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CHAPITRE XII

DEPART D'ITAJURU , ITABIRA DE MATO DENTRO.

Départ d'Itajurû. — Composition de ma caravane et manière de voyager.

— Idée générale du pays qui s'étend d'Itajurû à Itabira. — Paysages.

— Jacuhy ; ses habitans. — Blancs laveurs d'or. — Effet de la gelée. — jls Bicas. — Qualité excellente des eaux. — Aspect remarquable dû aux bambous. — Vue d'Itabira. — M. da Su.va Pires. — Description générale de la chaîne de Ntabira. — Histoire des mines de cette contrée.

— Histoire du village d'Itabira; description de ce village; sa prospérité ; forges; églises; maladies. — Fontaine d'eau sainte. — Montagne et mines de la Conception ; montagne de Piriquito et d'Itabiraçu; vols commis par les esclaves. Capoeiras. Slrix flammea , oiseau cosmopolite. — Montagne et mines de l'Itabira. — Eclairs singuliers. — Habitans d'Itabira.

Je quittai Itajurû le 11 février, après y avoir passe un mois. Pendant tout ce temps , la bonté de mes hôtes ne se démentit jamais. Je ne laissais pas apercevoir un désir qu'on ne s'empressât de le satisfaire. En me laissant la plus entière liberté, on avait pour moi mille attentions, et Ton me comblait sans cesse de marques d'amitié, de cette amitié franche qui vient du fond du cœur. Les deux nls aînés du capitaine, Joâo et Gomes, jeunes gens d'un excellent naturel, m'avaient montré la plus aimable complaisance, et parta-

gèrent avec leur père des regrets qui ne pouvaient être adoucis que par l'espérance de revoir, à mon retour, ces excellens amis.

Ma petite caravane se composait de trois personnes : le sieur Manoel da Silva, muletier (arriero), que m'avait procuré le capitaine Go mes -, un jeune mulâtre ? dont la fonction principale était de toucher les mulets quand nous étions en route (tocador); enfin ? Yves Prégent, mon domestique français, jeune homme gai et intelligent , que ses senlimens d'honneur et d e délicatesse mettaient infiniment au-dessus de sa con dition. Je donnais au toucheur de mulets la modique somme de 1200 reis (7 fr. 5o c.) par mois, et au muletier en chef celle de 4ooo reis (25 fr.). Ce dernier était un homme vigoureux de cinquante à soixante ans; sa taille était élevée; sa couleur, d'un noir légèrement jaunâtre, trahissait à peine quelques gouttes de sang européen qui coulait dans ses veines- ses yeux étaient gros, son nez épaté, et un énorme goitre descendait sur sa poitrine-, sa chevelure, parfaitement blanche, aurait fait avec son teint le plus singulier contraste 5 mais il avait grand soin de la tenir cachée sous une calotte de drap d'une couleur foncée. Quand il riait, les muscles de son nez se fronçaient d'un côté d'une manière remarquable , et cette singulière grimace ajoutait encore à sa laideur. D'ailleurs, le senhor Silva possédait tous les talens nécessaires à sa profession; il savait ferrer les mulets, égaliser leur charge avec beaucoup d'adresse, et raccommoder leurs bâts. Le jeu de sa physionomie annonçait souvent une

finesse et une intelligence qu'il ne démentait pas. Il était d'un caractère insinuant, et je crois que ses discours ont contribué plus d'une fois à me procurer dans le cours de mon voyage une réception favorable. Après mon départ d'Itajuni , je commençai à mettre plus d'ordre et de régularité dans mes marches et dans mes travaux. Lorsque j'étais en route, les mulets chargés cheminaient en avant, conduits par le jeune mulâtre, qui, toujours à pied, les faisait avancer et | les empêchait de s'écarter du chemin. Manoel da Silva , qui avait la haute inspection sur la petite troupe , marchait après elle, monté sur son cheval, et ombragé par un énorme parasol de toile de coton jaune. Je le suivais avec mon domestique. Quand j'apercevais quelque insecte ou quelque plante , je m'arrêtais -, je préparais sur le lieu même les échantillons que je voulais conserver; je remontais ensuite sur mon mulet, et je regagnais au trot les mulets chargés. Quand nous étions arrivés près du lieu où je devais faire halte, Manoel da Silva, dépêché en avant, allait demander l'hospitalité qui m'était ordinairement accordée de la manière la plus aimable, et mes hôtes m'invitaient même très-souvent à partager leur repas. Lorsque nous étions obligés de faire notre cuisine, le tocador, comme le plus jeune et surtout le moins important de la petite caravane, allait chercher l'eau et le feu. Quelques tasses de thé prises avec du bis-, cuit, que je tenais précieusement en réserve, m'aidaient à attendre le souper. La farine de maïs et les haricots noirs fricassés avec du lard formaient notre

principale nourriture j l'eau était presque toujours notre unique boisson. Une de mes malles me servait le plus souvent de siège ; une autre devenait mou bureau. A peine installé , je me mettais à étudier les végétaux que j'avais recueillis 5 les insectes étaient piqués, les plantes changées de papier, étiquetées et mises en presse. Mon domestique m'aidait puissamment dans la partie. manuelle de mon travail, et dépouillait les oiseaux qu'il avait tués pendant la route. S'il me restait encore du temps avant la nuit, j'allais faire une nouvelle herborisation 5 je causais avec mes hôtes et tâchais de tirer d'eux les renseignemens qui m'étaient nécessaires j j'écrivais mon journal, et à dix heures je me couchais dans mon hamac. Le lendemain je me levais avec le jour; les plantes les plus fraîches étaient changées de papier. J'achevais les analyses des espèces recueillies la veille 5 nous mangions le reste de nos haricots -, les malles étaient arrangées et chargées, et nous nous remettions en route.

En quittant Itajurù , je suivis un chemin de traverse, qui conduit au village alors très-florissant d'Itabira de Mato dentro, d'où je devais aller rejoindre à celui à'Itambé la grande route de Villa Rica à Tijuco.

D'après l'idée succincte que j'ai déjà donnée de l'ensemble de la province des Mines, on peut juger qu'étant situé à l'orient de la grande chaîne intérieure, le pays qui s'étend dans un espace de dix à douze lieues, depuis Itajum jusqu'à Itabira, fut autrefois couvert de forêts vierges, et qu'il est coupé de montagnes et de vallées. Dans plusieurs endroits les far

rets subsistent encore; ailleurs elles ont fait place, comme cela a lieu ordinairement , aux capoeiros et aux campos de capiin gordura. Comparé avec notre pays, ce canton pourrait passer pour désert; mais nous ne devons point le considérer comme tel relativement à tant d'autres parties de la province des Mines. Le colon est une des plantes à la culture desquelles se livrent les habitans de cette contrée. On y trouve des terrains aurifères-, mais je n'y ai vu aucune exploitation de mine tant soit peu importante.

En quittant Itajuni, je retrouvai encore les tristes résultats des lavages; mais après avoir passé un hameau situé dans une vallée à une demi-lieue de l'habitation du capitaine Gomes , je cessai de voir des minières. Au-delà de l'endroit appelé Talho Aberto, le chemin n'est qu'un sentier généralement plus bas que le sol, et presque toujours bordé par des masses de végétaux serrées , que lorsque deux mulets vont en tellement sens contraire, ils ont beaucoup de peine à passer. Quoique les miens fussent peu chargés , nous mîmes près de six heures à faire les deux lieues que l'on compte d'Itajurii à Jacuhjr1, petite habitation (sitio) où je passai la nuit. Cette demeure, tout-à-fait isolée, est située dans une gorge étroite où coule un ruisseau ; les mornes élevés qui l'entourent sont couverts à leur pied de capoeiras , et au-dessus de ceux-ci s'élèvent des bois vierges parmi lesquels des rochers nus se montrent çà et là,

* Des mots indiens jacu , penelope , ety'g, eai*.

Ce lieu sauvage ëtait habité par un homme pauvre , mais intelligent et industrieux, qui avait profité d'une chute d'eau pour établir une petite machine destinée à filer le coton qu'il recueillait sur ses terres. A Taxe d'une roue hydraulique, extérieure et verticale, se rattachait, dans l'intérieur du bâtiment, une autre roue qui mettait en mouvement des fuseaux, un tour à pointe et la petite machine à dépouiller le coton que j'aurai occasion de décrire ailleurs. La femme du propriétaire de Jacuhy faisait de la toile avec le fil qu'il fabriquait. Ainsi, le coton que récoltait cet homme était séparé de ses graines, cardé, filé, tissé, sans sortir de sa maison. Un moulin à eau, qu'il avait imaginé et qui était destiné à écraser le maïs, complétait cette petite exploitation.

La terre des environs de Jacuhy contient un peu d'or-, mais, comme on le voit, le propriétaire préférait à la minération l'agriculture, qui offre des chances moins incertaines-, exemple qui devrait être suivi, peut-être , par tous les habitans de la province des Mines , par ceux surtout qui n'ont pas une fortune très-considérable.

Peu de temps après avoir quitté Jacuhy, je vis clans un ravin profond quelques hommes blancs occupés à la recherche de l'or. La seule pauvreté avait pu sans doute leur faire braver le préjugé qui, surtout dans cette partie de la province des Mines, condamne à l'oisiveté les hommes de notre race.

Bientôt je me trouvai au-dessus d'une vallée fort Jarge dont l'aspect me frappa. Les mornes qui la bor-

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daient étaient couverts de capim gordura : une seule plante lui disputait le terrain; c'était ce saccharum, appelée sapé, dont la couleur jaunâtre , mêlée au vert obscur et plus cendré du capim gordura, produisait une teinte générale d'une douceur que rien ne saurait rendre. Au milieu de ces immenses gazons étaient épars de grands arbres à demi brûlés, restes des bois vierges qui jadis couvraient ces montagnes. Les rameaux avaient été consumés; mais les troncs avaient résisté à l'effort des flammes, et dépouillés d'écorce* ils contrastaient d'une manière singulière, par leur couleur noire et cendrée, avec le vert tendre des humbles végétaux qui croissaient à leur pied. Les mornes dont je viens de peindre l'aspect étaient encore revêtus, il y avait quatre ans, de capoeiras , et l'on y récoltait d'excellens grains. Une cause fort remarquable , la gelée, avait fait périr les taillis, et les graminées dont j'ai parlé plus haut s'étaient bientôt emparées du terrain %

A l'extrémité de la vallée que je viens de décrire, je traversai le ruisseau de Santa Barbara, dont les eaux sales et rougeâtres attestaient les travaux des,

1 « Dans les lieux élevés de 25o à 3oo toises , dit d'Eseh- 1 « wege (Journ., I, p. 2i4), il fait, tous les ans, des

« gelées blanches pendant les mois de juin et de juillet

« En i8i4> il gela> dans ces régions, tellement fort, pen— « dant huit jours , que l'eau était couverte d'une glace épaisse « d'un doigt qui, à l'ombre, ne fondait pas même durant le « jour.; Dans la plupart des rivières, ....... les poissons

mineurs. A l'endroit où je passai ce ruisseau , je jouis du plaisir de contempler un de ces paysages qui, sérieux sans être sombres, agrestes sans être sauvages, présentent un heureux mélange de couleurs brillantes et obscures , et respirent une sorte de calme inconnu ailleurs que dans ces contrées. Le ruisseau était traversé par un pont rustique que soutenaient de longues perches grisâtres beaucoup plus hautes que le plancher du pont. À Tune des extrémités de celui-ci, on voyait une petite habitation basse, que des bananiers ombrageaient, et autour de laquelle la terre était cultivée. Un peu au-delà de cette demeure, le ruisseau faisait un détour et semblait arrêté par un morne presque à pic, couvert de bois vierges très -serrés, dont la verdure foncée tranchait avec la teinte grisâtre du capim gordura qui croissait sur les autres mornes. Enfin , vis-à-vis la petite habitation , et de l'autre côté de la rivière, étaient des mornes escarpés revêtus de pâturages, au milieu desquels s'élevaient des arbrisseaux, restes d'anciennes capoeiras.

Ce fut en traversant des mornes d'une végétation analogue à celle dont je viens de faire le tableau , que j'arrivai au lieu appelé As Bicas\ où je passai la

« mouraient par milliers. » Je n'ai pas besoin de dire que l'assertion par laquelle commence le paragraphe que je viens de citer, doit admettre des modifications d'après les distances où les lieux sont de Téquateur, et diverses circonstances accessoires.

* Ce mot signifie conduit d'eau.

nuit. Entre As Bicas et Itabira , qui en est éloigne de 4 lieues , le chemin côtoie des vallées arrosées par des ruisseaux d'une eau excellente. Dans les pays de bois vierges, en général, les eaux sont également abondantes et pures , et le voyageur fatigué par une chaleur extrême peut sans cesse se désaltérer dans des courans d'une fraîcheur délicieuse.

En avançant vers Itabira, on aperçoit de loin en loin, dans les vallées, des habitations solitaires, et, auprès de chacune d'elles , l'on voit un jardin planté de cafeyers, d'orangers, de bananiers, de choux et cYarum esculentum. Les pays de bois vierges me fournissaient en général moins de plantes que les campos; jamais cependant je n'avais trouvé si peu d'espèces en fleurs. Les papillons étaient nombreux \ mais les autres insectes commençaient à disparaître.

J'eus occasion de revoir ce jour -là un de ces jolis effets que les bambous produisent dans les paysages. Sur le flanc d'un morne escarpé , couvert de bois vierges, les tiges longues et menues de ces immenses bambous s'inclinaient sur la cime des arbres , qui se trouvaient immédiatement au-dessous d'elles, et elles retombaient sur d'autres arbres placés plus bas encore , de manière que d'un morne opposé on pouvait les découvrir tout entières. Les petits rameaux qui , garnis de grandes feuilles , naissaient en verticille autour de ces tiges, en faisaient des espèces de guirlandes que le moindre vent balançait avec grâce.

Parvenu à l'extrémité d'un grand bois, je découvris tout à coup le morne aride et conique sur lequel est

situé le village cTltabira. Derrière ce morne s'élève une montagne qui domine toutes les hauteurs voisines, et dont la cime, vue du chemin, paraît être la continuation du premier morne. Cette montagne porte le nom d' Itabira, qu'elle a donné au village. Descendant au fond d'un vallon, je me trouvai près d'un ruisseau, qui coule au pied du morne sur lequel est bâti Itabira. Les bords de ce ruisseau ont été creusés en tous sens par les mineurs, et au milieu de ces terrains bouleversés, se trouvent des chaumières et des hangars qui servent aux hommes employés à la recherche de For. Sur un plan moins rapproché, j'apercevais devant moi des maisons entremêlées de touffes de bananiers , et toute la partie du morne qui n'est point bâtie, ne m'offrait qu'un gazon ras et d'un vert grisâtre.

Je fus reçu à Itabira x par le capitaine Manoel Jozé da Silva Pires, pour lequel le colonel Antonio Thomaz m'avait donné une lettre de recommandation. Le capitaine m'accueillit avec cette politesse aimable que j'avais jusqu'alors trouvée chez tous les Mineiros. C'était

1 II ne faut pas confondre V Itabira dont il est ici question, et qui est une succursale de la paroisse de Santa Barbara (Piz. ), termo de Caeté , comarca de Sabarâ, avec un autre Itabira, chef-lieu de paroisse, situé dans le termo de Villa Rica, et à y lieues N. — E. de cette ville (Piz.). Ce doit être de ce dernier village que M. d'Esclrwege a tiré le nom d'/f/z— birite. Quant à celui dont je donne ici l'histoire, on devrait toujours, pour éviter toute confusion, l'appeler Itabira de Mato dcnlro.

27o VOYAGE

un homme instruit et spirituel qui savait le latin et le français; il avait beaucoup étudié Delius , et il possédait sur la métallurgie des connaissances plus étendues que n'en ont en général les mineurs brésiliens.

La chaîne particulière des montagnes d'Itabira , qui doit nécessairement se rattacher à la grande chaîne j intérieure, présente des pentes douces vers l'orient et d'autres plus rapides du côté occidental. Elle s'étend j du nord au sud, et au sud -ouest, dans un espace d'environ deux lieues, depuis le Ribeirâo (torrent) de Santa Anna jusqu'au Rio do Peixe. Les mornes dont elle se compose sont croisés par huit vallées i principales , qui la partagent de l'est à l'ouest en autant de zones alongées. Deux pics très-élevés, l'un conique et l'autre pyramidal, font découvrir les deux extrémités de la chaîne à dix lieues et même davantage. Celui du nord porte le nom d'Itabira % et sous le nom d' Itabirassû 2 on désigne le pic le plus méridional. Les sommets de la chaîne, et tous les mornes isolés, n'offrent qu'une végétation maigre; mais ses côtés sont revêtus d'une bonne terre végétale, où croissent des bois de construction et plusieurs végétaux intéressans , tels que le copaïba (copaïfera) , les jaboticabeiras à fruits noirs et jaunes (myrtées), le

1 Des mots indiens yta bera , pierre qui brille. Itabira ne veut pas dire , par conséquent , comme on l'a avancé, pierre haute et aiguë.

* Grande pierre qui brille.

AU BRESIL. s*t

maté (ileœ paraguariensis , Aug. S. Hil. ) , les japecanga (smilax), le butua (cocculus) % Yipémirim, le cinco folhas (bignonées), etc., etc.

Vers l'année 1720, Francisco de F aria. Llbernaz, et ses frères, Paulistes d'un esprit entreprenant, déjà établis dans les mines d'Itambé, au nord de l'Itabira, traversèrent dix lieues de forêts sans autre boussole que îe sommet pyramidal de cette montagne. En côtoyant la chaîne, ils arrivèrent, par la gorge de Piearraë, au pied du morne sur lequel est aujourd'hui bâti le village d'Itabira. Ayant fait à peu près le tour du morne, ils trouvèrent dans une fontaine, qu'ils appelèrent Fonte da Prata , une grande quantité d'or d'une couleur argentine, et ils bâtirent dans cet endroit une maison et une petite chapelle couverte en chaume. Telle fut l'origine du village d'Itabira.

D'autres colons accoururent bientôt, et firent de nouvelles recherches. Pendant ce temps, les premiers aventuriers avaient exploité les minières les plus faciles à travailler-, ils vendirent aux derniers venus les vastes possessions qu'ils avaient acquises par le droit du premier occupant , et ils se retirèrent dans la province de Goyaz et à Saint-Paul, leur patrie. Cependant les nouveaux habitans d'Itabira continuèrent leurs recherches, et les mines du ruisseau de la Conception , de la vallée de l'Itabira , de la montagne de la Conception , du ruisseau d'Itabira , de la partie occiden-

1 Voyez le Flora Brasiliœ meridionalù , vol. I, p. 5g, et les Plantes usuelles , n° fo.

taie de l'Itabira, furent successivement découvertes. Des compagnies de mineurs se formèrent ; et , vers le commencement du siècle actuel, les trois exploitations de la Conception, de l'Itabira et de Santa Anna, sont devenues très-florissantes. Aussi, la population du ressort (aplicaçâo) de la succursale (capella) d'Itabira, qui , au commencement de ce siècle , n'allait pas audelà de trois mille âmes , s'élevait , en 1816 , à plus de six mille.

La Conception fut exploitée par une compagnie qui réunit plusieurs centaines d'ouvriers, et, en peu ; de mois, un hameau s'est élevé sur la plus affreuse montagne. A l'époque de la découverte de la mine, on , avait déjà trouvé, dans une tranchée, un gros fil d'or d'une demi - toise de longueur, qui adhérait au minerai de fer pierreux -, et , plus récemment , une seule batea a fourni vingt -huit marcs d'or. Ce métal se présente ici en lames fragiles plus ou moins grandes y on le trouve aussi en grains ou en poudre d'une couleur variable. Jusqu'à présent on a reconnu à la Conception deux épaisses couches minérales séparées par un lit d'une toise , et le long des mêmes couches divers filons qui, comme elles, s'étendent dans la direction du N. E. au S. O. Dans un intervalle de seize ans, les propriétaires ont retiré de la mine plus de vingt mille marcs d'or, et l'on peut calculer un quart en sus pour les vols, qui sont extrêmement communs.

L'exploitation de l'Itabira est plus importante encore que celle delà Conception. Le minerai y est plus proche de la surface de la montagne, et, pour creuser

les galeries qui vont obliquement, on n'est pas obligé de traverser des bancs de roche. Aucun batea n'a fourni jusqu'ici plus de quatre onces d'or 1 ; mais en même temps on n'a pas trouvé une couche plus continue ni qui fournisse un métal plus pur. Malgré la vigilance des intéressés , le pillage des ouvriers est si considérable, que les trois quarts de l'or qui circule dans les cabarets du pays , sortent de cette exploitation.

Pendant cinq ans , lorsque le minerai était voisin de la surface du sol, la mine de Santa Anna avait été plus florissante que toutes les autres. L'or qu'elle fournit d'abord était d'une belle couleur jaune et au titre de 23 k., 3 5 mais celui que l'on trouva plus tard avait une couleur obscure. Au reste , ce que l'on perdit par la couleur on le regagna par la quantité, et, dans l'espace de deux mois, on retira de cette mine trois cent quarante -trois marcs. Cependant ces résultats heureux cessèrent quand le minerai ne se trouva plus qu'à une certaine profondeur-, alors il eût fallu prendre d'autres moyens pour pouvoir l'extraire avec avantage; mais on ne voulut pas , ou l'on ne sut pas les em-

» A l'époque où les fouilles du côté occidental de l'Itabira furent commencées, un des mineurs, mécontent du résultat de ses travaux , allait abandonner ses recherches , lorsque la chute d'un peu de terre lui fit découvrir une veine d'or si abondante , qu'en six jours , il obtint 64 marcs d'or avec douze ouvriers. Rien de semblable ne paraît avoir lieu aujourd'hui dans l'intérieur de la montagne.

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