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sans interruption, et retentissaient avec fracas dans la montagne. Ayant beaucoup de peine à apercevoir mon chemin, je laissai mon mulet aller à sa guise, et il ne m’arriva aucun accident. Parvenus au bord d’un ruisseau , nous trouvâmes un hangar que je crus appartenir à l’une des exploitations diamantines (service), et je me persuadai que j’étais près du lieu où je devais faire halte. Cependant, comme nous marchions toujours sans rencontrer aucune habitation, je finis par m’imaginer qu’au milieu des ténèbres nous avions dépassé la demeure que nous cherchions. Nos mulets étaient harassés , et il devait être extrêmement tard. Je pris le parti de faire halte à l’abri de quelques rochers, pour donner à nos bêtes le temps de manger et de prendre des forces. L’orage avait cessé, et un clair de lune superbe me permettait de reconnaître parfaitement le lieu où nous étions. C’était un pâturage sablonneux où l’on voyait çà et là des masses énormes de rochers noirs. Accoutumé depuis le commencement de mon voyage à coucher sur la dure, je m’étendis sur une longue pierre, et je m’endormis. De temps en temps, le froid me réveillait} je me levais pour me réchauffer en faisant de l’exercice, et je me recouchais ensuite. Mon domestique, se persuadant que nous étions près de quelque habitation , appelait de toutes ses forces } mais les seuls échos des rochers répondaient à sa voix. De son côté, mécontent de 11e pas recevoir sa ration de maïs , mon mulet prit la fuite au grand trot vers Curmatahy; il fallut courir après, et il ne put être rattrapé qu’à une demi-
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lieue de l’endroit ou nous avions fait halte. Je n avais pas mangé depuis le matin, la faim se faisait sentir; mais ce qui m’était plus sensible que tous les désagrémeiis que nous éprouvions, c’était de voir l’impression fâcheuse qu’ils produisaient sur le pauvre Prégent.
A la pointe du jour, nous montâmes à cheval, et nous continuâmes à suivre le même chemin. Croyant que nous avions passé le serviço ou exploitation diamantine, je pensais que Silva était resté en arrière avec le bagage , et je ne m attendais pas à trouver d’habitation avant le village de Chapada, qui vient après le serviço . Cependant, au bout d’un quart d’heure de chemin , je vis un de mes chevaux qui paissait tranquillement, et, à peu de distance, je trouvai Silva, le tocador Jofio Moreira et le Botocudo qui avaient aussi passé la nuit dehors , abrités par' des rochers , mais qui , plus heureux que nous, avaient eu des cuirs de bœuf pour se garantir du vent et de la pluie, et de la farine de manioc pour se préserver de la faim. Comme il faisait encore jour quand mes gens avaient passe devant le hangar dont j’ai parlé plus haut, ils avaient reconnu qu’il n’appartenait point à l’exploitation diamantine, et par conséquent il était clair que nous n étions point encore parvenus a cette exploitation. Api es
avoir mangé un peu de biscuit et bu un peu d eau-de-vie, i : a PAnin T, p rVipmin - -
très-difficile dans quelques endroits , continue pendant long temps à traverser des pâturages sablonneux bordés par des masses inégales de rochers nus. Enfin nous arrivâmes à une vallée étroite et aride où coule un pe-
lit ruisseau , et qui est bordée par des rochers grisâtres dépouillées de végétation. La nature semble avoir voulu écarter l’homme de ces tristes lieux en les frappant de stérilité : mais ils renfermaient des diamans; la cupidité a su découvrir ces. précieuses pierres, et le plus affreux désert a été peuplé.
Comme le District (les Diamans, fermé aux étrangers et soumis à une administration particulière, est véritablement distinct de la province des Mines, j’ai cru pouvoir rejeter dans la seconde Partie de cet ouvrage tout ce qui est relatif à ce district. On trouvera aussi, dans cette seconde Partie, un chapitre sur le caractère des habitans des Mines, et une carte de cette province où seront indiquées ses diverses régions végétales.