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qui n’avait attaqué que pressé par l'instinct de sà propre défense, reprit la fuite promptement. Aussitôt que je fus venu à bout de calmer la terreur panique de mon cheval, je remis en état les pistolets, et tächai de regagner le buffle, qui avait ralenti sa course, afin de reprendre haleine. À mon approche, il recommença un galop pesant et précipité à travers les ravins et les marécages, et plusieurs daims et quelques loups, effrayés sous leur couvert par le tonnerre de sa course, s’enfuyaient pêle-méle des deux côtés de la vallée.
Un galop, sur ces territoires de chasse , à la poursuite du gibier, n’est pas aussi doux que pourraient se l’imaginer ceux qui se représentent les Prairies comme des plaines parfaitement unies et découvertes. Celles où nous étions alors sont, il est vrai, moins encombrées de plantes à fleurs et de longues herbes que les basses Prairies, et sont principalement couvertes de cette herbe courte, nommée gazon de buffles; mais elles sont entremélées de collines et de vallons, et, dans les endroits les plus plats, coupées par de profondes rigoles , ou ravins, formés par des torrens après les pluies, et qui, s’ouvrant sur une surface plane, sont de vrais trébuchets sur
le chemin du chasseur, l’arrétent en pleine course, eu l'obligent à risquer sa vie et ses membres. De plus, les plaines sont sillonnées par les trous de petits animaux , dans lesquels les chevaux entrent parfois jusqu'au-jarret et tombent alorsavec leur cavalier. Les dernières pluies avaient inondé une partie de la prairie où le sol était dur, et recouvert d’une nappe d’eau , à travers laquelle il fallait marcher. En d’autres parties , on trouvait d'innombrables creux, peu profonds, ei de huit à dix pieds de diamètre, faits par les huflies, qui aiment à se vautrer dans le sable et la bourbe, comme les pourceaux. Ces creux, remplis d’eau, brillent comme des miroirs, et les chevaux sautent continuellement par dessus, ou bien s’en éloignent en faisant un écart. Nous étions alors dans la partie la plus rude, la plus inégale de la prairie. Le buffle, qui courait pour sauver sa vie, ne choïisissait pas ses chemins , et plongeait tête baissée dans les précipices , dont il fallait suivre les bords pour chercher une descente plus
sùre. Enfin il arriva dans un endroit où un tor-
rent d'hiver avait creusé un fossé profond à travers la prairie tout entière. Le fond de ce ravin était formé de fragmens de rochers , et ses bords étaient deux côtes escarpées de cailloux roulans
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