‹ Voyage dans les prairies à l'Ouest des États-UnisChapitre 16 sur 56 · VOYAGE DANS L£S PRAIRIES · texte numérisé non relu

VOYAGE DANS L£S PRAIRIES

Tandis que cette folle gaité régnait auprès de l'un des feux , une sorte de mélodie nasale partit d'un autre , et un chœur de voix se réunit bientôt à cette très lugubre psalmodie. Le coryphée était un des lieutenans , grand homme efflanqué, qui avait été maître d'école ^ professeur de chant , et, par occasion y prédicateur méthodiste dans un des villages de b frontièra» Ce chant s^élevàit avec une tristesse solennelle dans Tair de la nuit, et me rappelait la description de sem* blables cantiques chantés dans les camps des Puritains. En effet , ce bizarre mélange de figurés et de costumes ofiert par nos gens aurait J&it honneur au drapeau ^t Praise-God-rBarebones.

Dans un intervalle de la psalmodie nasale y un hibou, amateur probablement désireux d'entrer en concurrence, commença ses hou^hou sinis-, très. A l'instant ce fîit un cri général : Le hibou de Charlejr 1 le hibou de Charley ! Il parait que cet oiseau de ténèbres avait visité le camp toutes les nuits précédentes , et qu'une des sentinelles, garçon peu malin, avait tiré sur lui et s'était excusé ensuite d'avoir tiré étant de factioi\ , en disant que les hiboux faisaient d'esifceUenie soupe. Un des jeunes cavaliers imita le cri de l'oiseau de Minerve , lequel , avec une simplicité peu d'accord avec sa réputation de prud'hom--

A l'oUBST des iTATS-UNIS.

mie 9 sortit de l'obscurité^ et vola sur la branche dépouillée d'un« arbre éclairé par un des feux. Aussitôt le jeune eomte saisit sou fiisil , visa , et dans un clin d'oeil le pauvre oiseau de mauvais augure tomba sans: vie. Gharley fut appelé et sommé d'apprêter et de manger sa prétendue excellente soupe ; mais il refusa sous prétexte qu'il n'avait pas lui-même tué la bête.

Dans le courant de la soirée y je fis une visite au feu du capitaine^ qui se composait d'énormes troncs d'arbres, capables: de rôtir un buffle tout entier. Là se trouvaient les principaux chasseurs et officiers debout, assis ou couchés sur des peaux et des couvertures , contant leurs histoires de chasse et de guerre avec les sauvages.

A mesure que la nuit approchait, une lumière rougeâtre se montrait à l'ouest au-dessus des arbres.

« C'est probablement une prairie incendiée par les Osages , dit le capitaine. .

— Ce doit être vers l'embouchure* de la Rivière Rouge, dit Beatte en regardant le ciel ; on dirait que c'est à trois où quatre milles d'ici , et peut-être c'est à plus de vingt milles. »

Entre huit et neuf heures , une douce lumière argentée s'élevant.par degrés à l'orient annonça

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le lever de la lune. Alors je sortis de la cabane du capitaine pour me préparer au repos de la nuit. J'étais décidé à quitter l'abri de la tente , et à bivouaquer avec les cavaliers. Une peau d'oui's me servit de lit, un bissac était mon oreiller. Enveloppé dans des couvertures, je m'étendis sur la couche du chasseur, où je m'endormis d'un sommeil doux et profond , et ne m'éveillai qu'au bruit du cor, sonnant le départ au point du jour.

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