LE RIO DE S. FRANCISCO
Le Rio de S. Francisco ; sa source ; son embouchure; lieux situés sur ses bords entre Salgado et la mer ; ses inondations périodiques ; maladies qu elles causent; histoire du cours de l’année sur les bords du S. Francisco ; les piranhas ( poisson diable) ; poisson sec du Rio de S. Francisco. — Histoire des premiers établissemens qui se firent dans les environs de Capâo do Cleto. — Courtes Réflexions sur le croisement des Indiens avec les autres races. — Lacs voisins du S. Francisco ; description d’un de ces lacs.
Le Rio de S. Francisco doit son origine à la magnifique cascade appelée Cachoeira da Casca d Anta ( la cascade de l’arbre connu sous le nom de casca danta, le drjmis granatensis des botanistes ) , qui tombe environ par le 20° l\o de la Serra da Canastra , montagne située dans la partie orientale de la comarc a du Rio das Mortes \ Tant qu’il coule dans
1 Je décrirai dans mon troisième Voyage la cascade da Casca d’ Anta , dont aucun ouvrage , à ma connaissance, n’a pa"rlé jusqu’ici. J’ai vu cette cascade tomber de la montagne; mais je dois convenir que je n’ai pas observé le point où ses eaux s’échappent de la terre. C’est, au reste, de nos jours seulement que l’on a commencé à avoir des idées un peu précises sur les sources du S. Francisco. Autrefois, dit l’historien du Brésil, on croyait généralement que le S. Fran-
h province des Mines, il reçoit dans son lit nn grand nombre de rivières, dont plusieurs sont en partie navigables. Au-dessus du Rio das Velhas, l’une d entre elles, qui a son confluent à cinquante -neuf lieues sud du village de Salgado, la navigation du Rio de S. Francisco est souvent embarrassée par des rochers 5 mais il est parfaitement navigable depuis le Rio das Velhas jusqu’au lieu appelé V argent Redonda , dans un espace de trois cent quarante | lieues ( deux cents lieues de Salgado à Joazeiro , et cent quarante lieues de Joazeiro à Vargem Re- | donda). Là se trouve une immense cachoeira , celle
Cisco sortait d’un lac fameux, sur les bords duquel, on plaçait la ville imaginaire de Manoah , et l’on prétendait que les naturels du pays portaient des ornemens d’or. On 6t donc des tentatives pour arriver aux sources du fleuve, et, à cet effet , on forma des expéditions dans toutes les capitaineries du Brésil. Cependant ces efforts n’eurent point le succès désiré, car si l’on remonta le S. Francisco à une distance considérable de l’Océan, en 1810, Southey ignorait encore dans quels lieux commence cette rivière, et il supposait qu’elle pouvait naître des mêmes montagnes que le Paraguay et le Tocantins (Hist. ofBraz.,l , p. 534). — Obs. Depuis que tout ce qui précède a été écrit, je trouve la phrase suivante dans le dernier ouvrage de M. d’Eschwege :
“ Auprès de la fazenda, da Casca d’ Anta , on arrive à un ro~
« cher taillé à pic qui a certainement plus de mille pieds, et « appartient a la Serra da Canastra : là, s’échappe d’une pro—
•« fonde entaille une des principales sources du Rio S. Fran- « cisco qui forme une cascade digne d’être vue. »