‹ Voyage dans les petits cantons et dans les Alpes rhétiennes, trChapitre 5 sur 45 · ET L*OB£RL4ND · texte numérisé non relu

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genre permettent de croire qu'anciennement d'autres vallées de FOberland offraient des étafalissemens sur des lieux très--élevés. Il serait à souhaiter, pour le soulagement des vallées qui regorgent de population , qu'il s*en colonisât une partie sur ces hautes régions.

Après avoir signalé la plupart des causes qui propagent la pauvreté dans ces vallées, il nous reste encore à faire connaître la nature des moyens employés en faveur de la mendicité.

La plupart de nos anciens règlemens établissaient régale répartition des pauvres dans les communes : cette mesure offrait moins de diffi-* culte qu'actuellement, parce que les fonds affectés à la mendicité n'étaient pas particuliers à chaque commune, et que le droit de paroisse ne souffrait pas d'exclusion. Maintenant et en vertu du règlement de 1807, chaque commune est tenue de pourvoir elle-même à l'entretien de ses pauvres. Cette disposition parait plus convenable qu'une répartition générale, qui souffrirait beaucoup de difficulté , par la raison qu'il existe des comr munes qui, sous le rapport des fonds disponibles, sont mieux ou moins bien avantagées que d'aur très. Mais ce même règlement de 1807 en tendant à faire cadrer le sort des pauvres avec les institutions existantes, n'a pu, pour ce même motif, faire disparaître les inconvéniens d'une

administratioii qui réclame une réfinrme radi^ cale pour remjdir les vues philanthropiques du gouvernement Chaque amunune, grande ou petite, ayant à s'occuper de ses pauvres^ il en résulte une infinité d'administrations spéciales dont chacune demande un dispensateur juste et édairé : or, je le demande , peut-on espérer de trouver parmi nos montagnards des hommes capaUes de remjdir des fonctions de cette im^ portance? Aussi Fadministration des fonds des pauvres est-eDe confia aux agens du gouvernement, et les ecdésiastiques mêmes ne sont pas autorisés à en disposer. Les infirmes, les vieillards, et ceux qui, pour une cause quelconque, ne peuvent se fivrer au travail, reçc»vent annuellement un, deux, quelquefois trois krnis. Quant aux orphelins, ils sont pour ainâ dire un objet d'enchère : on les remet à ceux qui, sous le rapport de la modicité de la pension, remportent sur les autres. Ces infortunés voilent sans vocation future, ne reçoivent aucune espèce d'éducation , n'apfMrennent aucun métier. Là où l'on n*est pas dans cet usage, chaque chef de famille est tenu d'entretenir les orphelins à tour de r^.* Dans Fun et fautre cas, ces infortunés

'^ Une iKmTeIk oldoluuuMtt irieat dTétablir des restrictioas nlataires à cet ^gtrd.

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employés aux plus rudes travaux , mal nourris , mal vêtus , cherchent naturellement à se soustrsdre à cet ëtat de misère. Dans ce but et dans fespérance de pouvoir se tirer d'affaire ^ ils prennent femme pour obtenir la distribution de terrain qu'on accorde aux hommes maries ; mais les résultats ne répondent que rarement à l'attente de ceux qui se marient sous de si tristes auspices, et en général les fruits de ces unions inconsidérées ne font qu'augmenter la masse des mendians.

Un court séjour dans* les vallées de la haute région du canton suffit pour laisser apercevoir le manque absolu d'artisans habUes. Le défaut de conununicaticMa: avec les contrées où l'indus— trie fleurit , le mode si simple d'exploitation de minces fonds de terres, l'absence de grands établissemens ruraux et de fabriques, y contribuent sans doute; mais on peut dire que la cause principale de ce dénuement se rattache au vice des institutions de bienfaisance, H est clair que les fonds modiques affectés à l'indigence dans les conoununes pauvres sont insuffisans pour payer l'apprentissage des orphelins chez d'habiles artisans étrangers : on ne songe donc qu'à les entretenir de la manière la moins coûteuse et la plus analogue aux moyens disponibles , en sorte que le mode d'entretien que nous venons

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de signaler paraît aux dépositaires des fonds , et le mieux conçu et le plus recommandable.

Dans le but d'améliorer le sort des pauvres de nos montagnes , on s'est occupé beaucoup de projets de fabriques, mais jamais encore on n'a considéré dans le pauvre lui-même un objet susceptible d'acquérir un certain degré de valeur par son utilité individuelle. H est certain qu'en opérant dans ce but, la position du pauvre pour* rait s'améliorer. Les moyens industriels dont il serait pourvu en feraient un objet de demande pour les étrangers, chez lesquels il pourrait non seulemeqitgagner sa vie, mais se procurer même des ressources qui lui faciliteraient la rentrée dans son pays natal , tju'il vivifierait par ses lu-* nifières et par son exemple. Ce mode, dont les résultats: me paraissent devoir l'emporter sur ceux de la fabrication , dépend de la fondation d'écoles propres à former de bons agriculteurs et des artisans haUles. On peut admettre raisonnablement que les élèves sortis de ces écoles pourraient être placés facilement dans l'étranger, ou que les restans , loin d'être à charge à leuif pays , en deviendraient des citoyens utiles. Mais jamais un projet de cette nature ne pourra se réaliser avec les moyens éparpillés des communes. Ce but ne saurait être atteint que par la centralisation de ces moyens, c'est-à-dire en

rëunissant les fonds de plusieurs communes qu'on ferait dépendre d'une seule direction , et à la tête de laquelle seraient placés , comme ad-* Hiinistrateurs , des ecclésiastiques et des hommes capaUes. Les revenus de ces directions de bienaisance pourraient être augmentés par des impositions indirectes et de nature k être suppoi> tées aisément. Quant aux fonds disponibles qu'on obtiendrait tôt ou tard , moyennant de semblables mesures , rien ne conviendrait mieux que de les consacrer à Facquisition de fonds de terres incultes qu'on mettrait en valeur, et qui offriraient le double avantage d'entretenir les infirmes , les vieillards , et de fonder des écoles de charité où les enfans des familles indigentes et les orphelins obtiendraient une éducation dont les fruits seraient réversibles sur la société.

L'Argovie se distingue par des établissemens de bienfaisance fondés d'après des principes à peu près semblables. Ce qui en prouvé l'efficacité , c'est que , malgré le coup fatal que l'introduction des filatures de coton a porté à l'industrie d'une grande partie de la population de ce canton , malgré les charges accablantes qui résultèrent des malheurs qui se rattachaient à la guerre, pendant les années 1799, i8i3, i8i4 , 181 5, et même un grand surcroît de population , on a trouvé moyen d'y procurer de nouvelles

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ressources^ à Tindigence , et d*y créer un fonds capital qui assure en grande partie le sort des pauvres y et qui a rëduit à un mince impôt les subsides encore exigibles pour compléter cette œuvre de bienfaisance. Les fondations de cha» rite qui existent dans fArgovie , sont calquées 6ur celles de Hambourg qui se distinguent par des principes pleins d'humanité, et qui ont aussi servi de type à l'établissement de Berne , dont l'organisation a précédé notre révolution politique.*

* Les înslitatioiis de rArgovie, consacrées aa soulagement des pauvres , sont dues en grande partie à l'humanité active d'un homme qui , aidé dans ses travaux par des amis animés d'un même zèle^ avait coopéré précédeniment à l'organisation du grand hôpital de Berne* La mort prématurée de ce bienûiiteur du pauvre est déplorée par ceux qui connaissaient ses nobles qualités^ et particulièrement par l'auteur , dont il fut le frère chéri.

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