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Rage Se
bu VOYAGE
que j'éprouvai, lorsqu'il fut question de soulever l’embarcation, ni quel fut le débordement de mes sensations, lorsque je la vis partir sur les épaules de l'équipage. Enfin cette rude besogne fut accomplie, mais avec des fatigues cruelles. Deux fois, l’un de mes meilleurs hommes s'écria qu'il était sur le point de tomber, lorsque les inégalités de terrain faisaient peser sur lui toute la charge. En réfléchissant que le plus pénible était encore à faire, et que ce transport serait bien plus difficile à eftectuer lorsque leau aurait imbibé et alourdi le bois, je me trouvai en proie aux plus douloureuses inquiétudes; mais enfin je les secouai, men fiant aux circonstances, à mes propres ressources et au courage de mes hommes.
Chaque jour suftit à sa peine : pourquoi s’embarrasser de craintes qui peut-être ne se réaliseront pas ?
A une heure après-midi, le bateau fut lance sur le Thlew-ee-Choh; mais il ne nous fut d'au-
cune utihté pour le transport du bagage, car il
ce
"il
LU CAPITAINE BACK. 97 n'y avait pas assez d'eau dans les parties basses : nous eûmes même toutes les peines du monde à lui faire traverser les trois premiers rapides, après lavoir allégé de son ?ntier chargement. La rivière n'était libre qu'aux alentours des rapides de la partie supérieure, et une épaisse couche de glace envelappait encore le lac où elle prenait sa source, ainsi qu’un second lac plus petit situé deux milles plus bas. Le bateau parvenu à sa destination, ceux qui le conduisaient revinrent chercher leur ba-
gage : ce double voyage nous causa de tels
‘ rétards, que le transport complet ne fut ter-
miné qu'à une heure fort avancée.
20 juin. — Il fallut transporter de nouveau le bagage sur le bord du petit lac, où les traineaux et tout leur attirail jouerent de nouveau leur rôle. Chemin faisant, nous enlevâmes deux daims mis en cache. Au portage suivant, nous primes terre; le bagage fut de nouveau charrié, et le bateau descendit les rapides, dont
trois se succédaient immédiatement. Le ther-
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momelre monta à 64%(17°, 8. C.). Une chaude brise du sud nous amena une grosse pluie qui inonda le terrain bas et marécageux incliné vers la rivière, et gonfla à tel point les eaux des ruisseaux affluents, qu’elle en rendit le passage à gué fort périlleux. Ayant traversé un autre petit lac sur les traineaux, nous campâmes au commencement d'un long rapide, afin de mettre notre pemmican à couvert contre la pluie qui n'avait pas cessé un instant pendant toute la durée du jour.
Nous apercümes des perdrix en petit nombre, des daims, et une grande quantité @e souris (lemmings). Je remarquai que ces dernières se logeaient sous les racines des bouleaux nains , et quelquefois sous celles du saule, de préférence aux larges pierres dela plaine; peutêtre était-ce pour se mettre plus à l'abri contre les yeux percans de leurs grands ennemis , les hibous blancs et les hibous bruns. Les saules ne montraient encore ni chatons, ni bour-
geons, à l'extrémité de leurs branches.
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