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contraste avec les beautés majestueuses des forêts environnantes.
Lorsqu'on a fait deux récoltes dans une terre qui était autrefois couverte de bois vierges, on la laisse reposer -, il y pousse des arbres beaucoup plus grêles que les premiers, et d'une nature entièrement différente-, on laisse croître ceux-ci pendant cinq, six ou sept années, suivant les cantons; on les coupe, ensuite on les brûle, et on plante dans leurs cendres. Après une seule récolte , on laisse la terre reposer de nouveau -, d'autres arbres y croissent encore, et l'on continue de la même manière, jusqu'à ce qu'on juge le sol entièrement épuisé. Les espèces de taillis qui succèdent aux bois vierges s'appellent capoeiras.
Cette portion de la province de Minas Geraes , située à l'orient de la Serra da Mantiqueira et de la chaîne qui la continue vers le nord , est coupée de montagnes plus ou moins élevées , et fut autrefois entièrement couverte de forêts \ Lorsque, dans cette partie du Brésil, on a fait, clans un terrain, un très-petit nombre de récoltes, on y voit naître une très-grande fougère du genre pteris. Une graminée visqueuse , grisâtre et fétide , appelée capim gordura, ou herbe à la graisse 2 , succède bientôt à cette cryptogame , ou croît en même temps
1 Peut-être y a-t-il une exception dans les Minas Novas
2 Tristegis glutinosa, Nées. A Rio de Janeiro, cette plante) porte le nom de capim melado. Le mot guarani capim, ou,l ij pour être plus exact, capyi ( Thés, de la leng. guar.), signifie! U herbe, foin. Cette expression s'est introduite parmi les Bré-| siliens, quoiqu'elle ne fût pas nécessaire dans leur langue J
quelle. Alors presque toutes les autres plantes disparaissent avec rapidité. Si quelque arbrisseau s'élève au milieu des tiges du capim gordura, il est bientôt brouté par les bestiaux -, Y ambitieuse graminée reste maîtresse du terrain , et elle ne peut même pas être recommandée comme fourrage; car si elle engraisse les bêtes de somme et le bétail, elle diminue sensiblement leurs forces. L'agriculteur ne pouvant plus espérer de voir naître de nouveaux arbres sur son terrain, dit que celui-ci est perdu sans retour {lie uma terra acabadd); après avoir fait sept à huit récoltes dans un champ, et quelquefois moins, il l'abandonne, et brûle d'autres forêts, qui bientôt ont le même sort que les premières. Où s'élevaient naguère des arbres gigantesques entrelacés de lianes élégantes, le voyageur ne découvre plus que des campagnes immenses de capim gordura, et cependant il paraît incontestable que cette graminée ne s'est introduite que depuis une cinquantaine d'années dans la province des Mines ■ ; ses graines s'attachent aux vêtemens de l'homme
puisque l'on a en portugais le mot feno. L'habitude de vivre parmi les Indiens a pu seule faire adopter aux Portugais le mot capyi.
1 Quelques-uns disent que ce fut un religieux qui, dans t'intention de rendre un service au pays , y apporta cette graminée comme fourrage, et ils ajoutent qu'elle fut long-temps appelée capim de Frei Luiz, du nom de ce même religieux. D'autres assurent que le capim gordura a été introduit dans la province des Mines par un muletier qui venait de fort loin , et s'était servi de cette herbe pour remplir ses bats. Arrive
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et aux poils des animaux -, elle se répand partout, et quelques montagnes voisines de Rio de Janeiro, où il n'en existait pas un seul pied lors de mon arrivée au Brésil , en sont aujourd'hui entièrement couvertes.
Ainsi , les agriculteurs achèvent dans la province des Mines ce qu'avaient déjà commencé les hommes qui allaient à la recherche de l'or, la destruction si funeste des forets. La disette de bois se fait déjà sentir dans quelques villes qui furent probablement construites au milieu des forêts , et des mines de fer, de la plus étonnante richesse, ne pourraient être exploitées faute de combustibles '.Tous les jours , des arbres précieux tom-
dans les environs de Villa Rica, il renouvela son équipage; j le capim gordura fut jeté, et ses graines le multiplièrent. I Qiioi qu'il en soit, il m'a été impossible de découvrir avec | certitude de quel pays cette plante est originaire. Quelques | mineurs prétendent qu'elle vient de la province de Rio Grande do Sul , mais je ne l'y ai point trouvée.
1 Nous engagions M. le guarda mdr Innocentio de Catas Altas à préférer l'exploitation de ses mines de fer à celle de ses mines d'or. Il nous montra le pays environnant , et nous fit voir qu'il était dépourvu de bois. Cependant il est vraisemblable que ce canton était jadis couvert de forêts, puisqu'il est situé à l'orient de la grande chaîne. — Le mal qui devait inévitablement résulter de la destruction des forêts , dit Southey, d'après Vieira Coulo , avait été prévu de bonne heure , et , vers 1736, le gouverneur Gomes Freyre s'était déjà efforcé de le prévenir. Il avait ordonné qu'une étendue de | bois de deux cents palmes de largeur serait toujours cou- j I servée entre deux plantations; ces bois ne devaient point être
bent sans utilité sous la hache du cultivateur imprévoyant. Il est impossible de croire, qu'au milieu de ces incendies tant de fois répétés , une foule d'espèces utiles pour les arts et la médecine n'aient pas déjà disparu, et, dans quelques années, la Flore que je fais
coupés sans une permission spéciale , et l'on devait toujours réserver les arbres d'une très-grande dimension. IL n'était permis de brûler aucun arbre propre à faire des sébiles de mineurs ou qui eût plus de dix palmes de circonférence; et les troncs capables d'être creusés pour former des pirogues ne devaient point être employés à d'autres usages , s'ils se trouvaient dans un espace de terrain qui ne fût pas éloigné de plus d'une portée de fusil des bords d'une rivière. Les propriétaires de bois vierges étaient obligés d'en laisser intacte la dixième partie , et la moitié de cette portion devait, si le terrain l'admettait , être conservée sur le bord des ruisseaux ou des rivières. (South. , Hist. of Braz. , III , p. 825 à 826.) On ne saurait donner trop d'éloges aux intentions bienfaisantes de Gomes Freyre ; mais on doit sentir que de tels réglemens étaient inexécutables dans un pays où la population est si faible, et où le colon peut si aisément échapper à la surveillance de ses supérieurs. Au reste , comme l'observe très-bien Southey, l'on a à gémir aujourd'hui de ce que les sages réglemens que j'ai cités plus haut n'ont point été observés; et cependant les habitans actuels de Minas Geraes , tout aussi imprévoyans que leurs aïeux et plus coupables encore, puisqu'ils ressentent déjà les résultats du mal, les habitans actuels de Minas Geraes, dis -je, continuent à détruire follement leurs bois, et ils laisseront à leurs enfans des motifs de regrets plus graves encore que ceux qu'ils éprouvent eux - mêmes.
paraître clans ce moment % ne sera déjà plus, pour certains cantons, qu'un monument historique.
Par une ignorance facile à concevoir, quand on connaît les rapports du gouvernement portugais avec ses colonies , le ministère lui-même, qui devait s'opposer de tous ses efforts à la destruction des bois , a aussi contribué à l'accélérer. Les plus belles forêts existaient encore intactes sur les frontières de la province qui sont habitées par les Indiens sauvages. A l'arrivée du roi à Rio de Janeiro, le comte de Linhares fit rendre un décret qui exemptait d'impôts, pendant dix ans, les colons qui iraient s'établir au milieu de ces bois. Une telle loi pouvait sans doute être utile si elle avait été rendue en faveur de colons étrangers, qui eussent augmenté la population , et enseigné un mode de culture plus raisonnable; mais elle ne devait point être faite pour inviter les Brésiliens eux-mêmes, qui ont déjà détruit tant de bois, à aller détruire ceux qui restent encore.
Les chances aventureuses de la recherche de l'or et des pierreries ont exalté chez les Mineiros cet esprit d'inquiétude naturel à tous les hommes-, comme les joueurs, ils saisissent la moindre lueur d'espérance, et sont toujours prêts à sacrifier ce qu'il y a de plus réel aux chimères de leur imagination.
Bien des Mineiros , abandonnant les lieux qui les ont vus naître, ont plusieurs fois transporté çà et là leur famille, leur fortune et leurs esclaves-, et, au seul
1 Flora Brasiliœ méridionales , avec fijr.
récit que je faisais à un propriétaire des environs de Villa Rica de la fertilité des rives du Jiquitinhonha , je F ai vu disposé à quitter l'habitation où il avait reçu le jour, à traverser un pays immense, et à s'enfoncer dans les forêts peuplées par les Botocudos. On sent avec quel empressement des hommes animés d'un tel esprit ont du saisir l'appât qui leur était offert par le gouvernement lui-même. On s' éloigne du centre de la province -, des villages jadis florissans sont abandonnés, et l'on se précipite vers les frontières. La destruction des bois n'est pas le seul résultat fâcheux d'un tel système. Une faible population, en se disséminant sur une immense étendue, devient plus difficile à conduire : vivant à de grandes distances les uns des autres , les cultivateurs perdent peu à peu les idées qu'inspire la civilisation -, le criminel échappe plus aisément à la rigueur des lois; l'État doit avoir plus de peine à recouvrer ses deniers ; et , en cas de besoin , le pays ne pourrait, qu'après un long espace de temps , réunir tous ses défenseurs.
Un changement dans le système d'agriculture admis jusqu'à ce jour remédierait à tant de maux. Que les Mineiros adoptent l'usage delà charrue et des engrais, ils n'auront plus besoin de détruire leurs bois , et ces terres , qu'ils disent être perdues sans retour, leur donneront tous les ans d'abondantes récoltes ; le fils mourra près des lieux où reposent les cendres de ses pères, et la population ne s'étendra plus qu'à mesure qu'elle augmentera.
Je sais très -bien qu'il est des côtes trop rapides pour
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qu'on les laboure; mais combien de vallées fertiles peuvent être cultivées avec la charrue ! Les racines des arbres seraient certainement un obstacle dans les cantons où les bois auraient été brûlés récemment; mais, dans bien des lieux, elles sont déjà détruites; et, en général, avant qu'elles le soient, il ne se passe certainement pas autant d'années que le prétendent les Mineiros* quand ils veulent défendre le mode de culture auquel ils sont malheureusement accoutumés. J'ai souvent eu occasion de citer aux cultivateurs des environs de Villa Rica un exemple dont ils avaient été témoins comme moi , et qui leur prouve combien leurs terres couvertes de capim gordura sont loin d'être perdues pour jamais. Un habitant des îles Açores était venu s'établir à peu de distance de la capitale des Mines , près du village de Santa Barbara, et possédait un troupeau de sept cents bêtes à cornes. Au lieu d'abattre et d'incendier des forêts, il réunissait chaque soir ses bestiaux dans un parc; il faisait enclore d'une haie sèche un champ de capim gordura, et y mettait le feu. Sans bêcher son champ, sans le labourer, il y faisait creuser des trous; des nègres déposaient dans chacun de ces trous un peu de fumier pris dans les parcs où les bestiaux avaient été enfermés, et ensuite on y mettait des grains de maïs. J'ai vu ces champs à l'époque de la floraison du maïs; les tiges étaient pour le moins aussi belles que celles qui viennent au milieu des cendres des bois vierges, et le vert gai de leurs feuilles contrastait d'une manière agréable avec la couleur grisâtre du capim gordura qui avait poussé avec
elles. Si des procédés qui rappellent autant l'enfance de l'art ont pu produire des résultats aussi heureux , que ne serait-on pas en droit d'espérer d'une culture régulière ?
Il est très-vrai que lorsqu'on a soin d'éloigner les bestiaux d'un terrain où croît le capim gordura, et que ce terrain est par lui-même d'une nature excellente , l'ambitieuse graminée finit par se détruire d'ellemême ; les vieilles tiges forment au bout d'un certain temps une couche épaisse qui ne permet pas aux semences de lever \ des rejets d'arbres et d'arbrisseaux se montrent peu à peu, et lorsqu'ils commencent à donner de l'ombre, ils font périr entièrement le capim gordura. Mais il ne faut pas moins de dix ans pour qu'un tel changement s'opère dans les meilleurs terrains ; et combien n'est-il pas difficile d'ailleurs d'empêcher les bestiaux d'approcher d'un champ , lorsqu'ils n'ont point de pasteurs !
Ce n'est pas seulement , au reste , dans les parties du Brésil où croît le capim gordura que le système d'agriculture en usage parmi les Brésiliens a les inconvéniens les plus graves. Il est d'immenses pays où cette graminée n'a pas encore pénétré , et d'autres où elle ne pénétrera probablement jamais, parce qu'elle ne se plaît bien que dans les terrains argileux; mais dans ces pays mêmes , les cultures répétées qui suivent l'incendie des bois épuisent également le sol. Ainsi les terres de Piedade, dans le termo de Minas Nov as , où l'on ne voit point de capim gordura, commencent à se fatiguer, et cependant ce canton n'est peuplé que
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depuis quatre-vingts ans. Il n'y a pas trente-cinq ans que Ton cultive les environs de S. Domingos , et déjà les colons se plaignent du peu d'abondance de leurs récoltes. Peut-être est -il quelques cantons heureusement favorisés , tels que les environs de Salgado , sur les bords du Rio de S. Francisco, où on laisse à peine reposer la terre, et ou elle produit toujours avec une égale fécondité-, mais ces cantons sont du nombre des exceptions , et il est mieux de n'en citer aucune dans une esquisse qui ne doit présenter que quelques traits principaux.
S'il fallait actuellement indiquer un moyen de décider les Mineiros à renoncer à leurs pratiques erronées d'agriculture, cette tâche ne serait assurément pas difficile. Le gouvernement brésilien exempte de dix années d'impôts, ceux qui se transportent sur les frontières de la province des Mines : qu'il n'ajoute point à ce sacrifice, qu'il en change seulement la direction. Au lieu de récompenser des hommes qui détruisent les forêts , que l'on accorde la même prime à ceux qui laboureront les terres couvertes de capim gordura, et l'on verra, j'ose le dire, une heureuse révolution s'opérer bientôt dans la province de Minas Geraes.
Une des causes de la ruine de cette province fut, comme je l'ai annoncé, la prétendue conspiration connue sous le nom d' inconfidencia dus Minas. Voici en quoi elle consista. Vers le commencement de la révolution française, il paraît qu'un individu qui avait voyagé en Europe , tenait souvent des propos trèsimprudens et très - dangereux. Dans un grand dînes
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où il était invité, il se laissa aller plus loin peut-être qu'il n'avait encore fait jusqu'alors ; d'autres convives suivirent son exemple, les têtes s'échauffèrent, et l'on but à la liberté de l'Amérique. Ce qui s'était passé fut présenté au gouverneur, le vicomte de Barbacena , sous les couleurs les plus noires; c'était un homme timide et à vues étroites-, il fut effrayé du rapport qu'on lui avait fait, et il le communiqua au vice-roi de Rio de Janeiro. Celui - ci écrivit à la cour, et peignit ce qui était arrivé à Villa Rica comme l'acte de rébellion le plus criminel et le plus dangereux.
Le gouvernement portugais choisit des hommes sévères et en forma une cour qu'il envoya au Brésil. On instruisit le procès des prétendus conjurés , et la persécution fut générale. Tous les hommes qui avaient quelques connaissances devinrent suspects ; on ne découvrit aucune preuve de la conspiration ; on ne trouva ni armes ni correspondance; mais les paroles les plus innocentes furent considérées comme des crimes. Le chef supposé de la conspiration , appelé Joaquim Jozé da Silva Xavier, et plus connu sous le nom de Tiradentes , fut mis à mort ; on rasa sa maison 5 on éleva une colonne tronquée à la place qu'elle occupait * ; et sur le piédestal de cette colonne , on grava une inscription destinée à rappeler le prétendu crime et le châtiment qui le suivit. Les exécutions se bornèrent heureusement à un seul individu -, mais un grand nombre fut condamné à l'exil, et l'on
* J'ai vu la colonne à Villa Rica dans la rue S. Jozé
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confisqua les biens des bannis. Beaucoup de gens , craignant le même sort, prirent la fuite, et la province perdit ses habitans les plus distingués. Une victime célèbre de cette prétendue conspiration fut le poète Thomaz Antonio GojvzagA da Costa, ouvidor de S. Joâo del Rey \ En vain ses talens plaidaient en sa faveur, il fut exilé sur la côte d'Afrique 5 mais ses cbants sont devenus populaires, et bien long-temps encore ils charmeront le voyageur jusque sous l'humble rancho et dans les lieux les plus solitaires \
J'ai dit que l'administration (fazenda real), par le | système qu'elle avait adopté pour la vente desbiens saisis par elle, avait encore contribué à la décadence de la province des Mines. L'impossibilité où ont été beaucoup trop souvent les fermiers de la dîme (dizimeiros) de remplir leurs engagemens, a successivement entraîné la saisie d'un grand nombre de propriétés rurales. On les vendait à l'enchère, et l'on accordait à l'acquéreur de longues années pour effectuer ses paiemens. Beaucoup de gens achetaient des biens sans argent et sans espoir d'en posséder jamais ; ils jouissaient des revenus pendant l'intervalle de crédit qu'on
1 C'est dn moins le titre que lui donnent Spix et Martius.
2 Southey raconte Y inconftdencia d'une manière bien différente; mais, d'après ses citations, il paraît n'avoir eu sous les yeux d'autres documens que la sentence même des condamnés. La citation du manuscrit intitulé Noticias , qui se trouve au commencement du récit de l'historien anglais, semble relative aux causes (le la conspiration, et non à la conspiration elle-même.
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Jour laissait; mais ils ne prenaient aucun soin d'une propriété dont ils étaient sûrs d'être évincés, et les plus belles habitations , ainsi vendues et revendues plusieurs fois , finissaient par se détériorer entièrement.
L'air de décadence qu'ont en général, dans l'intérieur de la province des Mines, les villages et les habitations isolées, tient aussi en grande partie, il faut l'avouer, à ce que les bâtimens , toujours construits en terre, se dégradent très -facilement, surtout à l'extérieur. Les maisons des pauvres sont si faciles à construire, que chacun est sans peine son propre architecte ; et, comme on va le voir, ces maisons doivent nécessairement se détruire avec une promptitude extrême. Pour faire les murailles, on enfonce dans la terre, à peu de distance les uns des autres, des morceaux de bois bruts qui ont à peu près la grosseur du bras. A l'aide de quelques lianes, on attache à ceux-ci des perches transversales très -rapprochées, et lorsqu'on a ainsi formé une espèce de cage, on remplit les intervalles avec de la terre. Quant aux toits , on les couvre avec les tiges et les feuilles d'une graminée qui appartient au genre saccharum, et qui porte dans le pays le nom de sapé. A l'intérieur, ces chétives chaumières sont ordinairement divisées par de minces cloisons, et elles présentent une suite de petits réduits obscurs qui communiquent les uns dans les autres , sans être fermés par des portes. On conçoit facilement qu'on ne peut pas attacher une grande importance à de pareilles habitations, et on les quitte sans peine, parce
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qu'on est sûr de pouvoir trouver ailleurs les matériaux nécessaires pour en construire de semblables. Sans cesse on rencontre dans l'intérieur du Brésil des maisons de ce genre ainsi abandonnées et à demi détruites, et l'on a même un mot particulier pour désigner toutes les demeures qui tombent en ruine, celui de tapera.
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