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nécessaire d'aller le chercher à grands frais dans les entrailles de la terre : on le trouve à sa surface, et le minerai a donné jusqu'à quatre-vingt-cinq pour cent et davantage \ Cependant, lorsque le Brésil gémissait encore sous le système colonial, il était défendu à ses habitans de fondre la moindre parcelle de fer, et ceux qui , à chaque pas , foulaient ce métal sous leurs pieds , étaient obligés de recevoir, des négocians de Lisbonne, les instrumens d'agriculture et les outils avec lesquels ils cherchaient l'or dans le fer lui-même. À l'arrivée ; du roi Jean VI, tout changea de face à cet égard, il fut permis aux Brésiliens de profiter des trésors que la nature leur a prodigués 5 l'on vit des forges s'établir dans la province des Mines , et de simples particuliers construisirent, dans leuVs maisons, des
1 « Sans parler de l'or, à peu près tous les métaux, disent « Spix et Martius , se rencontrent dans la province des « Mines. Presque partout il existe du fer qui rend go pour « cent et qui compose l'ensemble de longues chaînes de mon m tagnes. On trouve du plomb à Abaitéy de l'autre côté du « Rio de S. Francisco; du cuivre à Villa do Fanado , capi-, « taie de Minas Novas; du chrome et du manganèse à Pa-f « raopeba; du platine à Gaspar Soares et ailleurs; du mer-j « cure , de l'arsenic , du bismuth , de l'antimoine , de la mine « de plomb aux alentours de Villa Rica ; des diamans à h Tijuco, Abaité, etc. ; enfin , à Minas Novas, des topazes « jaunes , bleues et blanches , des aigues-marines d'un vert « naissant et d'un vert bleu , des tourmalines rouges et « vertes, des chrysolithes , des grenats et des améthystes. » Rcis. , I, p. 339. )
fourneaux à la catalane, où ils se mirent à fondre le fer pour leur usage.
Ainsi, j'avais vu, à Santa Quiteria, une petite forge de ce genre où. Ton fondait à la fois vingt- cinq à trente livres de fer.
Les forges de Girao se composaient de huit fourneaux , construits comme celui du colonel Antonio Thomas , et dans lesquels on pouvait fondre à la fois un arobe de métal (3s liv.). Le feu était entretenu dans les fourneaux par des soufflets pour la plupart mis en mouvement par l'eau. Comme le minerai se trouve à Girao en masses très -compactes, on commençait par le broyer à l'aide d'un bocard, dont le moteur était une roue hydraulique. Une autre roue du même genre faisait mouvoir le marteau destiné à battre le fer. La forge de Girao entretenait environ vingt-cinq ouvriers , dont la moitié se composait d'esclaves. Les autres , libres, et presque tous blancs , étaient nourris et recevaient une valeur d'environ vingt sous par jour. Cette forge, comme on va le voir, présentait tous les élémens de la prospérité ; le gouvernement avait concédé au propriétaire, pour la fabrication du charbon, quatre sesmarias de forêts -, le fer se trouve , de tous les côtés, aux alentours de la forge, et une eau abondante donne les moyens de faire mouvoir les rouages de la fabrique; enfin les terres du voisinage, rouges et argileuses, paraissent être fertiles, et peuvent fournir des vivres aux ouvriers. L'établissement de Girao est encore un de ceux qui attestent l'industrie des Mineiros. Le capitaine Paulo, son propriétaire, n'en avait
jamais vu de semblable, et il n'eut d'autres guides dans ses constructions qu'un petit nombre de dessins , laisses aux habitans du pays par le voyageur Mawe.
Le capitaine Pires m'accompagna encore pendant un quart de lieue au-delà des forges. Je ne pouvais être trop reconnaissant de la réception qu'il m'avait faite, et de ses complaisances sans nombre. Il m'avait servi de guide clans toutes mes courses, il m'avait donné des explications intéressantes , et je lui devais des renseignemens précieux sur les mines de son pays. Nous étions, l'un et l'autre, touchés jusqu'aux larmes quand nous nous séparâmes -, il me promit d'aller, à mon retour, me rendre visite à Itajurû, et, comme on le verra, il me donna une nouvelle preuve d'amitié en se montrant fidèle à sa promesse.
Entre Girao et Escadinha, petite fazenda où je passai la nuit, j'observai une végétation semblable à celle des environs d'Itajurii.
LayazeWad'Escadinha est située dans un vallon sur le bord d'un ruisseau, et a une cour entourée de palissades. Elle appartenait à un homme pauvre qui comptait vingt -cinq petits -enfans qu'il avait eus de ses filles. Suivant l'usage assez général dans le pays, la maison du maître est bâtie sur des poteaux, et n'a qu'un étage. On monte au logement par un petit escalier extérieur. Au milieu de la maison est une grande pièce placée immédiatement au-dessous du toit et entièrement ouverte du côté de la cour, ainsi que du côté opposé : à droite et à gauche sont de petites chambres. Une table et quelques bancs formaient tout Ta-
meublement de cette espèce de salle, au centre de laquelle s'élevait un foyer carré et en pierre. Il faisait nuit lorsque j'arrivai, et, comme la fraîcheur était assez sensible, toute la famille s'était réunie autour du feu. Je remarquai que les enfans avaient la peau trèsblanche , et étaient presque tous blonds 5 des haillons couvraient la plupart d'entre eux, mais ces haillons étaient propres. Mon hôte venait de perdre une de ses filles ; il parlait de ce malheur avec résignation , mais avec une douleur profonde ^ il trouvait toute sa consolation dans la piété de sa fille et dans la soumission qu'elle avait montrée au milieu des souffrances. Ce brave homme se plaignait beaucoup des fermiers de la dîme (diz'uneiros) , qui la laissent perdre dans les fazendas , et qui, réclamant sa valeur au bout de deux ou trois ans, frappent ainsi le cultivateur d'un double impôt. Ailleurs , je m'étendrai davantage sur le sujet de ces plaintes, presque générales dans la province des Mines.
Le lendemain , mon hôte m'accompagna jusqu'à une lieue de chez lui , et ne voulut rien accepter pour la dépense que j'avais faite dans sa maison. Je pourrais citer continuellement des preuves semblables d'hospitalité. #
Un peu avant Itambé, la terre, qui jusque-là avait été argileuse, rouge et compacte, présente tout à coup un mélange de sable blanc et noir entremêlé de rochers- et la végétation change brusquement comme la nature du sol. Dans la terre argileuse croissent de grands bois; dans la terre sablonneuse, ce n'est plus
qu'une végétation rare et rabougrie, mais en même temps fort variée \ et , ce qu'il y a d'assez remarquable, c'est que cette végétation est presque celle de la partie moyenne de la montagne élevée où j'avais herborisé dans la Serra da Caraça , montagne dont le sol est également formé d'un sable blanc et noir. Près Itambé , comme dans la Serra da Caraça , j'observai des vellozia , des mélastomées à petites feuilles, des eriocaulon rameux, genre dont les espèces ne croissent guère dans les terrains purement ferrugineux, l'ombellifère à tige droite et à feuilles simples, etc.-, et quand l'intervalle sablonneux fut passé, je retrouvai des bois. Enfin, immédiatement avant Itambé, le terrain redevient sablonneux, et la végétation change de face pour la quatrième fois , mais toujours avec quelcfue différence dans les détails. Tout ceci tend à prouver qu'en certains cas du moins , l'état particulier du sol influe autant sur la végétation qu'une différence considérable dans les hauteurs du terrain. J'en retrouvai une preuve nouvelle pendant mon voyage au Rio Doce-, car, dans des terrains formés d'un sable blanc, comme ceux que je viens de décrire, j'observai, à très-peu de distance de la mer, une végétalion très-anal|jgue à celle qui s'était présentée à moi bien loin de l'Océan, dans les cantons élevés de la province des Mines.
Le village à' Itambé l , succursale de la paroisse de
1 Des mots indiens yta aymbe , pierre à aiguiser. (Voyez Tesoro de la lengoa, etc. , p. 179.)
la Conception1, est situé, dans une position charmante , sur le bord d'un ruisseau qui porte le même nom que lui, et qui coule dans un large vallon. Des mornes s'étendent, par une pente douce, au-dessus du village , et sont en partie couverts de Lois et en partie revêtus de gazons entremêlés de rochers. Audelà de ces mornes s'élèvent des montagnes , où je n'apercevais alors qu'une herbe jaunâtre, au milieu de laquelle des rochers se montraient épars. Ces montagnes , situées à une lieue d'Itambé , du côté de l'ouest, portent le nom à'Itacolumi ou Sete Peccados iïfortaeSj, à cause de leurs sept sommets : elles étaient, il y a peu d'années, couvertes de forêts; mais, à la suite d'une longue sécheresse, celles-ci furent réduites en cendres par un incendie qui dura un mois.
Les bords et le lit de la rivière d'Itambé ont été autrefois exploités par des mineurs, et à For qu'ils y trouvèrent est due probablement l'origine du village. Cependant la modicité des produits a fait abandonner ce genre de travail. L'agriculture ne pouvait guère lui être substituée, du moins dansles environs ; car ils sont d'une
1 Par décret du i3 avril 1818, Itambé, ou Nossa Senhora da Olweira de Itambé, est devenu une succursale de la nouvelle paroisse de Nossa Senhora do Pilar do Morro de Gaspar Soares. (Voyez Mem. hist., vol. VIII, p. ià*j p. 1^0.) L'Itambé , dont il s'agit ici, ne doit pas être confondu avec S. Antonio de Itambé , situé à 4 lieues de Villa do Principe (Piz.).Pour éviter toute erreur, il faudrait appeler ce dernier endroit Ilambc da Serra, et l'autre Itambé de Mato dentro.
extrême stérilité, et, si Ton excepte un petit nombre de bananiers et d'orangers, plantés auprès des maisons, ! on ne voit, autour d'Itambé, aucune trace de culture. Ce village est dans un état de décadence dont aucun autre n'offre l'image, et il ne se compose que d'une église et d'environ cent maisons qui, toutes, tombent en ruine; aussi est-ce bien avec raison que l'on répète, dans le pays, ce proverbe déjà cité par un autre voyageur : A miseriis Itambé, libéra nos , Domine; j proverbe que l'on rend de la manière suivante aux environs de Caeté :
ltabira, Itambé , Samambaia et sapé « , Mcirinhos de Caelé », Libéra nos, Domine.
On ne doit pas s'étonner si je m'étends aussi longuement sur de simples villages. On sent qu'ils doivent avoir de l'importance dans une contrée où l'on peut voyager bien des jours sans en rencontrer un seul, et des mois sans apercevoir la plus petite ville.
Pour me rendre $ Itambé à Villa do Principe, je suivis la route royale (estrada real) qui va de Villa Rica à Tijuco ; mais , malgré le nom pompeux qu'on lui donne, cette route, bien moins fréquentée que
1 La grande fougère et le sacckarum qui s'emparent des terrains jadis en culture.
a Huissiers de Caeté.
celle de Rio de Janeiro à Villa Rica , n'est, dans certains endroits, qu'un sentier si peu large, que l'on a quelquefois de la peine à en suivre la trace.
Situé à l'ouest de la grande chaîne, et à peu de distance d'elle, tout le pays qui s'étend jusqu'à Pilla do Principe est encore montueux , et les forêts , qui le couvraient jadis, ont fait place, dans beaucoup d'endroits, à d'immenses pâturages de capim gordura. On n'aperçoit, pour ainsi dire, aucune trace de culture -, partout on a sous les yeux l'aspect de la solitude, et trop souvent celui de l'abandon.
Entre Itabira et Itambé, j'étais sorti de la comarca de Sabara ou du Rio das Velhas, pour entrer dans celle du Serro do Frio. Sauf de très-courts intervalles, je voyageai neuf mois dans cette immense comarca, aujourd'hui la plus grande de toutes, et je n'en sortis, pour n'y plus rentrer, que vers la fin du mois de novembre.
A peine eus-je quitté Itambé, que je commençai à monter au milieu des rochers. Les intervalles que ceux-ci laissent entre eux sont encore remplis par un sable blanc mêlé d'une terre végétale noire. Ensuite viennent des bois \ puis j'arrivai sur un vaste plateau sablonneux et découvert qui termine un morne élevé. Là n'ont jamais existé de forêts : de petits arbrisseaux croissent au milieu des gazons , et la vue s'étend au loin sur des mornes arides entremêlés de bois. On a déjà vu combien les terrains où le sable domine me fournissaient de plantes 5 le plateau dont je viens de parler est surtout d'une richesse remarquable. J'y trouvai une
fouie de mêlas tomées de deux pieds à deux pieds et demi de hauteur, deux sauvagesiées , une scrophularinée à tiges de deux à trois pieds et à corolles couleur de chair, une élégante cassia dont les rameaux peu nombreux se recourbent à la manière de ceux du saule pleureur {cassia demissa, N.), une foule & eriocaulon , etc. Cette journée me procura plus de trente espèces que je n'avais point encore, et cependant j'avais déjà visité bien des lieux à peu près analogues.
Dans quelques endroits où les rochers étaient assez multipliés , je rencontrai une petite espèce de palmier rabougri qui croit également dans la Serra da Garaça. A une demi -lieue de Ponte Alta, je revis aussi , dans un fond où le terrain était meilleur, l'élégant palmier appelé andaia que j'avais aperçu pour la première fois sur la route du Parahyba à Barbacena, et que je n'avais depuis retrouvé qu'à Santa Barbara.
Entre la venda de Ponte Alta, où je m'arrêtai, et le village de Morro de Gaspar Soares , on n'aperçoit que d'immenses pâturages de capim gordura entremêlés de quelques bouquets de bois. Au milieu de ces pâturages, on voit, de côté et d'autre, quelques andatas y dont les larges feuilles sont agitées par le moindre vent. Ce canton ne présente aucune trace de lavage, et, d'après ce que l'on m'a dit, il a été autrefois cultivé; mais l'apparition du capim gordura a décidé les propriétaires à chercher ailleurs des bois qu'ils pussent encore détruire. Dans un pays où tant de terrains sont libres et incultes , l'homme peut Va-
bandonner à toute son inconstance naturelle, et poursuivre ce mieux idéal qui sans cesse tourmente son imagination.
Il serait facile de profiter des vastes pâturages dont je viens de parler pour y faire de nombreux élèves de bestiaux; mais à peine aperçoit -on quelque vache de loin en loin.
A quelque distance de Gaspar Soares , je traversai le Rio Preto (la rivière noire) , qui doit son nom à la couleur que ses eaux, parfaitement limpides, empruntent du lit sur lequel elles coulent. Un peu plus loin , je passai plusieurs fois le Picâo, qui, comme le Rio Preto , se jette dans le Rio de S. Antonio , dont les eaux vont se réunir au Rio Doce.
Le village de Morro de Gaspar Soares , situé à environ cinq lieues d'Itambé, n'est qu'une succursale de la paroisse de la Conception % et doit son nom au gérant d'une des plus anciennes minières qui aient été exploitées dans le pays. On avait voulu le faire appeler Morro de JSossa Senhora do Pilar, parce que son église a été bâtie sous l'invocation de Notre-Dame du
1 Par décret du ï3 avril 181 8, ce village est devenu, depuis mon voyage , le chef- lieu d'une paroisse qui comprend cinq succursales , savoir, N. S. da Olweira de Itambé dont j'ai déjà parlé plus haut, S. Antonio do Rio Abaixo, N. S. do Rosario, Santa Anna dos Ferros et Joanninha. Cette nouvelle paroisse comprend 6^20 à 7,000 âmes. Gaspar Soares est éloigné de 27 lieues de Marianna , et de 107 de Rio de Janeiro. (Voyez Memorias historicas , vol. VIII, p. 2da,
3oo VOYAGE
Pilier j mais le nom le plus ancien a toujours prévalu.
Ce village doit probablement son origine à des lavages importans qui y existèrent autrefois, et qui sont) actuellement abandonnés. Quoiqu'on trouve encorej aujourd'hui de l'or dans le lit du Rio Preto et à la' surface des mornes, ce métal n'est pas l'objet d'unej exploitation régulière et habituelle. Seulement quandj les propriétaires d'esclaves n'ont point d'occupation à leur donner, ils les envoient chercher de l'or. Chaque esclave est tenu d'en apporter à son maître une certaine quantité,, et il est châtié quand il ne fournit! pas ce qui est exigé de lui.
Entre des mornes qui renferment un espace à peut près circulaire , est une colline allongée beaucoup moins élevée qu'eux, et qui ressemble à une espèce de chaussée. C'est sur la crête de cette colline qu'est cons truit le village de Morro de Gaspar Soares . Les mon-| tagnes qui l'entourent du côté de la droite, quand ou se rend à Villa do Principe , ont leurs flancs couverts de gazons et leurs sommets couronnés de bois vierges. Sur celle de la gauche est une maison trèsgrande et bien bâtie qui appartient au capitâo môr, et un peu plus loin, mais sur un plan un peu infé-l| rieur, s'élèvent en amphithéâtre les bâtimens des forges royales, auxquels aboutissent des chemins fort larges et bien ménagés qui circulent sur le penchant de la montagne.
Le village de Gaspar Soares se compose d'un petit nombre de maisons qui, comme celles de tant d'autres bourgades, n'annoncent que la décadence. Presque
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aucune n'est blanchie, et la terre rouge, qui a servi à les bâtir, se montre de toutes parts.
Je traversai ce misérable village pour me rendre aux forges royales, et j'allai remettre, au maître fondeur SchœnwoîtT, une lettre de recommandation que j'avais pour lui. Ce bon Allemand fut charmé d'avoir l'occasion de parler sa langue qu'il avait beaucoup oubliée, et il me montra tout l'établissement avec une extrême complaisance.
Après l'émancipation du Brésil , l'intendant des Diamans, M. Manoel Feiieœira da Camaha Bethancourt e Sa choisit le Morro de Gaspar Soares pour y établir des forges l où l'on fondit le fer dont on avait besoin clans l'exploitation des diamans. On pouvait regretter sans doute que Gaspar Soares ne fût pas plus rapproché de Tijuco, chef- lieu du District des Diamans, où l'intendant faisait *sa résidence ; on pouvait regretter encore que l'eau fût aussi peu abondante dans cet endroit } mais du moins, on devait le reconnaître, le fer s'y trouve en prodigieuse quantité, et le minerai y est si riche qu'il donne quatre-vingt-cinq pour cent \
« Pour donner plus d'étendue aux forges, disent
1 L'établissement des forges de Gaspar Soares date , suivant Spix et Martius, de l'année 1812.
2 « Quelques voix se sont élevées contre le choix de ce « lieu, indiquant, comme des inconvéniens graves, sa po- « sition élevée et le peu d'eau que l'on y trouve ; mais l'in- « tendant des Diamans a su affaiblir ces reproches , en « offrant au gouvernement de prendre pour son compte l'é-
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<( MM. Spix et Martius (Reis. in Bras., I, 4^6), « DaCamara, ami des grandes entreprises, a formé le et projet de réunir le Rio de S. Antonio avec le Riot « Doce , afin de pouvoir expédier par eau le fer <c de Gaspar Soares, et de recevoir ensuite, par la <c même voie, le sel et les marchandises étrangères*. « C'est ce projet qui a principalement décidé l'inteni « dant des Diamans à établir les forges royales à Gas « par Soares. »
On construisit d'abord un haut fourneau sur le plan de ceux d'Allemagne, qui sont le mieux entendus, el l'on fit venir un fondeur allemand pour diriger les opérations. Ce fourneau a vingt-huit pieds de profondeur; son ouverture supérieure en a trois de diamètre, et l'on
« tablissement tout entier, et de payer les frais. » ( Spix el Mart. , Reis in Bras., I, p.,,4^6.)
1 Dans les neuf provinces que j'ai parcourues, je ne crois pas qu'il existe d'autres canaux que celui dont je parlerai tout à l'heure, et qui mérite plutôt le nom de fossé, et ur second très- peu étendu creusé par les jésuites dans la province du Saint-Esprit. Ceux qui connaissent le Brésil doi-i vent savoir, au reste, que le temps n'est pas encore venu où l'on pourra, dans ce pays comme en Europe, ouvrir de* canaux et rendre des rivières navigables. Mais il n'est pas moins vrai que le plan , dont il est question plus haut , a été heureusement conçu et serait très - probablement d'une exé-l cution peu difficile. Je dois faire observer cependant qu'il ne s'agirait pas de réunir le Rio de S. Antonio au Rio Doce , puisque ce fleuve reçoit naturellement les eaux du S. Antonio.
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y pouvait fondre trente quintaux de minerai à la fois. Comme il ne se trouve dans le voisinage de la forge aucune chute d'eau naturelle , on creusa , à un quart de lieue de l'établissement, un grand réservoir d'où s'échappe l'eau destinée à mettre en mouvement les marteaux et les soufflets. Ce réservoir, disposé comme nos étangs, est d'une forme allongée, et sa chaussée, construite dans la largeur, a quatre cents et tant de palmes (36o pieds). L'eau en sort par deux ouvertures que l'on ouvre et que l'on ferme à volonté. Au-dessous de ce réservoir en est un autre moins grand dans lequel passe l'eau du premier, et qui n'a qu'une ouverture.
Le bâtiment où est renfermé le haut fourneau n'a que vingt-huit pas (environ 84 pieds) de longueur -, à son peu d'étendue se joint une élévation fort médiocre, et l'air n'y pénètre que par deux portes et quelques ceils - debœuf ouverts dans les murailles. Il est facile de sentir combien, sous les tropiques, la chaleur devait être insupportable aux ouvriers dans un local aussi resserré. Mais un inconvénient bien plus grave encore, ne tarda pas à se faire sentir. On n'avait pas forgé plus de deux mille quintaux de fer que l'on fut obligé d'interrompre le travail , non - seulement parce que l'eau manquait, mais aussi parce qu'on s'aperçut que les pierres du pays ne pouvaient résister à la force du feu. Ainsi ce haut fourneau, construit à grands frais, devint inutile.
Cependant on ne se découragea point. L'intendant demanda au gouvernement la permission de faire venir d'Angleterre des pierres capables de résister au feu -, et en attendant, il ordonna que sur une plate-forme qui
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s'étend au-dessous des anciennes forges , on en construisît d'antres. On était occupé à les bâtir, lorsque je passai pour la première fois au Morro de Gaspar Soares -, mais , à mon retour, qui eut lieu au bout d'un an, je les trouvai achevées. Elles se composent de trois fourneaux à la catalane -, mais depuis que ces fourneaux existaient, la disette d'eau avait empêché de travailler plus de deux ou trois fois par semaine. On n'avait donc pas entièrement tort quand on se plaignait dans le pays de ce que les forges avaient été établies dans un lieu où l'eau était insuffisante; cependant il faut dire aussi qu'il avait plu très-peu dans le courant de l'année, et que les étangs n'avaient pu se remplir.
Au reste, l'intendant toujours actif, luttant toujours contre les obstacles, voulut triompher encore de celui qu'opposait le peu d'abondance de l'eau. Plus bas que les secondes forges dont j'ai déjà parlé, on construisait par ses ordres , lors de mon retour, un bâtiment destiné encore à de nouveaux fourneaux qui ne devaient point être mis en activité par l'eau des étangs. Au-dessous du village coule le ruisseau appelé Picâo , dont j'ai eu l'occasion de dire un mot , et qui a sa source dans les montagnes voisines. L'intendant eut l'idée extrêmement heureuse de faire un canal qui , large de dix palmes (environ 7 pieds 6 pouces ) , doit; avoir une demi-lieue de longueur, et qui, prenant les eaux du ruisseau à leur naissance , pourra dans toutes les saisons mettre les forges en mouvement. Dans la partie la plus voisine de ces dernières , il a fallu que ce canal, déjà commencé à l'époque de mon voyage,,
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traversât le morne dans une longueur de trois cents palmes (225 pieds environ), et la voûte que Ton a pratiquée à cet effet a ëté revêtue intérieurement de pièces de bois. Presque partout où le canal avait été creusé, il traversait la mine de fer; le minerai avait été brisé , et il devait être fondu dans les forges , après avoir été amené sur le canal même dans de petites pirogues. Enfin, comme celui-ci devait passer par de grands bois avant d'arriver au Morro , on avait le projet de faire sur ses bords du charbon que l'on devait embarquer comme le minerai.
Pour compléter la description de l'établissement du Morro, je dirai que, fort au-dessous des nouvelles forges, on construit, à peu près sur le modèle d'une des figures de F architecture hydraulique de Belidor, un moulin qui est mis en mouvement par les mêmes eaux qui ont servi pour les forges.
Deux évaluations entièrement différentes portaient les dépenses qui avaient été faites pour l'établissement du Morro de Gaspar Soares, l'une à cent trente mille cruzades (325, 000 fr.), et l'autre à deux cent quarante mille (600,000 fr.). Nous n'examinerons point laquelle de ces deux évaluations est véritable, ou si l'une et l'autre manquent également d'exactitude. Nous dirons seulement , d'après le témoignage d'un homme qui lavait pu voir les choses de très -près, que ce qui a beaucoup contribué à augmenter les frais de l'établissement, c'est la quantité de bâtimens et de charpentes que l'on a élevés et détruits tour à tour. On n'a jamais Iremis de plan aux maîtres ouvriers 5 on a toujours