‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme] (volume 2)Chapitre 44 sur 51 · PE PRE LS RSS RS RE · texte numérisé non relu

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résolution : indépendamment du danger auquel elle exposait la vie de ceux qui s'étaient engagés dans l'expédition, elle nous était surtout funeste ‘en nous privant des secours que j’espérais recevoir des Indiens au printemps, pour le transport de nos provisions et de nos gros bagages, vers les sources du Thlew-ee-Choh ; en un mot, elle paralysait nos efforts et ajournait la réalisation du but intéressant de notre entreprise.

Quelque grande que füt mon inquiétude à ce sujet, je conservais l'espérance que, par l’influence de M. Mac-Leod, on parviendrait peutétre à ramener ce chef inconstant à ses anciennes dispositions amicales.

L'état précaire où nous nous trouvions quant à nos moyens de subsistance, et nos désappointements continuels, avaient modifié ou détruit la plupart de mes plans. Ainsi, par exemple, nous ne nous étions pas encore trouvés en situation convenable pour préparer les matériaux nécessaires à la construction des deux lé-

gers bateaux destinés à descendre le Thlew-ee-

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Choh; mais il n’était plus possible de tarder davantage. En conséquence, deux charpentiers et le pilote Sinclair se rendirent au massif de pins que De Charlôit avait découvert au mois de septembre dernier, afin de préparer le bois pour les embarcations. | Lorsque le temps se fut adouci, un de nos chasseurs nous apporta un peu de viande; j'en attendais de jour en jour une assez grande provision de la part de M. Mäc-Leod; mais, comme si un arrêt du destin nous eüt condamnés à ne rencontrer qu'obstacles et soucis, M.Mac-Leod nous fit prévenir que, loin d’être en état de . nous assister, ilne pouvait lui-même se procurer ni poisson, ni viande, et qu'il avait été obligé, en dernière ressource , d’expédier les hommes à une autre station de pêche, sous la conduite de Mac-Kay. En faisant ce trajet, les pauvres gens étaient demeurés trois jours sans manger.

Sur ces entrefaites, il nous arriva au fort

deux jeunes Indiens qui paraissaient n'avoir

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d'autre but quede se procurer des munitions. Ils virent fortbien que nos magasins à vivres étaient absolument vides, et que nous avions dù souffrir beaucoup; mais aux questions réitérées que nous leur adressions sur le succès de leur chasse, ils nous répondaient, d'un air indifférent : £tthen 66lah. « I n’y a pas de daims.» Nous leur donnâmes ce qu’ils demandaient , et nous les engageâmes à poursuivre activement le gibier, mais ils répondaient toujours ; « Et-

then 66lah tähoutai, » puis ils se mirent à mu-

sarter fort tranquillement autour de l’habi-

tation, ou à s’allonger nonchalamment devant

le feu. Pendant deux jours ils menèrent cette

vie, sans manger autre chose que les misérables

bribes de nos repas. Or, après ce temps, Maufelly arriva avec une charge de viande; ce que nos deux Indiens n’eurent pas plus tôt apercu, que tirant quinze langues de daims d’un sac qu'ils avaient soigneusement dérabé à nos regards, ils les posèrent sur la table sans nous

donner ia moindre explication. Aux vifs repro-

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DU CAPITAINE PACK, 30) chesquenous leur adressâmes, sur une conduite aussi singuliére , ils répétérent de nouveau, nonchalamment « etthen Ô6lah , etthen tähoutai.» Nous vimes, d’après leur réserve de langues, qu'ils avaient beaucoup de daims en cache.

Dans l'espérance de recevoir désormais régulièrement des provisions de plusieurs côtés, je ne craignis plus d’accroitre le nombre des habitants du fort, et je fis venir immédiate: ment quatre hommes de la station de pêche; pour aider au transport du gibier des caches, Mais ; avant leur arrivée, les Indiens sur qui je comptais me prévinrent que le gibier avait disparu sans qu'on sût où il s'était réfugié : que du reste ils allaient se mettre en quête, et s’en: gageaient à nous fournir de la viande, dès qu'ils auraient retrouvé les animaux dispersés.

13 mars. — Les hommes que j'avais demandés arrivèrent ; ils s'étaient trouvés réduits à un poisson par jour; maïs je n'ävais pas le loisir de m’apitoyer sur les privations qu’ils venaient d'endurer, et, vu l'urgence des événements,

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