‹ Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro et de Minas Geraes; (volume 2)Chapitre 11 sur 52 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

C’est là que Ton voit l’église paroissiale ; elle est isolée comme toutes celles des villes et des villages ; mais ede n’occupe pas le milieu de la place. Outre cette église, il en existe encore une autre qui appartient aux nègres, et qui , suivant la coutume , est dediee a Notre-Dame du Rosaire, dont l’image est toujours noire.

J’ai dit qu’aucun ordre monastique ne pouvait s’établir dans la province des Mines -, cependant il existe dans plusieurs parties de cette province des maisons, où des femmes se réunissent pour vivre sous une règle commune. On leur donne le nom de freiras , qui est celui des véritables religieuses ; mais elles ne peuvent être considérées comme telles, puisqu’elles ne sont liées par aucun vœu. Un missionnaire a formé àChapada une réunion de ce genre. Quoique parfaitement libres , les femmes qui la composent ont eu besoin de l’autorisation du roi pour rester ensemble. Ayant très -peu de bien, ces recluses reçoivent des aumônes. Elles portent l’habit des carmélites-, elles suivent la règle de sainte Thérèse , et je leur ai entendu chanter , pendant la messe , des hymnes en langue vulgaire , ce qui ne se pratique point ailleurs. Il est a croire , au reste, que la maison des recluses de Chapada ne subsistera pas long-temps; car ces femmes sont toutes vieilles , et aucun sujet ne se présente pour les remplacer.

On compte à Chapada environ cent soixante maisons. À l’exception d’une seule , toutes n’ont que le rez-dechaussée ; elles sont basses , couvertes en tuiles et construites de la même manière que celles de Villa do

Fanado. Les fenêtres sont peu nombreuses, à peu près carrées, et fermées , pour la plupart , avec des volets peints en rouge.

Le village de Chapada se trouve bâti à F extrémité orientale du territoire de la paroisse dont il est le chef -lieu, et ce territoire s’étend comme une langue à vingt lieues vers l’orient. On peut être étonné de rencontrer, dans un pays dont la population est si peu considérable , deux chefs - lieux de paroisse aussi rapprochés que Chapada et Villa do Fanado 5 mais il faut songer que les aventuriers qui les premiers pénétrèrent dans l’intérieur du Brésil , s’inquiétaient peu de mettre quelque régularité dans leurs établissemens -, ils cherchaient de l’or, et, en ayant trouvé beaucoup dans le territoire de Chapada, ils fondèrent ce village.

Chapada 11e fournit plus aujourd’hui autant d’or qu’ autrefois , et plusieurs des habitans se sont retirés ailleurs. Cependant il y a encore dans le pays quelques lavages très - productifs 5 l’on peut citer, entre autres, celui de Batata , ce morne dont j’akparlé plus haut , et qui fait partie de ceux qui entourent ce village. L’or se présente ici tantôt en veine, tantôt épars presque à la surface du sol : on en a découvert des morceaux qui pesaient jusqu’à onze livres.

La population actuelle de Chapada s’élève à environ six cents individus , qui , presque tous , sont mulâtres , et dont plusieurs , s’appliquant à l’agriculture , ne viennent que le dimanche au village. C est principalement du riz et des haricots que l’on recueille dans ce pays. On n’y cultive point le cotonnier*, mais avec

le coton quils achètent, les habitans fabriquent des couvertures qu’ils exportent ou qui se débitent sur les lieux mêmes.

Chapada jouit d’un très - grand avantage, celui d’être situé sur la route des pays où l’on récolte le coton avec le plus d’abondance. Cette bourgade est vivifiée par le passage des caravanes , qui se rendent à Rio de Janeiro , et elle leur olfre un lieu de balte trèscommode. Une vaste auberge , bâtie sur la place , reçoit les voyageurs \

Je logeai à Chapada chez le pasteur du village, dont je reçus le meilleur accueil. C’était sans doute un grand avantage pour moi de pouvoir jouir de la société intime des hommes les plus honnêtes et les plus éclairés des pays que je parcourais. Mais il n’en est pas moins vrai qu’à l’époque où je m’arrêtais sous les ranchos, j’étais libre de mon temps , et je pouvais le consacrer tout entier au travail \ tandis que , reçu chez des particuliers qui me traitaient de leur mieux , je me voyais forcé de leur sacrifier beaucoup d’instans \ et , dans la saison où l’on était alors, j’étais encore contrarié dans mes occupations par la brièveté des jours. Mon journal se

1 Suivant Fauteur des Memorias historicas , v. VIII , p. 2da , p. 167 et 168, le village de Chapada ou S. Cruzde Chapada est situé à 3 1. nord du Fanado, par le 160 48' lat* ; la paroisse entière comprend 2,3oo habitans ; elle est bornee au nord par celle d’Agua Suja, au sud par celle de Villa do Boin Successo , à l’ouest par celle d’Itacambira. Selon les mathématiciens portugais cités par d’Eschwege {Bras. Neue IV elty II, p. 176) , c’est par le i7°6/ 37" qu’est situé Chapada.

trouvant arriéré , je restai un jour à Chapada , pour me mettre au courant, et, dans Faprès-dînée, j’allai avec mon hôte me promener hors du village.

J’observai , dans cette course , qu’en plusieurs endroits les bois primitifs avaient été détruits, soit par caprice , soit pour satisfaire aux besoins de l’agriculture. Les bois actuels ressemblent encore à des taillis ; cependant ils ont en même temps quelque chose de l’aspect de nos broussailles. La terre était alors extrêmement sèche 5 parmi les arbrisseaux qui la couvraient, je ne trouvai aucune plante en fleur ; plusieurs des arbrisseaux avaient perdu une partie de leurs feuilles , et l’on m’assura qu’il leur en serait resté bien moins encore , si , contre l’ordre habituel, il n’était survenu des pluies dans le courant du mois de mars.

Le curé me conduisit à un petit jardin qu’il cultivait auprès du village. Dans un vallon généralement très-resserré , où coule un ruisseau, il avait choisi un endroit où les montagnes, moins rapprochées, laissent entre elles un espace parfaitement plane et d’une forme à peu près ovale. Autour de cet espace , le propriétaire avait planté des orangers et des bananiers-, une fosse, d’où Ton tirait jadis de l’or, était devenue un vivier-, le terrain était couvert de riz et de legumes cultivés avec soin , et disposés avec un ordre que 1 on ne retrouve nulle part dans ce pays -, le ruisseau enfin fournissait de l’eau pour arroser les légumes, et il servait à défendre les jeunes plantes contre les ravages des grandes fourmis. Des arbrisseaux semblables à nos taillis couvraient les mornes qui entouraient ce

jardin -, sur leurs flancs paissaient des vaches qui donnaient un excellent laitage 5 au bas des mornes était une humble chaumière, et une échappée de vue laissait apercevoir le village. Tout cet ensemble rappelait assez bien certains paysages de la Suisse.

Je quittai Chapada pour me rendre au village de Sucuriü, qui en est éloigné de cinq lieues , et bientôt je passai le ruisseau de Capivarhy. Dans ce ruisseau , comme dans plusieurs autres qui lui sont parallèles et se jettent également dans F Arassuahy, tels que le Rio do Fanado, le Rio cT Agita Suja (rivière d’eau sale), etc.., on trouve un nombre de paissons beaucoup plus grand que dans les rivières voisines de Villa Rica, Villa do Principe, S. Miguel de Mato dentro , etc. Ainsi, outre le trahira , le bagre , le lambari , on pèche encore dans les ruisseaux que j’ai cités ci-dessus, le piabanha, le piciu , le piampara , etc.

Le chemin que l’on parcourt jusqu’à Sucuriu est montueux et descend d’une manière très -sensible. Le terrain est rougeâtre , pierreux et d’une sécheresse remarquable. On passe deux ruisseaux, celui d’Agua Suja, qui, comme on Fa vu, se jette dans F Arassuahy, et celui ù'Ag ua Limpa (rivière d’eau propre), qui réunit ses eaux à celles de FAgua Suja. Dans toute la route je n’apercus qu’une maisonnette, située dans un fond -, je vis à peine quelques fleurs , fort peu d’oiseaux et point d’autres insectes qu’un très-petit nombre de papillons. Quant à la végétation, elle présente une foule de nuances différentes, ce qui, peut-être, a pour cause les différences que le sol éprouve dans son élévation.

Les premiers mornes , sur lesquels on passe en sortant de Chapada, sont couverts de ces arbrisseaux qui ressemblent à nos taillis. Quelquefois on voit des car- / ras cos très-bas, à peu près de la même nature que ceux de Penh a et de S. Joâo -, ailleurs de petits arbres tortueux s’élèvent c à et là au milieu d’une herbe desséchée. Enfin, en s’approchant de Sucuriü, on traverse des calijigaSj bois que je ne connaissais point encore, et qui, plus élevés que toutes les sortes de carrascos que j’ai décrites jusqu’ici, sont pourtant beaucoup moins vigoureux que les forêts vierges , et s’en distin?guent encore , parce qu’ils perdent leurs feuilles chaque année. \

Les catingas n’étaient pas, au reste, entre Chapada et Sucuriü , les seuls bois que la saison eût en partie dépouillés de leur parure. Toutes les autres espèces de bois avaient eu le même sort-, quelques arbres même n’avaient conservé absolument aucune feuille - et parmi ceux-ci, j’en vis qui, comme nos amandiers et nos pêchers * s’étaient couverts de fleurs avant d’avoir un feuillage nouveau : c’étaient, entre autres, une myrtée, une malpighiée et une malvacée à semences laineuses. Une teinte pourpre ou jaunâtre colorait les feuilles qu’avaient conservées les arbres épars et tortueux, dont le port est à peu près celui de nos pommiers , et j’aurais pu me croire à la fin de la belle saison dans un de nos vergers, si la nature, livrée à ellemême, pouvait avoir cette régularité que nous donnons à nos ouvrages.

Une autre végétation produisit en moi une illusion

Lien plus complète encore. En descendant auprès de la petite maison dont j’ai déjà parlé , j’entrai dans un Lois composé d’arLrisseaux serrés les uns contre les autres, et au milieu desquels s’élevaient de distance en distance des arLres d’une grandeur moyenne. Ces Lois avaient une ressemblance parfaite avec ceux de nos taillis où on laisse eà et là croître des Lali veaux. Les arbres conservaient à peine quelques feuilles jaunâtres ou d’un pourpre foncé ; la terre était jonchée de celles qu’ils avaient perdues, et, de temps en temps, il en tombait encore quelques-unes à mes pieds. Les gazons qui bordaient le chemin avaient été brûlés par l’ardeur du soleil-, une seule acanthée laissait apercevoir de petites fleurs à deux lèvres et à tube allongé - mais ses feuilles presque flétries retombaient sur la tige , et l’on aurait pu prendre cette plante pour notre galeopsis lactarium, tel qu’il se montre dans les plaines de la Beauce après la canicule. Le soleil était sur son déclin • la chaleur avait diminué-, aucun vent ne se faisait sentir, et le ciel n’offrait plus que des teintes affaiblies. Je me serais cru en France par une belle soirée d’automne , si quelques palmiers , que j’apercevais çà et là , avaient pu me permettre de m’abandonner à une erreur si douce. Ces palmiers, d’une espèce que je ne connaissais pas encore, avaient des tiges parfaitement droites , de la grosseur du bras, hautes de a5 à 4o pieds, et n’offraient aucun autre vestige des pétioles détachés que quelques marques circulaires d’un noir obscur. Des feuilles desséchées pendaient négligemment sur la tige-, celle-ci se terminait par six autres feuilles

AU BRESIL. s9

élégamment arquées , légères , et du vert le plus beau ; du milieu d’elles s’élevait une flèche aiguë, formée parle bourgeon naissant, et un long régime de fleurs s’inclinait vers le sol, recouvert d’une spatlie en «nacelle. Cette végétation équinoxiale, environnée de formes européennes, formait avec elles le contraste le plus singulier \

Je descendis à Sucuriu chez le desservant, pour lequel j’ avais une lettre de recommandation. Il me reçut très - bien , et il me céda sa chambre et son lit. À notre arrivée, nous nous mîmes, moi à dessécher des plantes, et Prégent à préparer des oiseaux. TouL cela amusa beaucoup mon hôte , peu accoutumé à voir des étrangers, et lui parut tellement extraordinaire, qu’il envoya chercher ses voisins pour les rendre témoins de nos occupations. Bientôt la petite pièce où nous étions se trouva remplie de curieux, et j’avais à peine assez de place pour pouvoir faire le plus léger mouvement.

Le village de Sucuriu 3 , succursale de la paroisse d’Agua Suja, est situé tout à la fois sur le penchant et

1 Le palmier dont il s’agit ici est le guarirôbo ( cocos oîeracea, Mart.), que j’ai depuis trouvé abondamment dans les catingas du Sertâo ou Désert. Sa tige est parfaitement égale dans toute sa longueur; son écorce est d’un gris noirâtre et un peu fendillée longitudinalement; les feuilles paraissent petites, relativement à la hauteur du tronc; le fruit est un drupe clianvreux; le noyau a la forme et la grosseur d’un œuf.

2 Ce nom est celui d’une sorte de serpent ( boa marina ?

YOYAGE

au pied d’un morne au-dessous duquel coule une petite rivière, appelée également Sucuriü. Il est difficile de rien voir de plus affreux que ce village. Ses maisons-, au nombre de 60 à 80, ont été bâties à peu près sans ordre. Elles sont petites, extrêmement mal entretenues , et n’annoncent que l’indigence. On ne les a point "'construites avec des cidobes , comme celles de Villa do Fanado et de Chapada , mais simplement avec des morceaux de bois croisés, dont les interstices sont bouchés avec de la terre. Des pierres remplissent les rues, et celles de ces dernières qui s’étendent sur la pente du morne, sur lequel le village est en partie situé, sont très - difficiles pour les bêtes de somme. Tandis que , dans la plupart des bourgades , les églises s’élèvent isolées sur des places publiques , celle de Sucuriü, bâtie au pied du morne, se trouve resserrée entre des maisons. La colline qui , de l’autre côté du ruisseau, fait face au village, et celles qu’on aperçoit aux alentours , sont couvertes de carrascos semblables à nos taillis. La rivière de Sucuriü a peu de largeur; ses eaux sont très - sales , et cependant on y pêche un assez grand nombre d’espèces de poissons ; celles connues dans le pays sous les noms de trahira , lambari , pi amp ara , piabanha ? curmatdn , taanburé , ronca dor, bagre , surubj.

Les premiers habitans de Sucuriü y furent attirés, par jeçdésir d’avoir de l’or. Il paraît qu’autrefois ce

L. ex Mart. ). Je ne crois pas qu’il faille écrire sucruyii avec jVL Pizarro , ni Sucuriuh , comme on l’a fait en Allemagne..

lieu en a fourni beaucoup -, mais on s’empara d’abord de celui qui était le plus voisin de la surface de la terre -, le travail est ensuite devenu plus difficile -, en meme temps les esclaves ont manqué*, et à peine quelques nègres vont aujourd’hui chercher des paillettes dans le ruisseau du village.

Au reste , les terrains des environs de Sucuriu procurent à ses habitans des ressources mieux assurées que celles qu’offrent les lavages. Comme le pays est plus rapproché du bassin de l’Arassuahy que Villa do Fanado et Chapada , il est aussi moins élevé et plus chaud , et l’on y cultive les cotonniers avec beaucoup de succès.

Presque toutes les femmes de Sucuriu filent du coton , et, dans la plupart des maisons de ce village, on fait des toiles plus ou moins grossières. Les plus fines se consomment dans l’intérieur meme des familles, et l’on vend les autres, dont le fil ne donne pas autant de peine à filer, et qui en même temps trouvent un débit plus facile.

Un des principaux fabricans du village de Sucuriu s’était servi d’un courant d’eau pour faire mouvoir a la fois plusieurs de ces petites machines que j ai déjà décrites, et qui servent à séparer le coton de ses graines. A l’axe d’une roue extérieure et verticale était attachée , dans l’intérieur du bâtiment, un tambour de quatre pieds de diamètre , sur lequel on avait passe plusieurs cordes. Les petites machines à ôter les graines étaient telles que je les ai fait connaître -, mais au lieu d’être terminé par une manivelle, chaque cylindre en-

YOYAGE

trait à son extrémité dans une petite roue pleine, d’environ quatre doigts de diamètre , placée en dehors des montans. Sur chacune de ses deux roues était passée une corde qui venait du tambour , et quand celui-ci tournait, il faisait mouvoir en sens contraire les deux roues, et par conséquent les cylindres -, et le coton se nettoyait de la manière que j’ai indiquée ailleurs. (V. vol. i, p. 4ob.)

Pendant que j’étais à Sucuriû, plusieurs personnes m’apportèrent diverses plantes usuelles , et j’en reçus principalement d’un bon vieillard qui en connaissait un grand nombre. Comme il n’y a , dans cette contrée lointaine, ni médecins, ni chirurgiens, ]es habitanspour se guérir ont essayé les végétaux qui les environnaient, et il n’est pas de colon qui n’ait autour de lui sa matière médicale. Quelques plantes médicinales ont été indiquées aux Portugais par les Indiens qui sans doute les connaissaient depuis long-temps -, une ressemblance plus ou moins frappante avec les espèces usitées en Europe , un goût , une odeur particulière , et souvent peut-être îa seule fantaisie, ont décidé du choix des autres plantes usuelles. Les noms vulgaires des espèces employées comme remèdes peuvent au reste servir en grande partie à dévoiler l’histoire de la découverte de leurs propriétés réelles ou imaginaires. Ainsi les mots guaranis, caapid ( dors ténia ), ipecacuanha (cephaelis ipecacuanha ) , sambaiba ( curatella sambai ba ), etc., désignent assez des espèces dont la connaissance est due à des Indiens -, les noms de barbasco et de cenlaurea maior ou menor ont été appliqués par les

Portugais à un ou plusieurs budleict et à des chironia , qui leur rappelaient la molëne ou la centaurée de leur patrie -, enfin les mots de padre salema ( gomphrena offîcinalis ), quina de remijo ( cînchona remijiana, Aug. S. Hil.), anna pinta (une cucurbitacée) , sont évidemment ceux des personnes qui , les premières , ont employé ces végétaux comme remèdes. Quoi qu’il en soit, on sent que la matière médicale des Brésiliens, fondée sur le seul empirisme, doit être fort imparfaite. Cependant , parmi tant de plantes auxquelles on attribue faussement des propriétés merveilleuses, il en est qui incontestablement fournissent des remèdes trèsefficaces. S’il existait au Brésil un plus grand nombre d’hommes instruits , le gouvernement de ce pays ferait une chose extrêmement utile, en nommant dans chaque province une commission qui serait chargée de soumettre à un examen attentif toutes les plantes dont les colons font usage pour soulager leurs maux. Par ce moyen , on pourrait arriver à avoir pour les végétaux une matière médicale brésilienne, qui éclairerait les colons sur des remèdes insignifians ou dangereux, et qui, en même temps , ferait connaître aux nationaux et aux étrangers un grand nombre de végétaux salutaires. Un tel travail ne pourra se faire sans doute d’ici à de longues années. Puisse, en attendant, l’ouvrage que j ai publié sur les plantes usuelles du Brésil 1 remplacer,

1 Plantes usuelles clés Brésiliens y in-4° arec fig. , à Paris , chez Grimbert et Dorez, rue de Savoie, n° i/f- Entre autres espèces intéressantes que j’ai signalées dans ect ouvrage , je ne

autant qu’il est possible , une matière médicale plus approfondie, et montrer aux Brésiliens le désir que j’avais de leur prouver ma vive reconnaissance par un travail qui pût leur être utile !

puis m’empêcher de rappeler les cinchona ferruginea , f^ellozii et remijiana , le st/ychnos pseudo- quina , le solarium pseudo— quina , le gomphrena macrocep hala, Vcvodia febrifuga, les exostema australe et cuspidatum , le richards onia rosea , Y ionidium poaya, les spermacoce ferruginea et poaya , etc. On doit aussi à M. Bernardino Gomes ( Mem . Acad. Lisb. 1812) la connaissance de quelques plantes employées par les Brésiliens dans les besoins de la vie. Je citerai encore les notes précieuses que M. Spix et Martius ont publiées sur des espèces médicinales du Brésil ( Reis . I, p. 279, 543, 787)- Ce sont de tels travaux qui honorent véritablement le botaniste , et je regrette amèrement que de tristes circonstances m’aient forcé d’interrompre ceux de ce genre que j’avais déjà commencés avec tant de zèle.

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