‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme] (volume 2)Chapitre 39 sur 51 · — SR ES · texte numérisé non relu

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270 VOYAGE de pèche qui donnait encore, et j'envoyai les autres à la rencontre des Indiens.

Notre salle était remplie d’invalides et d’Indiens assis autour dn feu, l'air stupide et abattu, s’occupant à déchirer et à faire cuire les rognures de leurs vêtements de peaux de daim, qui, eussent-ils même été entiers, les «uraient mal protégés contre une température de 109° au-dessous de glace (— 56°, C.). Tes hommes étaient plongés dans la torpeur et le désespoir ; les mères s’efforçaient en vain d'apaiser, d’une voix sépulcrale, les plaintes continuelles des faibles créatures suspendues à leurs poitrine épuisée; les enfants un peu grands allaient et venaient d’un air insouciant. Malgré leurs souffrances, pas un murmure ne s’échappait de la bouche de ces malheureux. Lorsque le temps s’adoucit, nous leur montrâmes le reste de nos provisions, et nous leur fimes sentir la nécessité de rassembler tous leurs efforts

pour rejoindre Akaitcho, où leurs propres pa-

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DU CAPITAINE BACK. 77 rents leur fourniraient des vivres en abondance; car toute faible que fût la pitance que nous Jeur accordions, elle diminuait trop nos réserves pour nous permettre d'attendre la fin de la saison. Avec l’apathie et l’insouciance qui les caractérisent d’une manière si frappante, quelques uns me déclarérent alors qu'ils ne pouvaient s’en aller, et les autres qu’ils ne le voulaient pas. Cette obstination me força à réduire nos distributions, indispensable mesure de rigueur qui détermina les plus vigoureux d’ent:e eux à nous quitter, et nous laissa plus de moyens pour secourir les faibles. — M. King assistait sans relâche le; malades. — Souvent je partageais ma vation, très réduite, ‘avec les enfants dont la situation abandonnée et les lamentations plaintives me déchiraient le cœur. Que l'on ne s’'émeuve pas en voyant les souffrances des hommes dans la vigueur de Pâge, cela se conçoit ; mais il faudrait avoir un cœur d'acier pour n'être point attendri au cri d’une

faible créature à peine arrivée à la vie, qui

implore douloureusement un peu de nourriture! Je ne saurais peindre ici de quelle foule d'émotions diverses j'étais saisi lorsque ces infortunés venaient me tendre leurs petites mains amaigries pour recevoir chacun une cuillerée de pemmican.

Le jour de Noël avait été fixé depuis longtemps pour l'ouverture d’une caisse d’étain soudée dont une dame de New-York nous avait fait présent; mais l'absence de notre compagnon, M. Mac-Leod, nous fit mettre un frein à notre curiosité; M. King et moi nous nous contentâmes donc d’un diner de pemmican.

Nous nous trouvions dans une disposition d’esprit exceilente , et, donnant libre cours à notre bonne humeur, nous parvinmes à nous faire completement illusion à force de deviser sur nos amis du vieux continent. Notre gaieté se monta bientôt au même ton que si nous eussions partagé le roast-beef et le plumpudding qui fumaient indubitablement sur leurs tables

en ce jour glorieux de fête accoutumée.

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