NÉE REED
temps; et, en mémoire de lui, je donnai à la nappe d’eau qui s’étendait devant moi le nom de lac Cook.
Comme la nuit tombait, on aperçutindistinctement un objet animé sur le lac. Ce ne pouvait être ni l’oisea:: ngmmé Loon ni une bête fauve, mais l’'équivoque lenteur de ses mouvements était propre à exciter quelque soupçon; notre invalide fixa attentivement ses regards de ce côté. Son avis, ainsi que celui des trois Indiens et le mien, fut que c'était sans doute un voleur chipewyan, ou un éclaireur de la tribu des Indiens du lac de l'Esclave, en guerre avec les Couteaux-Jaunes. L’événement prouva toutefois que nous avions mal deviné; nous reconnümes bientôt un de ceux qui nous avaient quittés sur la montagne. Il avait perdu les deux seules charges de poudre dont il était muni, et il avait été contraint à ce long voyage pour nous demander quelque subsistance qui püût
soutenir sa famille jusqu’à ce qu’il eût rejoint
ses COMpagnons. « Si j'avais eu seulement ma
» femme avec moi, nous dit-il d’une voix » affaiblie, je ne serais pas venu importuner le » chef; nous aurions vécu de petites graines et » de baies; mais voyant les souffrances de » mon enfant, entendant ses cris, j'ai senti » mon cœur défaillir, et. je suis venu vous de- » mander du secours. » Il n’eut pas besoin d’en dire davantage; et ayant reçu de nous une ample provision d'aliments et de poudre, il s'éloigna transporté de joie et de reconnaissance.
21 août.— Il s'était formé une légère couche de glace pendant la nuit, bien que lorsque nous partimes, à quatre heures avant midi, le thermomètre marquât 38° (3, 3, C). À quelques milles au nord, nous rencontrâmes une rivière barrée par quinze rapides, dont la hauteur variait de trois à dix pieds. Dans toute autre situation, une série si opiniâtre d'obstacles meüt causé de sérieux ennuis; mais alors je les regardai sans grand déplaisir, et en quelque
sorte comme des degrés qui me conduisaient
ue
DU CAPITAINE BACK. 137 aux terres élevées où se trouvait le point de partage des eaux, seul but que dans cette saison reculée je pouvais espérer d'atteindre.
De Charloit, notre patron, était l’un des hommes les plus habiles du pays, et en aucun lieu sa force et son activité prodigieuses n’avaient été soumises à une plus vigoureuse épreuve qu’en cette occasion. Au milieu des plus grands dangers, dont nous menaçaient les rapides ou les chutes, il demeurait calme, intrépide et réfléchi; et souvent, lorsque la perche et l’aviron ne pouvaient plus être d'aucune utilité, il se jetait dans l’eau bouillonnante, et assurant sa position d’un pied ferme, il résistait là où les autres auraient été renversés et balayés en un instant. Mais cette fois, en dépit de tout son zèle et de tous ses efforts, notre fréle embarcation fut cruellement chavirée, et bientôt disjointe des deux côtés elle tomba en morceaux ; aussi ne fut-ce pas sans grande joie
qu'après en avoir porté avec fatigue les débris,
138 VOYAGE nous trouvâmes une étendue d’eau ouverte et unie.
Tandis que l’on enduisait de poix et de gomme les morceaux réunis du canot, je gravis au sommet d’une petite chaine de rochers haute d'environ deux cents pieds et dont l’inclinaison était dirigée vers l’est. De cet endroit, Maufelly montra du doigt un lac sur lequel il dit que nous aurions un long trajet à faire, ajoutant toutefois que la dernière fois qu’il avait passé en ce lieu il avait été aveuglé par la neige, à ce point qu'on fut obligé de le conduire avec une corde, et qu'il n’en avait pas conservé un souvenir tres fidele. Il demanda, en conséquence , la permission d’aller prendre vue sur diverses collines ; il y en eut une qu'il reconnut et il indiqua de là un endroit où il avait tué une bête fauve ; mais ce n'était pas assez pour qu'il füt en état de nous enseigner sûrement notre véritable marche. Nous retour-
nâmes donc au canot sans pouvoir rien déter-
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mme is au aaute aison ifelly t que atant passé eige, luire con- , en vue
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miner davantage. Quant aux deux petits Indiens , soit qu'ils ne fussent pas du même sentiment ou qu’ils n’eussent pas de confiance en Maufelly, soit que ce fût un pur effet de leur naturel inconstant et capricieux , ils se préparèrent en un certain endroit du rivage à se mettre en marche, voulant aller voir leurs parents, qui devaient être, selon leur opinion, à peu près dans la direction du nord-ouest. Comme il n’y avait aucun indice d’Indiens sous la portée de la longue-vue, nous essayâmes de les dissuader de leur projet, et avec d’antant plus d’ardeur que leurs services nous devenaient doublement utiles pour aider à porter les bagages lorsque l’eau manquait sur notre route : les petits diables le savaient bien; mais ils rejeterent avec une invincible opiniâtreté toutes les offres qui leur furent faites. Convaincu de l'impossibilité de les persuader , je leur donnai une petite provision de poudre, en les mena-
cant toutefois de ne pas les recevoir dans
le fort s'ils n’y revenaient avec une grosse pièce de bonne viande.
Nous reprimes l’aviron, naviguant au milieu d'îles qui s’étendaient à une grande dis-
tance sous un horizon infini vers l’ouest. Il @ :
était évident que Maufelly était inquiet; car, bien qu’il connüt la direction générale, il connaissait peu la forme du lac; nous donnions à chaque instant dans une baie, ou nous tournions autour d’une ile. Ne me souciant en aucune manière de ce jeu, je fis aborder, et j'envoyai De Charloit et l’Indien reconnaître : à leur retour, ils nous dirent qu'ils avaient découvert un lac dans la direction que nous avions le projet de suivre. — Les moustiques nous tourmentèrent cruellement; et le pilote , à qui elles portaient une affection particulière, en eut les yeux tellement enflés qu'il pouvait à peine voir.
Le lendemain ( 22 août ) à la chute du jour nous entrâmes dans une baie, d’ou le canot et
le bagage furent transportés vers deux petits
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lacs. Un autre trajet sur terre nous conduisit à une grande nappe d’eau , qui toutefois n’était qu'un bras du lac que nous avions quitté : nous \ trouvâmes aussi des îlots formés de roches basses en pente et plus ou moins couverts de mousse de renne, et de larges pierres. Des fragments d’ancienne glace adhéraient encore aux rivages ; et sur quelques unes des collines, dont la teinte était déjà rembrunie, on voyait des couches de neige du dernier hiver. En peu d'heures nous arrivames à l’extrémité du lac (qui reçut le nom du révérend docteur Walmsley de Hanwell); et j'envoyai des éclaireurs de divers côtés pour reconnaître la route la plus directe et la plus facile vers le grand lac, objet de nos recherches.
Une suite d'observations donna pour latitude 63-23-46" N., pour longitude 108°-8/-16" (11°- 28-40" de Paris), et pour déclinaison 36°-o’ E., c'est-à-dire une position un peu au nord du lac
Chesadawd de Hearne; quoique, d’après le té-
moignage unanime des Indiens, le seul lac de ce
142 VOYAGE + nom düût être situé entre le lac Athabasca et le grand lac de l'Esclave.
Vers le soir nos éclaireurs revinrent, et presque en même temps il arriva un des enfants indiens, qui, à la suite de quelque petite querelle, s'était séparé de son compagnon et demandait à continuer le voyage avec nous. L'autre était parvenu à trouver une chaine de petits lacs se dirigeant du côté de l'est, et avait été assez heureux pour tuer un jeune daim. Nous renvoyämes sans cérémonie l'enfant, en l’invitant à informer sa tribu que ceux qui désiraient tirer profit d’une expédition devaient s'y montrer attachés et persévérants, et,suivant leur propre langage,ne jamais « parler avecdeux langues ;» que c'était le seul moyen d'acquérir des droits à une récompense. Nous lui refusàmes même un grain de poudre. Cette rigueur, qui ne devait pas manquer d’être connue, était très propre à exercer une influence salutaire sur toute la tribu : car, bien que les Indiens
soient inconstants et ingrats, ils ont assez de
bon sens pour comprendre leurs fautes, et assez de candeur pour les reconnaître. En cette circonstance, le petit vaurien sourit en s’en allant, et dit que « cela était juste, et qu’il n'avait pas mérité un meilleur traitement. »
23 août. — Nous commençâmes à marcher et à porter dés le point du jour; et, quoique tourmentés par les moustiques depuis le moment où le soleil eut quelque force, accablés de grêle et inondés de pluie aussitôt qu’il commença à décliner, nous fimes plus de quinze portages avant que la nuit nous forçât à camper.
24 août, — Le therm. tomba à 39° (0,° 0. C) et un brouillard froid s’éleva des innombrables cours d’eau; mais bientôt le soleil sortant des nuages gris qui couvraient l'horizon à l’est, il nous fut permis de reprendre notre fastidieux travail. Une suite de lacs et de portages nous conduisirent à un petit cours d’eau qui se dirigeait, à ma grande joie, vers l’est, A son embouchure, dans une vaste étendue d’eau, je
découvris quelques collines de sable vers le
Rise
nord-ouest, ce qui m’autorisa à conclure que nous ne devions pas être éloignés des terres hautes. Malheureusement la gelée avait fendu l'écorce du canot, et il fallut quelque temps pour la mettre en état. Cette réparation achevée, nous reprimes notre route vers quelques collines qui, du côté de l’est, d’après le témoignage de Maufeily, devaient plonger dans le grand lac. Mais un doute $’éleva alors sur la probabilité d'un passage le long de la base des collines de sable vers l’ouest; car il me semblait découvrir une vaste ouverture qui s’étendait de là très loin vers la droite, et qui, dans mon opinion, devait s'unir avec l’autre grande nappe d’eau. Quoi qu’il en füt, l'Indien opposa son velo à la proposition; en conséquence, après avoir atteint les collines bleues et fait un long trajet, j'eus la satisfaction de voir enfin une large et claire étendue d’eau vers le sud, sans autres limites que l'horizon. — La latitude était 63°-23-57" N.
Nous traversämes un énorme renflement,
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qui semblait être une continuation du rivage opposé, mais qui se trouva être le contour septentrional d’une baie où se rendait une rivière rapide , que, suivant Maufelly, nous devions remonter, Le cours de cette rivière était ; en effet, une magnifique ligne droite, et on distinguait au loin une colonne de fumée, vers laquelle notre Indien voulut aller, sous prétexte de demander des renseignements; il affirmait qu'il ne connaissait aucune autre communication par eau au-delà de celle où nous étions. Je jugeai à propos de m'offenser de cette manière d'agir, et, avec un ton sévére, je luidonnai à entendre que jamais la ruse et la duplicité ne réussiraient avec moi, et encore moins dans cette circonstance. D’après son propre aveu, il avait été à un autre lac : son mensonge était donc manifeste. Je lui dis que je lisais clairement dans sa pensée qu’il voulait déserter ; qu'il le pouvait; mais que, par ce mauvais procédé, il perdrait tout droit aux récompenses
que je lui avais destinées. L'effet de ces obser-
vations fut instantané. Il reconnut qu'il avait eu tort, et jura fidélité pour l'avenir, me priant de ne lui vouloir aucun mal, si quelquetois, par défaut de mémoire, il nous faisait dévier de notre route, et ajoutant que « depuis bien des années il n’était plus un enfant, et que depuis son enfance, il n'avait jamais été au-delà du lieu où nous étions arrivés. »
Les bords du cours d’eau étaient en grande partie de sable rassemblé çà et là en monticules, refuges confortables de siffleux ou d’écureuils de terre, dont quelques uns se chauffaient en compagnie au soleil, ou, gravement assis, se regardaient les uns les autres ; à notre approche, ils disparaissaient.
Quatre courants, se réunissant en une chute de seize à vingt pieds, furent les seuls obstacles de notre navigation; vers cinq heures, nous en eùmes triomphé, et nous entràmes dans un lac magnifique. Près de là, nous vinies un renne courant avec une incroyable vitesse; il était
suivi par un grand loup blanc, qui, bien qu'il
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parüt avoir peu de chances d'atteindre sa proie, paraissait fort acharné à sa poursuite. — Le renne faisait insensiblement un crochet pour traverser au-dessous du rapide; mais sur l’autre bord se montra alors un second loup blanc, tapi contre terre, les yeux fixés sur lui, et évidemment en embuscade pour le happer au passage.
J'aiuneantipathie particulière pour les loups, quelle que soit la fourrure dont la nature les a vêtus; et bien que ceux-ci, en cette occasion, ne fissent autre chose que suivre l'instinct de leur appétit, je ne pus m'empêcher d’intervenir de la voix et du geste. Le renne, palpitant, bondit à mes côtés comme s'il eût eu conscience de la protection que je lui accordais. Quant au loup, il demeura un instant immobile; puis, sentant qu’il avait en moi un ennemi, il se déroba lentement à ma vue, derrière des fragments de rochers.
Près des bords du lac et même à plusieurs
milles au-delà, le sol était bas et uni, offrant
seulement de loin en loin quelques collines de moyenne grandeur. C'était près de l’une d’elles, à l'est, que passait la route du Téh-Lon ou Thé-Lew. Comme j'étais bien certain de repasser par cet endroit, je profitai d’un monceau de pierres détachées qui formaient ilot, pour y cacher un sac de pemmican. Bientôt nous trouvâmes une bonne mousse pour faire notre cuisine; cette trouvaille n'étant pas d’une mince importance dans les terres stériles, nous nous arrétâmes incontinent pour camper.
Les perdrix blanches ne cessèrent de chanter qu'à minuit; elles se taisaient à peine, qu'une vingtaine de loons de la plus grande espèce interrompirent à chaque instant mon sommeil par leurs cris perçants qui me faisaient tressaillir. Je ne pus fermer l'œil de la nuit, et j'attendis avec impatience le matin du 25 août pour échapper à ce concert, dont les notes aigres me déchiraient les oreilles.
À mesure que nous avancions, la terre s'élevait
insensiblement, de chaque côté, à cent soixante-
DU CAPITAINE BACK: 149 dix ou cent quatre-vingt-dix pieds, en sommets es de ell arrondis, couverts en partie de beaux lichens, elles, : ’ , | et jonchés de grands blocs détachés, ressem- n. n ou | | | fl blint exactement à ceux qui entourent le lac 1K "epas- ‘ ÿ # Point. Cà et là, dans les riches pâturages des iceaut M:
vallées , on voyait quelques daims dispersés. h: our y , . fu > Nous trouvämes un faible courant contraire, Hi trou- | R | 4 | et ayant passé par un goulet où le clapotis HA e Cui- | Mot ; {à | assez fort ressemblait 4ssez à celui d’un rapide, HS mince : | nous nous engageàmes dans les baies. Maufelly nous Ne | ne reconnaissait plus la route; après quelques ie : ÿ ï ‘ ; thùe tentatives inutiles dans une demi - douzaine anter . ; . | Pl d'ouvertures, je rentrai dans le courant qui ai u’une | | | ji devint peu à peu insensible. Me guidant alors f e in- ae re ïS | sur la direction générale de la dernière ri- A meil a | , Hi -r viére, je portai sur une colline fort éloignée | ssail- nd À dans le nord qui se trouva être heureuseendis ; ; À nest p ment la pointe occidentale d’un goulet étroit 1 pour , WE [ bien connu des Indiens Couteaux - Jaunes. EL s me : br dat . . Nr Ce passage était particulièrement affectionné par les daims; ils n’avaient en effet que cet en- (} evait
nte- 4] Ï
K * , * É & # k à LN à F
190 VOYAGE droit pour traverser d’un côté à l’autre. Nous en vimes une bande (1) à la nage.
L'aspect du pays était nu et menaçant. Nous ne trouvâmes pas un buisson au campement, et l'humidité de la mousse l'empéchait de s’allumer; il fallut une certaine adresse pour fairer du feu; cependant on y parvint en élevang deux murs parallèles et remplissant l'intervalle de mousse, le courant d’air qui s'établit entre les deux murs eut bientôt mis la mousse en flamme; ce procédé si simple nous épargna bien des embarras par la suite.
La passe conduisait à un grand lac où nous distinguions à peine la côte du nord, tanais que celles de l’est et de l’ouest paraissaient découpées par des baies et de profondes ouvertures ; une de celles-ci, à droite, offrait un horizon dégagé, et d’après Maufelly, elle conduisait au Thé-Lew.
‘+! Le mot Lande s'emploie lorsqu'il x 8 plus de six animanx.
ous
jous ent,
s’al-
fairer:
vang ralle eles me;
des
ous que Loures ; [ZON
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Plusieurs Indiens, qui avaient visité ces localités, m’apprirent ensuite qu’un portage, à l'extréinité orientale d’une profonde baie, faisait atteindre un petit lac d’où par un second portage on arrivait à un autre lac plus considérable; ce dernier se déchargeait par une rivière dans l'extrémité nord-est d’un troisième lac, très long, mais étroit, dont l'extrémité sud s’étendait presque jusqu’à moitié chemin du grand lac de l'Esclave. A l’est, ajoutaient-ils, ce troisième lac se lie, par une courte ligne de rapides, avec un lac d’une forme singulière, qui, au moyen d’une rivière de dix-sept milles de long, communique au Thè-Lew, éloigné d'environ quatre-vingts milles du point où nous nous trouvons.—Quant au cours de la principale rivière, il paraissait être peu connu; les Indiens n’y pénètrent guère à plus de vingt milles au-delà de la partie qui vient d’être décrite; ils nous dirent seulement qu'elle se dirigeait constamment vers le nordest.
Nous suivimes la rive occidentale du lac
où nous venions d'entrer, et nous coupämes de pointe en pointe parmi des iles d’une telle étendue qu’il nous arriva souvent de les prendre pour le continent. Les eaux étaient d’un bleu indigo foncé, mais très limpides. Le léger saut d’un poisson poursuivant une mouche d’eau rompait seul de temps en temps le silence et le calme qui régnaient dans ces lieux. Cette sérénité y est-elle continuelle, ou bien le lar n’en jouit-il qu’à l’époque où disparaissent les glaces qui l’enchaïnent durant l'hiver? je ne saurais le dire; je n’observais toutefois le long des rives ni ces laisses de sable, ni cette suite de bancs si communs dans les lacs du sud et qui proviennent de l'action des vagues réunie au mouvement d'élévation et d’abaissement des eaux. Je n’apercevais pas non plus au bas des rochers ces lignes horizontales qui, dans les autres parties de cette contrée, indiquent exactement aux voyageurs les variations du niveau de l’eau aux différentes saisons.
Egaré parfois au milieu d’une assez grande