‹ Voyage dans les provinces méridionales de l'IndeChapitre 19 sur 21 · Voy. Tour du Monde, t. VU, 18G6, p · texte numérisé non relu

Voy. Tour du Monde, t. VU, 18G6, p

de Bombay, se fit apporter un modèle de ces dakhmas; elle raconte , dans le livre curieux où elle a publié ses impressions1, que ces tours ont trois étages dallés qui sont tous inclinés vers une ouverture centrale où on jette les ossements des squelettes. Au premier étage, on expose le corps des hommes , au second celui des femmes, et au troisième celui des enfants. Il paraît que dans les villes où la population parsie est peu nombreuse, il n'y a qu'une simple plate-iorme séparée en trois compartiments par des murs. Bienheureux , disent les Parsis, celui dont les vautours attaquent d'abord l'œil! son âme est au ciel. Aussi est-il d'usage que les parents du défunt assistent au début du repas funèbre de ces hideux oiseaux. Auprès des dakhmas on voit toujours des nuées de percnoptères à la tête chauve, au bec long et grêle, aux narines toujours souillées d'une liqueur fétide ; ils attendent l'arrivée des convois parsis. Ces oiseaux, si communs dans toutes les parties chaudes de l'ancien continent, sont respectés avec raison à cause des services qu'ils rendent en purifiant le pays des cadavres et des immondices.

Pourquoi les Parsis abandonnent-ils leurs morts en pâture aux oiseaux de proie? Les enterrer, c'est à leur avis souiller la terre, notre aima parais; les brûler, c'est souiller le feu, l'élément le plus pur, le symbole de Dieu éternel et miséricordieux.

Les Parsis introduisent toujours un chien dans la chambre des agonisants ; cet animal écarte les esprits malins qui cherchent à s'emparer de l'âme des mourants. Quand un Guèbre est mort , on le revêt d'une robe blanche et on le porte dans une bière de fer à la tour du silence. Des vivres sont déposés auprès du corps pour les quelques jours que l'âme rôde autour de son enveloppe charnelle dans l'espérance d'y rentrer. Les Parsis ne vont jamais à leurs cimetières si ce n'est pour accompagner les dépouilles mortelles de leurs parents ou amis.

De tous les habitants de l'Inde , les Parsis sont les plus industrieux et les plus recommandables par leurs mœurs. Il n'est pas un seul d'entre eux qui se livre à la mendicité, il n'est pas une seule de leurs femmes ou de leurs filles qui demande le moyen de vivre au déshonneur; tous travaillent et gagnent leur vie à la sueur de leur front. Un de leurs coreligionnaires tombe-t-il dans l'indigence, aussitôt il reçoit des secours qui lui permettent d'entreprendre un petit commerce dont le gain le lait vivre; les uns tiennent boutique ou sont courtiers, d'autres sont domestiques ou employés de bureau, beaucoup dirigent des hôtels, et il n'est pas de petit village, de station de chemin de fer où l'on ne trouve un Parsi vendant des comestibles et des spiritueux. Les plus riches négociants de la présidence de Bombay et même de l'Inde entière appartiennent à la communauté parsi; en 1863, j'ai connu plusieurs d'entre eux qui, dans l'année précédente, avaient chacun amassé des millions en spéculant sur les cotons. Aussi

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