‹ Voyage dans les prairies à l'Ouest des États-UnisChapitre 17 sur 56 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Nous plions bagage. — Marche pittoresque. — Chasse. — Scènes d6 camp. — Triomphe d^nn jeune chasseur. — ^ Mauvais succès des vétérans. *— Yil assassinat d'un chafoin.

Lë i4 octobre^ au signal donné par le cor, les patrouilles et les sentinelles relevées de leur faction rentrèrent au camp. Tous les cavaliers quittèrent leur couche rustique, et vaquèrent gaÎTïient aux préparatifs du départ. C'était uti mouvement général ; ceux-ci coupaient du bois, allumaient des feux et apprêtaient le déjeuner; ceux-là pliaient les couvertures, qui servaient de tentes pendant les mauvais temps; d'autres couraient après les chevaux dispersés dans les taillis. La forêt retentissait de cris joyeux, d'exclamations, d'éclats de rire. Quand tout le monde eut déjeuné, les effets empaquetés et chargés, on sonna le boute-selle et à cheval. A huit heures la trotipe marchait en ligne prolongée et tortueuse , et les hourras des chasseurs se

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mêlaient aux jurons adressés auxlïâtes de somme. Un moment après, la forêt, qui depuis quelques jours avait offert une scène si animée, si tumul* tueuse ; rentra dans sa solitude et son silence primitifs.

C'était une belle et claire matinée ; une atmosphère transparente et pure semblait baigner le cœm^ dans la joie. Nous suivions une direction parallèle a l'Ârkansas à travers un pays riche et varié. Quelquefois nous étions obligés de nonsfrayer un chemin sur des terrains d'allui^ion ^ encombrés d'une végétation exubérante , où dé» arbres gigantesques étaient entrelacés de vignes qui tombaient de leurs branches comme les cordages d'un navire. D'autres fois nous longions de petites rivières stagnantes dont le faible courant servait à lier ensemble une suite d'étangs unis et brillans, encadrés comme des miroirs dans le sol de la forêt et réfléchissant son feuillage d'automne, et, en quelques places , le ciel bleu. Plus loin nous gravissions des collines de rochers du sommet desquelles la vue s'étendait au loin, d'un côté sur les immenses prairies , diversifiées par des bosquets et des forêts, de l'autre sur une chaîne de montagnes bleuâtres ^ au-delà des eaux de l'Arkansas.

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L'apparence de notre troupe était en harmonie avec le paysage. Nous formions une ligne d'un demi-mille de longueur^ tournant parmi des fourrés et des clairières .y montant et descen-* dant les défilés des collines. Nos hommes portaient toutes sortes de costumes bizarres, et montaient des chevaux de toutes les couleurs. Les chevaux: de bât s'écartaient sans cesse pour aller brouter dans les herbages y et Tony et ses confrères y les métis y les ramenaient à force de coups et de juremens. De temps en temps les noteis du cor, à la télé de la colonne , réveillaient les échos des bois et des vallées profondes , en * rappelant les traineurs et en annonçant la direction de la marche. L'ensemble de la scène me rappelait les bandes de boucaniers traversant les solitudes de l'Amérique méridionale dans leurs expéditionsL contre les établissemens espagnols.

Une fois^ en traversant un pré entouré de bo jquets, nous vîmes les longues herbes couchées en plusieurs places : c'étaient les lits des daims qui avaient dormi la précédente nuit sur ce pré. Quelques chênes portaient aussi la marque des griffes des ours qui avaient grimpé le long de leur trône pour chercher du gland. En approchant d'une clairière donnant sm* ce pâturage ,

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