‹ Voyage dans les prairies à l'Ouest des États-UnisChapitre 47 sur 56 · VOYAGK DANS LES PRAIRIES · texte numérisé non relu

VOYAGK DANS LES PRAIRIES

le hurlement lugubre des loups mêlé au vont de la nuit. Nous pensions à faire halte et à bivouaquer dans quelque bosquet. Nous étions pourvus des instrumens nécessaires poiu* faire du feu, il ne manquait pas de combustibles autour de nous, et les langues des buffles nous auraient fourni le souper.

* Gomme nous nous préparions à descendre de cheval , nous entendîmes un coup de fusil à quelque distance, et bientôt après les sons du cor appelant la garde de nuit. Nous poussâmes dans cette direction , et les feux de camp frappèrent, au bout d'un moment, notre Tue> parmi les bosquets d'un fond de terrain d'allû-

vion.

A notre arrivée , le camp présentait une srëne de rustique débauche de chasseurs. La journée avait été employée à Une grande chasse , à laquelle tout lé monde avait pris part : on avait tué huit buffles. Des feux brillaient et pétillaient de tous côtés; toutes les mains étaient occupées autour des inembres rôtis, des os à moelle grillés, ou de la bosse succulente , si célèbre parmi les gour* mets des Prairies. -Ce fiit avec délices que nous descendîmes de nos montures exténuées, pour participer à ce festin héroïque, ayant passe la

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journée à cheval, sans prendre la moindre nourriture.

Nous retrouvâmes notre digne ami le commissaire ^ duquel nous. nous étions séparés au début de cette aventureuse journée , couché dans un coin de la tente, rendu de fatigue, tout déconfit par une chasse heureuse et glorieuse.

Voici le fait. Beatte, notre métis, voulant signaler son zèle en donnant au commissaire l'occasion de se distinguer à la chasse, l'avait fait monter sm^ son cheval demi sauvage , et mis siu* les traces d'un taureau-buffle que les chasseurs avaient effrayé. Le cheval, aussi intrépide que son maître , et , ainsi que lui , d'une nature tant soit peu diabolique , d'ailleurs depuis long-temps familiarisé avec ce gibier monstrueux, n'eut pas plus tôt vu et senti le buffle qu'il emporta son cavalier bon gré mal gré , montant les collines , descendant les vallées , sautant les ruisseaux et les flaques, se lançant dans les précipices, si bien qu'il atteignit en moins de rien la bête fugitive. Alors', au lieu de prendre le large, il se serra contre le buffle. Le commissaire, presque pour se défendre , déchargea les deux coups de sa carabine sur les flancs de l'ennemi. Cette bordée eut de l'effet, mais non un effet mortel. Le

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