les sommes énormes qui y ont été «nfouies eussent mieux profité, si on les eût employées à l'acquisition de fonds de terre incultes, dans TEmmenthal même, dans le canton deLucerne, ou dans le pays des Grisons , qui en possède en abondance* On eût pu coloniser les pauvres sur ces fonds , et au bout d'un certain nombre d*années, les constituer en emphytéoses dont le prdduit eût été une source de nouveaux établissemens semblables.
Rien n'est plus propre et ne contribue mieux à la régénération sociale du pauvre démoralisé , à lui imprimer l'amour de l'ordre établi , le respect des lois , que de le rendre propriétaire d'un fonds de terre susceptible d'amélioration, qui le récompense de ses labeurs , et soutienne son existence. Il serait facile chez nous de se servir
de ce mojen, d*aiituit plus que certaines régions de nos montagnes y qo^nn jugement erroné supposait impropresi la cnltme, sont cependanttrèssoscqitifales <f (èlre cafeÎT&s : cette erreor a jnt>doit de graves incon¥éniens; dDe a appauvri les TaDées encombrées de population, et n*a pas moins contrîboé à altérer les moeurs. Parmi les conminnes de tEmmenthad, il en est qui ont d^iensé jusqu à cent miDe fivres ( cent cinquante mille francs) pour un seul h^tal; une pareîDe somme eût suffi a facquisition de qmnze cents arpens au moins, dcmt la culture eût procuré, à perpétuité 9 le nécessaire a cent familles indigentes. Ceux qui aiment à £ûre naître des objections, ne* manqueront pas de signaler divers inconvéniens; la difficulté de construire des habitations, par exemjJe , ou bien le manque présur mable de cconbustibles, dans des contrées ou les hivers rigpureux en exigent une forte consommaticm : ceux que de pareils obstades effiraient, ne songent pas sans doute aux cabanes souterraines des peuplades voisines du pôle , et ne connaissent peut-^tre ni les moyens de chauffage qu^emploient les halûtans des villages d'Avers et de Rea^ ,* ni Fétat de prospérité de plusieurs vit-
* Rtîfe des Ferfasçers uber den Cottkani und Bemar^ àm,p. 197.
£T LOBERLAND. 5l
lages des hautes Alpes , situés à une plus forte élévation encore que celles des régions des cantons de Berne et de Luceme que nous croyoïis propres à la colonisation des pauvres. Et quant à ceux qui pourraient douter que dés mendians , des êtres dégradés par la misère prospérassent dans leur nouvel état , Texemple de Botany-Bay est^ je pense , suffisant pour leur prouver qu une colonisation fondée sur la propriété est , de tous les moyeiis, le plus efficace pour ramener au bon ordre et à la pratique des vertus sociales , ceux mêmes que de graves délits ont fait rejeter du sein de la société.
Dans la fondation de nos maisons de charité , le choix peu convenable des locaux est une chose qu'on peut justement blâmer. Situés , pour la phipart, dans la proximité de villes , bourgs ou villages opulens , où le luxe étale ses jouissances , ce rapprochement fâcheux ne permet pas aux pensionnsdres de se pénétrer, comme Us le devraient, de cet esprit de simplicité et de modéra** tion , que leur état doit leur inspirer, D'ailleurs , ces établissemens , dotés en grande partie de fonds de terre fertiles et d'une acquisition coii-> teuse , au lieu de Tètre de terres incultes et défrichables , manquent nécessairement le but principal : ce but devrait tendre à faire consister, dans les nouveaux produits arrachés à la terre ,
$!! BRIBNTZ
ks plus sûrs et les plus précieux avantages qu'on puisse retirer de ces ëtablissemens , et qui l'emporteront toujours sur ceux que promettent les fabriques. *
La question de savoir quel est le genre de fabrication qui pourrait convenir à nos hôpitaux , est une de celles qu'on a souvent mais toujours vainement débattue^ H est urgent sans doute de procurer de Foccupation â une population pauvre et en partie oisive , mais au lieu de remployer à la fabrication, il serait préférable, je pense , de faire contribuer ses travaux â l'amélioration de l'agriculture , et de donner par son moyen, A l'économie rurale, toute l'extension dont elle est susceptible. La prospérité d'un peuple n'est réellement assise sur des bases solides et durables , qu'autant qu'elle se fonde sur les produits du sol. N'est-il pas étrange que chez un peuple pasteur tel cpie nos montagnards , il n'existe pas une seule fabrique de lainage, et qu'il faille tirer les draps de l'étranger? Cette défectuosité existe aussi en partie à l'égard des cuirs : à Berne , à Fribourg , où les tanneries furent si florissantes , on s'approvisionne maintenant de cuirs que nous fournissent la France , l'Allemagne , la Russie. II serait du plus grand intérêt d'approfondir les causes qui ont fait décheoir une branche d'industrie que la nature de
ET L^OBEALAND. 53
notre industrie favorise porticulièremeiit. Quant aux moutons , dont la population va toujours en diminuant , nous allons essayer d'en expliquer les causes , cet objet se rattachant essentiellement à l'état actuel de l'économie de l'Oberland . En admettant une consonunatîcm journalière de trois livres de fiwn par tête, pendant l'hiver, qui dure deux cents jours environ , cette estimation comporte six quintaux. Or, si Ton prend en considération le haut, prix des prairies et la cherté da fourrage , la rente à payer pour la pi' ture , l'entretien d'un berger , les dangers auxquels les moutons sont exposés sur les montagnes , ce genre d'exploitation ,. dont le produit se compose unîquem^it de la toison et des agneaux que donnent les brebis , est plus onéreux que profitable, si l'on ne trouve moyen d'hiverner les moutons à moins de frais ,. en sub- • stituant au fbia quelque fourrage moins coûteux* Cet avantage est aisé à obtenir dans les contrées boisées. Les femlles de certains arbres peuvent assurer en hiver une bonne nourriture aux brebis et aux chèvres,, et déjà, dansplusieurs vallées où l'en a adopté ce moyen , la population, du menu bétail a augmenté considérablement^ quoique cet avantage ait en même temps contribué à la diminution des bétes k cornes. Les vaD^s de Lauterbmnnen et de Lûtschen se
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trouyeat dans ce cas, et, nous allons ofiîrir, quant à la nature de ce fourrage, les détails que nous avons obtenus €le bergers expérimentés qui habitent ces.contarees.
Les épingles ainsi que les jets du pinastre peuvent être. empiojtés^ sans inconvément à la nourriture du menu bétail. Les moutons et les chèvres préf^nt.cependant cette espèce de sa« pin que les habitansaj^)ellent si^m bUiàc (Weiss^ tannen) , mms le lait en contracte un goût par^ tieulier , et ce fourrage , donné en abcmdance \ provoque ravortemenL Les feuilles et les reje-' tons du hêtre , en état de première verdure , c-est^ à-^dire jusqu'au mois de juin , «devinent d'excdU lent fourrage , tant pour le gros que pour le menu bétail; on assuré-même que ce fourrage, doimé le matin en petite dose aux vaches,' atànt^de lé^" envoyer au pâtoage , est un stut j^t^ésertatif contre le gonflement que provoque l'herbe înrinta-^ nière : le beurre en acquiert en même temps un goût exquis, et cette belle couleur d'or qui dé-* note sa bonne qualité. On dit cependant; quet lorsque les vaches en mangent beatKOUp^ elles donnent à la vérité abondance de lait , dans les premiers temps , mais que , plus tard , elles tombent dans un état de marasme , qui en tarit la source : du reste cette maladie n'est pas de na-^ ture à faire périr le bétail.
ET L*OB£RLilND. 55
L'aulne , qui se plaît près des torrens , est trèsfeuillu j et donne beaucoup de fourrage , mais il convient d'en user modérément à l'égard dès moutons , 'car autrement ils pourraient contracter des maladies dangereuses.Du reste les feuilles et les rejetons de l'ormeau , du tilleul , du frêne ,' du noisetier, du platane, du tremble, du cormier, du saule, peuvent être utilisés sous ce rapport , et constituent un bon fourrage pour les brebis. Mais bien que nos montagnards sachent apprécier l'avantage que procurent ces arbres utiles , ils ne cherchent nullement à transformer en plantation de cette espèce les terres incultes , qui abondent dans ces montagnes.
La nature n'est jamais chiche de ses dons; elle est toujours prête à récompenser l'homme laborieux qui vient à son aide : l'inertie , le défaut de discernement et d'industrie , telles sont les sources d'où détoule la misère, et qui la propagent. Quant à la possibilité de créer des forêts , dont l'existence deviendrait si avantageuse aux contrées qui en sont dépourvues , nous en parlerons en temps et lieu.
L'espèce de moutons qu'on rencontre presque partout dans l'Oberland, est de riche taill», la laine en est grossière et ne vaut que huit à neuf batzen la livre (un franc vingtrcinq cent.) : la seule espèce étrangère introduite et naturalisée
dans nos Alpes, est la flamande, dont la toison est doublement chère. Cette dernière s'acclimate aisément , et si elle ne s'est pas multipliëe beaucoup, la faute en est au paysan, qui se soucie peu de régénérer les espèces , et qui ne prend aucune précaution pour qu'elles ne s'abâtardissent pas. Toutefob , certains avantages militent en faveur de la brebis indigène , tels sont la bonté de la chair, la qualité de la peau, et un tempérament robuste , qui permet de la nourrir avec de mauvais fourrage, et qui lui fsdt supporter sans inconvénient la chaleur étouffante et la vapeur méphitique des étaUes, oùFon entasse ordinaire-^ ment les brebb avec le gros bétaiL Ces deux dernières circonstances, c'estr-à-<dire la mauvaise nourriture et la nature des étables, sont souvent funestes aux brebis flamandes, surtout aux agneaux ; elles s'opposent à leur propagation, et plus encore à celle des mérinos, qui, d'ailleurs, s<Hit exposés à une grande mortalité sur les montagnes , quand , après la tonte , surviennent des pluies froides.
La condition du mouton est généralement mauvaise dans nos montagnes , et sa propagation en soufïre. H faudrait améliorer les pâturages, en faciliter l'accès, ménager des abris ; mais rien de tout cela ne s'effectue. Le berger mercenaire auquel la garde du troupeau est
cammise , n'ayant d'autre responsabilité que celle de le garantir des loups , le reste lui importe peu , et il ne s'occupe que machinalement ou pas du tout, du bien-être des sujets qui lui sont confiés, n serait à souhaiter qu'on adoptât dans les montagnes de rOberland les procédés des Grisons, que nous expliquerons plus tard. On a droit de déplorer qu'une branche dindustrie que la nature du pays favorise sous tant de rapports, soit tombée chez nous dans un tel état d'avilissement ,' tandis qu'elle concourt à la prospérité de tant de peuples divers, infiniment moins bien avantagés que nous le sommes à cet égard ; et , si l'on considère que la laine est un objet de nécessité absolae, que les manufactures qu'elle alimente sont tout à fait indépendantes de la mode et des entraves qu'on pourrait apporter au commerce, et que le débit en est toujours assuré, îl est doublement fâcheux de laisser échapper une si grande masse d'avantages , en négligeant comme on le fait une branche d'industrie , qui augmenterait en même temps la valeur de nos pâturages , en raison des forts bénéfices qu'o&irait leur exploitation.
Si la propagation et la régénération des moutoas sont importantes pour nos vallées, l'introduction de cette espèce de chèvre indigène du Thibet , dont la soie s'emploie à la fabrication du
58 BRIENTZ
précieux cachemire, pourrait y devenir aussi une nouvelle source de bienr-être, Les renseignemens suivans ^ que M. Jaubert a été à portée de recueillir pendant sa résidence en Perse comme ambassadeur de France , et dont nous hii sommes redevables , sont de nature à permettre de croire que les chèvres de cette espèce i acclijnater aient aisément sur nos montagnes/
I* La chèvre du Thibet, moins vorace que la nôtre 9 ne se nourrit pas moins aisément sur les hautes montagnes qu*elle habite : elle pâture en troupe comme les moutons , circonstance qui en facilite la surveillance et permet de prévenir le dégât des jeunes bois; elle est aussi moins pronipte que nos chèVres à franchir les haies et les e/iclos.
a® Un cfimat froid lui convient , et sa soie y
gagne en finesse. Ce fut sur une montagne où
règne souvent un fixnd de ao degrés R. , que
M. Jaubert rencontra les plus beaux troupeaux
de ces chèvres, tandis que celles qu'on essaie de
transplanter dans îlnde, périssent à la suite de
maladies cutanées, qu'engendre la chaleur du
climat.
3o Ces chèvres fournissent annuellement demi-
* Notices sur les Chèvref de Cachemire, par M, Poiorueau. Paris, 1824.
BT l'oBE&LÀHD. 59
livre de soie très -fine , qa*on obtient en les peignant; elles en donnent aussi de plus grossière qui recouvre la première ; celle-ci, connue sous le nom A^ jarre ^ s'emploie à la fabrication de tissus de moindre qualité. '
4® Le lait qu'elles fournissent n'est pas inférieur en qualité à celui de nos chèvres , mais elles €» donnent moins , ce qui provient de ce qu'on y attache peu de prix, la soie formant l'objet principal. H est probable qu'en ctoisanfe cette espèce avec la nôtre , on obtiendrait dés ré* sultatô satis&isans à cet égard.
5* Déjà dé nombreux troupeaux de ces chèvres prospèréost dans lefs Pyrénées françaises^ et afr* mentent le commerce de leur précieuse dépouille .
Dès-expériences^ plus positives permettraient d*apprédfdr'àlettr jttété v^tËf* tes avantagés que' I' introductioiiL des chèvres de Cachemire pour- ' raient pioeiirer à nos' montagnes, qiri paraissent devoir kur convenir soûs tous les rappCHrts/
(^Eudit^à la propagpUîon et à l'amélioration dea moutons, qîui amènetfaièiiii l'établissement de manH&cttti^s dc'^kûne , et assureraient le biéh-^tre
* Le gouTernement bernois a fait ^acquisition d'un petit troupeau de chèvres du Thibet, pour se convaincre si la propagation peut s'en opérer dans la haute région du canton.
6o BHIENTZ
de milliers d'individus , le moyen d'obtenir ces avantages pour nos montagnes, serait de facile exécution , si Ton voulait imiter l'exemple de persévérance des anciens habitans de la vallée de Frutigen. D'anciennes chroniques rapportent que ces montagnards, assujettis à une certaine redevance qui leur était à charge , et v^ouknf s'en exempter par rachat, renoncèrent > imanîmement à l'usage de la viande et persévérèrent dans cette abstinence, jusqu'à ce que ce moyen d'épargne leur eût fourni la somme dont ils avaient besoin. Si de nos jours la classe opulente et celle des particuliers aisés , pénétré& de ce noble orgueil national qui animait les pâtres de Frutigen, s'imposaient, d'un commun accord:^ la légère restriction de n'em{doyer. pour leur usage que des draps de fabrique nationale , it est sûr que ceci tournerait au pro6t d'une industrie qui a besoin d'être encouragée, alimenterait notre commerce intérieur , et nous exen^ terait du tribut que nous apportons à llndustrie de voisins qui, dans le sein même de la paix^ nous traitent en véritables ennemis , sous le rapport du commerce, par le raffinement qu'ils mettent à empêcher l'écoulement de nos produits.
Les sommes que l'importation de denrées co-
ET L*OBERLilin). 6l
loniates et autres ,* enlèvent annuellement à Tindustrie de TOberland , ont été souvent un objet de calcul pour ceux qui s'occupent de l'ëconomie de notre canton. Les uns pensent que le paysan devrait s'abstenir tle Tusage du café , d'autres l'approuvent comme un comestible peu coûteux et nutritif. Quant à moi, je suis de l'opinion des premiers , considérant que la subsistance d'une famille indigente serait assurée , si l'argent dé-
"* Voici en quoi consistent les objets importés dans i'Oberland, dans le courant de 1822 :
Tabac 45,904 livres»
Huiles diverses 18,166
Café aiySoi
Sucre 12,1x1
Cuir. 10,348
Savon 6,572
Chandelles 3,926
Chicorée torréfiée 2,170
Tissus divers ^ . . 4^300
Fer non ouvré 22,84 1
Miel 914
Blé et farine 5xo,ooo
Sel 374,000
Vin (indépendamment de ce qu'en
donnent les vignobles situés sur
les rives du lac de Thun ) 91,000 mesures,
Ean-de-vie 2,794
Tin admettant que la consommation des étrangers
6^ B^IENTZ
boursable pour le café était employé à Tassai^ sonnement de pommes de terres , qu'on peut se procurer aisément. Je vais plus loin, en admettant que la génération qui s'élève pourrait être habituée à s'abstenir de l'usage des denrées coloniales ; elle n'y perdrait certainement pas plus que nos furédécesseurs en santé et en vigueur , tandis que l'écoulement , la valeur des produits indigènes, et notre économie en général y gagneraient sous mille rapports. Je le répète, l'intérêt national réclame impérieusement de limiter autant que possible la consommation des produits étrangers, tant que les mesures de nos voisins s'opposeront à l'exportation des nôtres. Si les honorables mem* bres des nombreuses sociétés que l'amour des sciences et des arts $l réunies , en donnaient le premier exemple , et appelaient leurs concitoyens à l'imiter , nul doute que la plupart ne se soumissent à une restriction qui influerait puissamment sur la prospérité nationale.
qui Ttsilent le pays , comportât le quart des Tios, et le dixième des aou^s deorées, le reste compose celle de dix-sept miUe âmes, montant de la population des deox grands Uailliages de l'Oberland , soit dlnterlachea et d'Oberbasli. Le seul débouché par le Grimsel, qui permettait le transit de quelques denrées, n'existe plus depuis le diangement qui s*est opéré dans les relations
ET L*OBERLÀND. 63
Dans rOberland le manque de fabriques ou de manufactures, et particulièrement de celles de laine, dérive , comme nous l'avons observé déjà, des vices de l'économie rurale , de préjugés invé-^ térés , et des vues bornées du peuple , qui ne con* çoit pas la possibilité d'étendre les limites de sa sphère active. Aussi serait-il du plus grand intérêt pour ces contrées , que l'industrie étrangère vînt j porter la vie et régénérer les idées des habitans. U n'en est pas ainsi, et Ton serait tenté de croire que l'Oberlandais, abandonné à lui-même, est destiné à former un peuple à part, que rien ne distrait de sa manière d'être, et des préjugés qui lui ont été transmis d'âge en âge. Que les sujets d'Underwald, limitrophes et alliés, soient restés complètement étrangers aux Oberlandais , ceci peut être attribué à la diversité de doctrine; mais ce qui doit paraître étrange, c'est que le Bernois delà plaine, attaché aux mêmes dogmes, comme 1 entreprenant Glarnais, qu'on rencontre partout, n ait jamais eu l'idée de former des établîssemens dans l'Oberland. B parait, qu'à l'égard des étrangers , la difficulté des communications en est la principale cause. Si l'on établisssSt des routes le long des deux lacs et à travers le Grimsel et le Susten, il se pourrait qu'une pareille mesure attirât dans l'Oberland des colons industrieux d'autres contrées de la Suisse. Quant à
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faugmentation de population qui en rësulteralt^ les produits de rindustrie en compenseraient non-seulement le surcroit, mais ils répandraient même sur les indigènes une plus grande masse de bien-être , la surabondance de population qui pèse sur FOberland n*ëtant que relative, et en raison des faibles ressources que fournit Tëconomie rurale dans son état actuel, ressources qu*il serait facile d'augmenter.
A Brientz , par exemple , de même que dans les autres vallées de la haute région du canton , Félévation des plus hauts pâturages est inférieure à celle où végète encore le cerisier ou le hêtre , en sorte qu*on pourrait les utiliser par la culture de céréales, du trèfle, des pommes de terre, du lin. D*obscures traditions font même présumer Texistence de plusieurs villages, qui vivifiaient anciennement ces régions maintenant désertes : plusieurs dénominations locales qu'oi^ emploie à Brientz , semblent confirmer de pareilles conjectures. Il paratt , entre autres , que deux villages ou hameaux appelés KapeUmatte et Hausiàite auraient été détruits par des avalanches : on assure que le nom de Ab-planalp^ que porte une famille encore existante de la commune , dérive d un enfant , seule créature échappée à la ruine générale, et qu on trouva enseveli dans les neiges. D autres exemples de ce