‹ Voyage dans les prairies à l'Ouest des États-UnisChapitre 48 sur 56 · VOYAGE DAIVS LES PRAIRIES · texte numérisé non relu

VOYAGE DAIVS LES PRAIRIES

buffle se retourna furieux contre son adversaire. Le cheval , suivant ce qu'on lui avait enseigné , fit volte-face. Le buffle le poursuivit. Dans cette extrémité y le digne commissaire tira son unique pistolet y fit feu comme un chasseur déterminé ; le coup porta ; la balle pénétra dans la poitrine du buffle j qui chancela , et roula enfin sur la terre.

A son retour au camp y le commissaire fut ac* cablé d'éloges sur son exploit signalé ; mais il était encore plus accablé de fatigue. Il avait couru et vaincu malgré lui ; il faisait donc la sourde oreille a tous les çomplimens y et là bonne chère des chasseurs y placée devant lui y ne le tentait guère. Il se retira le plus tôt possible pour étendre ses membres brisés sous la tente y et déclara que rien au monde ne pourrait désormais le décider à monter le quasi-démon de cheval indien , et qu'il renonçait pour la vie à la chasse aux buffles.

Il était maintenant trop tard pour envoyer à ta recherche du comte ; mais l'on tira des coups de fiisil et l'on donna du cor de temps en temps , afin de le guider vers le camp si par hasard il se ti>ouvait à portée de les entendre; mais la nuit avança^ et il ne parut point. Pas une

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seule étoile sur laquelle il pût se diriger ne brillait dans le ciel, et nous supposâmes qu'il ne continuerait point à errer dans les ténèbres , mais qu'il bivouaquerait jusqu'au jour.

C'était une nuit sombre et froide. Les carcasses des buffles tués dans le voisinage du camp avaient attiré le nombre accoutumé de loups voraces, qui exécutaient un homble concert de hurlemens prolongés en cadences plaintives. Rien de plus mélancolique , de plus terrifiant que le hurlement nçcturne du loup dans une prairie; mais en songeant à 1^ situation abandonnée^ périlleuse de notre pauvre ami , l'obscurité profonde, et la sauvage musique du désert nous pat*aissaient encore plus épouvantables. Toutefois nous espérions qu'au retour de l'aurore, il retrouverait le chemin du camp, et qu'alors tous les événemens de l^nuit ne seraient rappelés que comme autant de bonnes fortunes pour sa passion chevaleresque.

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