‹ Voyage dans les provinces de Saint-Paul et de Sainte-CatherineChapitre 13 sur 14 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

VOYAGE D ITAPITININGA AUX CAMPOS GEBAES. — LA VILLE D*ITAPÉVA. — INDIENS.

Tableau général du pays situé entre Itapitininga et les Gampos Geraes. — La campagne voisine d'Itapitininga. — Regislro Velho; costume du propriétaire de ce sitio. — Le sitio de Capivhary; pluies abondantes; ennui, tristesse.; famine. — Histoire des Campos de Guarapuâva; le missionnaire José dàs Ghàgas Lima. — Le lieu appelé Pescaria; ses habitants. — Belles campagnes ; chemins affreui. — Celui qui traverse le désert de Lages; réflexions sur Fincurie de l'administration. — Le Rio Paranapanema, — La fazenda de Paranapitanga; misère. — Le Rio Apiahy. — Sitio da Fazendinha ; une vieille femme. — Manque de vivres. — Sitio do Capào do Inferno.

Le pays que je parcourus dans un espace d'environ 28 legoas, entre Itapitininga et Tltareré, jusqu'aux limites des Campos Geraes , comprend la portion la plus occidentale du termo d' Itapitininga et tout le termo dltapéva. Comme il avoisine la chaîne maritime, et que les affluents du Parannâ y sont encore peu éloignés de leur source, j'ai à peine besoUi de dire qu'il a une élévation sensible. Partout il est ondulé et agréablement coupé de bouquets de bois et de pâturages où ne croissent que des herbes et des sous-arbrisseaux.

Le chemin que je suivis est toujours celui de S. Paul a

Curitiba etRioGrande, et, quoiqu'il portAtle nom pompeux de route royale, il était souvent affreux , tracé presque uniquement, en certains endroits, par les pieds des mulets, qui étaient obligés de se glisser entre les arbres.

Je continuais à m'éloigner peu à peu du tropique , me dirigeant vers le sud-ouest ; mais , si les campagnes sont moins propres à la culture des plantes coloniales , tant à cause de leur position géographique qu'à cause de leur élévation , elles sont loin pourtant d'être stériles , et les vastes pAturages qui les couvrent peuvent nourrir d'immenses troupeaux.

Il existe, dans ce pays, quelques habitations fort importantes ou l'on fait des élèves de chevaux et de bètes à cornes ; mais , tandis qu'à Minas les grands propriétaires habitent généralement leurs fazendas , ceux de ce pays abandonnent les leurs à des gérants ou môme à des esclaves, ils vivent à S. Paul et négligent entièrement leurs chétifs bâtiments , qu'ils ne veulent pas occuper.

De tous les côtés on voit des maisonnettes éparses dans la campagne, mais elles sont encore plus misérables que celles qui se trouvent entre Hytû et Itapitininga. Les habitants de ces tristes demeures paraissent , pour la plupart , devoir leur origine à un mélange des races indienne, africaine et caucasique, et, si quelques-uns semblent appartenir plus particulièrement à cette dernière, chez d'autres , au contraire , ce sont les traits de la race américaine ou de la race africaine qui prédominent. Ces hommes, généralement niais, stupides et sales, sont peut-être encore moins civilisés que les habitants des campagnes situées entre Sorocâba et Itapitininga : ils n'ont point d'esclaves et cultivent la terre de leurs propres mains; mais il parait que

leur paresse ne leur permet guère de planter qu'autant qu'il est nécessaire pour ne pas mourir de faim. Les métis sont, en général, supérieurs à une des races auxquelles ils doivent leur origine (1), aussi les campagnards dont il s'agit Temportent-ils sur les Indiens; mais ils sont infiniment au-dessous des mulâtres , ils sont même au-dessous des habitants, si peu intelligents et si apathiques, de la partie la plus occidentale de Minas Geraes ; car ceux-ci doivent leur stupidité à leur isolement et à leur ignorance, tandis que les premiers doivent la leur au sang mélangé qui coule dans leurs veines. Il n'y a, dans ce pays, de véritables blancs que quelques individus qui sont venus s'y établir à une époque récente; ces derniers refusent de reconnaître les anciens colons pour leurs égaux, et de là des haines et des divisions incessantes. Depuis 1820, de nouvelles immigrations ont certainement eu lieu, d'autres auront lieu encore ; de nouveaux mélanges retremperont la population, et l'instruction que le gouvernement provincial tâche de répandre achèvera de la tirer de l'état de demi-barbarie où elle était plongée.

Mon itinéraire confirmera la vérité du tableau que je viens de tracer (2).

(1) Voir mon Voyage aux sources du Rio de S. Francisco et dans la province de Goyaz^ II, 271.

(2) Itinéraire approximatif d'Itapitininga au Tareré :

Legoas.

D*Itapitininga an Registro Velho, sitio. ..11/2

Du R. V. à Capivhary, sitio 3

De G. à Pescaria, sitio. 2

De P. à Paranapitanga , fazenda 2 1/2

De P. à Fazendiuha, sitio 3 1/2

A reporter. . . 12 1/2 legoas.

En sortant d'Itapitininga , je passai sur un pont en bois le torrent du tnètne nom ( Ribeirao d'Itapitininga ) , et j'entrai dans un campo découvert , aussi égal que nos plaines de Beauce. Mais cette égalité du sol était réellement une exception ; le terrain ne tarda pas à présenter quelques ondulations , offrant toujours des pâturages parsemés de quelques bouquets de bois. L'aspect de la campagne était charmant; Therbe^ qui, sans doute, avait été br&lée au mois de septembre, formait une pelouse d'un vert tendre contrastant avec les teintes foncées des bois.

A environ 4 lieue d'Itapitininga, on trouve la petite rivière du même nom qu'il ne faut pas confondre avec le Ribeirao dont j'ai parlé plus haut ; on la passe sur un pont en bois où l'on paye un péage, dont m'exempta, comme à rordiuaire, mon passe-port privilégié (portaria).

Après avoir fait 1 lieue et demie, je m'arrêtai à un sitio petit, mais assez joli, qui appartenait à un capitaine de milice. Ce sitio portait le nom de Registre Velho (l'ancienne douane) ^ parce qu'autrefois on y avait établi une garde pour empêcher la contrebande de l'or que l'on tirait des rivières Paràpanema et Apiahy. D'abord je ne fus admis que sous la galerie qui se prolongeait devant la maison ( varanda ) ( 1 ) ; la porte de cette dernière restait même

Report. . . 12 1/2 legoas.

De FazeDdinha à Gapâo do Inferno, sitio. . 2 1/2

De G. do Inf. à Itapéva, vUle 2 1/2

D'It. à Fazendinha, fazenda. . * 1 1/2

De F. à Perituva, fazenda. ...... 3 1/2

De P. à Tareré , hameau 5

27 1/2 legoas.

(1) Voir mon Voyage clans les provinces de Rio de Janeiro et de Minas GeraeSy I, 210.

exactement fermée, et, toutes les fois que le mattre voulait pénétrer chez lui, il faisait un long détour, en passant par son jardin. Cependant, comme vers le soir il tomba de la pluie, on me permit d'entrer dans la sala (1), d'y faire mettre mes effets et d'y coucher*

Il ne faut pas s'étonner que le capitào môr du district eût les coudes percées, car le capitaine de Registro Yelhô ne portait qu'un caleçon de toile de coton et une chemise de même étoffe. L' extrême simplicité de ce costume suffirait pour montrer combien ce pays est pauvre, car ce sont toujours les gens les plus notables et les plus aisés que l'on choisit pour ofiBciers de milice. Que devaient être ici les simples gardes nationaux ?

Les chaumières que l'on voyait éparses dans la campa^ gne l'indiquaient assez, elles étaient d'une petitesse extrême, et n'annonçaient qu'une triste indigence.

Au delà du Registro Yelho , dans uii espace de 3 legoas jusqu'à Capivarhy (2) où je fis halte, je traversai encore un pays ondulé , coupé de bouquets de bois et de campos découverts. Les bouquets de bois se voient le plus ordinairement sur le penchant des collines et dans les fonds , mais quelquefois aussi sur les hauteurs , exception qui

(1) On donne le nom de sala à la pièce où Ton reçoit les étrangers (voir mon Voyage dans les provinces de Rio de Janeiro, etc., l, 210).

(2) Il ne faut pas confondre ce lieu avec la petite ville de Capivharyt qui fait aussi partie de la province de S. Paul et est voisine de Sorocéba. Comme j'ai eu occasion de le dire ailleurs (Voyage à Goyaz, II, 189), le nom de Capivhary, qui signifie la rivière des cabiais, se retrouve au Brésil dans une foule d'endroits différents, et prouve combien les ca^ biais étaient jadis communs dans cette contrée.

tienty sans doute, à certaines nuances de terrain ou à quelque transport fortuit de semences.

La maisonnette de Capivarhy où je fis halte , comme je viens de le dire, était située tout auprès d'un ruisseau. Le propriétaire, simple paysan, me permit de m'établir dans sa salaj qui, suivant la coutume, était extrêmement petite, et les bAts des mulets ainsi que le menu bagage furent placés sous le ranchoj dépendant du sitio. Je ne dois pas oublier de dire, en effet, que dans presque tous les lieux où j'avais fait halte depuis que je m'étais remis en voyage, et qui sont aussi ceux où s'arrêtent ordinairement les caravanes, il y avait un rancho soutenu par des poteaux ; mais ces tristes abris étaient tous à demi découverts et en aussi mauvais état que ceux de la route de Goyaz.

Pendant la première nuit que je passai à Capivarhy, la pluie tomba par torrents ; elle continua à peu près de la même manière pendant plusieurs jours , et ce ne fut que le cinquième, à partir de celui de mon arrivée, que je pus me remettre en route. Il était difficile d'être plus mal placé que je n'étais pour supporter ce déluge. Dès la première nuit, le rancho avait été inondé, l'eau tombait de tous les côtés dans la chambre petite et obscure où mes effets étaient entassés, et j'avais beaucoup de peine à les garantir. Privé de mes moyens ordinaires de travail , ne pouvant sortir, n'ayant personne autour de moi avec qui je pusse m'entretenir quelques moments, je périssais d'oisiveté, de tristesse et d'ennui. Les pensées les plus sombres venaient m'obséder; l'idée de mes parents était sans cesse présente à mon esprit ; je craignais de n'avoir plas le bonheur de les revoir, je m'affligeais et ne trouvais de

consolation auprès de personne : jamais je n'avais mieux senti que j'étais sur une terre étrangère.

Au lieu de me procurer quelques distractions y les gens qui m'acx^ompagnaient ajoutaient encore à mes ennuis. Le bon Laruotte, à la vérité, était toujours le même, il s'occupait sans cesse et montrait le même désir de se rendre agréable ; mais José Marianno était d'une humeur afiFreuse et ne faisait plus rien ; Manoel ne cessait de demander et de se plaindre; le Botocudo Firmiano, si gai autrefois, copiait exactement José Marianno» et devenait aussi maussade que lui.

Au milieu de tous les désagréments que j'éprouvais, une triste pensée venait encore me préoccuper. Mes provisions s'épuisaient , et je ne savais où il me serait possible de les renouveler. La disette se faisait sentir dans tout le pajs d'une manière affreuse. Les cultivateurs n'avaient plus de farine ; ils cueillaient du maïs avant la maturité et le faisaient griller ; c'était , avec du lait , leur unique nourriture.

Je n'étais pas le seul voyageur qui fiit retenu à Capivarhy par le mauvais temps. Un homme assez intéressant y avait aussi trouvé un asile; c'était le colonel Diogo PiNTO DE AzEYEDO PORTUGAL, qui avait contribué tout récemment à ouvrir un nouveau chemin allant au Sud par les campos de Guarapuâva. Il aurait pu me donner des renseignements sur ce pays, sur les Indiens qui l'habitaient et sur leur curé , Tabbé Francisco das Chagas Lima, dont on ne prononçait le nom qu'avec vénération, mais nous nous vîmes peu. Le colonel avait avec lui tous les siens, qu'on avait logés dans l'intérieur de la maison;

il ne les quittait pas, et, conrormément mx vieilles mœurs du pays, il aurait, sans doute, jugé peu convenable d'introduire un étranger dans sa famille. Je crus cependant devoir lui faire une visite ; nous parlâmes du voyage que je me proposais de faire dans le Sud , et il m'épouvanta en me disant qu'il croyait impossible que je m'embarquasse pour l'Europe avant 1832. Jamais je n'avais eu un si grand désir de quitter le Brésil ; je ne me croyais pas destiné à être plus heureux en France , je redoutais même la vie sédentaire que je devais y mener , mais ma présence, me disais-je, consolera ma mère de la perte que nous avons faite. Je me serais accoutumé à l'idée de ne plus revoir ma mère ; je ne pouvais supporter celle de ne pas lui donner la joie de me revoir encore.

Le colonel me fit demander un jour si je voulais boire du maté. J'acceptai son offre, m'imaginant que nous nous réunirions, conune lorsqu'on prend le thé en Allemagne ou en France. Il n'en fut pas ainsi; il m'envoya son fils, enfant de dix ou douze ans, qui portait deux serviettes bien blanches et bien pliées : sur Fune étaient de petits morceaux de fromage, sur l'autre étaient la gourde qui contenait la liqueur et le chalumeau de métal (bombilha) destiné à l'aspirer. Novice encore, je ne retirai pas à temps le chalumeau de ma bouche, et je me brûlai de manière à me souvenir d'être une autre fois plus lent et plus prudent.

Les campos de Guarapuéva, que le colonel Diogo avait en partie colonisés, faisaient alors le sujet de toutes les conversations. J'aurais été bien aise de les visiter, les difficultés jlu voyage m'effrayèrent; mais, pour rendre ma

relation moins incomplète, j'emprunterai à des autorités graves quelques détails sur cette partie de la province de S. Paul (i).

Les campos de Guarapuâva (2) sont situés vers la frontière occidentale de cette province, à peu près sous la même latitude que la partie la plus septentrionale du district de Curitiba, à 50 ou 40 lieues de cette ville et de celle de Castro, dont je parlerai bientôt; ils peuvent avoir une vingtaine de lieues de longueur sur 12 à 14 de large, et sont presque entièrement environnés de hautes montagnes et de sombres forêts. Le voyageur, attristé par ces dernières, qu'il n'a pu traverser qu'avec de grandes difficultés, éprouve une véritable joie lorsque tout à coup il aperçoit de belles campagnes découvertes et simplement ondulées, qu'arrosent un grand nombre de ruisseaux et de rivières. Les campos de Guarapuâva , élevés, suivant Sellow, de 450 braças (990 mètres) (5) au-dessus du ni-

(1) Francisco das Chagas Lima, Memoria sobre o dçscobrimenio e colonia de Gtuirapudva, in I^evist. trim», lY, 43. — José Joaquim Machado de Qliveira, Nolicia sobre as aldeas, etc, in Revist. trim., 2a ser., I, 339.

(2) Francisco das Chagas Lima pjsnse que Gwirapudva vent dire oi-' seau qui vole rapidemeiU (Repist. trim,, U ser., 43) ; mais i][ montre suffisamment, dans son mémoire, si précieux d'aiUeurs , qu'il n'ayait aucune connaissance du guarani. Je serais plutôt tenté de croire que ce nom vient de guara, espèce d'oiseau, et puahava, qui parait vouloir dire coup, coup donné ou reçu par le guara (Ruiz d^ Montoya, Tes* guar., 322 bis), M. Francisco dos Prazeres Maranhâo dit, dans son intéressant écrit (Revist. trim., 2> ser., 73), que Guarapuâva signifie un guara en pied; je ne vois rien, je Tavoue , qui justifie cette étymologle. L'Espagnol-Américain que j'ai déjà cité plusieurs fois faisait dériver Guarapuâva de ^harapuava, rivière arrondie.

(3) C'est l'abbé Chagas qui, dans son mémoire, cit^ SeUow. Ce dernier avait, par conséquent, passé par les Campos de Guarapuâva , et on doit

iU VOYAGE DANS LES PROVINCES

veau de la mer» et éloignés d'environ 2 degrés du tropique du Capricorne, sont favorables à la culture des produits de l'Europe, à celle de nos arbres fruitiers, et bien davantage encore à l'éducation des bètes à cornes, des chevaux et des bétes à laine.

Un homme de génie , le marquis de Pombal , qui , sans cesse, avait les yeux fixés sur le Brésil , crut qu'il serait utile à ce pays que des établissements formés dans les parties les plus éloignées de la province de S. Paul facilitassent les communications de cette province avec le Paraguay, et pussent empêcher les empiétements des Espagnols. Par les ordres de ce ministre, trois bandes paulistes furent successivement envoyées dans les contrées désertes situées entre Ylgtiassû et le Paranné. Les deux premières de ces expéditions n'eurent aucun résultat utile ; mais, en septembre 1770, Candido Xavier de Alheida £ Souza, qui commandait la troisième , arriva aux campos de Guarapuàva, et en prit possession au nom du roi de Portugal.

Pendant longtemps on oublia cette découverte; mais, à l'arrivée du roi Jean VI, le ministre d'État D. Rodrigo, comte de Linhares, qui avait quelques grandes idées, reprit les pians du marquis de Pombal. Une troupe de deux cents hommes partit sous le commandement du lieutenant-colonel DioGo PiNTO DE Azevedo PORTUGAL, et arriva, au bout de près d'un an, le 17 juin 1810, dans les campos deGuarapuàva, où une messe fut célébrée, sous une tente, parle paissionnaire séculier Francisco das Chagas Lima.

On mit dix jours à reconnaître le pays à 10 lieues à la

vivement regretter que ses observations sur ce pays n'aient pas été po bliées*

ronde, et, n'ayant point rencontré d'habitants, on jeta les fondements d'un hameau qu'on nomme Atalaia (1). Quelques maisons étaient à peine construites, quand on entendit, dans la campagne, des cris poussés avec toute la force à laquelle peut atteindre la voix humaine ; c'était une troupe de trente ou quarante Indiens. Ils firent entendre, par des signes , aux soldats paulistes qui étaient allés audevant d'eux, qu'ils ne voulaient que la paix, et arrivèrent au village sans faire aucun mal. On leur donna de la toile de coton, des outils, de la quincaillerie, et ils se retirèrent joyeusement. De temps en temps ils revenaient au village, puis ils s'en allaient. À la vérité, des querelles s'élevaient de temps en temps entre eux et les Paulistes ; cependant ils parurent, au bout de deux ans, s'être un peu accoutumés aux mœurs et aux usages de ces derniers, et quelquesuns même se fixèrent dans le village : ce fut alors (1812) que l'abbé Chagas commença à s'occuper sérieusement de leur instruction.

Les Indiens qui, à l'arrivée des Paulistes, s'étaient présentés parmi eux appartenaient à deux tribus difTérentes^ les Cames et les Votorom. Les premiers étaient doux et dociles, les seconds altiers et féroces; et cependant ils vivaient entre eux dans la meilleure intelligence , réunis probablement par la haine implacable qu'ils portaient également à une troisième horde, celle des Dorins.

Les guerres acharnées que se faisaient ces malheureux retardèrent singulièrement les progrès de la colonie nouvelle ;, sa mauvaise organisation lui fut peut-être plus nui-

(1) Alalaiaf mot portugais, signifie un bâtiment élevé d'où Ton découvre une grande étendue de pays.

sible encore. Il était de toute justice que FÉtat fit les frais de rétablissement de Guarapuàva , et qu'on en confiât la garde à des soldats de la ligne : il n'en fut pas ainsi; ce furent les gardes nationaux des trois villes du termo de Curitiba que l'on condamna, comme les moins éloignés, à faire ce service pénible. L'espérance de trouver des trésors dans les montagnes voisines de Guarapuàva et de profiter de la fertilité de la plaine soutint d'abord leur courage; ils finirent par se dégoûter, et on les remplaça par des hommes d'une milice inférieure, composée de ce que la société avait de moins honorable [ordenanças] . Ceux-ci devaient être remplacés de trois mois en trois mois, mais tous désertaient successivement ; ils s'enfuyaient à Rio Grande, et le termo de Curitiba se dépeuplait, sans aucun profit pour la colonie nouvelle. Ce termo eut bien plus encore à souffrir lorsque le colonel Diogo eut l'idée de faire le chemin qui devait conduire à Guarapuàva, et ensuite à la province des Missions. Pour ne pas être forcés d'aller travailler à ce chemin, d'ailleurs fort utile, une foule d'hommes abandonnant leurs familles allèrent se cacher dans les parties les plus reculées de la province de Rio Grande, où ils vivaient dans le libertinage avec des Indiennes, et, comme on le verra par la suite, il y avait, au temps de mon voyage, certains cantons dans lesquels on ne voyait plus que des femmes maudissant à l'envi le nom du colonel.

Jusqu'en 1818 l'état des campos de Guarapuàva s'était peu amélioré; on voulut au moins rendre plus régulières les relations civiles et ecclésiastiques de cette colonie : elle fut érigée en paroisse sous le nom de Nossa Senhora de Belem^ et par un acte du 4 septembre 1818 on eut la générosité de faire aux Indiens, véritables maîtres du pays,

une concession de terrains [sestnaria) de 4 legoasy auxquels certains propriétaires joignirent, par charité, quelques coins de terre. Lors de sa création , la paroisse de Belem avait été annexée au district de Castro ; mais , comme elle est séparée de cette ville par de vastes forêts sans habitants et qu'elle forme comme une oasis au milieu d'un désert, il est très-difScile d'y maintenir Tordre et la police. En 1839 une bande de vagabonds et de scélérats se jeta sur le pays, et y causa les plus grands maux ; ces hommes reparurent en 1842 et en 1843; on conçut de nouvelles craintes, et les présidents de la province furent obligés de conjurer l'assemblée législative de protéger, par des forces suffisantes, une colonie très-faible encore , mais qui possède tout ce qu'il faut pour devenir importante (1).

Ce fut, comme je l'ai dit, en 1812 que l'abbé Chagas commença à instruire les Indiens qui s'étaient fixés dans le village d'Atalaia ; mais il rencontra les plus grands obstacles dans l'ignorance où il était d^ leur langue (2), leur caractère inconstant, la difficulté de leur faire comprendre les vérités élevées du christianisme, leur passion pour la ven-

(1) Voyez les rapports des présidents de la province de S. Paul pour les années 1840, 1843, 1844.

(2) L^abbé Ctiagas dit que les Indiens de Guarapuâya parlent le guarani; mais la plus légère habitude de cette langue suffît pour prouver que cette assertion est entièrement erronée. Je ne me suis pas, au reste, contenté d'une sijnple apparence ; j'ai cherché, dans Texcellent dictionnaire guarani du P. Ruiz da Montoya, tous les mots cités par Chagas, et je n'en ai trouvé que trois qui fussent guaranis, be, co et ta, mais les deux premiers ont, dans cette langue , un sens tout à fait différent de celui qu'ils ont pour les Indiens de Guarapuâva, et c'est tout au plus si la signification du troisième offre, dans les deux idiomes, une légère analogie. Il y a plus, celui de Guarapuàva admet la lettre /", ex. feye, fleur, et eUe est complètement étrangère au guarani.

geance et leurs goûts pour les débauches les plus abrutissautes. Chagas était plein de zèle et de charité ; il se rapprochaity autant que le permettaient les circonstances, de la méthode des anciens missionnaires, et fut secondé, pendant quelque temps, par un Indien nommé Antonio José Pahy, remarquable par ses vertus et par F ardeur avec laquelle il concourait à la conversion de ses frères. Pahy vint à mourir et fut regretté d'autant plus vivement par Chagas qu'il ne pouvait être remplacé. Les efforts répétés du digne missionnaire furent couronnés de quelques succès ; mais il en aurait obtenu de bien plus beaux, s'il eût été seul au milieu des Indiens. Les soldats paulistes, hommes vicieux pour la plupart, se mêlaient parmi ces derniers, et rendaient inutiles par leurs discours, et surtout par leurs exemples, les sages enseignements de Chagas. Ce n'est pas tout encore : on avait permis dans le village l'établissement des tavernes; les Indiens y prenaient le goût si dangereux de l'eau-devie de sucre» et, confondus avec des blancs corrompus ou des esclaves plus corrompus encore, ils se fortifiaient dans leur passion pour toute sorte de débauches, a Au bout de (c huit ans, dit Chagas, on voulut remédier au mal en sé- « parant les habitations des Indiens de celles des blancs , a mais il était trop tard; la malice, comme dit Job, avait c( pénétré jusque dans la moelle de leurs os. Ceci doit serc( vir de leçon à ceux qui viendront après nous; qu'ils ce sachent que les Indiens ne perdront jamais leurs habi- « tudes, si l'on n'a soin de les tenir éloignés de la conta- (( gion des mauvais exemples. » Quand même ce qui s'est passé dans tout le Brésil depuis quatre-vingts ans et les faits dont j'ai été si souvent le triste témoin ne justifieraient pas le système de séquestration adopté pour les Indiens par les

DE SAINT-PAUL ET DE SAINTE-CATHERINE. iTà

anciens missionnaires^ le passage de Chagas, cité pins haut, et tout son récit prouveraient assez que ce système, si souvent attaqué, pourrait seul préserver les indigènes de la misère et de la destruction. Lorsque les Indiens vinrent se fixer, en 1812, dans Faldée d'Atalaia, ils étaient au nombre de 5S6 ; plus tard 36 se joignirent aux premiers , et dans un espace de quatorze ans eurent lieu 1 Si naissances ; en 1827 il n'y avait déjà plus à Atalaia que 171 Indiens. Alors Chagas était âgé de soixante-neuf ans ; il y en avait dix-sept qu'il était à Guarapu&va, et il sentait le besoin de se reposer. Il n'aura pas tardé à aller recevoir la récompense de ses travaux apostoliques , et les Indiens de Guarapu&va sont restés sans protecteur. Voici comment s'exprimait le président Manoel da Fonseca Lima e Silva dans son discours du 7 janvier 1847 à l'assemblée législative de la province de S. Paul (1) : « Chaque année, l'aidée de Guarapu&va « tombe en décadence. A la fin de 1845, il n'y avait plus^ « dans cette colonie, que 60 Indiens des deux sexes vivant a dispersés et sans aucune règle. Le terrain qui originaire- <& ment leur avait été concédé dans le voisinage de Belem <c et dont les limites avaient été exactement marquées a été a envahi par des intrus, et à l'aide de ventes fraudu- « leuses il a passé , divisé en petites portions , entre les « mains de nouveaux usurpateurs. Je suis en mesure de « vous dire que l'administration générale des Indiens prenne dra, en temps opportun, des mesures capables de reméc( dier à tant de maux. )> On a, je n'en doute point, les intentions les meilleures ; mais que peut-on faire pour les Indiens quand ils n'existent plus, ou, si l'on veut, quand il

(1) Ditcurto recitadOf etc., p. 12.

n'en existe qu'une poignée, dépouillés de tout, dégradés par les vexations, par la misère, et par le contact des soldats, des cabaretiers, des esclaves et des femmes publiques de la dernière classe? Les anciens missionnaires appartenaient à des corporations ; le bien qu'ils faisaient était continué par leurs successeurs. Chagas a lutté contre les plus grands obstacles ; il a fait tout le bien qu'il pouvait faire , mais il était isolé. Sa mort a entraîné l'anéantissement de l'aidée dont il était le fondateur, et qui n'a pas duré un demi-siècle (i).

J'ai pensé que les détails dans lesquels je viens d'entrer, devant contribuer à faire connaître la province de S. Paul, ne seraient pas considérés comme étrangers à mon sujet ; je vais à présent continuer, la relation de mon voyage.

Le 2 de janvier, le vent changea, et tourna à l'est; le pro^ priétaire de Capivarhy me dit qu'il ne pleuvait jamais par ce vent, et, quoique le ciel fût encore fort couvert, je me mis en route. Mon hôte ne m'avait pas trompé ; les nuages se dissipèrent bientôt, et la journée fut très-belle. Depuis qu'il était tombé de la pluie, les bois et les campos étaient devenus plus verts et plus riants ; la vue de la campagne dissipa peu à peu les sombres idées qui m'avaient obsédé

(1) Je n'ai pas attendu si tard ponr payer nn jaste hommage aux yertus de Tabbé Chagas. J'avais beaucoup entendu parler de lui dans mon Toyage à Curitiba , et à peine étais-je de retour en France , que je m'exprimai comme il suit : « Je ne saurais m'empécher de citer deux « hommes dont le zèle bienfaisant n'a point été sans utilité pour les In- « diens, Fabbé Chagas, chargé de la civilisation de ceux de Guarapuâya, « et un Français» M. Marlière, fondateur de Manoelburgo, où il a réuni « plusieurs milliers de Puris {Aperçu cPun Voyage dans rintérieur « du Brésil, 37, ou dans les Mémoires du muséum, vol. IX). »

trop Iragtemps; je jouis avec délice des charmes de la soirée.

La route que je suivais est très-fréquentée ; ce jour-là, comme les précédents, je rencontrai plusieurs personnes à cheval et des troupes considérables de mulets indomptés [bestas brabas).

De temps en temps j'apercevais des maisons; mais elles étaient toujours fort petites et dans le plus mauvais état.

Ce fut à une maisonnette de ce genre que je fis halte. Elle était peu éloignée du Rio da Pescaria, ruisseau qui traverse la route, et elle portait le même nom que lui (Pescaria^ pèche).

Sur le soir je me promenai dans les alentours , et je vis . encore plusieurs chaumières éparses au milieu de la campagne. Toutes étaient à demi découvertes, presque à jour, et Ton n'y voyait absolument d'autres meubles que quelques bancelles et des giraos. Ceux qui habitaient ces pau^ vres demeures, probablement issus des races éthiopienne, américaine et caucasique mêlées entre elles, étaient, hommes et femmes, extrêmement laids et d'une saleté excessive ; leur teint livide et leur maigreur montraient assez qu'ils ne prenaient qu'une nourriture peu substantielle ou insuffisante^ et plusieurs d'entre eux étaient défigurés par un énorme goitre. Les femmes avaient des cheveux en désordre , le visage et la poitrine couverts de crasse ; les enfants paraissaient malsains , tristes et languissants ; les hommes étaient niais et stupides. II parait que ces malheureux avaient trop de paresse pour planter plus qu'il n'était strictement nécessaire pour satisfaire leurs besoins , et la sécheresse de l'année précédente avait mis le comble à leur

misère. Presque partout on me demandait 1* aumône : depuis que j'étais au Brésil , je n'avais vu nulle part une pareille pauvreté.

Le lendemain du jour où j'avais couché à Pescaria, je passai d'abord le ruisseau du même nom ; je traversai un campo découvert, et bientôt j'entrai dans un bois vierge d'une végétation très-belle. Le terrain y est fort égal; mais le chemin , véritablement affreux , était partout embarrassé par des racines et des branchages ; les mulets , gênés dans leur marche, serpentaient entre les arbres, et ib enfonçaient dans une boue tenace. Ici , comme dans le chemin d'Ubâ à Forquilha, le pas égal des bestiaux avait formé (1) une alternative de fosses et de proéminences trèspénibles pour les animaux chargés, qui glissaient sur les proéminences et ne se tiraient des fosses qu'avec efforts (2). J'avais déjà passé par des chemins à peu près semblables la veille, entre Capivarhy et Pescaria, et, quelques jours auparavant , entre Registre Yelho et Capivarhy. Ces chemins me donnaient quelque idée de celui du Sertào du sud, autrement dit de Loges ou de Viamâo (3), par lequel les caravanes étaient obligées de passer au delà de Curitiba , et dont tous ceux que je rencontrais me faisaient le tableau le plus affreux. Avant de vous engager dans cette route, il

(1) Voyez mon Voyage aux sources du Rio de S\ Francisco et dans la province de Goyaz^ I, 29.

(2) Cette même alternative se yoit sur les bas côtés non pavés da chemin d'Orléans à Paris, où il passe beaucoup de bètes à cornes.

(3) Seriào de LageSy parce qu'il commence près de la ville du même nom ; Sertào de ViamàOy parce qu'il conduit à la ville de Viamâo, où les Mineiros allaient autrefois chercher des mulets, la seule qu'ils connussent dans la province de Rio Grande do Snl.

DE SAimr-PAUL ET DE SAINTE-CATHERINE. 433

faudra » me disait-on , vous munir de provisions pour une étendue de 60 lieues , depuis Lapa jusqu'à Lages. Dans ce long voyage , vous ne trouverez aucune habitation ; vous aare2 des marais à franchir et plusieurs rivières à traverser. Le chemin est horrible^ et souvent si étroit, que des mulets chargés de malles ne peuvent y passer. Les pâturages manquent pres(|ue entièrement. Enfin vous serez exposé à essuyer , au milieu de ces déserts , des tempêtes qui font souvent périr un grand nombre de mulets. Il était impossible que ces effrayants récits ne m'inspirassent pas quelques réflexions sur T incurie de l'administration d'alors. N'est-il pas inconcevable, medisais-je, qu'elle n'ait encore rien fait pour rendre plus praticable une route si nécessaire ? Comment ne coupe-t-on pas les arbres qui arrêtent les bètes de somme ? comment n'établit-on pas , de distance en distance, des postes militaires autour desquels on forcerait des condamnés à cultiver la terre? Pourquoi nepas construire des ranchos avec des vendd&y où l'on placerait des hommes auxquels on accorderait quelques privilèges ? Quand l'administration , me disais-je encore , ne s'occuperait point, par justice, d'une route qui lui rapporte tant d'argent, elle devrait au moins le faire par intérêt; car il périt, tous les ans, dans le Sertâo un grand nombre de mulets sur lesquels le fisc ne peut toucher que les droits de Santa Victoria.

Au sortir du bois où le chemin était si mauvais, je trouvai la rivière de Paranapanemay que je passai sur un pont de bois peu large, mais garni de garde-fous et en bon état, ce qui au Brésil était alors une rareté. Cette rivière, l'une des plus considérables de la province de S. Paul, tire son nom des deux mots indiensparannd, mer, etpanemo, sans

valeur (1); elle prend sa source dans la chaîne maritime. Son cours est fort long» mais peu connu; de nombreux affluents lui apportent leurs eaux, et elle finit par se réunir au Parannâ, le fleuve gigantesque. S'il est jamais possible de faire disparaître les rochers qui, dit-on (2), embarrassent son lit) elle offrira les moyens de communication les plus utiles aux habitants des districts d'Itapéva, Castro, Itapitininga, et aux colons qui s'établiront sur ses bords.

Bientôt après avoir traversé cette rivière importante, pour le passage de laquelle on exige un péage, j'entrai dans un campo découvert, et de loin j'aperçus la fazenda de Paranapitanga^ située sur uo coteau au delà d'une lisière de bois ; celle-ci borde le Rio de Paranapitanga, qui a donné son nom à l'habitation, et qui, après avoir séparé le district d'Itapitininga de celui d'Itapéva (5) , se jette dans le Paranapanema. Le nom de Paranapitanga se compose des deux mots de la lingoa gérai parannâf mer, eipitanga^ enfant (enfant de la mer ).

Les dernières pluies avaient fait déborder la rivière , et elle s'étendait beaucoup au delà du pont eu bois sur lequel on la passe. Croyant qu'elle couvrait un terrain plat, j'allais continuer à la traverser dans la direction du pont; mais mon muletier» qui me vit de loin, me cria de me jeter sur le côté, et je sus, plus tard, que l'eau avait une grande profondeur à l'endroit où je voulais la traverser.

(1) Francisco dos Prazeres Maraohâo, Collect. etym. Brax.f in RevUt trim,f 1, 2* set., 77.

(2) Caz., Corog. Braz., I, 209.

(3) On a aussi indiqué le Paranapanema comme limite des deux districts. La diflTérence serait, ponr ainsi dire, nnlle, tant les deux rivières sont rappirochées.

La fazenda de ParanapitaDga était la première que je visse sur les bords de cette route. Tandis qu'à GuarapuAva on n'avait donné à 500 Indiens que 4 lieues de terrain qui bientôt leur avaient été volées, la seule fazenda de Paranapitanga ne comprenait pas moins de 6 lieues de long sur une largeur proportionnée. Le bâtiment du maître était bAti en pisé et élevé d'un étage au-dessus du rez-de-chaussée; mais , depuis un certain temps, on en avait pris peu de soin, parce que le domaine tout entier dépendait d'une succession indivise.

Les terres de Paranapitanga et celles qui s'étendent du côté d'Itapéva^ quoique fort bonnes, présentent un grand inconvénient, c'est qu'en suivant le système défectueux d'agriculture adopté par les Brésiliens on est obligé de les abandonner très-promptement. Au bout de deux ans , les capjoeiras sont déjà assez hautes pour être coupées (1) , mais on ne peut planter plus de six fois dans la même terre ; les grandes fougères [Pteris caudata) se montrent bientôt, et, si au milieu d'elles il croit encore quelques arbrisseaux, ils restent fort écartés les uns des autres. Quant aux pâturages^ ils sont excellents ; aussi élève-t-on, dans tout ce canton, beaucoup de bétail. La fazenda de Pars^napitanga avait été fort négligée, les distributions de sel , si nécessaires aux bestiaux , y avaient été interrompues pendant longtemps , et cependant on y comptait encore environ deux mille bétes à cornes.

J'appris à Paranapitanga que de cette habitation dépendaient les misérables chaumières répandues dans les cam-

(1) Voir mon Mémoire sur le système d^agrictUlure adopté par les Brésiliens, et mon Voy€me dans les pnnHnees de Hiode Janeiro et de Minas Geraes, l, 194.

438 TOYAGB DàJUS LES PEOTINGES

chemin était assez difficile. C'est de ce bois que la chaumière elle-même avait emprunté son nom, Sitio do Capao do Infemo.

De cet endroit j'allai faire halte à la ville d'Itapéva, qui en est éloignée de 2 legoas et demie.

DE SAINT-PAUL ET DE SAINTE-GATHEIRmE. 439

Page 1