‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 51 · FA · texte numérisé non relu

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DU CAPITAINE BACR. J11 '

bien qu'elles se rendissent malheureusement g ?

trop loin du lieu où Augtisitus pouvait étre ; J'offris une récompense illimitée à ceux qui le

trouveraient et le rameneraient.

+ ‘ À AU L’ardeur et le courage de ce bon Esquimaux fill qui avait voulu se hasarder avec nous au milieu RUE |A des périls de notre expédition, son vif attache- NA

ment pour moi et cette mort terrible ct prématurée, triste récompense de son dévouement , m'attristérent long-temps et me jetérent tj! dans de profondes et pénibles réflexions. | Hu

Les lettres de la factorerie d'York nous ap-

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prenaient que deux navires de la compagnie

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avaient été forcés de passer l'hiver dans la baie,

lun à Churchill et l’autre à l'ile Charlton. Cela

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était dû, disait-on, à la grande quantité de glaces flottantes qui bloquaient le détroit d'Hudson et barraient toutes les communications avec l'Atlantique. Mais on ajoutait que cela ne contrarierait en rien notre expédition, car nos

lettres pour l'Angleterre avaient été expédiées

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12 VOYAGE piu' le Canada, en sorte que toutes mes demandes seraient ponctuellement exécutées.

20 avril. — Pendant la dernière quinzaine, deux corbeaux vinrent animer de leur présence notre demeure solitaire; d’après ma défense expresse de leur faire le moindre mal, ils devinrent si familiers qu’à peine s’éloignaient-ils de dix pas à notre approche. C'étaient les seuls êtres vivants avec lesquels nous fussions en relation , et on avait plaisir à les voir s'ébattre sur la neige, dont l’éclatante blancheur faisait ressortir leur plumage noir et lus Malheu reusement, un détachement de nos hommes arriva pendant la nuit. Un Iroquois, qui s’y lrouvait, aperçut les deux corbeaux, et, ignorant ma défense, ne put résister à l'envie de leur tirer un coup de fusil; il les tua. En toute autre occasion, cet événement eût été trop insignifiant pour être raconté, mais ici ces corbeaux formaient le seul chainon vivant qui nous

raltachat à la nature déserte et silencieuse dont

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battu : UN [ DU CAPPTAINE BACN: 19 M nous étions enveloppés; leur perte fut un vé- NUE | 1 jh ÿ rituble chagrin; c'était en outre une sorte de Hi 1% trahison pour ces pauvres oiseaux habitués à HUE 1 . . Ha À nous considérer comme leurs amis. On souf- à frait volontiers leurs petits larcins; et leurs | A L l'E

croassements aigus, si fatigants ailleurs, interrompaient ici la nonotonie du silence. ant

25 avril, — C'était l'anniversaire de notre dé-

part du village de la Chine. Nous nous entre- & L tenions, pour la centième fois, de ceux qui Yi élaient venus de si loin pour nous voir ce jour- JEAN | | la, lorsque nous entendimes un violent coup k l'A j frappé à notre porte, et nous vimes aussitôt (He U entrer un individu tout essoufflé, qui sans per- | pi k dre un instant arriva droit à moi et me re- : 1 12 mit un paquet que je reconnus pour venir | QU

d'Angleterre, « Il est de retour, monsieur, dit ce | (à messager, pendant que nous le considérions té AIX avec étonnement. —- Qui? Augustus? Dieu soit AR loué! m'écriai-je. — Non; le capitaine Ross, |

inonsieur.—{e capitaine Ross est de retour? Est- ou

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ce possible ? Comment lesait-on? » Le messager fit une pause et me regarda, puis, me montrant du doigt le paquet, il dit : « Ouvrez, monsieur.» En effet, dans le débordement de mes émotions j'avais oublié le paquet. Il contenait deux articles du Times et du Hérald, qui confirmaient la nouvelle; mes lettres officielles, jointes à ceiles de quelques individus qui accompagnuaient lé capitaine Ross, et d’autres du capitaine Maconochie, de M. Garry, du gouverneur Simpson et de plusieurs amis anglais et américains, ne me laissaient plus aucun doute sur la réalité du fait, et me montraient en outre le puissant intérêt que ce miraculeux retour avait éveillé dans le public. Cette nouvelle me fit d'autant plus de plaisir, que non seulement elle confirmait les opinions que j'ai déjà exprimées , mais encore rendait plus évidente la sagesse des promoteurs de notre expédition, qu'en un mot, elle ôtait à la nation britannique cette

réputalion d’indifférence dont elle est si loin

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DU CAPITAINE BACK. 315 de mériter le reproche. Dans la plénitude de notre joie, nous rendimes tous ensemble grâce à la divine Providence qui, dans les consolantes promesses de l'Écriture sainte, nous répète souvent qu'elle veille sur nous et qu’elle peut nous ramegner à la lumière, fussions-nous ensevelis dans les plus profonds abimes de la mer.

La pensée d’une délivrance aussi merveilleuse avait absorbé toutes nos autres facultés. Nous étions sur le point de déjetner, mais nous avions perdu FPappétit, et durant tout le jour nous demeurämes dans un état d’excitation fébrile. — M. King et moi nous nous permettions rarement de nous écarter de cette sévère économie que commandait la prudence, mais ici nous la mimes de côté, et après avoir distribué une régalade à nos hommes, nous célébrâames tous deux notre joie par un grand bol de punch.

5 mai — David Williamson de lArtillerie royale et deux autres hommes furent libérés du

service; le premier, à cause de sa mauvaisesanté,

et les autres d'apres leurs propres demandes. Nous les chargeämes de lettres pour lAngleterre. Il dégelait alors : la verdure et les parties saillantes des rochers devenaient de plus en plus visibles. —Je reçus peu de temps après une lettre de Mac-Leod, relative à la négligence qu'a-

aient mise Akaitcho et sa troupe à nous four-

nir des provisions. Il soupconnait que ce chef

avait été sollicité par les siens de donner une autre destination à une partie des produits de sa chasse. Une portion de viande, il est vrai, avait été détournéeet confiée à un Indien libre, mais celui-ci en avait très peu pris, et ce n’étiut sans doute qu'un prétexte dont se servait Akaitcha pour déguiser les petites infidélités dont nous le soupçonnions. Un mois plus tôt, ces nouvelles m'auraient causé un grand chagrin; mais, maintenant que je savais le capitaine Ross en sûreté, elles me contrariaient beaucoup moins. Je me décidai alors à longer la côte de la mer avec un seul bateau au lieu de deux,

choisissant les meilleurs hommes de Péquipage

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DU CAPITAINE BACK. 17 pour 1n’accompagner. C'était le seul moyen qui ie permit d'exécuter mes plans et de répondre à l'attente du public; l’ardeur qui nous animait naguére pour atteindre un but maintenant réalisé sans nous, avait beaucoup diminué, quoique encore fortement exaltéc par lamour des découvertes. Tes provisions que nous avions mises en réserve pouvaient suffire à dix personnes, pour trois mois. Le petit nombre des individus que je devais prendre avec moi se trouvait compensé par les qualités supérieures de chacun d’eux ; c’étaient des voyageurs expérimentés, bons chasseurs et tous également solides dans les situations périlleuses. Avec un tel équipage, il n’y avait point lieu de craindreles obstacles du voyage, quelque hasardeux qu'il fût de se lancer avec un seul bateau sur les eaux inhospitalières de la mer Arctique.

Les hommes furent employés à trainer le pemmican et les bagages au lac de PArtil-

lerie, où les charpentiers avaient achevé un

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bateau et étaient à la moitié du second; celuici maintenant nous devenant inutile, allait être d’un grand secours à M. Mac-Leod pour accombplir les instructions que je me proposai de lui laisser durant notre absence. Je lui écrivis aussitôt d'engager quelques jeunes Indiens pour transporter chacun un sac, ou 9o livres ‘40,8. kilog.) de pemmican, jusqu’au Thlew-ce- Chobh. (Distance directe, 115 milles.)

13 mai. — Une oie, avant-coureur de l'été, rasa notre habitation ; peu après elle fut suivie de cinq autres qui, comme la première, se dirigeaient versle nord. En 1826, au fort Franklin, cette apparition avait eu lieu six jours plus tôt, quoique sousune plus haute latitude.—Le soir nous aperçümes une mouche et un essaim de petits oiseaux; enfin, pendant les trois jours suivants, nous vimes des goelands, des loriots, des gros-becs, des jambes-jaunes, des rougegorges et des papillons.

Deux ou trois espèces de canards sauvages se

réfugièrent dans un petit marais situé derriere

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notre habitation, M. King en prit plusieurs.

Or, un jour, comme il venait d'abattre un de ces oiseaux. son attention fut attirée par quelques autres canards qui se jouaient sur un étang voisin; laissant là sa proie, il se traina vers eux dans l'espoir de s'emparer d’un beau mâle. Il s'enfonçait déjà dans l’eau, lorsqu'il entendit au-dessus de sa ‘tête un bruit assourdissant. C'était un grand aigle à tête blanche, les ailes étendues, qui fondait avec la rapidité de l'éclair sur le canard tué en premier lieu. M. King, voulant à la fois posséder l'aigle et garder son gibier, renonça au dernier qu'il venait de blesser, et, sans se donner le temps de mettre ses culottes, il franchit rapidement des monceaux de neige endurcie, semés dans le marais; mais il arriva juste au moment où l'oiseau maraudeur s’éloignait en toute hâte avec le canard qu'il tenait dans ses serres.

Lorsqu'il eut perdu Paigle de vue, M. King retourna sur ses pas, et posant son fusil dans

un endroit sec, il se remit à poursuivre son

mâle blessé qui, au lieu de fuir, demeurait immobile comme s’il était résigné à son sort. Mais, à mesure que M. King approchait, l'animal se glissait adroitement dans de petits recoins et détours, comme s’il eüt été pilote de ces lieux. Plusieurs fois M. King allongea sa main pour le Saisir, sans y réussir ; enfin, après beaucoup de peines, il parvint à le bloquer dans un endroit où la fuite paraissait impossible; et, comme il se baissait pour le prendre avec précaution afin de ne pas gâter son plumage, qu'il se proposait de conserver comme specimen, le canard regarda autour de lui, et, poussant son cri ordi- dinaire quacé l il s'enfuit à tire d’aile, au grand étonnement de M. King, qui douta alors de l'avoir réellement blessé. Le dessein du canard semblait être d'amener son ennemi loin de sa compagne. Ces oiseaux, en effet, surtout dans certaines saisons , se montrent si attachés entre eux, que, s'il y en a un d’atteint, il se traine vers le chasseur en poussant des cris

de détresse jusqu’à ce que l’autre soit sauvé ou

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