‹ Voyage dans les provinces de Saint-Paul et de Sainte-Catherine (volume 2)Chapitre 17 sur 24 · I.A VIUS DB LAGUNA · texte numérisé non relu

I.A VIUS DB LAGUNA

Histoire de la ville de J(^agmia. — Limites de son district. —Nature de la population de ce district. — Ses productions. — Lac de Laguna. — La langue de terre qui sépare ce lac de FOcéan. — iPosition de la ville de Làguna ; sa forme ; rues ; maisons ; église ; fontaine ; p^ace ; mairie ; vue ; commerce. — Difficulté de trouver des moyens de transport jusqu'à Porto-Alegre. — Un batelier. — Location d'une charrette. Un escamoteur. — Les camaradas de Fauteur.

S'il faut en croire Gabriel Soares, ce furent les Tapuyas qniy dans l'origine, occupèrent le pays où est aujourd'hui située Laguna. Cette ville , à laquelle on donna primitivement le nom d'Alagoa^ qu'elle conservait encore en 171 S (i) y est la plus ancienne de la province de Sainte- Catherine, et elle en fut longtemps la plus renommée. Possédé de la manie des découvertes qui, pendant si longtemps, poussa les habitants de S. Paul dans les déserts les plus sauvages, Domingo de Bbito Peixoto , natif de la ville de S. Vincent, s'embarqua, vers le milieu du xvi* siè-

{%) Gabriel Soares de Souza» Noticia do Brazil in NoL ultramar,t III, parte 1», 88. — Frezier, Voyage, 21.

de, avec ses deux fils» Francisco et Sebastiâo , et alla former un établissement dans le lieu où est aujourd'hui la ville de Laguna. Un de ses premiers soins fut de construire une église sous Finvocation de Saint-Anloine-des-Anges [S. Antonio dos Anjos), Pendant longtemps il la fit desservir à ses frais, et il soutint avec la même générosité les colons qu'il avait attirés auprès de lui. Mais cet homme aventureux se trouvait trop à l'étroit dans son établissement de Laguna ; il partit pour les campagnes de Rio Grande, qu'il peupla de bestiaux, et il mourut après avoir donné partout des preuves de son intrépidité et de sa constance. Accablé, à son tour, de vieillesse et d'infirmités, son second fils Sebastiâo se retira à S. Vincent, et il commençait a y goûter quelque repos, lorsque le gouvernement le nomma capitào mér du district de Laguna qui alors avait une étendue immense. Il fut chargé des commissions les plus importantes, entre autres d'ouvrir un chemin entre Laguna et Rio Grande de S. Pedro , d'empêcher les étrangers de faire le commerce avec Sainte-Catherine et de pousser ses explorations jusqu'à l'ancienne colonie portugaise du S. Sacrement alors abandonnée. Le capitào m6r Sebastiâo de Brito Peixoto avait fini par épuiser entièrement sa fortune et sa santé dans les plus dangereuses expéditions ; il mourut pauvre, délaissé par le gouvernement qu'il avait servi avec tant de générosité (1).

A cette époque, la ville de Laguna dépendait de la province de S. Paul, et pendant un grand nombre d'années ce furent les capitaes morts qui envoyaient dans l'ile de

(1) José Fel. FerDaad. Pinheiro, Annaés da provincia de S. Pedro, 2a éd., 398.

DE SAINT-PAUL ET DE SAINTE-CATHEEINE. 3ël

Sainte-Catherine les officiers qui devaient y maintenir le bon ordre (1). Pins tard, on a reconnu combien la position de Desterro était plus favorable que celle de Laguna, et celle-ci a perdu sa suprén^atie.

Lorsqu'en 1 777 les Espagnols s'emparèrent de llle de Sainte-Catherine, le capitaine Cypriano Cardozo de Barros Leme accourut avec une douzaine d'hommes pour défendre la ville de Laguna. Il la trouva presque déserte ; ses habitants avaient fui dans les bois. Il parvint à les rallier, ranima leur courage, et se prépara a une vigoureuse défense. Bientôt le sénat municipal de Laguna reçut de Zeballos, le gouverneur espagnol de Sainte-Catherine, Tordre de se rendre, avec tout le peuple, sur la plage de Villa Nova, et prêter serment de fidélité au roi d'Espagne, devant une corvette ennemie. Une partie des Espagnols avait débarqué; le brave Cardozo tomba sur eux à T improviste, leur coupa la retraite, força la corvette à lever Tancre, et depuis ce moment le pays ne fut plus inquiété (2).

Pendant longtemps, la ville de Laguna suivit le sort du reste de la province ; mais, en 1839, elle fut prise, sans la moindre résistance, par les rebelles de Rio Grande. A l'aide de quelques embarcations qu'il avait armées , leur commandant David Canayarro se mit à inquiéter les habitants de la c6te, prit plusieurs navires marchands , et menaçait déjà l'Ile de Sainte-Catherine , lorsque Frédéric Mariath, ofBcier de la marine impériale (captiao de mar e guerra)^ força la passe de Laguna, et, le 15 de novembre,

(1) Frczîef, Voyage dam ta mer du Sud, 21. — Soutbey, ttisl. of Braz., m, 859.

v2) J. F. Feruaudes Pinh., Annaes daprov. de S. P., 2« éd., i20.

s'eiÀparii de là Ville, malgré la défense afesez Vrgourease que firent les rebelles. Dans le coarânt de la même année, lesrefvenus de la clouBhe ti'attëlgnirent gaère plus du cinquième de ce qu'ils avaient été deux ans plus tôt; mais, depuis cette époque, Laguna a réparé ses pertes, elle a remplacé ses maisons, qui avaient été détruites, par d'autres mieux bâties, et a oublié ses malheurs (4).

D'après ce que me dirent les principaux haliltaiits du pays, le district de Laguna comprenait, à Tépoque de mon voyage, environ 30 lieues de côtes. Il commençait , au nord, entre Encantada et Villa Nova, et de ce côté il avait pour limite le district de Sainte-Catherine; au midi, il était séparé de la province de Rio Grande do Sûl, comme il Test encore aujourd'hui, par le Rio Mambitûha, Du côté de l'ouest, on n'avait point encore formé d'étafelissement à plus de 2 legoas de la mer, si ce n'est pourtant sur les bords de quelques rivières, ceux du Tubarao; par exemple, où l'on s'était avancé dans une étendue d'environ 10 legoas. Une dés principales causes qui empêchent les habitants du district de pénétrer davantage dans Tintérieur était la crainte des Indiens ennemis, qui quelquefois avaient fondu sur des sitios éloignés , et en avaient massacré les habitants. On ignorait à quelle nation ces Indiens appartenaient, et on les désignait sous le nom générique de Bu" grès (2).

On comptait, dans tout le district de Eaguna , environ 9,000 individus, blancs pour la plupart. Parmi eux se

(1) José Ignacio de Abrea e Lima, Synopsis, 375, — Antero José Ferreira de Brito, Falla do 1" de março 1841. — Van Lede, Colonisation, 331. — Aube, Notice, 23.

(2) Vffir plus haut.

trouvaient aussi quelques métis d'Indiennes et de Portugais ou d'Indiennes et de noirs. Les mul&tres étaient fort peu nombreux. Il n'est point étonnant, au reste, que ces derniers soient rares sur cette côte, et qii'oh en trouve dans l'intérieur, à Minas, par exemple; les aventuriers qui peuplèrent les provinces centrales n'eurent longtemps que des négresses au milieu d'eux; des femmes blanches n'eussent point voulu les suivre dans leurs périlleuses expéditions : le littoral de Sainte-Catherine, au contraire, a été, comme je l'ai dit, peuplé par des habitants des iles Açores, qui étaient accompagnés de leurs familles, et, à moins d'être blasé par le libertinage, l'homme blanc ne recherchera les négresses qu'à défaut de fenindes blanches.

Les terres du district de Laguna sont couvertes de forêts très-fertiles et rapportant principalement du manioc, du riz, des haricots, du maïs , des fèves et un peu de froment (1). La culture du chanvre réussit parfaitement sur les bords du TvibaraQ; mais, comme les produits de cette plante ne pouvaient, à l'époque de mon voyage, être vendus qu'au gouvernement, et que les agriculteurs étaient mal payés, ils n'ensemençaient que la quantité de terre rigoureusement indispensable pour ne pas perdre certains privilèges que leur procuraient leurs semis.

Le lac de Laguna (lac, lagune), sur le bord duquel est située la ville du même nom, a probablement été appelé de ce nom seul, soit parce qu'on le considérait comme le plus considérable de tous les lacs du pays, le lac par excellence,

(1) MM. Van Lede, Milliet et Lopes de Moura disent que la culture du blé a été entièrement abandonnée à Laguna depuis que les Anglo-Anjéricains apportent au Brésil des farines qu'ils donnent à très-bas prix (CO' Umisaiion, 136. — Dicc, II, 552).

38i VOYAGE DANS LES PROTINCES

soit plutôt parce que les premiers colons, n'en connaissant pas d'antres, s'accoutumèrent à dire simplement le lac. Avec très-peu de largeur, le lac de Laguna a environ S lienes de long ; il se resserre en différents endroits, et les avances de terre qui forment ces espèces de détroits portent, dans le pays, des noms différents. Ce lac reçoit plusieurs rivières, dont la plus remarquable est le Rio Tubarao, qui a une très-grande importance pour le passage de la barre à Ten* trée de laquelle il apporte ses eaux , et qui est renommé pour la fertilité de ses bords (4). Le lac de Laguna s'étend du nord au sud, à peu près parallèlement à la mer, et communique avec elle par une ouverture étroite et de peu de longueur. Non-seulement on ne saurait franchir ce canal que par un seul vent, mais les eaux de la mer y font sans

(1 ) Le Rio Tubarao oa Juberao (requin) est formé par la réuniofo du Rio dos Laranjeiras et du Passa Dous (et non Passa Dois, comme lîcritM. Léonce Aube). De Laguna jusqu'à la paroisse de Piedade située sur ses bords, c'est-à-dire dans nn espace de 10 à 12Mieues, des barques assez grandes pearent le remonter ; mais, plus près de sa source, U est embarrassé par des rapides, et finit par n'être plus qu'un torrent. II reçoit, dans son cours , les eaux d'un grand nombre de petites rivières, et souvent, à la suite de longues pluies, il déborde et inonde les terres du voisinage. A 2 lieues en amont de Piedade et un quart de lieue du Tubarao se trouve une source d eau chaude légèrement ferrugineuse. Vers la fin du siècle dernier, des conducteurs de bétail découvrirent, sur les bords de la même rivière, des terrains bouiliers que M. Parigot retrouva en 1840 ; on crut d'abord que Ton tirerait de ces terrains un trèsgrand parti, mais plus tard on a reconnu que l'exploitation en serait extrêmement coûteuse, et un homme fort instruit, M. Léonce Aube, croit leur richesse très-problématique. M. Van Lede , qui a visité les mines de charbon du Tubarao, a donné des détails intéressants sur son voyage, dans lequel il a remonté le Passa I>oos jusqu'à ses sources (Parigot, Mines de Carvao de Pedra^ 12. — Will. et Lop. de Mour., Dicc, , II, 480. — Van Lede, Colonis,, 108, 315. —Aube, Police, 20, 28.

cesse refluer des sables qui F encombrent, et lorsque le Rio Tubarâo ne jette pas dans la passe un volume d'eau assez considérable, comme cela a lieu toutes les fois qu'il se passe beaucoup de temps sans pluie, les bâtiments ne peuvent sortir. Dans aucun cas, s'ils tiraient plus de 11 à 14 palmos (2°',42 à 5^08), ils ne franchiraient pas la barre, qui, il y a deux siècles, était accessible à de grands vaisseaux. Devant son entrée, du côté du lac, on voit des ilôts bas et marécageux qui sont uniquement couverts de la Graminée n** 1667 et servent de retraite aux hérons blancs n"* 545, ainsi qu'à d'autres oiseaux aquatiques. Au milieu de ces îlots en est un plus élevé et d'une forme arrondie , où des arbrisseaux croissent parmi les rochers, et qui sert de balise aux pilotes lorsqu'ils veulent passer la barre. La marée se fait sentir jusque dans les parties les plus éloignées du lac; les eaux de celui-ci sont salées jusqu'à l'endroit appelé Carniça (boucherie] , éloigné de la passe d'environ trois quarts de lieue; mais au delà de ce point, m'a-t-on dit, elles deviennent potables.

Aussi loin que ma vue pouvait s'étendre, la partie sep^ tentrionale de la langue de terre qui sépare le lac de la mer me parut entièrement plate ; mais , à environ une demi-lieue de la passe, le terrain s'élève, et là commence la petite chaîne (1) appelée Morro da Laguna, qui, du côté de l'ouest, se termine brusquement à quelques centaines de pas de l'ouverture du lac. Cet intervalle est couvert d'un sable pur que les vents amoncellent et dispersent tour u tour. Du côté de Test, au contraire, les mornes s'étendent jusqu'à la passe; ils sont couverts de bois, et de dis-

(1) Voir plus haut.

386 VOYAGE DANS bKS PROVINCES

tance à autre on voit sur leurs flancs quelques chaumières et des terrains actuellement en culture ou qui ont été cultivés autrefois.

La ville de Laguna est située vers V extrémité orientale du lac, sur un terrain plat qui se prolonge entre ses bords et les mornes. Son port offre un bon mouillage, et a une forme semi -elliptique. La pointe qui le borne du côté du nord ne s'avance pas beaucoup dans le lâc , et est fermée par un morne peu élevé, le Morro de Nossa Senhora (morne de Notre-Dame) , dont le sommet présente une plate-forriie d'où Ton découvre une fort belle vue. La pointe opposée s'étend davantage et porte le nom de iUono de lUagalhâes.

La ville de Laguna forme un quadrilatère dont le côté le plus long est parallèle au lac. Ses rues, peu nombreuses, sont, pour la plupart, assez droites, et ont une largeur médiocre. Elles ne sont point pavées ; cependant on n'y voit jamais beaucoup de boue, parce que le terrain, composé d'un mélange de sable, de terre noire et de débris de coquilles, est extrêmement battu. Les maisons de Laguna sont bâties en pierre et couvertes en tuiles ; la plupart n'ont que le rez-de-chaussée ; cependant on en voit aussi plusieurs à un étage , et presque toutes sont assez bien entreténues. Il n'existe à Laguna qu'une église, qui est assez grande et dont les autels sont ornés avec goût. L'eau qu'on boit dans cette ville est très-bonne; elle vient de la montagne et arrive à une fontaine sans ornements par un conduit en pierre qui a environ quatre cents pas de longueur et qui s'élève un peu au-dessus du sol. A Tune des extrémités de la ville, près du Morro de Nossa Senhora, est une petite place triangulaire couverte de gazon , où a

été fhpié fe -poteau de jostiœ et sur laquelle doiioe la m^irie^ema da eammra), bàtimeot k un étage et fort petit, 4eiit le reti-^de-cbaiissée sert; de prisos, suivanl; la coutume. VeFB le iiiîlieu 4e la ville» mais xéms la partie la plus éloil^éeduiport, cnq voyait, lors de mon voyage, des terrains assez vastes , humides et en friche , où Ton n'avait point «encore bâti et où les habitants laissaient paître leur bétail. L'intérieur de Laguna est presque désert ; mais le port •i^ffre assez de mouvement. C'est là que Ton voit .non-{»eU' démenties principales boutiques, mais encore les maga^ 4Wfi de comestibles, qui sont, en général, assez bien garnis. La vue que Ton découvre du port de Laguna est infini* •ment moins agréable que celle dont on jouit lorsqu'on est è Sainte«Ci^herine ou même à S. Francisco. Les terres qui bordent :1a (partie occidentale du lac, en face de la ville, «ont extirémement plates, et de loin elles semblent se con* fondre ftvec la surface de l'eau; c'est seulement sur la gauche et vers le nord que le terrain devient un peu mon^tfieuf 9 mais on n'aperçoit aucune maison ; on ne découvre 'Wcun «point sur .lequel les regards puissent s'arrêter; le {>c^adge^ sans vie, comme il est sans variété.

La quantité considérable de denrées qui se recueillent dans les environs de Laguna rend ce petit port très-commerçant. Il exporte principalement de, la farine.de manioc d'abord, puis doà haricots, du mais, des fèves et quelques ;planches. Le poisson salé forme aussi, pour le pays, une branche de commerce très-*importante : le lac est extrêmement poissonneai, et ses bords sont habités par des hom«mes qui font.de la.pêebe leur occupation, principale; le jpoiaioQ fofine Jkpw pnàa Jcsir seule nourrUnise , et^lui

qu'ils ne mangent pas^ ils le salent» puis ils le font sécher» aGn de pouvoir le vendre. L'espèce la plus abondante est celle qu'on nomme bayre, et que M. Van Lede rapporte au genre silure; en novembre et en décembre» ces animaux entrent dans le lac» vraisemblablement pour y frayer» et Ton en prend une quantité considérable.

Un grand nombre de barques (lanchas) vont sans cesse de Laguna à Sainte -Catherine, chargées principalement de farine de manioc. En outre» il sort annuellement de ce port une vingtaine de bâtiments plus considérables qui se rendent à Rio de Janeiro» à Bahia» à Fernambouc» à Montevideo » - et dans ce nombre il j en a environ douze qui appartiennent à des marchands du pays (1820). C'est principalement à Rio de Janeiro que ces derniers achètent les difiérents articles dont ils garnissent leurs magasins. Le commerce de Laguna acquerrait certainement une trèshaute importance» s'il n'était entravé par les difBcultés que la barre du lac oppose à la navigation.

Le jour de mon arrivée» il sortit du port de Laguna plusieurs bâtiments » qui depuis quatre mois attendaient le moment favorable ; je n'ai pas besoin de faire sentir combien de pareils retards sont préjudiciables à la marche des afTaires.

Pendant que j'étais à Laguna» j'allai herboriser dans les petites montagnes du même nom ; mais je ne me souviens pas d'y avoir trouvé rien de bien remarquable. Elles étaient autrefois couvertes de forêts vierges» et il en existe encore dans quelques endroits. Ailleurs on voit des plantations de manioc» des gazons» des capoeiras d'une végétation maigre» où dominent principalement le Croton ri^ 1793,

le Staéhytapheta Jamaicensts et le n"" 1792 qtuiter. Des rochers se montrent çà et là (1 ) .

Lorsque j'étais parti de Villa Nova, un soldat chargé de porter des dépèches à Laguna avait fait route avec moi ; mais, un peu avant d'entrer dans la ville, il me quitta pour aller donner avis de mon arrivée au commandant. Celui-ci vint au devant de moi avec M. Fontura, sargento m6r du bataillon de chasseurs portugais, auquel j'étais recommandé. Comme j'avais écrit d'avance au commandant de Laguna , je trouvai dans cette ville une maison fort commode préparée pour me recevoir.

Le lendemain, aussitôt que je fus levé, j'allai voir les différentes personnes auxquelles j'étais adressé. Le gouverneur de Sainte -Catherine avait écrit au commandant pour qu'il me procurât des moyens de transport jusqu'à Porto Alegre, capitale de la province de Rio Grande, éloignée d'environ 58 legoas : celui-ci se montra fort disposé à me servir; mais , comme il était incommodé, il me renvoya au lendemain.

Un fourrier qu'il chargea de s'occuper de moi vint me voir deux jours de suite, et m'assura qu'une foule d'obstacles s'opposeraient à mon départ : je ne pourrais, dans aucun cas , me mettre en route avant une douzaine de jours; il m'en coûterait 50,000 reis (312 fr. 50 c.) pour aller à Porto Alegre, et peut-être même ne trouverais-je pas de voiture pour cette ville.

Je me promenais dans la rue, de fort mauvaise humeur, lorsque je rencontrai un homme bien mis qui me parut étranger et m'adressa la parole en français. Il me dit qu'il

(1) Voir ce que j*ai déjà dit du Morro da Laguna.

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