‹ Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro et de Minas GeraesChapitre 24 sur 54 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

SEJOUR A 1TAJURU. — USAGES DES MINEIROS ET EN PARTICULIER DE CEUX QUI HABITENT LA CAMPAGNE. — EXCURSION A L'ERMITAGE DE NOSSA SENHORA MAI DOS HOMENS. — DÉTAILS SUR L'AGRICULTURE DANS LES PARTIES DE LA PROVINCE VOISINES DE LA CAPITALE.

Départ de Catas Altas. — Arrivée à Itajurû. — Différence entre \esfazendas et les sitios. — Des fazendeiros ; intérieur de leurs maisons; leurs meubles. Sala. Varanda. Cuisines et jardins réservés pour les femmes. — Alimens ; haricots ; laitron ; farine de maïs ; quiabos; confitures ; cangica ; eau. — Manière de manger et de terminer les repas. — Bénédiction des pères. — Lavement des pieds. — Description de la fazenda d' Itajurû ; marque de confiance ; jardin. — Excursion à la Sevra da Caraca. — Village de Santa Barbara. — Fazenda de Santa Quileria; argenterie; fruits. — Village de Brumado. — Ermitage de Nossa Senhora Mai dos Homens ; monastère; église. Histoire du frère Lourenço. — Végétation d'un des sommets de la Serra da Caraca. — Retour à Itajurû; départ de MM. Langsdorff et Ildefonso. -- Trait de générosité. — Portrait de M. Antonio Gomes de Abretj. ■ — Cérémonies de la messe; procession. — Village de S. Miguel de Mato dentro ; sa position; sa population. — Culture des haricots. — Culture du maïs; batedor; fubd; farinha. — Culture du riz. — Culture de la canne à sucre.

Notre ami, M. Antonio Ildefonso Gomes, vint nous rejoindre au village de Catas Altas. Là nous quittâmes la grande route qui mène de Villa Rica au District des Diamans, et nous prîmes des chemins de tra-

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verse. Nous éloignant de la chaîne occidentale , nous parcourûmes un pays moins élevé que celui où nous avions voyagé la veille, et dont la végétation vigoureuse ressemble beaucoup à celle de Pùo de Janeiro. De loin en loin, nous découvrions des habitations et j quelques champs cultivés ; mais , dans les lieux où les i forets avaient été coupées depuis un certain nombre i d'années , nous n'apercevions plus que des pteris et du capim gordura.

Sur le soir, nous arrivâmes à Itajurii, la demeure du père de M. Ildefonso , qui nous reçut avec la cordialité la plus aimable.

L'habitation de M. le capitaine Antonio Gomes de AbreuesX une de celles qu'on appelle fazendas, nom qui est réservé aux propriétés rurales dont l'exploitation a quelque importance et auxquelles sont attachés un certain nombre d'esclaves. Quant aux ha- | bitations des gens peu aisés, on les nomme assez généralement sitios.

Parmi les Mineiros, les hommes les plus recommandables sont certainement ceux qui habitent la campagne, et surtout les fazendelros (propriétaires àefazendas) des cantons aurifères du centre de la province. Ces propriétaires, et en particulier ceux qui exploitent des mines1, sont généralement supérieurs par leur politesse et par la pureté de leur langage , non-seulement

* C'est à eux qu'on donne proprement le nom de mineiros, et l'on appelle roceiros , du mot roca, les campagnards qui se bornent à cultiver.

à nos simples paysans, mais encore à nos plus riches fermiers; et, comme j'ai déjà eu occasion de le dire, il en est même plusieurs qui ont fait quelques études. Presque tous sont des hommes blancs ; ils ne travaillent point, et se contentent de surveiller leurs esclaves.

Leurs maisons présentent peu de commodités et n'ont en général d'autre ornement que la blancheur de leurs murailles \ Comme il serait trop cher de faire venir des carreaux de vitre à dos de mulet de la côte jusque dans l'intérieur , on laisse les fenêtres entièrement ouvertes pendant le jour, et la nuit on les ferme avec des volets. On ne connaît dans les maisons des fazendeiros aucun de ces meubles que nous accumulons dans nos appartemens-, on serre ses habits dans des malles, ou bien on les suspend sur des cordes, afin de les garantir de l'humidité et des insectes. Les chaises sont rares, et l'on s'assied sur des bancs , des tabourets de bois et des escabelles. Chez les particuliers riches , les lits sont les meubles que l'on soigne le plus; les rideaux et les couvre-pieds sont souvent de damas, et les draps, d'une toile de coton très-fine, ont des garnitures de dentelles. Quant à la couche, elle se compose simplement d'un matelas de paille de maïs séparée en lanières étroites ; mais , dans un pays aussi chaud , on dormirait moins bien sur la laine ou sur la plume.

Dans les maisons des pauvres, comme dans celles des

1 II faut ici admettre des exceptions, comme on le verra plus bas.

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