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On ne se sert du lanxtaœ qu'aux funérailles

secours religieux. Le corps des prêtres et les personnes de haute caste ont seuls les honneurs de la crémation; les autres sont enterrés dans les jardins de leur demeure, ou en quelque endroit choisi parles parents. Qu'on brûle ou qu'on ensevelisse les corps, la face est placée contre terre et la tête tournée vers l'ouest, car les Cinghalais ont coutume de dormir la tête vers l'est, de manière à regarder le continent indien d'où est venu le Bouddha , et il ne sied pas de donner aux morts la position que prennent les vivants. Gomme, dans leurs idées, un cadavre souille les habitations, autant que possible ils transportent le moribond sous un autre toit que celui où ils demeurent. Après le décès d'un individu, ses parents, les cheveux au vent, pleurent en se frappant la poitrine et se livrent à de longues lamentations.

Le corps du grand prêtre couvert de sa robe jaune fut transporté au bûcher funéraire sur un palanquin

mains, récita une prière ; le drap fut ensuite enlevé et on accumula sur le corps plusieurs couches de bois. Des étoffes et des pièces de monnaie furent distribuées en l'honneur du défunt, on jeta sur le bûcher du riz grillé, et les prêtres pour honorer leur chef firent le tour du bûcher en s'agenouillant et frappant la terre avec leur front; un des parents, une hache à la main, fit également trois fois le tour du bûcher, et, s arrêtant à chacune des faces, il frappa avec le fer. « Que fais-tu, lui fut-il demandé! — Je détruis le corps du grand prêtre. «Prenant alors deux torches, et le dos tourné vers le bûcher, il y mit le feu, en laissant l'une des torches sous les pieds, l'autre sous la tête du défunt; à ce moment, des sanglots violents se firent entendre; c'est à cette partie de la cérémonie que les Cinghalais attachent la plus grande importance. « Rendez-moi, après ma mort, les honneurs qui me sont dus, « disent toujours les moribonds. Quand le corps est consumé, on

Huines d'une Ouposatba (salle d'assemblée). — Dessin de A. de Bar d'après une photographie de l'album

de M. Crandidier.

place tout autour de petites branches de cocotier, de manière à indiquer que ce lieu est sacré. Le septième jour, les prêtres et les parents recueillent les cendres qu'on enfouit sous le sol même consacré par le bûcher, ou qu'on met dans un vase pour les déposer dans un mausolée. Avant de recueillir les cendres, un des prêtres dans une allocution où il retrace toutes les vicissitudes de la vie, exhorte les assistants à pratiquer les ■\ertus, surtout la charité et à fréquenter les temples pour atteindre au bonheur suprême.

Dans la monarchie Kandienne, à la mort du roi, il se faisait une cérémonie particulière qu'il est intéressant de relater. Le corps, revêtu des insignes royaux, était transporté en grande pompe au bûcher fait de bois de sandal. Quand le feu, entretenu durant onze jours par les moines, avait consumé le cadavre, on l'éteignait avec du lait de buffle mêlé à de l'eau de coco. Une partie des cendres était renfermée dans une urne qu'un homme, monté sur un des éléphants royaux et une épée à la main , portait au bord d'un fleuve, où il plongeait avec son précieux fardeau et reparaissait les mains vides ; il regagnait la rive opposée et disparaissait dans les profondeurs des forêts ; l'éléphant était ahandonné et retournait à l'état sauvage ; les porteurs et les jeunes fi lies qui avaient fait partie du cortège traversaient la rivière, et une loi sévère punissait de mort ceux d'entre eux qui la repassaient. Toutes les formalités remplies , les chefs et les nobles venaient à la capitale , annonçaient au nouveau roi que tout était terminé; et puis ils se pm iliaient par un bain.

Le bouddhisme est tellement entaché de superstitions qu'il n'est pas jusqu'aux grands prêtres qui ne mettent leur confiance dans les incantations adressées aux Dewas et aux Yakkhos. Ainsi, à côté des cérémonies simples et dignes du bouddhisme, apparaissent les jongleries par lesquelles les Anoinattias et Yakkhodoureas prétendent guérir les maladies infligées aux hommes par les Dewas el les Yakkhos, en punition de leurs vices et de leur impiété ; nous avons déjà dit que Dewas et Yakkhos ont un pouvoir surhumain, suivant I s croyances cinghalaises ; quoique invisibles aux re-

banseurs du diable. — Dessin de tinile Boyard d'après une photographie de l'album de M. Grandidicr.

gards, ils habitent la terre : ceux qui suivent les préceptes du Bouddha sont chargés de la garde des lieux sacrés et punissent les sacrilèges ; les autres cherchent à nuire aux hommes qu'une vertu pure et sans tache ne met pas à l'abri de leurs attaques malignes. Certains Cinghalais qui passent pour des gens possédés des Dewas prétendent avoir sur eux une influence: d'autres sont des sorciers qui n'exercent leur pouvoir que sur les Yakkhos. Notons que chacun des Anomaltias et Y'akkhodoureas, comme on les appelle, n'ont de pouvoir (pie sur un Dewa ou Yakko déterminé et lorsqu'ils sont appelés au chevet du lit d'un malade, il ne leur faut pas beaucoup d'habileté pour voir que la conscience du malade n'est pas tranquille à l'égard de certains actes , de certaines offenses faites évidemment dans l'enceinte sacrée où leur Dew a exerce son pouvoir. J'avais, avant la mort du grand prêtre dont j'ai décrit les funérailles , assisté à la cérémonie des Anoinattias. Leur mode de procéder diffère de celui des Yakkhosdoureas. La porte de la maison où git le malade est décorée d'un arc de bambou ; des coquilles de noix de coco pleines d'huile servent à illuminer la façade. Quand c'est un Anomatlia qui oflicie, on place devant lui un autel sur lequel sont déposés des lumières, de l'encens, du bétel et des noix d'arèque. Joignant les mains, il se met à prier, et, peu après, il commence à trembler : un assistant nommé le Kapouralé le soutient et lui met dans

la main un paradï ou amulette de pierre; dès lors, des mouvements convulsifs de nature épilcptique se succèdent rapidement, le dieu est entré dans son e ii ps, disent les Cinghalais, et y décèle sa présence par des mouvements extraordinaires. L'agitation et le désordre s'emparent eil'ectivcment do ses sens, qui semblent subjugués par une force irrésistible. Sa tète tourne avec vitesse, ses cheveux se dénouent, couv rent ses épaules et sa ligure; un air effaré, des mots incompréhensibles, échappés par saccades, annoncent que le dieu va s'expliquer par sa bouche. On lui adresse alors îles questions sur la cause de la maladie, et il prescrit les remèdes à employer. Quand la consultation est terminée, il pousse des cris sourds,

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sa tête recommence à tourner de plus en plus vite, ses dents s'entrechoquent, ses yeux se ferment, il chancelle, il tombe dans les bras de son assistant. Le dieu est parti.

Les ordonnances ne consistent guère qu'en conseils de morale ; souvent ces charlatans donnent au malade un fil enchanté ou une ola (feuille de latanier) couverte de caractères hiéroglyphiques qui doit être liée autour du bras. Le peuple, ignorant la cause et la nature de ces mouvements qui dénotent parfaitement une maladie convulsive , n'a pas manqué de reconnaître dans ces jongleries quelque chose de surnaturel.

L ' Yakkhodourea ou le danseur du diable, suivant l'expression des Anglo -Indiens, agit tout autrement ; ployant sous le poids des chaînes et des bijoux, il emploie des exorcismes pour forcer les Yakkhos à sortir du corps du malade. Ses incantations consistent en danses bizarres et excentriques ; le sacrifice d'un coq précède d'ordinaire la cérémonie. On dresse un autel autour duquel les Yakkhodoureas exécutent leurs dan ses ; lorsque, au milieu de leurs évolutions rapides, ils s'écrient : « Tuez le coq , » l'animal est aussitôt mis à mort, et le sang , recueilli sur du riz grillé, est déposé sur l'autel, dans une feuille de jacquier. A la fin de la danse, on porte le coq et le riz dans la jongle, où on les expose sur un tréteau avec autant de lampes qu'il y a eu d'objets offerts.

Dans certaines maladies , l'offrande appelée Dehikopouné consiste simplement en citrons que le danseur du diable coupe en deux au" moyen de ciseaux, et qu'il jette chaque fois que, dans ses évolutions compliquées, il passe devant le malade. Les morceaux de citrons sont ensuite ramassés et portés dans la jongle. Les Anomattias, ainsi que les Yakkhodoureas, ne pré-

Dewata qui se trouve à l'entrée du Jayta-Wana-Rama. — Dessin de A. de Bar d'après l'album photograph'

tendent exercer aucune influence sur les maladies naturelles ; leur intervention n'est utile que dans le cas où la maladie est produite par un Dewa ou par un Yakkho.

L'origine de la danse du diable date du règne de Sirisangha-Bodhi Ier (238 après J. G.). Il y eut, à cette époque, une grande famine suivie d'une peste terrible qu'on attribua à un certain Yakkho à œil rouge ; ce fut pour l'apaiser qu'on inventa la danse aujourd'hui encore en faveur. Les doctrines bouddhistes

sont opposées à toutes ces pratiques ; cependant le Bouddha accordait aux dieux et aux esprits un pouvoir surhumain, et il avait lui-même établi une cérémonie pour exorciser et délivrer de leurs attaques les hommes de peu de vertu. Cette cérémonie ne dure pas moins de sept jours, durant lesquels deux prê- Ires lisent sans discontinuer le Pirit, ou rituel écrit dans cette intention.

Une relique est placée sur l'estrade, en face de laquelle se tiennent les prêtres ; à la fin de la première nuit , on entoure la chambre d'un fil sacré, dont une extrémité est attachée à la relique.

Trois fois par jour, tous les prêtres convoqués se réunissent , et chacun d'eux , tout en récitant des versets du Pirit, tient le fil dans ses mains ; tout le long du jour, deux prêtres se

ique de M. Grandidier.

remplacent pour faire la lecture

Le culte des Nagas ou serpents n'est plus aujourd'hui autant en honneur que celui des Yakkhos; il n'y a pas longtemps toutefois, d'après M. Emerson Tennent, que, dans une petite île, près Jaffera (Naïnativoë) , il existait un temple consacré à la déesse Naga-Tambiran; on y élevait des serpents sacrés.

Alfred Grandidier.

Groupe de cocotiers sur lu roule de Colombo à l'ointe de Galle. — Dcssiu de A. de bar d'après uue photographie de l'album de M. Graudidior.

PAR M. ALl'HED GIIANDIDIER*.

1882-186'é. — TEXTE ET DESSINS INÉDITS.

Ceylan (suite). — Mœurs et coutumes autour d'Anouraduanoura. — Autres cités ruinées de l'Ile. — Les fièvres des jongles.

Retour à Colombo.

Voué aux ruines et aux débris du passé, le district d'Anouradhapoura est le seul de toute l'île où en 1862 fleurissaient encore en pleine vigueur les anciennes lois çinghalaises sur le mariage et les successions. Il est peu de pays où les mœurs soient, sous ce rapport, aussi curieuses. Les hommes, dès lage de seize ans, peuvent, sans le consentement paternel, former à leur convenance des engagements matrimoniaux. Quand h-s parents d'une jeune fille ont fait connaître au publie par la célébration d'une fêle spéciale de famille que leur enfant est mariable, tout prétendant à la main de

la demoiselle peut, par l'intermédiaire d'un oncle ou d'un cousin, ouvrir des négociations avec ladite famille. Lorsque les plénipotentiaires ont été reçus favorablement, le père du jeune homme va lui-même prendre des informations et s'enquérir de la dot. Si l'union parait sortable, la demande en règle a lieu, et les parents de la jeune personne doivent faire à leur tour leur visite, durant laquelle ils prennent aussi des renseignements sur la position du prétendant. 11 reste ensuite à s'assurer que la future n'a ni maladie, ni vices constitutionnels; c'est un devoir qui incombe à la mère du jeune homme. Immédiatement après l'enquête, celui-ci envoie un présent de feuilles de bétel

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dont l'acceptation constitue un engagement obligatoire. Le jour et l'heure des noces sont alors déterminés par l'aslrologue cpii , avant les dernières démarches dont nous venons de parler, a dû comparer l'horoscope des deux futurs époux, et constater si les influences planétaires ne s'opposent point à leur union ; la réponse est généralement affirmative. La noce a lieu dans un mandou ou édifice temporaire de bambou, tapissé de nattes, qu'on élève près de la demeure de la fiancée. C'est là que se tiennent les hommes , tandis que les femmes mangent seules dans l'habitation. Le jour des noces, le fiancé , accompagné de tous les amis et serviteurs qu'il a pu réunir, se rend chez sa fiancée avec des cadeaux, tels que bijoux, étoffes, fruits et mets de toute sorte. Un esclave, qui l'attend à la porte, lui lave les pieds. Le chef de famille le prend alors par la main et le fait asseoir sous le mandou; les femmes suivent la mère de la future dans l'intérieur de la maison, où, après le repas, a lieu la cérémonie nuptiale.

Au centre de la pièce principale, sur une estrade tendue de toile blanche, est placé un monceau de riz, en forme de cône ; de jeunes cocos, des régimes de bananes et des feuilles de bétel l'entourent ; des pièces d'or, d'argent et de cuivre forment son couronnement. Au moment propice soigneusement indiqué par l'astrologue, on sépare un des cocos en deux d'un seul coup et la jeune fille entre sous la conduite de sa mère et d'une proche parente, chargée elle-même d'une nombreuse lignée. Lorsqu'elle est montée sur l'estrade, la figure tournée vers le point du ciel où se trouve l'astre qui préside à l'union, elle reçoit des mains de son fiancé les bijoux de noce dont elle se pare aussitôt. La mère prend pour elle les étoffes; les dons faits avant le mariage sont la propriété de la femme et ne peuvent être réclamés sous aucun prétexte. Dès que la toilette de la fiancée est achevée, elle distribue des feuilles de bétel à toutes les personnes présentes ; le fiancé s'avance ensuite, verse sur elle un peu d'huile de bois de sandal ou d'essence de cannelle et tire un fil de son comboye avec lequel le père d'un des conjoints lie leurs petits doigts. Le fiancé fait descendre la jeune fille de l'estrade et, après quelques pas, ils séparent leurs mains en brisant le fil. Le nouveau couple se rend aussitôt accompagné de ses plus procbes parents dans une autre salle où ils trouvent un repas préparé; comme preuve de l'égalité de leurs castes, ils prennent leur nourriture dans le même plat. Le festin terminé, le jeune époux jette dans ce plat quelques pièces de monnaie. La nappe et diverses offrandes deviennent la propriété du blanchisseur de la famille. Jusqu'au troisième et même souvent jusqu'au septième jour après le mariage, les nouveaux époux conservent jour et nuit leurs vêtements de noces : aux mêmes jours aussi les parents de la mariée apportent des présents de fruits, de riz, de carry, de fleurs; l'estrade est dressée de nouveau et les conjoints s'y assoient. Il n'est pas rare de voir des familles dépenser en cette, occasion leurs économies de plusieurs années. La polygamie n'a pas cours

parmi les çinghalais, mais une coutume bien plus extraordinaire, la polyandrie, permise par les lois et la religion, était pratiquée dans tout le pays jusqu'au décret promulgué à Kandy par les Anglais en 1859. Aujourd'hui ces sortes d'unions ne sont plus reconnues légales, mais dans le district d'Anouradhapoura l'ancienne coutume persiste sous la tolérance de l'administration. La polyandrie est la conséquence de la misère et de la paresse et le résultat des malheurs publics qui ont désolé Geylan depuis le cinquième siècle. La vie en communauté est moins chère que la vie de ménages isolés et on n'avait pas à redouter dans ces unions de donner le jour à des enfants que la faim eût emportés. Du reste les filles étaient mises le plus souvent à mort; on leur introduisait un épi de riz dans la gorge le jour de leur naissance.

D'Anouradhapoura, je m'enfonçai dans la jongle pour aller visiter le célèbre étang de Kalawévé, qui se trouve dans le sud-ouest. Gréé en 459 après Jésus- Christ par Dhatou-Séna, il avait une circonférence de quinze lieues ; l'endiguement transversal ajouté au terrassement latéral du Balalouwévé a une longueur de près de cinq lieues. La base du talus mesure soixante mètres, le sommet huit mètres ; l'empierrement intérieur existe encore. La profondeur était de six mètres, près du talus. Il y avait sept décharges pour le tropplein, je n'ai pu en retrouver que deux dans les décombres. Ce sont des puisards de quatre mètres de côté et de cinq mètres cinquante centimètres de profondeur construits avec d'énormes blocs de granit.

Je pourrais encore citer entre beaucoup d'autres, les restes du lac de Prakrama , situés à Elléhava près de Matella, où une digue de dix lieues de long retient les eaux de l'Ambanganga. Des canaux relient cette mer intérieure au lac de Minery, qui a huit lieues de tour et offre au voyageur un point de vue charmant.

Dans aucun pays, le régime des eaux n'avait atteint un tel développement. Aucun pays, au reste , n'a plus besoin d'irrigation artificielle que les provinces du nord de Ceylan et le Deccan ; les pluies y sont rares et non périodiques. La culture du riz, qui est la base de l'alimentation des peuples asiatiques, exigeait la création de vastes réservoirs pour fertiliser des sables qui, sans arrosement, eussent été stériles.

Des profondeurs de ces jongles, je revins sur la route de Damboul pour aller à Nihintéla à trois lieues d'Anouradhapoura. On donne ce nom à deux collines hautes de trois cents mètres et isolées au milieu de la plaine sur lesquelles séjourna, suivant la tradition bouddhiste, le fameux missionnaire Mihindo, fils du roi Açoka. Trois thoupos couronnent ces collines ; un escalier de sept cents marches, en partie creusé dans le roc, conduit aux ruines d'un pelit ermitage, à l'entrée duquel sont deux plaques de granit couvertes d'une inscription en ancien caractère çinghalais, relatant les règlements du monastère de l'Ettviharé dont dépendait l'ermitage. Le thoupo s'élève au centre d'une plateforme circulaire ; il est en bon état de conservation ;

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sa hauteur est d'environ onze mètres et son diamètre de neuf. U est entouré de deux rangées circulaires de colonnes octogones qui jadis , suivant le Mahawanso, supportaient un toit; les chapiteaux sont gracieux et ont la forme d'une tulipe; les sculptures de l'aba pie représentent des Yakkhos, des oies et des lions.

Après avoir gravi deux cent vingt-cinq marches de plus, soit neuf cent soixante-dix-sept en tout, j'arrivai enfin au sommet de la colline, que couronne un amas informe de briques; c'est là qu'était jadis le dagoba d'Ettviharé , construit sur les reliques de Mihindo vers l'an 220 avant Jésus-Christ. La hauteur actuelle du monument ruiné est de dix-huit mètres cinquante centimètres, le diamètre de la base de seize mètres : de là, on a une vue étendue et fort belle sur les plaines en-

vironnantes que couvrent de vertes forêts et quelques rizières. Sur le sommet de la deuxième colline, la plus élevée des deux, sont les ruines du Saïgliri auxquelles conduisait un escalier de dix-huit cents marches, suivant le Mabawanso, escalier aujourd'hui perdu dans les ronces. Ce thoupo fut bâti, en l'an 9 après Jésus- Christ, par Mahadatiko-Mahanago, qui le fit couvrir d'étoffes blanches ornées de pierres précieuses et qui y célébra des fêtes splendides. En cette occasion, depuis la rivière Kadambo qui coule près d'Anouradhapoura jusqu'au sommet de la colline, sur un espace de trois lieues, on étendit un tapis pour que les pèlerins pussent arriver au thoupo sans avoir les pieds souillés de poussière.

Des fièvres paludéennes très violentes que je con-

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