Les godrons sont le contraire des cannelures
Ces pagodes sont toutes consacrées à Mahadcva, le grand dieu, un des noms de Shiva, adoré comme dieu de la vie et de la reproduction, sous la forme d'une espèce de borne en pierre presque brute qui s'élève du centre d'une cuvette de pierre. Comme dans le temple principal de Bénarès, ce grossier symbole ou Lingam reçoit l'adoration des dévots indous, qui l'arrosent d'huile de coco et lui font des offrandes de riz, de volaille, etc.
Ces dons, bien entendu, profitent bien moins au dieu qu'aux brahmanes. L'huile est recueillie pieuse ment dans la cuvette inférieure, et jouit de la précieuse faculté d'opérer des miracles. Les prêtres teignent souvent en rouge cette idole bizarre.
Le sanctuaire ou dewal a une forme analogue à celle du Lingam qu'il renferme ; il ressemble de loin, comme tous les temples de l'Orissa, à une immense borne. C'est une tour carrée dont les faces sont ornées de pilastres en saillie superposés les uns aux autres. Les coins en sont arrondis et sur chaque face on remarque des godrons verticaux.
La base, de forme quadrangulaire, est souvent décorée de bas-reliefs obscènes, appropriés à des temples où l'on adore le Lingam. Au sommet de la tour, qui se termine en rond, sont placés huit lions supportant un immense turban ou couronne de pierre ; ce turban, quelquefois monolithe, est l'un des caractères de l'architecture orissienne ; dans les monuments modernes, il est surmonté d'une urne ou du chakra de Vishnou1.
Les voûtes , dont quelques-unes ont jusqu'à cinquante mètres d'élévation, sont ornées de pierres posées par assises parallèles à l'horizon. Dans toute l'architecture asiatique on voit prédominer les lignes horizontales. Dans l'Inde, en effet, on ignora longtemps l'usage des colonnes, qui dans l'Occident, au contraire, ont presque de tout temps été employées dans les constructions, et qui ont amené la prédominance des lignes verticales dans nos monuments. La couronne du sommet ferme la voûte. C'est d'un effet grandiose.
Comment ces peuples ont-ils réussi à élever à d'aussi grandes hauteurs ces blocs immenses que nos machines modernes elles-mêmes soulèveraient avec peine ? C'est uniquement au moyen de plans inclinés faits de bambous.
Des diverses faces se détache en haut-relief un énorme griffon
En avant du sanctuaire se trouve le vestibule ou Jagamohana2, édifice à toit pyramidal. Le jour ne pénètre dans le temple que par la porte de ce vestibule ; aussi le sanctuaire est-il très-obscur. C'est une disposition que l'on rencontre dans tous les temples indous ; les brahmanes ne veulent montrer leurs dieux à formes bizarres et à aspects terribles que dans une
1. Le chakra est une roue de fer, symbole de destruction, dont est toujours armé le dieu Vislînou.
2. Jagamohana, littéralement les délices des hommes, parce que c'est du vestibule qu'on voit et qu'on adore l'idole.
obscurité qui puisse encore accroître 1 impression superstitieuse ressentie par le peuple des dévots. Dans l'enceinte, il y a toujours d'autres temples plus petits élevés en l'honneur des divinités d'un ordre inférieur.
Je ne m'étendrai pas sur la description de ces temples dont il a été parlé en détail dans les Asialic Rcsearchcs of Benyal, mais j'essayerai d'exprimer les impressions cpi'a fait naître en moi leur examen et les conséquences qui ressortent de la comparaison que j'ai pu faire, dans mes voyages à travers l'Inde, des divers spécimens de l'art bouddhiste et de ceux de l'art indou.
Pourquoi après l'abandon ou l'expulsion du boud-
Grave pax
par les conquérants afghans, n'a guère de sectateurs que dans le nord. La majorité appartient à la secte imite, et ne forme pas le douzième de la population totale de l'Inde. Nous devons citer aussi les chrétiens du sud du Di'ccan, les j aï ne s de l'ouest, les parsis ou guèbres de la présidence de Bombay, les siklis du Panjnb. Je ne parlerai en détail de ces diverses religions qu'en parcourant les pays particuliers où leurs sert atours sont nombreux
Le bouddhisme, qui sur le sol de l'Inde n'a plus de partisans qu'au Népaul et à Ojlan, a cependant joué un si grand rôle dans l'histoire de cctlc contrée, qu'il